jeudi 3 novembre 2011

Les jeunes du club de Darbonne veulent davantage d’expérience

Le coordonnateur du projet VDF, en visite vendredi 28 octobre 2011, au club de Darbonne, dans la plaine de Léogane, à 24 kms de Port-au-Prince, a eu l’occasion de parler avec les jeunes de ce club, qui manifestent, contre toute attente, une envie débordante de vivre toutes les expériences du projet.
Réunion du coordonnateur avec les jeunes de Darbonne

L’objectif de la visite du coordonnateur était de partager et préciser les informations concernant les activités à entreprendre dans l’année 4 du projet [particulièrement la journée de sensibilisation, la rencontre nationale des jeunes et la formation aux désastres], de s’enquérir des difficultés [l’accès internet demeure un problème récurrent pour la communauté], des initiatives du club [le club se prépare à organiser une formation au débat Karl Popper pour les jeunes], et de régler avec les 2 animateurs des questions administratives.

Le coordonnateur a expliqué aux 2 animateurs du club les attentes de FOKAL et de D&D par rapport au fonctionnement des clubs VDF. Il les exhorte à préparer les jeunes pour la rencontre nationale en février 2012, à réfléchir avec les jeunes sur le projet de journée de sensibilisation qu’ils ont à réaliser cette année. Cette pré-rencontre eut lieu 1 h environ avant la séance habituelle avec les jeunes.

Malgré une forte pluie qui a transformée la localité de Darbonne en un vaste marécage, 17 jeunes du club ont bravé le mauvais temps pour venir assister à la rencontre, effectuée dans un espace du nouveau local de la Bibliothèque Rasin Lespwa encore en chantier. La réunion a démarré vers 3h30 pm, par une rubrique régulière du club : Connaissez-vous ce personnage?

« Connaissez-vous ce personnage? », une rubrique originale du club

Nerline, une jeune fille du club présente la romancière haïtienne Jessica Fièvre, née en 1981, jeune auteure à succès, au talent d’écriture précoce, aux 5 ouvrages déjà publiés.  Elle est souvent classée parmi les meilleures ventes de Livres en folie, la grande foire annuelle du livre à Port-au-Prince et dans les villes de province.
Nerline en plein exposé
Nerline a fait le résumé d’un des romans, les Hommes en rouge, qui raconte l’histoire de Véronique, une femme tourmentée à tendance suicidaire, qui a su trouvé en elle la force et le courage nécessaire pour voler au secours de ses proches des griffes des loups-garous qui sèment la terreur dans sa communauté, et dont leur chef, l’Ange noir, se révèle être son amant qu’elle va démasquer à sa mort. C’est le roman de Jessica Fièvre que Nerline suggère à ses camarades du club de lire, à cause de sa richesse de mots et de l’histoire pleine de rebondissements.

A la question du coordonnateur qui lui demanda pourquoi le choix d’une telle auteure, elle répondit spontanément que Jessica Fièvre représente un modèle pour les jeunes car elle a réussi l’exploit d’écrire son premier roman à 13 ans, Le Feu de la vengeance, écrit en 1997, un âge où les adolescentes s’adonnent à des activités superficielles, précisa t-elle.



Préoccupations des jeunes du club de Darbonne

Ensuite, la rencontre a viré en une séance d’interrogatoire en règle du coordonnateur par les jeunes, les filles particulièrement très en verve ce jour-là. Une jeune fille a voulu savoir pourquoi le coordonnateur n’avait pas sollicité des jeunes du club pour participer à l’atelier de formation sur le théâtre que donne FOKAL aux comédiens haïtiens dans le cadre du Festival 4 chemins. Le projet VDF est partenaire du festival cette année et les membres du club y sont particulièrement intéressés.

Un garçon demanda au coordonnateur pourquoi l’effectif de participants aux camps nationaux est toujours plafonné à 90 personnes. A l’évidence, il espère davantage de jeunes à ces rencontres nationales de jeunes. Le cout, la sécurité, et la capacité des sites d’hébergement des camps constituent le principal frein à un dépassement de ce chiffre.

Un autre jeune posa la question que tous les jeunes ont approuvé bruyamment : Pourquoi pas un camp national en République dominicaine ? Le coordonnateur leur a expliqué patiemment  que le cout d’une telle initiative épuiserait une bonne partie du budget annuel du projet, que la planification prendrait beaucoup de temps, et les formalités administratives risquent de faire capoter  sa réalisation.

La journée de sensibilisation : entre inquiétude et volonté

Une fille questionna sur le type de support, en plus du financement, que le club peut espérer de FOKAL et D&D pour réaliser leur journée de sensibilisation. Bien entendu, il leur a été promis un support technique et des conseils tout au long du processus d’élaboration du projet de la JS. Cela a permis au coordonnateur de clarifier certains points concernant cette activité tant attendue et tant redoutée par les clubs.
Discussion entre les jeunes sur la journée de sensibilisation
Il suggère aux jeunes de travailler sur un problème concret dans la communauté, de se limiter à 1 ou 2 activités à fort impact au cours de la journée, d’orienter le projet sur la recherche des résultats et non sur la réalisation d’objectifs généraux ou abstraits. Il propose aux animateurs de l’associer à toutes les phases de la préparation de leur journée de sensibilisation, de l’élaboration du projet à sa réalisation, afin de faciliter, à sa soumission, sa validation par FOKAL et D&D.

Les animateurs disent préfèrent attendre de voir se réaliser une journée de sensibilisation par un autre club du réseau afin de pouvoir mieux ajuster celle à préparer par leur propre club. Ils redoutent à « souffrir » de la même désillusion que l’année précédente, quand leur projet n’a pas reçu les faveurs de FOKAL, ce qui a failli démobiliser les jeunes du club.

La séance prit fin vers les 5h15 pm, après une séance de photos de groupe du club.

Jean-Gérard Anis
Coordonnateur du projet VDF

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