mardi 21 décembre 2021

Mon dernier mot aux débatteurs et débatteuses du PIJ

 21 décembre 2021

Chers jeunes débatteurs et débatteuses,

Que de tragédies politiques majeures (assassinat d’un président en exercice, élections truquées, impunité, corruption, pays lock), que de crises sociales (meurtres impunis en série, kidnappings quotidiens, banditisme effréné, émeutes, manifestations violentes, migrations en série) et sanitaires (choléra, chikungunya, corona), que de catastrophes naturelles (2 tremblements de terre en une décennie, cyclone Mathew) vous vivez à votre si jeune âge. C’est sans précédent !

Vous aurez raison de vous sentir secoués, bouleversés, déboussolés, désespérés. Vous avez l’impression d’être piégés dans une spirale sans fin, de laquelle il n’y a aucune sortie possible dans un avenir proche. Je ressens cela aussi parfois. Mais croyez-moi, nous ne sommes pas maudits. Le pays n’est pas maudit. Tous ces malheurs qui s’abattent sur notre pays ne sont seulement que le résultat des inconséquences de nos dérives sociales, de l’amateurisme et l’incompétence crasse de nos hommes politiques, et de l’irresponsabilité et de la malhonnêteté de nos leaders religieux.

Les valeurs (le respect, la décence, la transparence, l’honnêteté, l’amour du prochain…) qui constituaient le socle moral de ce pays se sont évaporées sous les coups de boutoir de la corruption généralisée, de l’absentéisme de la justice, de la misère entretenue, de la désillusion dans un avenir meilleur que l’on croit impossible.

Mais l’espoir peut renaitre, aussi faible soit-il. Vous l’avez déjà prouvé par votre élan de solidarité concrète et matérielle avec vos camarades des clubs du Sud et de la Grand-Anse lors du cyclone Mathew en 2017. Si vous décidez de pas refaire les mêmes erreurs que vos ainés, si vous acceptez d’appliquer dans votre vie les valeurs des droits humains, si vous croyez que vous pouvez faire une différence.

FOKAL croit que vous êtes capables de faire la différence. Le débat est un outil qui vous donnera la force, les moyens et la vision suffisants pour faire la différence. Parce que le débat sauve des vies.

On ne vous laissera pas tomber !

 

Jean Gérard Anis

Coordonnateur du Programme Initiative Jeunes

FOKAL

jeudi 16 décembre 2021

Les institutions indépendantes haïtiennes expliquées aux jeunes de Bourdon

 La Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA)

            Le changement tant souhaité en Haïti, passe avant tout par des citoyens consciencieux, honnêtes et impliqués dans les affaires de l'Etat. Pour s'impliquer et participer activement dans la prise de décision en tant que citoyen, il faut connaître les institutions, leurs missions dans l'établissement et la pérennisation de la démocratie.

            Une institution indépendante est une institution publique ce qui signifie que celle-ci n’est soumise ni au pouvoir hiérarchique, ni au pouvoir de tutelle. Elle ne doit pas recevoir d'ordre ou d'instructions des autorités du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif. Ses décisions ne peuvent pas être annulées, ni réformées par les autorités administratives et/ou politiques. Mais elles peuvent faire l'objet de recours devant le juge.

            L'éducation à la citoyenneté d'un individu, c'est aussi l'aider à comprendre les institutions de son pays, leurs apports dans la stabilité de la société. La Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) est l'une des institutions indépendantes d'Haïti qui joue un rôle important dans la gestion des biens publics et favorise chez nos dirigeants la transparence et les redditions de comptes.

            C'est dans cet optique qu'une causerie a été réalisé à l'intention des jeunes du club par l'assistant coordonnateur de la CSCCA Mario FORTÉUS, le samedi 11 décembre 2021, au centre culturel Pyepoudre que le club s'est réuni aux heures habituelles autour du rôle, de la mission et du statut des juges de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif.

            L'objectif de cette activité était de faire le point sur la responsabilité de la CSC/CA en tant que juridiction financière et administrative dans les dérives financières que connaît le pays.

            Les échanges entre les jeunes et M. Mario ont été très animées, beaucoup de questions sur les fonds de petrocaribe, sur les arrêtés de quitus et de débets (décharges des ordonnateurs et comptables de deniers de l'Etat) les contrats inachevés signés par l'Etat, sur les différents scandales de corruption qui secoue le pays a chaque fois.

 

            Plus d'une vingtaine de jeunes dont 6 garçons et 19 filles ont été présents pour participer à cette dernière activité du club pour l'année 2021.

            Cette dernière causerie pour l'année a été l'opportunité pour eux d'apprendre plus sur cette institution combien importante, le tout dans un atmosphère de convivialité.

            Réactions de quelques jeunes :

 

Maddy Rodjah Christie : "L'activité de ce samedi était... intéressante, à vrai dire je ne savais pas à quoi m'attendre, et j'étais surprise, de manière positive, le monsieur était très honnête et cela m'a plu.

            Est-ce que j'ai appris ? En gros oui, je ne savais pas, samedi matin, ce que CSCCA voulait dire, ainsi que sa mission et me voilà.

            L'ambiance était très bien, mais l'intervention à été de courte durée selon moi.

            Je n’ai rien de négatif a dire, si ce n'est que j'aurais aimé que ça dure plus longtemps."

 

            

Widna Fortuné : "L'activité sur la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif était vraiment intéressante. De très bonnes questions ont été posées et les commentaires étaient vraiment pertinents.

            Nous avons beaucoup appris sur le rôle de cette institution publique et nous nous sommes entretenus sur les raisons qui rendent son travail pas trop satisfaisant.

            J'ai adoré et j'espère qu'on aura l'occasion de participer à d'autres interventions concernant les autres institutions au service de la population."

Cette activité a été une réussite. Et les jeunes ont compris le rôle que doit jouer cette cour pour garder l'équilibre, et le travail du citoyen pour favoriser le changement. Je crois fermement que l'année 2022 sera bien meilleure que cette année, plus intéressante, plus grandiose avec plus d'activités pouvant contribuer au plein épanouissement des jeunes.

Bravo à mon collègue Alfred DÉSIR, sans quoi cette activité ne sera pas possible. Et aussi merci au coordonnateur général du programme pour son soutien sans faille dans la réussite de cette activité et de toutes nos activités au cours de cette année.

Déjà je souhaite un Joyeux noël à tous et à toutes, et un Heureux nouvel an.

 Joël LAZARD

Animateur du club

Tél. : +(509) 3678-5257

Email : lazard.joel@yahoo.fr

mercredi 15 décembre 2021

Tournoi conjoint de débat mixte par les clubs Diquini & Martissant

 

1. CONTEXTE    

Cela fait tantôt deux ans depuis que les clubs de Diquini et de Martissant sont confrontés à de graves problèmes causés par la montée en puissance du banditisme. Face au théâtre des gangs rivaux ces clubs se trouvaient dans des situations difficiles de pouvoir fonctionner. Dans le souci d’incarner notre mission d’animateurs (trices) étant d’accompagner et d’encadrer les jeunes dans leur quête d’épanouissement intellectuel et social. Ces deux clubs se sont alliés pour répondre aux défis de tenir le cap jusqu’au bout et de satisfaire leur soif d’aventure du débat de nos jeunes débatteurs / débatteuses passionnés.

Ce projet est conçu dans un contexte de peur et d’intimidation dans lequel sévit la population haïtienne, provoquée par des scènes de violences de toutes sortes (meurtres, séquestrations, viols etc.) enregistrés ces dernières années dans le pays. Il s’inscrit dans la perspective de la citoyenneté engagée pour la lutte contre l’insécurité qui engage toutes les couches sociales, notamment la jeunesse de ce pays, qui depuis la fin de l’année 2019 s’est transformée en une véritable salle de spectacle odieux, suscite chez les habitants, particulièrement les jeunes, de sérieuses inquiétudes en ce qui a trait à leur avenir.

Voilà pourquoi nous proposons de réaliser un tournoi mixte entre ces deux clubs (Diquini et Martissant) qui sont parmi les clubs les plus touchés par les vagues de violences et de l’insécurité qui bat son plein dans le pays.

2. DESCRIPTION

Après plusieurs séances de formation, les clubs veulent organiser un tournoi local mixte entre eux c-a-d les équipes seront composées de débatteurs des deux clubs autour des problématiques d’intérêt national. Au fait, les clubs proposent le tournoi interne de cette fin d’année autour du phénomène de l’insécurité.

L’État haïtien devrait utiliser la force pour rétablir l’ordre public est l'énoncé autour duquel sera organisé le tournoi interne de ces deux clubs pour la fin de l’année 2021. Cette compétition se déroulera le 25 décembre prochain autour du format Karl Popper. Huit (8) équipes au total seront en compétition.

Le tournoi se réalisera sur une journée entière, dans les locaux du CECREJ, sise au 09, Diquini 63, Carrefour. Des coaches et des juges du PIJ seront mobilisés pour accompagner les jeunes tout au long de l’activité. 

55 personnes au total seront mobilisées pour la réalisation de cette activité. De ce nombre on peut citer : 24 débatteurs / débatteuses, 4 animateurs, 12 juges, 8 coaches, 2 commissaires, 3 logisticiens, et 2 photographes.

3. OBJECTIF

Assurer que les jeunes maîtrisent les techniques de débat et le format Karl Popper.

 4. PUBLIC-CIBLE

Ce projet sera au bénéfice des jeunes des deux clubs : Diquini et Martissant.

 5. RÉSULTATS ATTENDUS

Au terme de ce tournoi, nous espérons que les jeunes soient en mesure de cerner la problématique de l’insécurité, seront conscients de l’impact de ce fléau sur la vie nationale, et parviennent à maîtriser les techniques de l’argumentation par le biais du débat ainsi que des valeurs inhérentes à une société démocratique, comme la tolérance, le vivre ensemble, l’esprit critique etc.

 6. ACTIVITÉS PRÉVUES 

     Journée de travail

     Tournoi de débat

     Distribution des primes

     Évaluation du tournoi


7. CHRONOGRAMME DES ACTIVITES PREVUES

Date

Décembre 2021

Activité

 18

Journées de travail 

25

Organisation du Tournoi



Marc Arthur Exumé

Animateur du club de débat de Diquini

Les jeunes du club de Bourdon commémorent la journée des Droits de l’Homme

 


UNESCO, UNFPA et le Haut-Commissariat pour les Droits Humains

Hotel Karibe, 10 décembre 2021

Le 10 décembre est la journée consacrée par les Nations Unis pour la défense des Droits de l'Homme. Car la défense aujourd'hui est plus qu'une nécessité. Partout à travers le monde les violations des Droits de l'Homme sont de plus en plus flagrantes. Entre restriction de la liberté de la presse au non-respect du droit à la vie la situation est grave. Chez nous la situation n'est guère différente, au contraire la situation s'empire de jour en jour. Le respect du droit à la vie, à la liberté de circulation, au logement, à la santé, à la sécurité…. sont de plus en plus menacés chez nous, l'exode massif des haïtiens vers d'autres cieux est plus intense que jamais. L’avenir est partout, sauf ici.

C’est dans ce contexte de désespoir que les jeunes du club de débat de Bourdon ont participé à la commémoration de la journée internationale des Droits de l’Homme. Cérémonie de commémoration qui a eu lieu ce jeudi 10 décembre 2021 à Karibe Convention Center de 10h AM à 2h PM, autour du thème “Personne d’ascendance africaine reconnaissance, justice et développement” à l'occasion de la décennie internationale Personne d’ascendance africaine.           

Cette commémoration est un devoir de mémoire, particulièrement pour les jeunes du club de se connecter à leur origine, puiser à leur source pour mieux s’affirmer en tant qu'être humain.

C’est dans ce contexte que les jeunes du club de débat de Bourdon ont été invités à participer à cette commémoration par Gary Lubin, fondateur de la fondation Tamise. 19 jeunes ont répondu à l'appel dont 4 garçons pour 15 filles. 

A travers les discours des différents intervenants et la conférence de Laënnec Hurbon, l'accent a été mis sur la nécessité de mettre en valeur notre culture afin de prôner l'égalité et de lutter pour l'humanité en générale. 

C'était un bon moment pour les jeunes de réfléchir et d’apprendre plus sur la nécessité de reconnaître l’apport d'Haïti dans le processus du respect des droits humains dans le monde, tant par notre révolution que par notre littérature. La nécessite aussi, d'établir une société plus juste tant sur le plan social que sur le plan économique et de favoriser le développement endogène. 

Cette participation a été une réussite. Cela a été un bon moment pour les jeunes de changer d’espace et de rencontrer des acteurs qui évoluent même dans la protection et la défense des droits de l’homme au niveau international. Pour changer les choses, ils doivent comprendre que tous les humains sont égaux, et contribuer à la reconnaissance, la justice et le développement des personnes d'ascendance africaine dans le respect des droits de l’homme.

 

Bravo à mon collègue Alfred DÉSIR, sans quoi cette participation ne sera pas possible ! Et au coordinateur général du programme de débat de FOKAL, nous disons merci pour son soutien infaillible.

 

 Joël LAZARD

Animateur du club de Bourdon

Tél. : + 509 3678-5257

E-mail : lazard.joel@yahoo.fr

 

mardi 14 décembre 2021

Hommage : Anis Jean-Gérard laisse la tête du PIJ !


Ce dimanche 12 décembre 2021, s’est tenue la dernière rencontre PIJ avec notre coordinateur Anis Jean Gérard. Disons-le proprement, désormais notre ancien coordonnateur.  Il flottait un air de tristesse, de nostalgie, de séparation. Les séparations, dit-on souvent chez nous, ne sont jamais faciles.  Je l’ai particulièrement ressenti. On se console seulement à l’idée que le pire aurait pu arriver. Que Dieu merci, il a eu le temps de se « ouetter » comme dirait Justin Lhérisson dans ses audiences.


Témoignages, anciens souvenirs de nos camps de débats, un peu de blagues parfois pour décontracter un peu l'atmosphère qui se faisait  morose. Pourtant, nous le savions déjà depuis plusieurs semaines. Monsieur Jean Gérard Anis, n’est plus officiellement coordonnateur du Programme Initiatives Jeunes de la FOKAL.


Cette réunion était surtout l’occasion pour les animateurs de remercier ce dirigeant qui a marqué par son passage l’histoire du programme de débat mis sur pied par FOKAL à l’intention des jeunes. Ce programme qui, depuis sa mise en œuvre a contribué à former nombre de jeunes à travers le pays, en leur inculquant les valeurs de la tolérance et du leadership, entre autres. Certainement ces valeurs ont  joué un rôle important dans la réussite de plus d’un. 


Comme si son départ était un rêve, ou plutôt un cauchemar, dans les conditions qu’il s’est effectué, nous avons peine à le réaliser. J’avoue que j’ai senti un peu de découragement dans le ton de certains d’entre nous. Comme si ce pays devait nous priver, d’une façon ou d’une autre, de ce que nous avons de meilleur. La crème du pays s’en va…


Étant l’un des plus anciens animateurs de club du réseau, j’ai connu M. Anis depuis l’année 2005, à la première rencontre nationale des animateurs à Jacmel, Hôtel Cyvadier. Il était alors, avec Gérald Barreau, animateur du club de cette ville. Trois ans plus tard, soit en 2008, il allait officiellement dans ce camp inoubliable à Camp-Perrin remplacer Jacob Gateau, autre grand nom de l’histoire du Programme de débat. Beaucoup de changements depuis lors se sont opérés dans le programme, avec notamment la réalisation régulière de camps nationaux et plus tard de camps régionaux. Autre nouveauté assez intéressante, ce fut les tournois de débat en créole dont le premier tournoi eut lieu à Darbonne. Je n'ai pas besoin de rappeler que mon club, celui de Camp-Perrin a remporté ce tournoi (rire). 


Monsieur Anis est l’une de ces valeurs sûres sur qui le pays, mais en particulier les jeunes et les animateurs du réseau PIJ, pouvait compter. Sa vertu fondamentale ? La patience. Organiser les camps d’été et les tournois régionaux, c’est pas une mince affaire. Il s’y donnait tout entier. Diriger une centaine de jeunes et d’animateurs venus de régions différentes du pays, n’ayant pas toujours les mêmes prérequis, les mêmes motivations, n’est pas un jeu d’enfant. S’il lui arrive de se fâcher, il se reprend vite, sachant que la réussite d’un camp dépend en bonne partie de la sérénité de ses dirigeants. Je dis «ses dirigeants », car Monsieur Anis n’était pas du genre à concentrer tous les pouvoirs entre ses mains. Pas un « one man show ». De temps en temps, il se réunit avec son équipe rapprochée que constituaient les animateurs. Il ne cherchait pas avant tout à s’imposer, mais recherchait notre avis avant de prendre certaines décisions, notamment en ce qui a trait à la discipline, au changement dans le protocole, l’arbitrage des matchs, par exemple. On retiendra, Dieu merci, que malgré ce nombre important de jeunes et d’animateurs à diriger, malgré les nombreuses excursions, et ce pendant plus d’une décennie, il n’y eut jamais de mauvaises nouvelles à rapporter à la FOKAL, en termes d’accidents malheureux. Ce qui n’est pas toujours le cas, quand on dirige des groupes aussi importants en déplacement. 


Monsieur Anis était patient avec les animateurs. Ah ! Ne croyez pas que les jeunes sont les seuls susceptibles de mettre sur les nerfs un dirigeant. Je le confesse aujourd’hui au nom de beaucoup d’animateurs, que nous aussi, nous pouvions donner des problèmes à Monsieur Anis. Soit à cause d’une négligence ou du quotidien personnel qu’il faut gérer. Nos rapports ne lui parvenaient pas souvent à temps. Sa patience a aidé nombre d’entre nous à grandir, sinon à prendre conscience de l’importance de notre poste auprès des jeunes.


M. Anis connaît bien le profil de chacun des animateurs du programme. Il suit attentivement leur progrès. S’il apprend que l’un des jeunes ou animateurs du réseau a un problème, il s’en inquiète, s’en informe, cherche au besoin auprès de la Fondation le moyen d’aider.

 

Il aurait encore tant de choses à partager avec nous. A l’un des animateurs qui lui a demandé, lors de cette rencontre ce qu’il nous conseillait pour réussir notre vie personnelle, dans un pays à l’avenir si incertain. Il a sans langue de bois répondu : «  Reconnaître ses valeurs, celles des autres. Ne jamais exclure personne. Savoir écouter tout le monde, sans distinction aucune et bien sûr cultiver la patience. »


Merci encore une fois à M. Anis pour sa très précieuse contribution à l’épanouissement des jeunes du pays ; merci à la FOKAL qui nous a donné la chance de côtoyer cet homme à la fois simple et grand. Et bonne chance à son remplaçant Ricardo Nicolas.


Alex Sylné

Animateur du Club de Débat de Camp-Perrin.



vendredi 10 décembre 2021

Le club de débat de Martissant, un phœnix du réseau

 

Du 25 mai au 4 Décembre 2021

Dans le cadre du programme des matchs amicaux online, nous avons consacré nos heures de rencontre du 15 mai à la préparation de celui-ci, malheureusement match avorté à cause des problèmes d'Internet du côté de Camp-Perrin. Dans le souci d'avoir de nouvelles têtes, nous étions accompagnés de monsieur Orlando le 30 mai dans les écoles boursières de la FOKAL afin que ces dernières puissent nous référer une vingtaine de jeunes par école allant du nouveau secondaire I au nouveau secondaire IV. Ce qui nous permettrait d'accueillir 42 jeunes recrutés le samedi 22 mai. Dans cette journée, nous avons procédé à la prise de contact des jeunes, leurs présenter le Programme Initiative Jeune, leur expliquant globalement ce que c'est le débat et aussi nous avons stimulé leurs intérêts dans l'implication au débat.


Pour tester leurs capacités, nous avons terminé la séance avec une stimulation informelle avec le sujet stimulant :" Le port de l'uniforme devrait être obligatoire en Haïti". L'équipe affirmative présentait l'uniforme comme un signe de protection pour les élèves tandis que de l'autre côté, l'équipe négative la voyait comme un piège pour les écoliers, surtout avec le phénomène du kidnapping. Pour entamer officiellement la formation le 29 mai, nous avons défini ce que c'est le débat, ces différentes formes, les caractéristiques d'un débatteur et aussi les habiletés essentielles de celui-ci. Malheureusement, l'amplitude du phénomène de l'insécurité à Martissant obligeait nos jeunes à quitter leurs maisons pour se rendre dans un endroit plus sûr. Cet événement était produit simultanément à la fermeture des activités en présentiels de la FOKAL par le coronavirus. Ce qui nous obligeait de fonctionner à partir d'un groupe WhatsApp dès le 26 juin. Dans cette journée, nous avons organisé une séance de thérapie avec nos jeunes, dans laquelle ils témoignent leurs expériences vécues à Martissant.

 


Par la suite, nous avons aussi stimulé leurs intérêts à participer dans nos séances, puisque l'utilisation des plateformes online était la seule option que nous pouvons fonctionner. Pendant le mois de juillet, nous avons fait un rappel sur ce que c'est le débat et aussi leurs expliquer en quoi consiste une argumentation. Il est vrai que nous avons rencontré des difficultés dans le fonctionnement online puisque l'incident exigeait plusieurs jeunes à se rendre dans des zones de provinces où leurs portables seraient souvent déchargés, en plus ils sont exposés au problème de réseau. 

Malgré l'essai de réalisation des séances online, plusieurs jeunes ne procurent pas d’Android ce qui nous empêche d'accélérer comme prévu. Car étant qu' animatrices, nous ne voulons pas être discriminatoire  en accélérant rapidement à un petit groupe restreint, de ce fait, nous faisons en sorte de tenir toujours éveillé l'esprit des jeunes au débat et à l'information en réalisant à tour de rôle des stimulations online et aussi en abordant un point par séance avec eux tel que: Ce que c'est  un argument, des exemples d'argumentations, l'importance et les techniques des contre interrogatoires, comment  y répondre, avec des sujets simples et courants, pendant les mois de Juillet et d'août.

Pendant le mois de septembre, nous avons abordé légèrement le rôle de chaque orateur, sans oublier la rubrique des commentaires et opinions des jeunes sur les actualités. Avec la réouverture des rencontres en présentiels par la FOKAL durant ce mois, il nous était permis de trouver un local pour fonctionner. Après plusieurs démarches, nous avons essayé de réunir le 6 novembre à CECREJ, nos jeunes étaient tellement assoiffés de cette rencontre au point qu'ils ne voulaient pas rentrer chez eux à l'heure prévu !! Certains témoignent qu'ils veulent encore passer du temps au club.  Dans notre deuxième rencontre à CECREJ, nous avons effectué un débat informel sur l'avortement et les jeunes abordaient ce sujet avec facilité et enthousiaste.


Le 20 novembre, nous avons effectué un débat informel sur l’énoncé : "La prostitution devrait être criminalisée en Haïti", nous faisons en sorte que chaque jeune donne son opinion !  Ensuite, pour la séance du 27 Novembre, nous avons approfondi le rôle de chaque orateur du format Karl Popper, avec le même sujet de la séance antécédente, nous avons organisé un atelier, pour une démonstration. Enfin, nous organisions une autre journée de formation le 4 Décembre dans laquelle les quinze premières minutes seraient consacrées à la présentation d'un concept (violence) et de l'actualité de la semaine par deux jeunes. Nous avons passé pour eux la première heure de temps du film " Le grand débat", leurs questionner là-dessus. Nous avons terminé cette journée avec une brassage d'idée de l'énoncé du tournoi et la formation des équipes.


Angelène Jean-Louis

Animatrice du club de débat de Martissant


lundi 6 décembre 2021

Les violences faites aux filles et aux femmes en débat au club de Bourdon

 1er Décembre 2021

Sensibiliser pour créer le changement

La violence à l'égard des femmes et des filles n'est pas circonscrite à une zone géographique, à groupe social ou culturel bien défini. La violence contre elles prend de nombreuses formes. Dans la liste, on peut citer : violences verbales, domestique, viol, traite des femmes et des filles, prostitution forcée, grossesse non désirée, violences de guerre, esclavage sexuel, mutilations génitales de femmes et de filles, meurtres sur la base de l'honneur… La liste est l
ongue.

Les Nations Unies définissent la violence à l'égard des femmes comme : « Tous les actes de violence dirigés contre le sexe féminin et causant ou causant des dommages ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques aux femmes, y compris la menace de tels actes, la coercition ou la privation arbitraire de liberté, qu'il s'agisse de dans la vie publique ou privée ».

Selon les dernières statistiques de l'ONU publiées pour 2019, une femme sur trois dans le monde est agressée sexuellement, soit par un parent proche, soit par une personne inconnue. Seulement 52% des femmes mariées ou en famille d'accueil sont libres de prendre des décisions concernant leur vie sexuelle. Plus de 200 millions de femmes subissent des mutilations génitales. En 2017, sur 2 femmes décédées, une a été tuée par un partenaire ou un membre de la famille, mais un homme sur 20 est décédé dans le même état. 71% des victimes de la traite des êtres humains sont de sexe féminin, et 3 cas sont exploités.

Réfléchir sur les violences faites aux femmes et aux filles

Le samedi 27 novembre 2021 a été une bonne occasion pour nous d'aborder ce sujet, car le 25 novembre avait été la journée internationale contre les violences faites aux femmes et aux filles. Le club de débat de Bourdon a réalisé à l'intention de ces jeunes une table-ronde avec 6 femmes, parentes des jeunes du club, à l'horaire habituel de nos rendez-vous hebdomadaires, de 13h à 16h. Onze (11) filles et sept (7) garçons ont échangé avec les mamans présentes.

Les questions abordées ont été les suivantes : Comment en tant que femmes et mères elles vivent les violences à leur égard et quelles pistes de solutions ? Être femmes veut dire quoi pour vous ? Pourquoi faut-il prendre un jour (le 25 novembre) pour parler des violences faites aux femmes et aux filles ? Quels sont les types de violences que vous connaissez ? Certaines femmes et filles décident de garder le silence et/ ou de rester auprès de leur bourreau, pourquoi d'après vous ? Comment peut-on combattre la violence à l'égard des femmes et des filles ?

Les parents, institutions éducatives ou religieuses et autres, se doivent d'enseigner aux enfants dès leur plus jeune âge que la violence n'est pas une solution quelle que soit la situation, mais un problème, car la brutalité n'a pas de justification ; les sensibiliser, les éduquer car l'éducation est le seul vaccin contre la violence.

Même si toutes les mamans ne voyaient pas les choses de la même manière pour se protéger et protéger leurs filles, certaines étaient plus conservatrices et autoritaires, d'autres plus libérales et ouvertes, quelques-unes étaient passives même résignées, parce que, selon ces dernières, il faut survivre.

Verbatim

Jean Fritz Kervens TILUS : "… c'est une activité formidable qui va aider beaucoup de parents dans le sens où ils ne connaissent pas assez leurs enfants, et qui s'occupent juste de leur santé physique. J'ai aimé la réaction de 2 mamans (…) où elles montrent qu'elles comprennent et font l'effort pour être plus proches de leurs enfants. J'ai appris aussi que je dois comprendre mes parents pour chercher à être plus proches d'eux.

Je suis contre toute forme de violence que subissent les femmes et les filles pour répéter Gandhi : "Je m'oppose à la violence parce que lorsqu'elle semble produire du bien, le résultat n'est que passager, tandis que le mal est permanent."

Fabrice HÉRARD : "La question de violence sur les femmes se répète presque partout dans le monde. Dans certaines sociétés, des luttes ont été entamées pour promouvoir l'émancipation de la femme. Le 25 novembre se tient une sensibilisation pour combattre la violence sur les femmes et les filles. En tant que jeunes haïtiens nous devons faire savoir que c'est injuste que les femmes subissent autant de violence de la part des hommes.

Au cours de ce forum plusieurs idées sont ressorties surtout sur les différents types de violences. Pour moi tout a été un succès, j'ai beaucoup appris sur les parents et des filles en ce qu'il s'agit de la violence qu'elles subissent. […] Il y a même des mamans qui acceptent la violence à cause de leurs enfants, parce qu'elles ont peur de gâcher leur avenir."

Pour changer les choses, changer d'attitude

 

Les jeunes ont montré leur intérêt lors de cette table ronde, faire rencontrer deux générations et discuter ouvertement sur un sujet sensible a été une bonne opportunité pour eux d'apprendre plus sur cette situation et d'adopter les attitudes pouvant les protéger et les empêcher de devenir des bourreaux.

 

L'ambiance était très chaleureuse, pleine de vie, les échanges étaient très abondants, les mamans profitaient aussi de cette belle opportunité de parler de vive voix aux jeunes, de leur conseiller sur leurs attitudes, de partager leur vécu dans ce monde injuste à leurs égards

 

Cette activité a été une réussite. Cela a été un bon moment de rencontre entre jeunes et adultes. Les jeunes ont montré de l'intérêt pour la cause des femmes et des filles et ont participé avec beaucoup d'enthousiasme. Ils ont compris que pour changer les choses ils doivent changer d'attitude et participer au changement qu'ils souhaitent opérer.

Bravo à mon collègue Alfred DÉSIR, sans quoi cette activité ne sera pas possible ! Et au coordonnateur général du programme de débat de FOKAL, nous disons merci pour son soutien infaillible.

 

Joël LAZARD

Animateur du club de Bourdon

Tél. : + 509 3678-5257

E-mail : lazard.joel@yahoo.fr

 

Une année à la tête du PIJ

  cher.es ami.es, Depuis janvier 2022, je suis appelé par la direction de la FOKAL à assumer la charge de la coordination du Programme Initi...