mercredi 1 juin 2011

Tournoi de débat au club de Cote-Plage


Le club vague du futur de Côte-plage a organisé, du 9 au 11 mai 2011, un tournoi interne de débat, dans le format public forum.  Cette compétition a été réalisée à l’occasion de la 13ème édition de la Fête du livre et de la culture, entreprise chaque année par le Collège de Côte-plage, et déroulée sur le thème « Pas sans le livre ». 

Le tournoi s’est effectué en 2 tours éliminatoires et la finale. Six équipes, réparties en 2 groupes, ont participé à ce tournoi. Les énoncés soumis au débat étaient les suivants :

  • 1er tour : L’enseignement devrait se faire en créole en Haïti
  • 2eme tour : Le rap créole entraine l’acculturation de la jeunesse.
  • Finale : Le baccalauréat haïtien devrait être supprimé.
 
Deux équipes ont été éliminées au premier tour et deux autres au second tour. Le mercredi 11 mai, la finale a opposé l’équipe A de Ken Georgio Prévilon et Pongnon Jean Pierre à l’équipe B de Marjonitha Lafond et Lidwine Joseph. La finale a été remportée par l’équipe B avec tous les honneurs, Marjonitha a été proclamée meilleure débatteuse de la compétition.

Ce tournoi a été rendu possible grâce à la collaboration de 3 animateurs d’autres clubs de la capitale : Bengi Alcimé, Ginia Alcimé,  Ricardo Nicolas, et du coordonnateur du programme Vague du futur de FOKAL, Jean-Gérard Anis. Ils étaient venus renforcer le comité d’organisation de la compétition composée des 2 animateurs du club, Destin Gutenberg et Magalie Civil, aidée d’Isabelle Pierre Louis, pour juger les différents matches de débat.

La remise des prix a eu lieu le jeudi 12 mai, devant tous les élèves, le directeur et les professeurs du Collège de Côte-Plage, au cours d’une activité culturelle de clôture de la Fête du livre.  Les 2 équipes finalistes et le meilleur débatteur ont reçu des livres et des guides de débat offerts par la FOKAL, des cadeaux techno (baladeurs MP4, MP3, carte mémoire SD) et autres prix offerts par le collège de Côte-plage.

Magalie Civil & Gutenberg Destin
Animateurs du club VDF de Cote-Plage

mardi 31 mai 2011

Le club de Cote-Plage, champion au tournoi de débat de la mairie de Carrefour

Le club de débat de Cote-Plage a participé, durant les mois d’Avril et Mai 2011, à un tournoi de débat organisé par Communimax (une association qui crée des événements culturels) pour la mairie de Carrefour. Ce tournoi dénommé « Meilleur Orateur de Carrefour », a été retransmis par la Télévision Nationale d’Haïti (TNH).


La compétition a regroupé les 4 meilleures écoles de Carrefour (le Centre d'études Lumière, le Juvénat collège Sacré-Cœur, Univers Frères Raphaël et le collège de Cote-Plage) autour de plusieurs sujets de débat:
- les feuilletons télévisés (telenovelas) provoquent l'acculturation. Êtes-vous de cet avis?

- les sous-développement est un facteur prépondérant dans la propagation du choléra en Haïti. Qu'en pensez-vous?
- Le rap créole favorise l'acculturation de la jeunesse haïtienne. Êtes-vous d'accord?


Réalisé dans un format qui s’est amélioré au cours de la compétition, ce tournoi fut une occasion pour les jeunes du club de Cote-Plage, particulièrement ceux qui jouaient : Berline Jean Pierre, Pierre Lorentz Lubin et Marjonitha Lafond, et ceux qui aidaient à la préparation, de sortir des formats Karl Popper et Public Forum priorisés dans le programme de débat de FOKAL.

La finale s’est jouée dimanche 21 mai 2011 à l’auditorium du Juvénat Collège Sacré-Cœur, en présence d’un jury composé du responsable des informations à la TNH, de celui de la Radio Ibo, d’un juriste et de 2 journalistes de Radio Lumière. 

La finale a opposé l'équipe du club de Cote-Plage et celle du Centre d’études Lumière, la même équipe qui avait battu Côte-plage lors du match match d’ouverture. Le sujet ce débat était le suivant: " L'euthanasie devrait être légalisée en Haïti ". Le club de Cote-Plage a gagné le match haut la main, avec 65.8 points contre 54.5 points pour son adversaire .

Magalie Civil & Gutenberg Destin 
Animateurs club VDF de Cote-Plage

lundi 30 mai 2011

AUF: Quelle université demain pour Haïti?

Une table ronde, organisée par l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), le 17 mai 2011 à l’Université Épiscopale d’Haïti (UNEPH) au Champ-de-Mars, à Port-au-Prince, a réuni une cinquantaine d’universitaires haïtiens, recteurs, doyens, directeurs et professeurs d’universités et autres institutions d’études supérieurs de la capitale et de la province. Le thème de cette conférence était : « Systèmes comparés d’enseignement supérieur et de recherche. Quelle université demain pour Haïti ?».

Quatre (4) panélistes étrangers, haut représentants des universités du Canada, d’Europe et d’Afrique ont constitué l’essentiel des conférenciers.

Après les mots de bienvenue du vice-recteur de l’UNEPH, puis des propos de circonstance de son recteur, la Directrice de l’enseignement supérieur au Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), Mme Florence Pierre-Louis, a placé le contexte de la Table ronde : s’inspirer des expériences des universités étrangères pour répondre aux inquiétudes et défis qui pèsent sur les universités et l’enseignement supérieur en Haïti, et pour les placer dans une grande démarche internationale. Ces travaux s’ajouteront à d’autres, promet-elle.

Abderrahmane Lellou, le chef de la délégation étrangère et Vice-recteur à la politique scientifique de l’AUF, a présenté les panélistes et les objectifs de cette Table ronde : appuyer une réflexion par le partage d’expériences pour aboutir à des effets positifs en Haïti, et pour atteindre les objectifs du Millénaire grâce à l’enseignement supérieur. Puis, les exposés ont démarré avec la présentation d’Hélène David, Vice-rectrice des affaires académiques et Rectrice suppléante de l’Université de Montréal (Canada-Québec) sur l’architecture du système d’enseignement supérieur au Québec.

L'enseignement supérieur  au Québec-Canada

Le système universitaire québecquois est entièrement public et financé en majorité par les fonds publics, les droits de scolarité annuels des étudiants (bloqués depuis 40 ans à 3500 $CAN) et les donateurs privés finançant la recherche. La langue dans le réseau d’enseignement supérieur de la province du Québec (5 universités, 20,000 étudiants) demeure le français à 86%. L’architecture de l’enseignement supérieur comprend un niveau collégial (CEGEP) qui offre une éducation pré-universitaire et une formation technique sur une période de 2-3 ans, et un niveau universitaire disposant de 3 cycles terminant sur un doctorat professionnel (la thèse de sortie est supprimée et remplacée par des travaux dirigés). 

Ce qui caractérise selon elle le système universitaire québecquois est qu’il est orienté vers une formation rapide, concrète, tangible dont on voit rapidement la fin, vers une approche pédagogique pratique et interactive (pas d’amphis) favorisant la coopération et le travail en équipe, vers une disponibilité et un encadrement uniques offerts aux étudiants (prêts et bourses disponibles pour eux), un corps professoral composé de professeurs-chercheurs en majorité (4500) et de chargés de cours qui assurent l’essentiel de l’enseignement, vers la qualité et la pertinence des programmes de l’enseignement supérieur évalué chaque année par la conférence des recteurs, enfin vers une augmentation des publications scientifiques qui l’élèvent au 10e rang mondial.

L'enseignement supérieur en France

Selon Pierre-Yves Boissau, Vice-président du Conseil d’Administration de l’Université de Toulouse 2, le système de l’enseignement supérieur français est majoritairement public, car financé presque entièrement par l’État (les universités privées sont inexistantes). Ce système, en pleine mutation, regroupe plus de 80 universités, Instituts universitaires de formation des maitres (IUFM), et Instituts universitaires de technologies (IUT). Le cursus des universités françaises débouche soit sur la Licence en 3 ans, le Mastère (encore 2 ans de plus), le Doctorat (encore 3 ans et davantage). Par contre, les IUT délivrent un diplôme professionnel en 2 ans. Néanmoins, les diplômes français sont en passe de s’harmoniser avec les diplômes des autres pays européens. 

La transformation amorcée de l’architecture de l’enseignement supérieur français se caractérise par l’autonomie (l’université s’émancipe de la tutelle de l’État), la concentration (les universités se regroupent en pôles régionaux d’enseignement), l’orientation professionnelle (davantage tournée vers l’entreprise). Cependant, les structures de pilotage demeurent encore compliquées et stratifiées, et s’appuient toujours sur une administration lourde et complexe. Néanmoins de réelles opportunités sont créées pour les universités françaises aujourd’hui: une liberté d’initiative inouïe, une attention accrue au devenir des étudiants, une ouverture au monde socioéconomique, à l’environnement territorial et aux enjeux internationaux.

L'enseignement supérieur au Sénégal


Abdou Salam Sall, ancien Recteur de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal) a effectué une présentation qui collait le mieux aux objectifs de la Table ronde et les attentes de l’assistance, au regard de nombreuses questions qui lui ont été posées à l’ouverture des débats.

Le système universitaire sénégalais s’inspire largement du dispositif du système français auquel sont adjointes des innovations intéressantes. Une vision guide le système d’enseignement supérieur du Sénégal : elle mise sur la recherche de la qualité, la pertinence de programmes adaptés, la coopération internationale, l’internet et la communication, la bonne gestion des finances et une mission de travail à 70% tournée vers l’étudiant. Le cursus universitaire délivre 3 diplômes : une licence, une licence professionnelle en tourisme, énergie, communication, environnement, un mastère obtenu après 4 semestres d’études.

Le financement du système (27 milliards de francs CFA soit environ 60 millions de USD) est assuré par les fonds publics (20 milliards), les ressources dégagées par l’université (5 milliards), et les fonds privés venant de fondations, de la coopération internationale, de la diaspora sénégalaise (2 milliards).

Abdou Salam ne s’embarrasse pas pour fournir de précieux conseils aux autorités universitaires présentes, à partir des expériences réussies du Sénégal. Selon lui, l’université doit être au cœur des transformations de la société, le lieu par excellence des débats de la société. Les étudiants sont les transformateurs de la société.
L’université est la recherche.

Les innovations du système universitaire sénégalais se distinguent dans la mutualisation des ressources informatiques entre les universités concentrées à Dakar; la création de camps citoyens qui imposent aux étudiants une immersion en milieu rural pendant 15 jours pour effectuer des travaux d’intérêt civique (reboisement, alphabétisation des paysannes, protection de l’environnement, initiation à l’informatique des habitants des localités, partage de savoir avec les communautés rurales); création de la fonction l’Ombudsman qui intervient dans la résolution des conflits et qui prône une culture de paix à l’intérieur de l’université.
Si on veut transformer la société, éduquez les femmes!

Le système universitaire sénégalais est en train d’impulser des mutations dans le management de l’enseignement supérieur, en introduisant une politique d’évaluation des pratiques et des objectifs des universités, une refonte des structures de gouvernance avec la création d’une Commission de l’enseignement supérieur, d’une Direction générale de l’enseignement, d’une Agence d’accréditation, et une Direction de la recherche scientifique.

Trois conditions sont nécessaires, selon Abdou Salam Sall, pour transformer une université et l’élever au rang international : des enseignants et étudiants issus du monde entier, des ressources financières étendues, une gestion flexible et reddition des comptes.

Il conclut son exposé par ces mots : « La raison d’être d’une université est d’inciter à la création d’entreprises et d’emploi ».

L'enseignement supérieur en Belgique

Jean-Louis Vanherweghem, ancien Président de l’Université libre de Bruxelles (Belgique) a effectué la dernière présentation  de la Table ronde. Dans la Belgique francophone, les communautés (wallonnes et flamandes) gèrent l’enseignement et la recherche fondamentale, les régions la recherche appliquée. L’architecture de l’enseignement supérieur se décompose en 3 entités : les universités (qui captent 50% des étudiants), les Hautes écoles (46% de l’effectif), et les institutions artistiques (4%). L’université a un cursus s’étalant sur 3 cycles : le 1er cycle de 3 ans débouchant sur un diplôme de licence, le 2e cycle qui aboutit à un mastère après 2 ans supplémentaires, puis le 3e cycle qui consacre un doctorat obtenu sur 4 ans.

Certaines universités ont un statut public (sous la tutelle des communautés francophones), d’autres sont privées (gérées par l’Église catholique), un dernier groupe a un statut privé autonome. Cependant, il n’existe pas de réelle différence entre les universités publiques et privées en ce qui a trait à la gouvernance et le financement. Le libre accès à l’enseignement supérieur est garanti à tout étudiant ayant obtenu son diplôme de fin d’études secondaires : pas d’examen ni de concours d’entrée. Les droits d’inscription sont fixés par décret. 

Les principes qui gouvernent l’enseignement supérieur public et la recherche en Belgique sont l’autonomie (un conseil d’administration souverain élit les recteurs, doyens et nomme le personnel), la démocratie participative (dans les débats sur les orientations à l’intérieur des universités), un financement public différencié (selon le nombre d’étudiants par université) et diversifié (allocations de l’État, droits d’inscription des étudiants, contrats de recherche, ventes de patrimoine, mécénat).

Zoom

Certains propos tenus par les panélistes lors des débats qui se sont ensuivis après les exposés, méritent une attention particulière. Morceaux choisis.

 « Les universités privées ne se donnent pas des missions de service public, c’est du business! […] Il n’y a pas de recommandations internationales pour atteindre un standard international. Il y a des expériences nationales dont un pays peut s’inspirer en partie pour construire son enseignement supérieur. C’est à Haïti de construire son modèle, en se donnant du temps et en cherchant à s’améliorer sans cesse. Le standard international, il faut aller le chercher en faisant de la recherche, en questionnant sans cesse ses certitudes. » Abdou Salam Sall 

« Une université cloisonnée dans son monde, qui ne rend pas de compte au pays, est vouée à l’échec. Il faut en finir avec les concurrences stupides entre universités sur les mêmes créneaux, alors qu’il faudrait une coopération entre elles pour bâtir les filières. […] Les universités ne doivent pas se fondre dans une même moule. Mieux vaut l’autonomie et s’auto-évaluer. Les universités devraient se questionner sur leurs forces et leurs faiblesses.» Jean-Yves Boissau

Synthèse

La synthèse des recommandations qu’ont fournies les panélistes peut s’exprimer en ces termes :

Il n’y pas une norme universitaire.  Il y a des modèles imparfaits, des exemples en mutation.

Il faut partager les expériences. 

Les universités haïtiennes devraient avoir une structure de gouvernance collégiale autonome, à travers une conférence des recteurs, des responsables de l’enseignement supérieur.

Pour prétendre à la qualité, les universités haïtiennes devraient accepter l’évaluation du regard des autres. Pour reprendre les mots de conclusion de Mme Florence Pierre-Louis, du MENFP, cette Table ronde a été utile pour « confronter les expériences afin d’apporter un éclairage  sur nos vides et nos carences pour se réaliser ».

Jean-Gérard Anis
Coordonnateur du projet VDF
19 mai 2011

Environnement: Nouveau débordement du lac Azuéi

Fond-Parisien

La route internationale de Malpasse est désormais fermée aux petites cylindrées. Car à Fond-Parisien, au niveau de Boukan-Dèyè-Mòn, débordant son cadre, le lac Azuéi s'étend sur cette route qui relie l'ouest d'Haïti et la République Dominicaine.


Le lac a pénétré 20 mètres à l'intérieur du site de l'école nationale de Siloé, lieu de réunion du club VDF de Fond Parisien
Haïti: Le Lac Azuéi se veut plus que jamais un sujet de préoccupations qui, cependant, ne retient pas trop l'attention. Eclipsée peut-être par la politique ou d'autres questions plus brûlantes, cette étendue d'eau partagée entre Haïti et la République Dominicaine a quitté à nouveau son cadre et s'étaler sur la route de Malpasse, donnant ainsi du fil à retordre tant à son voisinage - Fond-Parisien - qu'au transport avec la République dominicaine. « Dieu seul sait ce qu'il adviendrait si nous n'étions pas sur la route pour exiger l'intervention du Centre national des équipements (CNE) à chaque fois que les eaux débordent », affirme, pensif, Jean Jonas Vil, secrétaire général de l'Association des transporteurs et des travailleurs de Malpasse (ET2M).

Se tenant derrière un petit bureau branlant, Jean Jonas Vil veut faire quelque chose. Mais les capacités de son association ne répondent pas. « Depuis fin décembre, un mois après les travaux réalisés par les techniciens du CNE à Boukan-Dèyè-Mòn, une localité située sur la route de Malpasse, les eaux ont envahi la route, inondant une bonne partie des terres jusque-là arables », explique Jean Jonas.

Alors que le chef de l'ET2M refuse de parler de nullité des travaux du CNE, il se rappelle avoir tenté, avec le support d'une firme de construction, de faire quelques interventions. « Nous avons déposé plus d'une vingtaine de camions de sable afin de hausser la route, explique-t-il. Mais nous avons découvert que nous travaillions en vain et nous avons dû abandonner. »

Sur l'insistance de l'ET2M, le CNE a envoyé, depuis le début de cette semaine, quelques équipements en vue de réaliser des travaux de remblayage. « Ce ne sont pas les travaux qui sont nuls, dit-il. Ce sont les eaux qui ne cessent d'augmenter [tuant l'essentiel des arbres qui se trouvent dans leur voisinage]. »

Le matériel envoyé à Fond-Parisien attend désespérément d'être mis au travail. Malheureusement, un problème de carburant vient se poser. Le CNE a besoin encore de temps pour envoyer le gaz et renforcer la flotte d'engins lourds suffisante pour rehausser le niveau de la route par rapport aux eaux.

Quelle doit-être la cause de ces désordres hydrogéologiques?

Il y a trois ans, explique Max Antoine II, les autorités de la frontière ont remarqué un déséquilibre au niveau des plans d'eau de la région. Un déséquilibre que les responsables ont associé à au moins trois motifs : l'érosion des versants des lacs Azuéi et Enriquillo, les changements climatiques et l'exploitation des carrières de sable de Fond-Verrettes et de Ganthier. En dépit des recommandations faites après études spécialisées, rien n'a été fait. Du moins, rien n'est encore fait, dit le président de l'ancienne Commission de développement frontalier.

Parmi ces recommandations figuraient, précise M. Antoine, le curage des 45 kilomètres du canal de Bourg-en-Bourg obstrué, qui servait à l'irrigation d'une bonne partie des champs de la plaine du Cul-de-Sac, la reforestation des versants et des berges du lac Azuéi et la mise en place d'un observatoire pour la zone. Entre-temps, la commission avait proposé de délocaliser le complexe frontalier établi à Malpasse vers une localité de Thomazeau baptisée Glore.

« Je présume que la faille d'Enriquillo est entrée en mouvement - avec les secousses sismiques de 2010 - en des manifestations bizarres relevées par des habitants de la zone, prévient Max Antoine II. Il faut la réalisation immédiate d'une étude hydrogéologique de la zone et d'une étude asymétrique du lac. »

Au moment de ces réflexions, de nombreux camions sortent remplies des carrières de Fond-Parisien, baignées par les eaux de ce lac connu également sous le nom d'étang saumâtre. « Les mines de sable représentent à la fois une source de revenus et de crimes, fait remarquer Jorès, un habitant de Fond-Bayard, une autre localité située à un kilomètre de Boukan-Dèyè-Mòn. Les autorités locales ne peuvent même intervenir. »

Lima Soirélus
lsoirelus@lenouvelliste.com


Cet article est paru dans le quotidien Le Nouvelliste du 26 mai 2011

mardi 24 mai 2011

Fêtons ensemble les 3 ans du blog VDF !!!

Ce mardi 24 mai, le blog du projet VDF fête sa 3e année de création. A cette occasion, le blog a modifié profondément son look, tant au niveau de l’interface graphique, qu’au nombre de rubriques et fonctions qui y sont ajoutées.

Le blog a gagné en convivialité, car il dispose d’un meilleur effet visuel, permet l’interaction entre internautes grâce à la fonction « commentaires » au bas de chaque article publié, au forum de discussion, et devient plus riche en informations. Parcourez ses rubriques et essayez ses différents fonctionnalités !

La fonction du blog demeure toujours le même : permettre aux jeunes, aux animateurs et animatrices dans le projet VDF de partager leurs activités, leurs projets et expériences, d’être informés des contenus de réunions des clubs du réseau, de trouver des ressources pour leurs activités de débat, et de connaître les événements à venir, ou l’agenda du programme culturel de FOKAL.

Néanmoins, n’importe quel(le) visiteur (se) du blog trouvera des informations utiles qui y sont régulièrement postées. Par exemple, la page la plus consultée du blog, toutes périodes confondues, est « Comment se protéger lors d’un séisme ? »,  lue ou vue 1473 fois. Cet article y a été publié le 8 septembre 2010. Jusqu'au moment où cet article a été publié aujourd'hui, le blog a été consulté 11488 fois.

Le blog ne finit pas d’étonner. La technologie n’est pas loin de la magie des fois. A croire qu’elle a le don d’ubiquité. Saviez-vous que, depuis sa création, la plupart des visiteurs du blog se connectent depuis la France (3060) ? Suivent les Etats-Unis (2412), Haïti (1856), Canada (852), Russie (330), Algérie (264), Allemagne (244), Pays-Bas (173). La Slovénie (120) la Belgique (88) et la Lettonie (82) ferment la liste. 

Ce qui veut dire que le blog se répand dans des pays inattendus, et que la magie de la technologie a opéré. Mais elle est encore muette pour déterminer le nombre de filles et de garçons qui visitent le blog. Ah ha ! Big Brother ne serait pas loin.

Pour les technophiles (les geeks dans le jargon du milieu), sachez que les navigateurs (browsers en anglais) les plus utilisés pour accéder au blog sont : Internet Explorer (62%) au top du podium ; Firefox (22%) qui monte, qui monte…; Chrome (6%) qui opère une percée; Safari (4%) davantage à partir des téléphones cellulaires; Opera (2%), pour ne citer que ceux-là. Essayez donc avec votre moteur préféré !

Les internautes se connectent au blog à partir de différents terminaux : ordinateur (davantage avec les systèmes d’exploitation Windows, Macintosh et Linux), téléphones cellulaires (BlackBerry, I-Phone, Nokia,…) et autres gadgets mobiles (I-Pad, I-Pod, Nintendo DSI…). Les moteurs de recherche (search engine) les plus utilisés pour y accéder sont Google (dominateur), Bing puis Facebook. 

Les mots-clés de recherche les plus utilisés qui renvoient au blog sont : « vague du futur » (sans surprise); « que faire en cas de tsunami ?» (plus curieux), «  bilan carbone et assureurs » et « réchauffement climatique » (carrément renversant).

Certainement, vous devez vous demander d’où pleuvent ces informations. Sans surprise. Du blog lui-même ! Le blog génère ces données qu’il met à jour au fur et à mesure des consultations. Il n’y a que moi qui n’y sois pas comptabilisé. Vous y comprenez quelque chose, vous ?  

Par ailleurs, le blog a atteint le chiffre encourageant de 141 membres inscrits, depuis que cette fonction a été ajoutée l’année dernière. Le défi lancé aux clubs d’atteindre le chiffre de 250 membres inscrits n’est pas relevé, mais c’est un résultat extrême encourageant. Etre membre du blog vous permet d’envoyer des messages directement aux autres personnes inscrites sans connaitre leur adresse e-mail. Une façon sans peine de se faire des amis et amies un peu partout. Là s’arrête la comparaison avec Facebook.

Je suis fier de vous compter parmi ses lecteurs, parmi ses membres. Ma seule satisfaction est votre satisfaction. Je continuerai à améliorer le blog pour vous satisfaire. 

Bonne fête !

Jean-Gérard Anis
Coordonnateur du projet VDF

jeudi 19 mai 2011

Les jeunes du club de Camp-Perrin réagissent à la loi sur la multinationalité

Une quinzaine de jeunes du club de Camp-Perrin se sont réunis exceptionnellement dimanche 15 mai 2011, à 10h am, pour débattre des enjeux de l’amendement des articles sur la nationalité multiple votée le lundi 9 mai par le Parlement haïtien. Cet amendement, s’il est promulgué, permettra aux Haïtiens d’adopter des nationalités étrangères autres que la nationalité haïtienne. Le coordonnateur du projet VDF a assisté à cette rencontre qui a lieu à la bibliothèque du Collège Cœurs-Unis de la localité. Le moins qu’on puisse dire est que cette loi a déchainé les passions chez les jeunes.

Les 2 animateurs du club ont débuté la séance par une mise en contexte de l'amendement de la Constitution de 1987, en rappelant les faits de l’actualité politique (déroulement du vote au Parlement, investiture du président Michel Martelly) et le contexte de la révision constitutionnelle (le lobbying de la diaspora haïtienne qui réclame cet amendement). Ensuite l’animateur principal a demandé aux jeunes de définir le mot « amendement ».

Amendement : définition

Selon un jeune, amender la Constitution veut dire la rénover, mais pas l’éliminer, y apporter des corrections nécessaires. Pour une jeune fille, c’est changer des lois, les modifier, adapter la Constitution avec l’évolution du temps, la mettre à jour. Correct!

A la question de savoir ce qu’ils ont retenu des amendements de la Constitution de 1987, la même fille garde en mémoire la distinction entre Haïtien de naissance (né sur le sol d’Haïti) et haïtien d’origine (né de parents haïtiens, en terre étrangère), l’intégration de la diaspora dans les affaires politiques du pays, l’intégration des femmes dans l’administration grâce au système de quota, le nivellement du mandat des parlementaires à 5 ans.
Une fille, particulièrement bien informée de la question, cite les articles 13-14-15 concernant les Haïtiens naturalisés et la double nationalité de la Constitution de 1987, qui ont été abrogés.

La même définit la double nationalité « comme la situation d’un citoyen haïtien ayant adopté une nationalité étrangère » mais précise : « Aux USA, si un enfant n’est pas déclaré à l’administration américaine dans les 3 jours après sa naissance, il ne pourra pas jouir du droit du sol ». Impressionnant!

Après avoir distribué des documents liés au sujet (extraits des articles de la Constitution de 1986 concernés par l’amendement, et 2 articles du quotidien haïtien Le Nouvelliste) à chacun des jeunes, les 2 animateurs les ont invités à réfléchir en ateliers, durant une trentaine de minutes, sur les 2 questions suivantes : 1. Quels sont, selon eux, les avantages de cette loi pour les bénéficiaires et le pays? 2. Quels sont les préoccupations que cette loi suscite en eux?

Amendement: préoccupations des jeunes

Les 3 ateliers ont livré des résultats et jugements intéressants, et empreints de réalisme.

Le 1er groupe affirme que cet article favorisera l’investissement de la diaspora en Haïti, leur intégration dans le pays, facilitera les relations entre pays d’origine et pays d’accueil si la diaspora`occupe de hautes fonctions dans l’administration du pays d’accueil. Néanmoins, les jeunes de ce groupe jugent que, primo, il y a un risque d’infiltration d’un binational dans la politique d’Haïti au profit de son pays d’accueil (il serait en mission spéciale, commandée par le pays d’accueil); secundo, il y aurait des difficulté à le poursuivre devant la justice s’il se réfugie dans son pays d’accueil, après avoir commis un délit, un vol ou un crime; enfin il y a risque de confusion des lois dans la tête d’un binational.

[L'article 12 du texte amendé stipule que « Tout Haïtien est soumis à l'ensemble des droits, devoirs et obligations attachés à sa nationalité haïtienne ». Selon le même article : « Aucun Haïtien ne peut faire prévaloir sa nationalité étrangère sur le territoire de la République d'Haïti»]

Le 2e groupe reconnait que l'article consacrant la nationalité multiple aux membres de la diaspora haïtienne, facilitera le développent du pays car elle incitera la diaspora à travailler pour Haïti, stimulera la collaboration entre leur pays d’origine et les pays d’accueil, bien que c’est à la diaspora qu’elle profite le plus puis qu’elle jouit de droits de citoyen et de libertés supérieures à haïtien resté au pays, d’une plus grande liberté de circulation. Ils croient que l'article amendé peut être à la base de problèmes majeurs liés à la justice, et qu’il est une indignité pour le pays puisqu’il accepte le principe qu’un Haïtien puisse rejeter ses racines.

Les articles sur la nationalité multiple font voir chez le groupe 3 une amélioration de l’image d’Haïti, un regain de confiance des binationaux envers Haïti, et la possibilité d’investissements de la diaspora dans l’éducation et la création d’emploi, une plus grande ouverture d’esprit des Haïtiens. Cependant, selon eux, ces amendements créent une forme de concurrence déloyale entre haïtien du pays et le binational qui est doublement protégé, privilégié. Un jeune a donné l’exemple paradoxal d’un binational que son pays d’accueil évacuera d’Haïti en cas de crise ou de catastrophes. En fait, le binational peut profiter des faiblesses des lois haïtiennes pour commettre des forfaits sur le territoire national qu’il lui serait impossible de faire dans ses pays d’accueil.



[NDR : Selon un avocat du barreau de Port-au-Prince, tout Haïtien, même s’il détient une nationalité étrangère, peut être jugée par contumace, s’il ne se présente pas devant une cour de justice haïtienne pour répondre de ses actes. Le jour où il reviendra en Haïti, il sera arrêté et purgera sa peine comme la loi l’exige, en vertu de l’article 12 du texte amendé cité plus haut]

Par ailleurs, les 15 jeunes présents s’accordent tous sur un point : la limitation d’accès aux postes électifs et la restriction à des fonctions politiques pour les Haïtiens jouissant d’une multinationalité. Ils croient que c’est une excellente mesure permettant d’éviter les dérives à cause des articles révisés ou abrogés.

[NDR: L’amendement de la Constitution stipule que « Si les Haïtiens jouissant d'une nationalité étrangère vont pouvoir jouir de leurs droits civiques et politiques, ils ne pourront pas cependant accéder à certains postes, comme président de la République, ministre, sénateur et député »]

Ensuite, le débat s’est éternisé des questionnements soulevés par les uns et les autres [une fille suggère même une enquête pour connaitre la motivation des naturalisé(e)s] et a dévié vers la loi sur les quotas de 30% de femmes dans l’administration publique et les structures politiques. Déjà un garçon pense (à tort) que c’est une loi dirigée contre le sexe masculin, une loi contre la compétence et le mérite. L’animateur du club a tôt fait de clore ce nouveau débat en promettant de l’ouvrir à leur prochaine réunion, ce week-end.

Jean-Gérard Anis
Coordonnateur du projet VDF

lundi 16 mai 2011

Visite du coordonnateur dans les clubs

Le coordonnateur a visité le week-end dernier les clubs des Cayes (samedi 14 mai) et de Camp-perrin (dimanche 15 mai).

Ces visites s’effectuent dans le cadre d’une tournée annuelle du coordonnateur dans les 14 clubs VDF, pour maintenir un contact rapproché avec les jeunes et les animateurs-trices, pour vérifier le suivi et la réalisation des activités prévues dans la programmation annuelle du projet, d’évaluer sur place la situation générale des clubs, leurs difficultés et éventuellement les besoins, et de les aider améliorer la gestion des clubs.

Au cours de ces visites, une réunion préliminaire est effectuée avec les 2 animateurs du club au cours de la journée, suivie d’une rencontre avec les jeunes du club à l’heure régulière de réunion du club. A l’issue de la rencontre avec les jeunes, le coordonnateur commente la séance avec eux et fournit des suggestions et recommandations pour une meilleure conduite des réunions.

Ces visites complètent et achèvent la tournée débutée l’année dernière.Un rapport des visites est soumis généralement aux responsables de FOKAL concernés.

La prochaine visite est prévue au club de Gros Morne le 18 juin prochain. Néanmoins, le coordonnateur effectue des visites impromptues ou annoncées dans les clubs de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince.

Une année à la tête du PIJ

  cher.es ami.es, Depuis janvier 2022, je suis appelé par la direction de la FOKAL à assumer la charge de la coordination du Programme Initi...