lundi 13 mai 2013

Le camp d'été 2013 de FOKAL aura lieu à Jacmel


Le camp national d'été 2013 de FOKAL prendra place à Eco-Resort des Orangersà Jacmel, du 23 au 27 juillet prochain. 
Une vue du jardin avec la piscine de Eco-Resort

Jacmel 

Jacmel, chef-lieu du département du Sud-est, principale ville touristique du pays. Son carnaval haut en couleurs, son artisanat mondialement connu, ses plages, la courtoisie de ses habitants, en font une destination très prisée des touristes locaux et étrangers.
Une photo du défilé du carnaval national à Jacmel en 2011
Le département est un grenier à fruits (mangues, mandarines, oranges, citron, figue ti malice, quenêpes, ananas, sapotille, cachiman, noix de coco…), d’agrumes. Son café est l’un des plus appréciés du pays.
Jacmel se trouve à 80 kms, soit à 2 heures de voiture de P-au-P, par la route de l’Amitié construite par les Français et inaugurée en 1984. C’est une route montagneuse, sinueuse, escarpée avec de nombreux virages. A mains endroits, elle est bordée de falaises et de flancs de montagnes. La route en elle-même est une attraction, une sorte de montagne russe.

Jacmel regorge de sites à visiter : de nombreuses plages (Congo-Plage, la Saline, Cyvadier, Raymond-les-bains, Ti Mouillage, Kabik), le centre-ville historique (maisons Gingerbread, maisons en fonte, manoir Alexandra, marché en fer, l’Hôtel de ville, la maison Bolivar, ateliers et boutiques d’artisanat),  des villages de proximité (Cayes-Jacmel, Marigot), monuments historiques, sites touristiques (Bassin bleu, étang Baussier, Fort Ogé…).  Malheureusement, il va nous falloir faire des choix, car notre séjour à Jacmel ne nous permettra pas de tout visiter.

La ville est actuellement en plein chantier avec de nouvelles infrastructures de loisirs et de services en train d’être reconstruites ou réhabilitées (centre de convention, promenade de bord de mer, marché public, places publiques, aménagement des plages, restauration de l’Hôtel de ville, réhabilitation des rues et des entrées est et sud-ouest de la ville). Cependant, le centre-ville est très bruyant durant la matinée, à cause des nombreuses taxi-motos qui y pullulent (une course coute 10 gourdes).

Le site du camp 

Eco-Resort des Orangers, à 4 kms du centre-ville de Jacmel, accessible en transport en commun et taxi-motos. Il baigne dans un environnement très calme, très vert et boisé. Le site est protégé et sécurisé. La rivière des Orangers, sans danger pour la zone, coule à proximité.
Une vue partielle du jardin et des logements à Eco-Resort
Eco-Resort des orangers n’est pas à proprement un hôtel, au sens classique du terme. C’est un espace aménagé servant généralement à accueillir des séminaires, et des réceptions mondaines. Il dispose de chambres, de 2 bungalows, de 2 dortoirs. Certaines chambres sont climatisées, d’autres  sont tout simplement dotées de ventilateurs. Sa cuisine y est excellente.
Une chambre-type de Eco-resort
Le site dispose d’un court de tennis, d’une piscine, d’une salle de conférence climatisée d’une capacité de 200 personnes. Le site est très agréable, très vert, avec un jardin bien aménagé. Les paons laissés en liberté dans le jardin constituent une véritable attraction.

L’internet par Wi-Fi et l’électricité sont disponibles, 24h/24.

Une des salles à manger à Eco-Resort
Pour en savoir plus, parcourez le web en tapant le mot Jacmel.

vendredi 10 mai 2013

Le spectacle « Haïti on ice » en débat au club de Santo


Ce qui fait du débat un instrument utile au fonctionnement de la cité, c’est sa capacité d’appréhender le réel et de projeter une image plus constructive des faits comme des opinions. Dans cette perspective, le club de Santo entendait renforcer les capacités de ses débatteurs, tout en accordant une place de choix aux débats d’actualité.


Notre dernière rencontre du vendredi 5 mai s’est tenue au local du Collège Louverture Cleary. Pendant une heure et demie de travail, les 15 jeunes débatteurs présents ont pris connaissance d’un fait concret de l’actualité qui a soulevé des remous à Port-au-Prince : Le grand spectacle Haïti on ice. Tout le public n’a pas les mêmes opinions sur le sujet. De ce fait, il était important de le présenter aux jeunes du club, passer les différents arguments au crible afin de mieux cerner la réalité.


Le spectacle Haïti on ice était inscrit dans l’objectif global des autorités de relancer Haïti sur la scène mondiale avec une meilleure image, autrement dit montrer notre capacité à organiser des évènements d’importance, ayant un grand impact médiatique et capable d’attirer le public national et international.

En effet depuis le mois dernier, le projet du spectacle Haïti on ice est lancé, mais semble éprouver moult difficultés à se réaliser. Après trois reports, certains questionnent l’importance de ce spectacle de patinage sur glace à Port-au-Prince. Jusqu'à date, le public est encore dans l’attente et les responsables n’ont pas encore fixé la quatrième date pour ce spectacle.


A la lumière de l’éditorial de Frantz Duval et de la réplique de Nicolas Derennes, publiés dans les colonnes du quotidien Le Nouvelliste (respectivement le 25 et le 26 Avril 2013), les jeunes débatteurs ont analysé les deux positions et ont émis leurs opinions. Les jeunes ont su argumenter a leur manière autour de la question : « Le spectacle Haïti on ice, est il justifié ? »

Les débatteurs qui défendaient le spectacle Haïti on ice ont soutenu qu’il est nécessaire d’introduire de nouvelles activités culturelles chez nous afin de favoriser des échanges avec le reste du monde, et du coup faciliter l’éclosion de nouveaux talents en Haïti. Mais pourquoi rechercher de nouveaux talents alors que nous en avons déjà qui n’ont pas reçu d’encadrement,  ont demandé les débatteurs opposés au spectacle ?

D’autre part, l’échange culturel en soi ne nuit pas, mais il est nécessaire à ce que les points d’échange soient compatibles à la situation du pays. Les rencontres Québécoises sont un parfait exemple d’échange culturel pouvant servir d’exemple aux décideurs. Après la réception d’une bonne brochette d’écrivains québécois dans le pays, Haïti sera représentée pareillement au Canada.
  
Les Pro-spectacle ont affirmé également que le spectacle contribuera à donner une image positive du pays. C’est peut être coûteux, mais c’est un bon investissement, ont-ils dit. Et l’argent dépensé pourra être récupéré avec des bénéfices. Dire que le spectacle sera rentable est l’expression d’un souhait, pas une vérité, ont rétorqué les opposants. On n’est pas obligé de tenter l’impossible pour vendre une « image positive du pays. Et l’image d’un pays ne peut être différente de la réalité culturelle de son peuple. Le football est un sport national dans lequel les autorités devraient investir de préférence, alors que nous ne pratiquons pas de sports de glisse en Haïti. 

Les opposants au spectacle ont ajouté que notre climat tropical est inadapté aux sports sur glace. De ce fait, il serait mieux d’organiser des spectacles répondant à nos conditions environnementales. Le budget nécessaire à la transformation du stade Sylvio Cator en patinoire est aussi un argument avancé par les débatteurs. Cette somme pourrait servir à résoudre des problèmes beaucoup plus urgents.

Les jeunes ont réfuté l’idée du climat se basant sur deux faits. D’abord le fait que le spectacle a déjà réussi dans le climat tropical (Martinique entre autres) ; ensuite Haïti a déjà connu le patinage dans le passé, comme le rappelle Raphael Fequière dans sa rubrique « Goutte d’Oh !» de Ticket Magazine.


Le débat s’est terminé avec une envie de continuer. Les animateurs avaient préparé les documents qui ont servi de matière pour faciliter ce débat informel. Nous avons aussi apporté les éclaircissements nécessaires au sujet et encouragé la participation de tout un chacun dans le débat. Cet exercice a prouvé la capacité des jeunes débatteurs à réfléchir rapidement sans préparation aucune, et à se faire une opinion sur des questions réelles faisant l’objet de discussions dans l’actualité.

Les jeunes favorables au spectacle Haïti on ice aimeraient que le spectacle soit réalisé avec succès. Les opposants, sans souhaiter que le soleil d’Haïti ait raison de la glace, ont espèré voir des activités mettant en valeur la culture Haïtienne dans le cadre de la nouvelle politique visant à projeter une image positive de la nation Caribéenne. 

Francklin Louis-Jean
Animateur du club de Santo

mercredi 8 mai 2013

Un nouvel animateur dans le Programme de débat


Un nouvel animateur vient d'intégrer le programme de débat de FOKAL.

Richardson Cadet est le nouvel animateur adjoint du club de Jacmel. Il remplace à ce poste, Elisabeth SAINT-VAL, promue animatrice principale de ce club après le départ de Claude FENTON.

Richardson (35 ans), est en 4e année en Sciences administratives à l’Université Notre-Dame d’Haïti. Toastmaster international  et professeur d’anglais à FOSREF, il a travaillé pour plusieurs organisations non gouvernementales  comme ACDED, PSI Haïti, VIH-SIDA. Il joue du théâtre.


Nous souhaitons Richardson Cadet la bienvenue dans le staff des animateurs et animatrices du PIJ !

Jean-Gérard Anis
Coordonnateur national du PIJ

mardi 7 mai 2013

Les jeunes du club de Camp-Perrin à l’école du débat


Un effectif renouvelé et à la hausse

Le club de débat de Camp-Perrin a organisé, le dimanche 5 Mai 2013, une journée de formation aux techniques de débat pour ses anciens et nouveaux membres, sous la houlette des animateurs Alex Sylné et Rebert Vital. Cette journée de formation a été réalisée dans l’objectif de préparer les jeunes du club à participer activement aux différentes compétitions de débat locales et nationales à venir. Quarante six (46) jeunes, dont (22) garçons  et (24) filles ont participé à cette formation qui s’est tenue au collège Cœurs Unis de Camp-Perrin (CUC), à la fois lieu de réunion hebdomadaire du club.

Les participants à la formation au débat du club de Camp-Perrin 
Présentement, le club compte environ une cinquantaine de jeunes issus principalement quatre établissements scolaires de la communauté. Depuis sa création, le club comptait des jeunes provenant principalement du  CUC et du collège congréganiste de Maznod, alors que maintenant on y retrouve des jeunes d’autres établissements de la commune. Pour anticiper certains départs de jeunes, nous, les 2 animateurs du club Alex et Rebert, avions pris la décision d’organiser plus souvent des recrutements plus ouverts. Dorénavant, le gros du club est actuellement constitué de jeunes qui l’ont intégré peu avant la période pascale.

Joindre théorie et pratique, une bonne méthodologie de formation

Pour introduire les principes du débat Karl Popper au cours de la formation, pour expliquer les discours et le rôle des débatteurs assurer la formation, on s’est appuyé sur un énoncé de débat, inspiré d’une situation récente qui a divisé profondément les Camp-Perrinois : La manifestation violente organisée par les habitants de la troisième section de Camp-Perrin pour réclamer la construction d’un pont sur la Ravine du sud est justifiée. Alliant la théorie à la pratique, les jeunes se sont exercés à construire, à réfuter et à reconstruire des arguments.

Les jeunes justifiant la résolution ont argué que «  pour se faire entendre des autorités en Haïti et pour que la population obtienne satisfaction de ses revendications légitimes, il est important souvent de sortir de ses gonds ». Ainsi en est-il des revendications des habitants de la troisième section de Camp-Perrin ne datent pas d’aujourd’hui, victimes chaque année des crues de la Ravine du Sud. Ils ont surtout évoqué la Constitution qui parle du caractère obligatoirement pacifique de toute manifestation et la Déclaration des Droits de l’homme pour soutenir leur position.



Les participants opposés à l’énoncé ont fait valoir, de leur côté, qu’« on ne résout pas un problème de ce genre par la violence. Pour se faire entendre des autorités, il existe des moyens pacifiques. »

Le débat a pris une tournure très animée quand les partisans des méthodes revendicatives violentes ont soulevé la question, à savoir si une population doit passivement accepter de subir les conséquences du manque d’un service public. Certains d’entre eux ont même évoqué comme support l’Indépendance si chère aux Haïtiens, acquise au prix de la violence.

Leurs adversaires ont vivement rejeté cet argumentaire en rétorquant, de leur côté, qu’une partie de la population, aussi juste et légitime que soit ses revendications, n’a nullement le droit de bloquer toutes les activités d’une commune entière (écoles, commerces entre autres) pour parvenir à ses fins.
Le travail en atelier, une méthode participative dans une formation

Après première courte pause, des ateliers de travail ont été créés dans lesquels six groupes de 8 à 10 jeunes réfléchissent chacun à construire deux arguments soutenant et s’opposant à l’énoncé suivant : L’instauration du baccalauréat allégé est justifiée. Quarante minutes de travail plus tard, en séance plénière, le représentant de chaque atelier a présenté les arguments de son groupe.


Pour les groupes affirmatifs, « Le bac allégé favoriserait un plus grand succès au baccalauréat, les élèves ayant moins de matières à étudier. De plus, « le bac allégé offre une plus grande possibilité de se qualifier dans une branche de la connaissance ». Pour les groupes opposés, « le bac allégé contribue à rendre les élèves plus paresseux. En outre, « le fait qu’en Haïti, c’est la chance qui compte, mais non les capacités réelles d’un étudiant dans tel ou tel domaine, il convient de ne pas les limiter ».


Comme point de clash important, le membre d’un  groupe soutenant l’énoncé a fait remarquer que le bac allégé ne dédouane pas l’élève de sa responsabilité d’étudier toutes les matières, mais facilite sa réussite. En retour, certains membres des groupes opposés ont demandé à leurs adversaires de fournir des statistiques prouvant que les résultats se sont réellement améliorés depuis l’avènement du bac allégé. Débat intéressant qui a l’avantage de faire voir aux bacheliers du club les enjeux de cette décision du Ministère de l’Education Nationale.

Puis, des volontaires se sont improvisés en interrogateurs. C’était l’un des moments les plus forts de la formation, parce que c’est à cet instant que, sans vouloir exagérer, les progrès ont été vraiment palpables au sens que les jeunes ont fait preuve d’une grande perspicacité en posant des questions et en y répondant de manière réfléchie et convaincante. Ces présentations entrecoupées de commentaires et de questions des jeunes et des animateurs ont duré environ une heure.

Comment préparer un tournoi ?

Après une pause-repas, a eu lieu la constitution des équipes qui participeront au prochain tournoi de débat du club dont les demi-finales et la finale se joueront le dimanche 26 mai 2013, au collège Cœurs Unis de Camp-Perrin (CUC). La méthode de formation des équipes a été très simple : chaque atelier précédemment constitué a désigné trois joueurs formant une équipe, ce qui a donné six équipes en tout.

Cependant, comme les autres participants ont manifesté le désir de jouer, deux autres équipes ont été constituées par tirage au sort avec ces derniers. Donc, huit (8) équipes participeront au tournoi du club de Camp-Perrin qui se tiendra le 26 Mai au C.U.C. Les éliminatoires se joueront le vendredi 24 toujours au C.U.C. Nous prévoyons une assistance importante pour l’organisation de ces activités.

Comment préparer un débat ?

Durant une heure, le thème suivant a été abordé : Comment préparer un match de débat ?  L’objectif de cette séquence de la formation a été d’apprendre aux jeunes à respecter les étapes de la préparation d’un match et surtout à savoir travailler en équipe à ce niveau. En effet l’accent a été mis sur l’importance du brainstorming, de la collecte des supports, sur la nécessité que chaque joueur participe activement à la préparation d’un match.


Préparer un débat nécessite également de savoir comment faire un tri des arguments les plus percutants pour justifier la position à défendre, d’anticiper les arguments que l’équipe adverse pourrait avancer et de préparer leur réfutation ainsi que les questions-types qui mériteront d’être posées lors des confrontations directes.

Perspectives du club, résolutions pour l’avenir

A la clôture de la formation, avant de distribuer des documents didactiques sur le débat aux participants, une dernière mise au point sur le club a été effectuée avec les jeunes. Après quelques semaines de tâtonnements, le club a repris son cap mieux qu’avant ou mieux que jamais peut-être. Ces tâtonnements étaient dus aux examens trimestriels se déroulant dans leurs écoles qui, aux dires des jeunes, les préoccupent beaucoup. Il y a aussi le championnat de football interscolaire  qui chaque année, mobilise un nombre important de membres préférant aller soutenir leurs équipes. Pour palier à cette désaffectation, nous envisageons de diversifier nos activités, d’organiser plus souvent des compétitions notamment.

Le moment est venu pour nous d’appliquer ses recommandations de Jean-Gérard Anis, le coordonnateur des Programmes Initiative Jeunes de FOKAL,  qui n’a eu de cesse de nous prodiguer de nombreux conseils comme d’organiser des débats réguliers au sein du club. Nous prévoyons que non seulement le tournoi local, que nous allons organiser bientôt, sera une enrichissante expérience comme l’a été cette journée de formation. Nous prévoyons aussi que notre équipe sera plus que jamais à craindre lors du prochain tournoi national de débat à Jacmel. Les talents qui se sont affirmés ce dimanche 5 mai, au cours de cette formation, nous permettent de le croire.

Remerciements

Nous remercions en particulier le coordonnateur pour ses encouragements incessants. Nous remercions le staff du collège CUC qui a mis à notre disposition toute la logistique nécessaire, dont la bibliothèque Jacques Roumain de l’établissement, à l’organisation de nos réunions. 

Nous remercions également le professeur Rolin Saint-Vil qui a accepté notre invitation à venir suivre cette formation. Le débat surtout les compétences des jeunes au débat, comme il l’a lui-même affirmé,  sont une véritable découverte. Merci aux cuisinières de la cantine du C.U.C Alida et Régine, assistées du gardien du C.U.C qui ont préparé le repas pour nous. Merci à tous les jeunes !

L’énoncé retenu pour le tournoi de débat du club est le suivant : « Le vote électronique devrait être utilisé pour les élections législatives et présidentielles en Haïti. »

Alex Sylné et Rebert Vital
Animateurs du club de débat de Camp-Perrin

lundi 6 mai 2013

Le programme de débat de FOKAL se consolide


Depuis le début de l’année 2013, le Programme Initiative Jeunes (PIJ), ci-devant le programme de débat, l’un des programmes-phare de FOKAL, est entré dans un mouvement de consolidation de ses acquis et bénéficie d’un dynamisme renouvelé, sous l’impulsion de son responsable, Jean-Gérard Anis.
Formation pour juges de débat à Gros Morne en avril 2013
Le PIJ vise de FOKAL l’apprentissage des jeunes Haïtiens et Haïtiennes à la démocratie, à la citoyenneté responsable, à la résolution de conflits, à la tolérance, au respect de l’autre par le débat. Ce programme de débat entend développer chez les jeunes l’esprit critique, des capacités d’expression publique, l’aptitude à faire de la recherche documentaire de façon indépendante, leur leadership naturel et des  capacités d’anticiper et de résoudre les conflits.

Ainsi FOKAL crée les conditions et les opportunité dans son réseau national de 14 clubs de débat pour permettre aux jeunes engagés dans ce programme de discuter de sujets qui affectent leur vie et leur communauté dans une atmosphère de tolérance, de rationalité et de rigueur intellectuelle, valeurs, habiletés et comportements qui sous-tendent les pratiques démocratiques.

Formation pour juges de débat à FOKAL en mars 2013
En effet, en septembre 2012, une réévaluation du PIJ nous a permis de constater que les clubs de débat du réseau confrontent divers problèmes qui plombent leur capacité à organiser des compétitions de débats réguliers, et à maintenir la trajectoire vers les objectifs fixés. Par conséquent, les jeunes accumulent un déficit d’expérience du débat que le seul tournoi national d’été, organisé chaque année par FOKAL, ne permet pas de combler.

Plusieurs actions ont été entreprises depuis février pour faire remonter la courbe. La première a été de former des juges de débat, au standard de l’organisation mondiale IDEA*, dans la communauté où les clubs sont implantés. La formation vise donc à augmenter l’effectif de 13 juges nationaux disponibles pour les débats, à faciliter l’organisation de tournois de débat dans les clubs du réseau, à améliorer la qualité des arbitrages - plus il y a de juges pour un débat, mieux le verdict sera acceptée par les débatteurs.

Formation pour juges de débat aux Cayes en décembre 2012
Plus de 60 nouveaux juges (enseignants, étudiants, bibliothécaires, professionnels, intellectuels ciblés) ont été déjà initiés aux techniques de débat, appris la fonction de juge et formés aux critères pour bien arbitrer un débat, répartis dans les clubs de la région métropolitaine (de Léogane à Fond Parisien), de Cap-Haïtien, des Cayes, de Camp-Perrin, de Jacmel, de Gros Morne. Jérémie sera le dernier club à en bénéficier.

La seconde initiative est d’encourager les clubs à organiser des débats d’exhibition et des petits tournois de débat locaux, ouverts au public. Elle vise à aider les jeunes à avoir une plus grande expérience du débat, à corriger les faiblesses de l’apprentissage des techniques de débat, à améliorer la qualité des débats. Trois clubs ont déjà réalisé le leur, 4 autres (Cayes, Jérémie, Gros Morne, Jacmel) sont annoncés pour ce mois de mai.

Un tournoi régional de débat qui opposera les 8 clubs de la capitale sera organisé le 15 juin 2013 à FOKAL. Il sera ouvert au public. Cette compétition, la première du genre organisée dans le programme a pour objectif de consolider les capacités des jeunes à débattre, et de les familiariser avec l’épreuve de la compétition dont le stress et la fébrilité qui agitent les débatteurs engagés à ce stade révèlent leur fragilité : certains refusent la défaite. Ce qui fausse le jeu. Or, dans le débat comme jeu, il faut bien qu’une équipe perde.

Match de débat au club de Jacmel en avril 2013
Un accompagnement plus rapproché des animateurs des clubs constitue une action principale actuelle du programme. En attendant de bénéficier d’une formation pour renforcer leurs compétences de formateur dans les clubs, durant le camp d’été prévu à Jacmel, le programme leur a fourni de nouveaux ouvrages de débat, une dotation d’Open Society Foundations, maison-mère de FOKAL à New-York, pour améliorer la formation continue aux techniques de débat des jeunes de leur club.

Trois nouveaux manuels de débat [Guide pour débattre dans le style scolaire mondial, Guide pratique des techniques de débat, Comment gagner un débat ?]  viennent s’ajouter au livre Débats, un guide pédagogique édité en 2008 par FOKAL en version livre et DVD, et à d’autres outils dont les a dotés FOKAL pour mieux assurer leur travail et responsabilité au sein des clubs. Cinq exemplaires de chacun de ces titres sont disponibles dans chaque club pour les jeunes.

Jean-Gérard Anis
Coordonnateur des Programmes Initiatives jeunes
FOKAL- Open Society Haiti

* La mission de International Debate Education Association (IDEA - FOKAL en est membre) est de promouvoir la compréhension mutuelle au niveau mondial en soutenant la discussion et la citoyenneté active au niveau local, en mettant l'accent particulièrement sur les jeunes. IDEA cherche à remplir sa mission en offrant aux élèves et aux enseignants l'occasion d'examiner les questions qui affectent leurs vies et leurs communautés, en créant des clubs de débat larges et inclusifs, et des associations indépendantes de débat pour promouvoir, organiser et soutenir l'éducation par le débat. IDEA espère former de nouvelles générations de penseurs critiques, tolérants à des rôles de leadership dans la vie civique et politique. 

vendredi 3 mai 2013

FOKAL a formé des juges de débat à Gros Morne


Dans le souci d’intégrer de personnes-ressources extérieures à son programme et les activités de débat associées, FOKAL a entrepris depuis janvier 2013 une grande campagne de formation de juges de débat dans diverses communautés où ses clubs de débat existent. Cette formation est déjà réalisée dans les clubs de Port-au-Prince, Cap-Haïtien, Cayes, Camp-Perrin, Jacmel.
Quatre éducateurs, quatre étudiants à l’université et quatre animateurs de clubs de débat, trois autres professionnels dont un homme de loi, ont reçu samedi 27 avril 2013 à Gros Morne, une formation sur les règles et les techniques de débat Karl Popper, et sur la fonction de juge, animée par J-G Anis, le coordonnateur du Programme Initiative jeunes de FOKAL.

Le débat n’est pas une opération com’

Après que le coordonnateur ait présenté les objectifs du programme de débat de FOKAL, et ceux de cette formation, il a interrogé les participants sur leur expérience du débat. Chacun a reconnu que les débats qu’ils ont l’habitude d’écouter ou de regarder dans les médias haïtiennes ressemblent plus à de la conversation ou du bavardage. Parce que les débatteurs ne parlent pas pour apprendre ni convaincre le public, mais plutôt pour s’émousser au risque de tout capoter.
Le débat généralement exige le respect de l’adversaire, la tolérance des idées, l’écoute attentive, des arguments structurés étayés par des supports crédibles, bref une bonne préparation du débatteur. Des qualités et des attitudes que les débats présidentiels de l’an dernier aux USA et en France ont montrées, mais pas le dernier débat présidentiel en Haïti qui, selon eux, a été une cacophonie, une opération communication, au pire un pugilat.

Des juges à l’exercice d’apprentissage du débat

C’était l’occasion pour eux de passer à l’épreuve de l’exercice de produire une argumentation sur un sujet de débat de leur choix, qui a été : « La médecine traditionnelle devrait être autorisée dans les hôpitaux publics en Haïti ». Ils ont défini la médecine traditionnelle comme les pratiques naturelles et coutumières de traitement des malades n’utilisant pas les médicaments (utilisation de plantes ayant des vertus médicinales, les lavements, les infusions et thés…).
Puis quatre groupes de 3 personnes ont été créées pour préparer des arguments appuyant et opposés à la résolution, en respectant la structure du format Karl Popper. Deux groupes soutenant l’affirmation exprimée dans le sujet (la position affirmative) ont démontré que la médecine traditionnelle est efficace vu qu’elle traite la plupart des maux et infections récurrentes en Haïti ; et elle est plus économique, car le cout du traitement est quasiment gratuit et les produits sont disponibles dans la nature.

Par contre, les 2 groupes opposés à la résolution (la position négative) ont affirmé que la médecine traditionnelle est un traitement aléatoire, car il n’y a pas de norme standard pour doser correctement les produits utilisés et y éviter les réactions négatives du patient; elle représente un danger pour les malades, car sans un bon diagnostic, les produits agissent le plus souvent sur les symptômes mais pas sur la maladie qui continue à s’aggraver.

Réfuter, un exercice hautement délicat pour convaincre

Chaque groupe s’est efforcé ensuite de réfuter les arguments des groupes adverses. Les 2 groupes opposés à la motion croient que l’efficacité de la médecine traditionnelle n’est pas prouvée puisque qu’on n’a pas le taux de personnes déjà guéries par ce mode de traitement. De plus, la soi-disant économie qu’elle fait bénéficier au patient est une illusion qui masque un problème plus important : une médecine à 2 vitesses, l’une pour les petites bourses, l’autre pour les patients aisés.
Répondant à la position négative, la position affirme a contesté que la médecine traditionnelle soit aléatoire car selon elle, même un médicament administré avec la dose correcte peut être nocif pour un patient, et aussi le traitement médical n’est pas à l’abri des mêmes erreurs de diagnostic qu’avec le traitement traditionnel, car un médicament guérit souvent de préférence les symptômes au lieu de la maladie elle-même, comme dans le cas d’un cancer par exemple.

Suite à cette simulation de débat, Elizabeth et Thierry, 2 hauts cadres de FOKAL ont expliqué aux participants, dans une vidéo-guide du débat projetée à l’occasion, la fonction du juge de débat, ses exigences et les critères pour bien juger un débat. Un guide pédagogique ainsi que des documents didactiques sur les notions, principes et techniques de débat ont été distribués à chacun. Enfin, une évaluation de leurs connaissances acquises sur la fonction de juge a été effectuée à l’aide d’un quizz dont les réponses ont été très satisfaisantes.

L’épreuve d’arbitrer un débat

La formation s’est poursuivie le lendemain après-midi avec un débat d’exhibition entre 2 équipes du club de Gros Morne, dont les juges avaient à arbitrer comme exercice pratique. Plus de vingt-cinq jeunes ont assisté au match. Les commentaires généraux des 7 juges présents, sur les discours et les postures des débatteurs de chaque équipe à l’issue du débat, ont montré qu’ils ont bien compris le format Karl Popper. Néanmoins le fait qu’ils n’ont pas beaucoup réagi sur les arguments des équipes peut être mis sur le compte de leur inexpérience.
L’expérience a été tout de même encourageante étant donné que les commentaires et le vote des juges pour ce débat de démonstration ont été plutôt justes et adéquats. Le club de Gros Morne peut espérer compter sur des juges enthousiastes qui ont manifesté la volonté d’accompagner le club dans ses activités de débat. FOKAL attend donc de voir le résultat de cette collaboration sur la qualité des débats qui seront entrepris dans ce club.

Jean-Gérard Anis
Coordonnateur national du PIJ

jeudi 2 mai 2013

Projet de débat entre Haïti et la République dominicaine


Un projet de débat haïtiano-dominicain est né récemment à l’initiative de Mirta Aguirre, une consultante argentine qui possède une grande expérience dans le développement des projets sociaux et éducatifs. Elle vient d’introduire en République dominicaine le programme de débat, existant depuis 16 ans en Haïti, avec l’appui de l’organisation internationale Open Society Foundations, à New-York.


Mirta en Haiti, au camp d'été de FOKAL en été 2012
L’association dominicaine de débat que Mirta Aguirre a nouvellement créée à cette occasion à Santiago a invité la fondation FOKAL à s’associer à cet ambitieux projet dont l’idée est de promouvoir la réflexion et le dialogue entre les jeunes grâce à des débats entre jeunes Haïtiens et Dominicains dans la ville de Santiago, au Nord-est de la République Dominicaine (RD).

Le projet

Le projet consiste à promouvoir le débat comme un outil pour la réflexion, de la pensée critique et du rapprochement vers l'autre, à travers une série d'ateliers, de rencontres et de tournois de débat auxquels les jeunes dominicains et haïtiens participent dans la ville de Santiago.

L’association dominicaine de débat nouvellement créée à l’occasion à Santiago, travaillera de concert avec FOKAL à créer des liens entre les pays, en créant les conditions pour établir un espace de dialogue et un échange d'idées entre jeunes dominicains et haïtiens, qui valorisent la réflexion interculturelle et la compréhension des autres.

Les objectifs du projet:

Le projet vise à créer un espace de dialogue et de réflexion à travers la discussion entre les jeunes étudiants haïtiens et dominicains étudiant dans la ville de Santiago ; à établir des liens avec la Fondation FOKAL en Haïti, grâce à des rencontres internationales qui se tiendront des deux côtés de l'île ; à promouvoir la pensée critique et la tolérance de la communauté étudiante de Santiago à travers une série d'ateliers, de réunions et de discussion.

Mirta Aguirre, au camp d'été 2012 de FOKAL, au Cap-haïtien 
Contexte du projet

Bien que les relations entre Haïti et la République dominicaine (DR) aient été historiquement tendues, la RD est l'une des principales destinations des Haïtiens qui cherchent une alternative à la situation difficile de leur nation depuis des décennies. Les relations entre les deux sont marquées par un manque de connaissance de la culture de l'autre et, à l'occasion, par des comportements discriminatoires des Dominicains.

Mirta Aguirre avec des animateurs de club de débat, Aout 2012, en Haiti 
La ville de Santiago de los Caballeros est la deuxième ville la plus peuplée de la RD après sa capitale, Saint-Domingue, et en tant que tel est un des principaux bénéficiaires des immigrants haïtiens. Une grande partie de cette immigration est composé de jeunes qui viennent faire leurs études universitaires. On estime que dans cette ville il y a plus de 3 mille jeunes haïtiens inscrits dans différentes universités.

Le quartier étudiant à Santiago n'est pas étranger à cette dynamique, où le manque de connaissance de la culture d'Haïti ne fait que renforcer les stéréotypes. De même, l'absence d'espaces qui encouragent la pensée critique et la réflexion sur ces sujets et d'autres sujets d'intérêt ne permet pas de progresser dans la déconstruction de ces préjugés.

Justification du projet

Par conséquent, ce manque d'espaces de communication et d'échange entre les jeunes étudiants Haïtiens et Dominicains en résulte une problématique intéressante. C'est dans ce contexte que s'inscrit ce projet.

Créer des espaces de dialogue, de réflexion et de communication est impératif pour mettre de côté les préjugés et les stéréotypes qui existent entre les deux pays. C'est dans cet esprit que notre projet se pose.
Mirta et J-G Anis, le coordonnateur du programme de débat de FOKAL 
Soutenir la création d'un espace de ce genre dans la ville de Santiago, dont la population étudiante haïtienne est la plus grande dans le pays, va également dans ce sens.

Activités prévues du projet

Dans un premier temps, des jeunes Dominicains ayant un bon niveau en français et formés aux techniques de l'argumentation, de la pensée critique et du débat, participeront au camp de débat annuel de FOKAL, en Juillet 2013 à Jacmel en Haïti. Ce sera le premier débat international entre Haïti et la République dominicaine et ce sera une occasion unique pour les participants dominicains d'apprendre d’Haïti et sa culture, ses coutumes à travers l'hospitalité du peuple haïtien.
Mirta avec des débatteurs haïtiens, été 2012
Ensuite, les membres de la fondation FOKAL, un groupe de jeunes Haïtiens, avec le coordonnateur du Programme Initiative Jeunes de la Fondation, seront invités à participer à un tournoi débat à Santiago, à la fin de l'année 2013. L’évènement mettra également en vedette un festival de la culture haïtienne, où on pourra voir des films et des évènements culturels par les participants de l'atelier, et ouverts à toute la communauté.

Enfin, l’Association dominicaine de débat fera la promotion du débat comme un outil pour la pensée critique chez les jeunes de Santiago en général. Des ateliers et des tournois de débat en espagnol dans la communauté de Santiago avec à la fois des jeunes Haïtiens et Dominicains seront organisés avec l'intention de diffuser le débat comme un outil de réflexion critique. Il y aura un tournoi à la fin de l'atelier.


Partenaires du projet

Les compétences d’une équipe d'enseignants qualifiés bilingues (espagnol-français) et des travailleurs communautaires en République dominicaine, l’expérience des animateurs des clubs de débat et les formateurs de FOKAL seront mises à contribution dans ce projet. L’Alliance Française de Santiago, une institution en contact permanent avec la communauté haïtienne de Santiago, soutient le projet.

Mirta s'entretenant avec des jeunes débatteurs Haïtiens au camp d'été 2012 
Néanmoins, FOKAL est en train d’examiner la meilleure façon d’apporter sa contribution à ce projet. Déjà, la fondation a fait don récemment à l’Association dominicaine de débat d’une vingtaine d’exemplaires de son guide pédagogique de débat, édité en 2008 avec l’appui financier de l’union européenne et d’autres manuels de débats traduits en français par Open Society Foundations.

Conclusion

Dans la mesure où les jeunes sont conscients d’avoir identifié l’espace où ils peuvent réfléchir, discuter, apprendre, confronter et débattre de nouvelles idées, le projet pourrait créer un espace formel et durable qui permettra l'adoption de programmes à long terme au bénéfice des jeunes des deux pays partageant l’ile.

Jean-Gérard Anis
Coordonnateur du programme Initiatives Jeunes
FOKAL - Open Society Foundations Haiti

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