mercredi 20 janvier 2016

Concours de plaidoirie sur les droits humains : 3 de nos débatteurs à l’honneur

Trois anciens débatteurs des clubs de débat de Jacmel et de Cote-Plage du Programme Initiative Jeunes de FOKAL se sont illustrés au 1er concours national de plaidoirie sur les Droits Humains ouvert uniquement aux étudiant(e)s finissant(e)s en droit, organisé par le Bureau des Droits Humains en Haiti (BDHH), en partenariat avec Avocats Sans Frontières Canada (ASFC).
Osse-Manuel Recul et Kathia Belony
Les demi-finales et la finale ont eu lieu à la salle d’audience du nouveau palais de Justice de la Cour de Cassation flambant neuf, au Champ-de-Mars, vendredi 15 janvier, de 9h am à 3h pm. Sous la houlette de Jacques Lethan, président du BDHH et de Pauline Lecarpentier, secrétaire générale de l’organisation, 4 avocats militants des droits humains du barreau de Port-au-Prince, et une avocate du barreau du Québec (Canada) ont officié comme juges pour arbitrer les débats.
Une partie de l'assistance
L’un de nos anciens débatteurs s’est particulièrement illustré à ce concours, car il s’est hissé en demi-finale du concours. Il s’agit d’Osse-Manuel Recul, étudiant en 4e année à l’école de droit de Jacmel, ancien débatteur et actuel juge au club de débat de cette ville. Il était face à Katia Benoly, étudiante en droit à la Faculté de droit et des Sciences Economiques de l'UEH, qui défendait la position pour l’encadrement de la liberté de la presse en Haiti.

Pourquoi encadrer la liberté de la presse ?

Katia a défini la presse comme un outil pour informer les citoyens, un acteur et un chantre de la démocratie et a posé le postulat selon lequel « il n’y a pas de liberté sans liberté de la presse ». Elle a articulé sa plaidoirie autour de 3 points essentiels :

Kathia Belony
- les fondements de la liberté de la presse, qui prennent naissance dans les textes de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la Convention internationale relative à la sauvegarde des droits et des libertés dont Haiti est signataire, qui sont de 3 ordres : la liberté d’expression, la liberté d’opinion, la liberté d’informer;
- l’importance de cette liberté, qui grâce à son pouvoir d’informer, son pouvoir intellectuel, son pouvoir économique et son pouvoir politique hisse la presse au rang de 4e pouvoir qui contrebalance les 3 autres que sont le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire;
- et la nécessité de l’encadrer, car l’exercice de cette liberté, selon elle, comporte des droits mais aussi des responsabilités.

Selon Katia, il faut encadrer la liberté de la presse pour empêcher la divulgation d’informations confidentielles, pour protéger la stabilité du pays, pour responsabiliser les journalistes, pour respecter le secret des hommes et la dignité de l’autre. Elle a jugé que l’écolière mineure surprise en flagrant délit d’activité sexuelle avec un adulte à la rue Hudicourt sur Bourdon a été maltraité par la presse qui n’a pas protégé son intimité ni sa vie privée. Les journalistes l’ont injustement jetée en pâture au public haïtien.

Soupçon de bâillonnement de la presse

Osse-Manuel Recul
Ossé-Manuel Recul s’oppose à cette idée d’encadrement de la liberté de la presse, car il existe déjà un cadre normatif et des dispositions juridiques pour garantir et protéger l’exercice de cette activité. Pourquoi encadrer la presse si elle est indépendante ? Pourquoi rajouter d’autres règles en sus de celles qui existent déjà ?

Selon, Ossé-Manuel, le journaliste exerce librement son métier dans le cadre de la loi. La République l’encadre déjà. Parler aujourd’hui d’encadrer la presse, c’est vouloir la museler. Ou bien elle ne sera ni indépendante ni impartiale.

Si elle reçoit un encadrement économique de l’Etat ou de toute autre entité privée, la presse se sentira dans l’impossibilité d’être impartiale, car la main qui donne commande. Ainsi, on voudrait inciter la presse à violer les droits fondamentaux. Or toutes les mauvaises pratiques dans la société doivent être dévoilées par la presse.

Kathia a rétorqué qu’elle ne veut pas qu’on musèle la presse mais elle souhaite plutôt  qu’on y mette des balises pour protéger le/la journaliste contre les tentations de diffamations sur des personnalités publiques, de manipulations de l’information, pour épargner des vies.

En clair, l’encadrement de la liberté de la presse voudrait dire pour elle de protéger le/la journaliste contre lui/elle-même.

Les leçons du débat

Le jury, après délibération, a accordé la victoire à Katia Belony. Pierre-Philippe Daniel, un très brillant débatteurs a été plus tard dans la journée, sacré "Lauréat du concours de plaidoirie 2015" en gagnant la finale.

Le jury des demi-finales et la finale du concours
Le débat s’est déroulé dans un esprit de fair play entre les débatteurs. Les jeunes ont fait abondance de d’articles de la Constitution et des lois haïtiennes pour étayer leurs arguments. Cela a été un débat très technique, très porté sur les notions de respect de droits humains. Mais ce format de débat avec 2 interventions pour chaque orateur, un plaidoyer de 10 minutes et un discours de réplique de 5 minutes à l’argumentation de l’adversaire, sans pause aucune.

Cependant, 3 éléments dans ce format ont laissé l’auditoire et certainement les débatteurs, frustré :
En premier lieu, la délibération du jury. Selon toute vraisemblance, les 5 juges prennent leur décision ensemble et non individuellement. Autrement dit le vote en faveur de l’un ou l’autre débatteur est unanime ou ne l’est pas. On aurait préféré que la décision soit individuelle pour éviter qu’un juge soit influencé par les autres. La décision du jury serait plus ouverte.

En deuxième lieu, le fondement des décisions. Il aurait mieux valu que les juges expliquent brièvement leur décision, non pas en se retranchant derrière le règlement, mais en expliquant ce qui fonde leur décision dans l’argumentation du débatteur pour qui ils ont voté. Dire qu’on a voté contre tel débatteur parce qu’il n’a pas respecté le règlement, s’apparente à une décision sur vice de forme mais non réellement fondée sur le critère de l’argumentation. Ainsi le gagnant gagne par défaut. Ceci appauvrit l’importance de l’exercice.
Remise des primes après la finale
Les sujets du débat. Ils mériteraient d’être plus précis, c’est-à dire énoncés comme une question ou affirmation controversée qui appelle une position à défendre. Le sujet « L’encadrement de la liberté de la presse » souffre de cette imprécision. Le sujet porte t-il sur la création de nouvelles lois d’encadrement de la liberté de la presse ?  Ou bien sur la nécessité de l’encadrer maintenant ?

Sur le sujet 2, « la réforme foncière en Haiti », le flou était encore plus manifeste, et vraisemblablement cela a un peu nui à l’approche argumentative du débatteur contre. Les 2 débatteurs sont tombés d’accord sur la nécessité de la réforme foncière, mais ils s’opposaient sur le calendrier de mise en œuvre, alors que rien dans le sujet n’orientait vers cette approche.

Pauline Lecarpentier, du BDHH, organisatrice du concours
Toutefois, ce concours a tenu ses promesses en termes d’engagement des candidats, de la qualité des plaidoiries, de la satisfaction de l’auditoire et des partenaires qui ont tous manifesté le souhait que les organisateurs rééditent l’initiative.

Jean-Gérard Anis
Coordonnateur du PIJ

mardi 19 janvier 2016

CALENDRIER DES ACTIVITES DANS LE RESEAU EN 2016


MOIS
Activités programme
Activités clubs

Janvier

Distribution du livre "Paroles de Jeunes"aux organismes de droits humains, aux organisations non gouvernementales, aux institutions publiques et privées, aux bibliothèques publiques et communautaires, aux établissements secondaires, à l'échelle nationale.
- Tournoi de débat du club de Martissant (23 janvier)
- Tournoi (1) de débat inter-scolaire à P-au-P organisé par Christ-Roi (30 janvier)
- Tournoi de débat du club de Diquini
- Séminaire sur le débat à l’Université Publique de la Grand’Anse (22 et 23 janvier)
- Atelier de réflexion: Culture de la Non-violence au club de Darbonne (29 janvier)
- Réunion avec les parents des débatteurs (30 janvier)
Février
Distribution du livre "Paroles de Jeunes" - Suite
Formation de débat à HELP (13 et 20)
Visite dans les clubs (annoncé au moment opportun)
- Présentation du livre «  Paroles de Jeunes »  aux membres du club de Darbonne et autres jeunes de la communauté (12 février)
- Tournoi de débat au Club de BMC (20 février)
Mars
Distribution du livre "Paroles de Jeunes" -Suite
Visite dans les clubs
Présentation du livre "Paroles de Jeunes" aux membres de la société civile de Darbonne (4 mars)
- Tournoi (2) inter scolaire à P-au-P
organisé par Christ-Roi (12 mars)
- Conférence sur les droits de la femme au club de Jérémie (5 mars)
- Tournoi inter-scolaire au club de Jérémie  (12-13 mars)
- Conférence sur l’OIF et la biographie de sa secrétaire générale au club de Jérémie (19 mars)
Avril

Tournoi régional Grand Sud (23-24 avril, Hotel Château Champ Vert, Torbeck

Visite dans les clubs (annoncé au moment opportun)
Tournoi de débat aux clubs de Cap-Haïtien et de Cote-Plage (2 avril)
Présentation du livre "Paroles de Jeunes" aux membres de la société civile du cap-Haïtien (3 avril)
Formation sur les techniques de débat et tournoi inter scolaire au club de Darbonne (16 avril)
- Préparation au tournoi régional Grand-Sud au club de Jérémie (2, 9, 16 et  30 avril)
Mai

Tournoi régional de l’Ouest (14 mai, Collège Saint-Louis de Bourdon, Port-au-Prince

Visite dans les clubs
- Préparation pour le tournoi régional de Débat et matchs d’ exhibition au club de Darbonne (mai-juin)
Juin
Réunion  de préparation du camp d’été avec les animateurs
- Préparation du camp d’été avec les débatteurs au club de Jérémie

Juillet

Camp d’été (date non encore prévue)


Août

Tournoi à l’étranger (non encore confirmé)
Présentation du  club et match d’exhibition sur une chaîne de télévision à Jérémie (24 et 25 août)


Septembre
Visite dans les clubs (annoncé au moment opportun)



Octobre
Visite dans les clubs (annoncé au moment opportun)




Novembre
Visite dans les clubs (annoncé au moment opportun)



Décembre
Rencontre annuelle des animateurs (3 décembre)


Fête de fin d’année au club de Jérémie (24 décembre)


Vous pouvez ajouter directement votre propre agenda d’activités dans la colonne « Activités clubs » du calendrier, et me le renvoyer instamment. Le calendrier complété sera communiqué à tous les animateurs et animatrices. Merci.

vendredi 8 janvier 2016

10 faits à savoir sur la fièvre Zika


BY: LOOP NEWS
"Quoiqu’aucun cas ne soit pour l’instant confirmé, il important de se préparer à toute éventualité."
Le Ministère de la santé publique et de la population (MSPP) a récemment publié un message d’alerte sur l’épidémie du virus Zika. Quoiqu’aucun cas ne soit pour l’instant confirmé, il important de se préparer à toute éventualité.

C’est quoi la fièvre Zika? D'où vient-elle? Comment se propage-t-elle ? Quelles sont les mesures à adopter ? Loop Haiti vous propose 10 faits sur la fièvre Zika que vous devriez savoir :

1. Le virus Zika (ZIKV) fait partie de la famille des Flavivirus Aedes, étroitement liés à la Dengue, la Fièvre Jaune, le virus du Nil occidental et l'Encéphalite japonaise.

2. Le virus a tiré son nom pour avoir été découvert pour la première dans la forêt Zika de l'Ouganda. En 1947, le virus a été isolé pour la première dans le rhésus d’un singe en Ouganda. Bien que non concluantes, des études laissent croire que les réservoirs du virus se trouve vraisemblablement chez les singes. En 1968 au Nigeria, le virus a été isolé pour la première avec succès à partir d'un patient humain.

3. De 1951 à 1981, l’évidence d'infection humaine a été signalée dans des pays africains comme l'Ouganda, la Tanzanie, l'Egypte, la République centrafricaine, la Sierra Leone et le Gabon, ainsi que dans certaines parties de l'Asie, dont l'Inde, la Malaisie, les Philippines, la Thaïlande, le Vietnam et l’Indonésie.

4. La période d'incubation varie d’une personne à une autre. Mais en général, les symptômes de la maladie sont bénins et de courte durée (allant de 2 à 7 jours).
Principaux symptômes cliniques de ZIKV chez les patients sont d'intensité légère à forte fièvre, de la conjonctivite (œil rose), l'arthrite transitoire / arthralgie (douleurs notables principalement dans les petites articulations des mains et des pieds; similaire) et maculo-papuleuse éruption cutanée (qui commence souvent sur le visage, puis se propage dans tout le corps). Il est à noter, cependant, que rien ne prouve que les infections ZIKV affectent les femmes enceintes ou leurs bébés. Très peu de rapports de cas se trouvent dans la littérature médicale.

5. ZIKV est transmis aux humains principalement par certaines espèces de moustiques Aedes aegypti. Certaines de ces espèces piquent pendant la journée ainsi que dans l'après-midi / soirée.
En 2009, il a été prouvé que le virus peut être transmis sexuellement par les humains, sans l'influence du moustique vecteur. Sur son chemin pour devenir le premier humain jamais connu pour avoir transmis un virus par les insectes à une autre personne par contact sexuel, le Professeur Brian Foy, un biologiste de « Colorado State University at the Arthropod Borne » et de laboratoire des maladies infectieuses, a visité le Sénégal pour une étude sur les moustiques. Lors de sa visite, Foy a été mordu à plusieurs reprises au cours de ses recherches. Quelques jours après son retour aux États-Unis, Foy était tombé malade du virus Zika, mais pas avant d'avoir des rapports sexuels avec sa femme. Son épouse a ensuite montré des symptômes de l'infection Zika, avec une extrême sensibilité à la lumière.

6. Tout comme le virus Chikungunya, il n'y a pas de vaccin ou médicament préventif pour ZIKV. Il est possible de traiter seulement les symptômes. Habituellement, les anti-inflammatoires non stéroïdiens, et / ou des analgésiques non-salicyliques sont utilisés.

7. Les études sérologiques ont montré que les infections du Zika ont traversé de l'Afrique à l'Asie du Sud-Est; en 1978 une petite épidémie de fièvre aiguë due à une infection par le virus Zika a été reportée en Indonésie.
Une épidémie a récemment été signalée sur l'île de Yap, Etats fédérés de Micronésie (EFM) entre avril à juillet 2007. Cette flambée de ZIKV a été particulièrement importante, car elle ce fut la première identifiée en dehors de l'Afrique et de l'Asie. Un total de 108 cas ont été confirmés par la sérologie et 72 cas supplémentaires ont été soupçonnés. Les symptômes les plus fréquents ont été des éruptions cutanées, de la fièvre, l'arthralgie et la conjonctivite. Aucun décès n'a été signalé.

8. Déjà, le virus Zika pourrait être considéré comme un agent pathogène émergent, comme l'a prouvé ainsi en répandant dehors de l'Afrique et de l'Asie pour la première fois en 2007. Jusqu'à présent, il a été une maladie relativement bénigne avec une portée limitée, mais son vrai potentiel en tant que virus et comme un agent de la maladie est actuellement inconnu.

9. Sa plus récente éclosion à l'extérieur Afrique et en Asie a été confirmée en Avril 2015 au Brésil.
Dans le quartier de Camaçari et voisine ville Salvador, les autorités de santé brésiliennes ont confirmé qu’une maladie jusque-là inconnue touchant environ 500 patients présentant des symptômes pseudo-grippaux, suivie par une éruption et des arthralgies était en effet une flambée continue de la fièvre Zika. Les autorités locales liées à la flambée récente à l’augmentation des flux de visiteurs étrangers suscités par la Coupe du Monde de la FIFA 2014 - couplés avec la grande population des insectes vecteurs comme les moustiques qui peuplent la région.

10. Bien qu'il n'y ait pas de remède ou de vaccin pour le virus, les responsables de la santé exhortent les citoyens à utiliser les mesures suivantes pour réduire le risque de contracter de l’infection virale du Zika:

* Utilisez les dispositifs anti-moustiques (moustiquaires imprégnées d'insecticide, des bobines, des pots de bavures, pulvérisation, répulsifs).
* Porter des vêtements avec manches longues, surtout pendant les heures de plus grande activité des moustiques (matin et après-midi).
Anti-moustique sur la base de 30 % de concentration de DEET est recommandé - pour les enfants nouveau-nés de moins de trois mois, les répulsifs ne sont pas recommandés; à la place, des moustiquaires imprégnées d'insecticide devraient être utilisés.

Aussi, avant d'utiliser des répulsifs, les femmes enceintes et les enfants de moins de 12 ans devraient consulter un médecin ou un pharmacien.

mardi 5 janvier 2016

Mes vœux à mes collaboratrices et collateurs du Programme Initiative Jeunes

Chères collaboratrices, chers collaborateurs du Programme Initiatives Jeunes

FOKAL et moi-même nous vous souhaitons une Bonne et Heureuse année 2016. Santé, Paix et Harmonie dans votre famille ! Courage, Succès, Joie de vivre et Prospérité pour vous tous !

Nous adressons également nos meilleurs vœux à tous les débatteurs et débatteuses dans vos clubs respectifs.

Cette année 2016 inaugure les 20 ans du programme de débat de FOKAL. Créé en 1996 mais démarré en 1997, ce programme est établi comme un outil pour l’apprentissage des jeunes à la démocratie, à la citoyenneté, à la résolution de conflits, à la tolérance, au respect de l’autre, et au maniement des concepts philosophiques liés à l’argumentation et au raisonnement.

C’est donc le socle de notre engagement à tous envers les jeunes dans le Programme Initiative Jeunes. En vertu de cela, nos actions doivent tendre vers cet objectif commun  envers les jeunes.

De ce fait, vous avez souhaité, lors de la rencontre des animateurs du 12 décembre 2015, que des initiatives nouvelles soient prises dans le cadre des activités à entreprendre dans cette année-charnière. Soit. Cela va exiger de nous tous plus d’effort évidemment, plus de sacrifice probablement, plus d’engagement sans aucun doute. Vous sentez-vous prêts ?

Je compte sur vous pour mettre en œuvre ensemble les dispositions, les recommandations, les projets sur lesquels nous nous sommes engagés dans le compte-rendu ci-joint, pour faire de cette année de célébration des 20 ans du programme de débat une période d’émancipation au bénéfice des jeunes sous nos responsabilités.

Merci à toutes celles et tous ceux qui ont été présents à la réunion des animateurs en décembre dernier !

Merci à tous les jeunes qui ont participé aux consultations pour l’élaboration du livre « Paroles de Jeunes », publié le mois dernier. Ce livre est le leur. Que leurs voix soient entendues !

Je vous souhaite du Courage, de la Volonté et de la Persévérance dans l’animation de vos clubs. Je serai toujours de votre coté.

Bonne Année !


fokal
Jean Gerard ANIS
Coordonnateur Initiative jeunes - Youth Initiative Program Coordinator
--
FOKAL - OPEN SOCIETY FOUNDATIONS HAITI
143, Avenue Christophe - BP 2720 HT 6112 Port-au-Prince, Haïti
Téléphone : (509) 2813 1694 - 
www.fokal.org

jeudi 31 décembre 2015

Nos vœux à la communauté de débat de FOKAL

A tous les animateurs et animatrices du Programme Initiative Jeunes

A tous les débatteurs et débatteuses des 14 clubs de débat du réseau

A toute la communauté du débat en Haiti et à l'étranger

Je vous souhaite de passer d'agréables fêtes de fin d'année.

Déjà, je vous adresse mes meilleurs et sincères voeux pour une Bonne et Heureuse Année 2016.



Que le nouvel an vous apporte la joie, le succès et la paix auxquels nous aspirons tous!

Que le débat continue à nous guider dans la solidarité, la générosité et la tolérance pour une jeunesse plus forte, plus responsable, plus engagée envers la démocratie!

Amusez-vous bien!

Jean-Gerard Anis
Coordonnateur du Programme Initiative Jeunes
31 décembre 2015

vendredi 18 décembre 2015

Compte-rendu Rencontre des animateurs du 12 décembre 2015

La réunion des animateurs des clubs de débat du programme Initiative Jeunes de FOKAL s’est tenue le samedi 12 décembre 2015, au Centre Culturel Pyepoudre à Port-au-Prince. C’est une rencontre annuelle qui rassemble les animateurs des clubs de débat implantés dans 6 départements du pays. Ils étaient environs 25 sur 28 à y être présents cette année.

Les objectif de la rencontre ont été de faire  ensemble le bilan des activités de l’année, de partager des témoignages et des bons procédés, et proposer ensemble de nouvelles initiatives dans le cadre du débat, et de discuter et développer de nouvelles stratégies pour le programme.

La rencontre s’est concentrée davantage sur la stratégie pour faire fructifier le programme et les méthodologies de travail pour accompagner les animateurs dans l’animation des clubs. Des tables de réflexion, des travaux collaboratifs, des témoignages seront les principales activités de cette journée.

Retour sur le bilan

Un rappel sur le bilan de l’année en plusieurs étapes :

         la phase de recrutement de nouveaux membres prend trop de temps.


         le processus de formation au débat. La formation commence trop tard dans certains clubs car trop d’animateurs pensent (encore) que la formation au débat n’est là que pour préparer le tournoi des camps d’été du programme.  « le tournoi n’est pas une finalité en soi » ; c’est un moyen d’évaluer, de voir si les jeunes ont bien assimilé les notions et les techniques de débat. Selon des témoignages recueillis de jeunes dans des clubs visités, certains montrent des difficultés pour comprendre certaines notions du débat. L’idéal est de consacrer au moins deux mois à la formation. 
         certains animateurs ne font pas les réunions hebdomadaires demandées, ne fournissent pas systématiquement les comptes-rendus d’activités. De plus certains jeunes se plaignent de la routine qui s’installe dans certains clubs. Il leur a été précisé qu’il est important de communiquer ces documents afin d’évaluer l’activité du club et de partager dans le réseau via le blog, des idées, des savoir-faire, des initiatives intéressantes expérimentées par d’autres clubs, etc.

•     les rapports de dépenses sont faits de manière aléatoire. Une des dispositions sera de fournir l’allocation          des clubs uniquement après avoir soumis le rapport de dépenses de la période précédente. L’autre                      possibilité étudiée sera de fournir les allocations uniquement pour financer des activités prévues dans le          club. 

Deux témoignages, deux partages d’expérience

Afin d’illustrer ce « partage de bons procédés », deux animateurs de deux clubs différents ont témoigné sur la façon dont ils ont géré leur club, comment ils ont surmonté certains problèmes, comment ils ont motivé les jeunes.

-          Alfred Désir, animateur du club de Christ-Roi. Il dispose d’un noyau dur de 45 jeunes sur un effectif qui dépasse 80 membres. Alfred note qu’il y a un fort lien d’attache entre les membres de son club. Afin de sensibiliser les jeunes et de permettre aux parents de comprendre ce qu’ils font dans les clubs, son collègue et lui organisent des réunions avec ces derniers, car il faut noter que la plupart des parents sont réticents à laisser leurs enfants participer à une chose dont ils ne comprennent pas l’utilité ni le fonctionnement, surtout en ce qui concerne le camp d’été.

Alfred Désir utilise  un procédé pour éviter une certaine routine et par conséquent le départ des jeunes. A part la formation continue au débat, le club effectue entre autre d’autres activités telles que les tournois interscolaires - qu’ils ont dû abandonner par la suite à cause des rivalités entre les élèves de différents établissements scolaires. Les tournois entre groupes au sein du club ont remplacé cette activité-; les conférences sur des thèmes spécifiques, organisées par le club à l’attention des jeunes.

Alfred use d’un autre procédé pour améliorer la performance de ses débatteurs : impliquer des anciens débatteurs comme coaches pour les nouveaux membres du club.
Il a enfin créé un groupe WhatsApp afin de rester connecté avec les jeunes. Il conseille à ses pairs de rester à l’écoute des jeunes tout en gardant une certaine autorité.


En transition, le coordonnateur a rappelé que le club de débat n’appartient pas à une école, il faut une diversité de jeunes venant de différents établissements des environs du club. Si le club se réunit dans une école et qu’une certaine exclusion ou discrimination est remarquée, il faut le « délocaliser ». 
-          Réginal Raymond-Fils, co-animateur du club de débat de Jacmel dont l’effectif actuel est d’environ 45 jeunes. Ce club a connu avant son entrée en fonction en avril 2015 une sérieuse baisse de performance et d’effectif, parce que les précédents animateurs étaient accaparés par leur travail. Ils ont demandé eux-mêmes à être remplacés.

La première action des 2 nouveaux animateurs, Bettina Perono et lui, ont été de mettre en place un plan prévisionnel d’activités sur 3 mois pour préparer le camp d’été de fin d’année : 2 semaines de formation intensive au débat et 1 semaine consacrée à la projection de film sur le débat avec interaction avec les jeunes.
Pour le recrutement des jeunes, les animateurs ont d’abord voulu être à l’écoute des jeunes. Dans ils leur ont fait remplir un questionnaire, dont les réponses leur ont permis déterminé de nouveaux horaires de réunions (samedi et dimanche).

Afin de sensibiliser les jeunes mais aussi les parents et la communauté, ils ont organisé des matchs d’exhibition, des réunions avec les parents, et ont invité les médias de la ville.  Des anciens débatteurs du club sont mis à contribution

Le point fort de ce club est l’organisation préétablie du mois : dans leur programme mensuel, les animateurs ont introduit une formation de débat en continu ; la préparation sur place de sujets de débat ; des tournois ; des conférences et des loisirs à la fin du mois.


Comme le club de Christ-Roi, le club de Jacmel possède un groupe WhatsApp pour communiquer et rester en contact. 

En résumé, ces deux clubs ont choisi d’être à l’écoute des jeunes et de diversifier les activités afin de les motiver. Il y a aussi un vrai travail auprès des parents, des directeurs d’écoles, de la communauté afin de faire connaître le programme débat. Enfin, les clubs ont innové avec la mise en place d’une feuille de route et l’utilisation des technologies et d’internet. 

Nouvelles dispositions

Les dispositions ont concerné 2 principaux points :

         Le CUG, qui est un dispositif qui permet aux animateurs de communiquer gratuitement entre eux, via le réseau Digicel. Il est remarqué que ce réseau est sous-utilisé ce qui implique par déduction que les animateurs ne communiquent pas entre eux. Le point à soulever est de savoir s’il serait mieux de choisir d’autres applications gratuites ou d’abandonner définitivement ce réseau CUG.


Un des animateurs note qu’il est plus indispensable pour deux animateurs du même club de discuter entre eux pour organiser les réunions. Etant donné que le réseau est limité aux communications entre animateurs principaux, il n’est pas très utilisé pour cette raison. Un autre souligne aussi le fait que certains animateurs ne se connaissent même pas. 
         les allocations attribuées aux clubs. Beaucoup de clubs gardent sur leur compte en banque ces allocations sur de longues périodes, ce qui pose problème. L’administration de FOKAL exige que les clubs fassent des activités en rapport avec l’idée fondatrice du programme. Il faut donc que cet argent soit dépensé pour ces activités. L’idée qui prédomine quand l’argent reste sur le compte, c’est que le club ne fait aucune activité. En conséquence, la coordination du PIJ pense à une nouvelle manière d’attribuer les allocations : elles seront accordées quand le club proposera une activité.


S’il est vrai que certains clubs économisent leurs allocations pour préparer une plus grande activité prévue, il leur a été précisé que des allocations supplémentaires peuvent leur être accordées si le club fait part de besoins spécifiques ou si leur demande est raisonnable et justifiée.

Ateliers de réflexion 

Durant cette partie, 3 questions importantes ont été abordées sous la forme d’ateliers de réflexion :

1.       Quel suivi à faire avec la consultation nationale ?
2.      Quelles perspectives pour le programme de débat ?
3.       Quelle programmation pour les 20 ans du programme ?


Elisabeth Pierre-Louis Augustin, la directrice des programmes de FOKAL, a tenu à animer ces ateliers. L’objectif a été, à partir d’un brainstorming, dans 3 groupes de discussion constitués à cette fin, de trouver des réponses, surtout des idées venant des acteurs du programme, correspondantes à ces trois points. 
De la consultation : les différents groupes ont été d’accord sur le fait qu’il fallait valoriser le livre « Paroles de Jeunes » et le rendre accessible au plus grand nombre
• soit en le mettant à disposition dans les bibliothèques, les écoles ;
• soit en organisant des émissions radiodiffusées avec libre antenne sur les thèmes abordés dans le livre ; etc.

D’autres idées ont émergé comme la vulgarisation du libre dans une traduction en créole, ou encore dans un élargissement de la consultation nationale aux jeunes qui ne sont pas membres d’un club de débat.

Des perspectives du programme de débat. Les animateurs ont soulevé que le programme de débat est bien mais qu’il est un peu restreint. Pour certains, il manque une implantation plus forte, au sens de plus visible, des clubs dans la communauté, avec par exemple des activités civiques, ou encore une diversification des formations accordées aux jeunes.

D’autres soulignent le manque de suivi avec les anciens débatteurs (on ne sait pas ce qu’ils sont devenus, quel a été leur parcours après leur départ du club), ainsi que la demande pressante de création d’un club de débat universitaire [Il en existe déjà dans certaines institutions supérieures à P-au-P].


D’autres encore voudraient plus de formation et de rencontres pour les animateurs, et surtout une implication des animateurs dans la préparation du camp d’été. 
Des 20 ans du programme de débat. Une liste de propositions a été établie pour les 20 ans du programme de débat.
• Tout d’abord, le lancement du livre blanc.
• Des activités de sensibilisation dans les clubs ainsi que le suivi de ces activités (afin de partager les difficultés rencontrées et les solutions trouvées).
                • Le camp d’été deviendra un camp thématique que les animateurs aideront à préparer. Une rencontre à cette fin est programmée au mois de juin 2016.

A la recherche d’un canevas de réunion hebdomadaire à l’intérieur d’un club


Dans la structuration actuelle des réunions hebdomadaires des clubs de débat, chacun a développé sa propre méthodologie. Même si les activités varient d’un club à l’autre, leur programmation se ressemble. Cependant certains problèmes ont été soulevés, par exemple la difficulté d’agencer la formation entre les nouveaux membres du club et ceux qui ont déjà suivi la formation, mais aussi d’intéresser les anciens membres à des sujets nouveaux. 
Pour pallier à ce problème, les animateurs ont décidé d’impliquer les anciens dans le processus de formation en tant que coaches. Un canevas général sera fourni à tous les animateurs pour harmoniser et formaliser la méthodologie des réunions dans les clubs avec les débatteurs.


Les autres problèmes soulevés se rapportent surtout au manque de communication dans le réseau, à l’absence d’une base de données recensant l’effectif des clubs  et les sujets de débat. Enfin les animateurs recommandent que le guide du débat soit mis à jour. 

Retour sur les perspectives à venir et les recommandations des jeunes

Le coordonnateur est revenu sur ce besoin de débat universitaire. En effet, on constate que ceux qui sont à l’université aimeraient beaucoup faire partie d’un club de débat. C’est bien pour cette raison que des étudiants de l’Université Quisqueya ont mis en place un club de débat universitaire. FOKAL va voir dans quelles mesures la fondation pourra soutenir ces initiatives. Dans cette perspective de débat universitaire pourrait aussi émerger un partenariat plus approfondi avec Dominicana Debate, l’association de débat de la République dominicaine, dans l’objectif de faire pour eux des formations de débat. 
Le rappel s’est achevé sur les recommandations des jeunes qui ont envoyé une pétition à la directrice des programmes de FOKAL et au coordonnateur, afin de demander plus de débats dans leur club, plus d’activités et une promotion du programme auprès de leurs parents et dans leur ville.  

Témoignage de Dangelo Néard

Afin de sensibiliser davantage les animateurs sur comment le débat peut transformer les jeunes, Dangelo Néard, un ancien débatteur du programme Living Together réalisé avec IDEA NL dans 6 lycées de Port-au-Prince, de 2008-2009, a été invité. Son équipe avait gagné la finale du tournoi de débat, dans le format  Public Forum, entre ces différents lycées de la capitale (Toussaint, Pétion, Firmin, du Cent cinquantenaire, Marie-Jeanne, Jean-Jacques) en mars 2009, match qui a été filmé par FOKAL.


Dans l’échange avec les animateurs, Dangelo a expliqué que le débat lui a beaucoup apporté : il a libéré sa parole. Il a acquis une compétence certaine notamment dans l’art de parler au public, de mobiliser le langage dans la communication publique. Il a développé un véritable talent dans l’art d’argumenter et convaincre ses adversaires. 
Dans sa vie professionnelle, Dangelo a démontré comment intérioriser les techniques de débat l’a beaucoup aidé dans sa vie d’enseignant e surtout d’animateur pour aborder les écrivains dans son émission du dimanche sur le livre et la lecture, sur télé Caraïbes.

Une expérience l’a beaucoup marqué dans ce programme : son ami Léxima et lui perdaient leurs moyens quand ils se rendaient compte qu’ils allaient perdre un débat. Il ne s’est jamais laissé abattre même quand son ami lui disait à l’oreille qu’ils vont perdre. Il a appris à garder confiance en son discours.

Autre enseignement qu’il tiré du débat : il s’est rendu compte qu’il ne faut jamais sous-estimer ses adversaires, qu’il fallait  apprendre à se taire pour écouter les autres : « la défaite rend humain », affirma-il doctement. 
La question de l’éloquence est aussi importante pour lui dans le débat. Au lycée Toussaint, il a suivi des cours d’éloquence et d’improvisation. Le coté théâtral et la mémoire sont aussi importants : « il faut toujours se souvenir » pour pouvoir gagner un débat et contrecarrer les arguments d’un adversaire. 

Dangelo Néard est l’un des fondateurs de l’académie du Bon Langage, une école qui enseigne les prises de parole en public, l’éloquence. Pour Dangelo, le débat est important, car il permet la démocratie, il permet d’exprimer ce qu’on veut.

Conclusion

A la fin de la rencontre, un lot d’exemplaires du livre « Parole de Jeunes », a été remis aux représentants des clubs de province, afin qu’ils le distribuent à tous les jeunes ayant participé à la consultation au sein de leur communauté. Un document de présentation de notre partenaire IDEA leur a été également distribué.

En préparation pour les animateurs :
• une feuille de route qui servira de guide aux animateurs dans leurs taches,
• un calendrier d’activités pour l’année 2015 auquel ils pourront greffer leur propre agenda,
• un canevas de réunion,
• un plan de formation au débat.

Cette journée s’est achevé par le duel de débat entre Martissant, champion national au camp d’été, et Camp-Perrin, champion régional du tournoi du grand Sud. Plus de 60 jeunes  venant des clubs de Christ-Roi, de Darbonne, de BMC et de Martissant y ont assisté. A l’issue du match arbitré par un jury de 5 animateurs, le club de Martissant a gagné le titre de « Champion des champions 2015 » des tournois de débat organisés par FOKAL pendant l’année 2015.

Compte-rendu effectué par :


Jessica Saint-Louis
Étudiante en 3e année à Sciences -Po
Rennes (France)
Stagiaire à FOKAL


Jean-Gérard Anis
Coordonnateur du PIJ


Décembre 2015

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