jeudi 10 janvier 2019

Le Programme Initiative Jeunes à plein voile …


L’année 2019 sera une année-charnière pour le Programme Initiative Jeunes de FOKAL. Après avoir réalisé avec succès son programme de transformation et de renouveau en 2008 (nouveau format de débat, nouveau système de notation des débats, base de données PIJ, formation de nouveaux juges, de nouveaux outils de travail pour les animateurs des clubs), il se lance en 2019 dans de nouveaux chantiers et projets, et de nouvelles initiatives au bénéfice des jeunes, en général, et des débatteurs de son réseau de clubs en particulier.

I. Trois initiatives à court terme

a.       Formation de formateurs de débat

La formation de formateurs s’inscrit dans un projet visant à valoriser les compétences et les expériences au débat des animateurs, acquises depuis près de 10 ans, dans le programme. Passant du statut de débatteurs à celui de juges puis de coaches et formateurs de débat dans leur club, certains animateurs volontaires ont la possibilité de gravir un nouvel échelon en devenant formateur national de débat.

Après avoir reçu une formation spécifique sur la pédagogie d’enseignement des techniques de débat, ils se verront confier par le coordonnateur du PIJ des missions de formation au niveau national pour toute institution du pays (écoles, clubs, associations, universités) qui sollicite le support de FOKAL pour bénéficier de cette capacité pour leurs jeunes. Ainsi, ils pourront suppléer ou remplacer le coordonnateur dans cette tache qui lui incombait seul.

Cela pourrait impacter l’ouverture du programme à d’autres institutions, et aider à satisfaire les demandes de formation au débat, adressées régulièrement à la fondation. D’autres personnes extérieures au programme (enseignants, bibliothécaires, animateurs d’associations…) pourraient être invitées à bénéficier de cette formation.


b.      Formation de coaches

Au vu de l’augmentation, depuis 3 ans, de tournois interscolaires de débat organisés par des animateurs du programme, et du succès de ce concours auprès des écoles participantes, il est tout à fait logique et opportun d’accompagner et de renforcer ce mouvement.

Mis à part le soutien technique que ces animateurs reçoivent du PIJ pour organiser ces joutes (élaboration de sujets de débat, partage de ressources documentaires avec les débatteurs, aide à la planification, mobilisation de juges, fournitures de documents techniques), et la promotion de l’événement sur le blob et la page FB du programme, il devient alors nécessaire de former des coaches (ou entraîneurs) qui accompagneront les équipes de débatteurs, constituées dans chaque école participant à la compétition.
Le coach est en fait un ancien débatteur expérimenté qui accepte volontairement de préparer et de conduire une équipe de débat, représentant son école au tournoi interscolaire organisé dans sa communauté. Il/elle renforcera les acquis aux techniques de débat à ses débatteurs, constituera son équipe, prépare avec elle les sujets, l’aidera dans la recherche de documents… Ainsi, les écoles voulant rejoindre ce tournoi auront à leur disposition des coaches formés et préparés à cette mission. Ces derniers seront alors sous la responsabilité des animateurs et des responsables de ces écoles.

Ce sera une manière de booster cette compétition, de faciliter l’arrivée de nouveaux compétiteurs, de consolider l’organisation du tournoi et d’améliorer la performance des débatteurs.


c.       Human Rights Speech Day

Cette initiative sera une première en Haiti cette année. Le « Human Rights Speech Day » consiste en une (seule) journée de l’année, consacrée à la promotion et à la défense d’un droit humain en Haiti via les réseaux sociaux. Ainsi toute personne désireuse d’y participer pourra poster un court message vidéo, à visage découvert, de 30 secondes maximum, sur une plateforme dédiée de FOKAL, dans lequel elle s’adressera à la communauté nationale - et même internationale - sur ce problème en Haiti.
L’objectif de cette initiative est de mettre sous les projecteurs un problème de droits humains en Haiti sur lequel les jeunes pourraient exprimer leur ressenti à l’adresse de l’opinion publique sur les réseaux sociaux. Cette initiative a pour vocation d’être rééditée chaque année toujours sur un sujet de droits humains.

La participation sera libre et ouverte. Cependant, tout message à caractère raciste, sexiste, discriminatoire et dépassant la durée exigée, est prohibée et donc ne sera pas diffusé. Cette journée aura lieu au cours du mois d’avril 2019. Nous y reviendrons pour les modalités.

II. Deux chantiers en 2019

a.       Transformation du camp d’été

Cela fait plus de 20 ans que FOKAL organise quasiment chaque année un camp national de débat en été dans une ville différente du pays. Le camp d’été a grandi, passant à partir de 2010 d’une cinquantaine de participants (débatteurs, coaches, juges) depuis son lancement en 1998 à près du double, puis à partir de 2013 d’un seul tournoi à 2 tournois de suite dans le même camp, enfin à partir de 2015 des seuls tournois à une multitude d’activités ludo-éducatives et sur une durée de 5 jours.
Nous voulons continuer à le faire évoluer sur la base des désirs des jeunes et des recommandations des coaches et juges impliqués dans le programme. Plusieurs pistes son envisagées : soit 1 camp d’été tous les 2 ans afin de casser la routine installée, soit transformer les tournois régionaux de débat en 2 mini-camps de débat de 3 jours chacun, un dans l’ouest et un dans le Sud, entre les clubs de chacune de ces régions. Une phase finale aura lieu dans la capitale entre les 4 finalistes de ces compétitions régionales.

L’affaire sera tranchée cette année.

b.      Révision du guide des débats

Après plus de 10 ans de bons et loyaux services, le guide pédagogique des débats développé par FOKAL avec le soutien de la Commission européenne et publié en avril 2009, outil indispensable à la formation de centaines de débatteurs, a bien besoin d’un dépoussiérage. Non pas parce que le guide est obsolète (non, ses jours ne sont pas du tout comptés), mais parce que de nouveaux attributs et de nombreuses mises à jour dans le corpus international sur les techniques de débat forcent la nécessité d’une révision de ce guide.

Nous comptons l’enrichir davantage avec les nouveaux formats de débat (le World School Debating Championship, le Public forum) et le nouveau système de notation des débats que nous utilisons dans notre programme en Haiti, afin de mettre à la disposition des jeunes, des formateurs, des coaches et des juges de débat un outil renouvelé, plus puissant, plus complet encore.

Ce chantier démarrera cette année.

III. Deux projets à l’horizon 2020

a.       Tournoi national de débat interscolaire

L’objectif de cette nouvelle compétition est de faire bénéficier davantage de jeunes du programme et des compétences du débat, en touchant directement les écoles, en impliquant leur administration dans l’implémentation et la pérennisation du programme au sein de l’établissement.

Ce tournoi se déroulera en 2 étapes : une phase de qualification, constituée de tournois interscolaires organisés dans chaque communauté d’implantation des 14 clubs de débat de notre réseau, soit un total de 14 tournois locaux (4 écoles au moins par tournoi de zone) ; et une phase finale entre les 14 écoles championnes, qui se déroulera dans un camp d’été de 4 jours.

L’impact souhaité est davantage d’émulation intellectuelle des jeunes grâce au nombre exponentiel de tournois organisés, et de visibilité du programme, le rendant de plus en plus incontournable dans le paysage de la jeunesse haïtienne.

b.      Tournoi international 2020 Ayiti Ap Debat!

Organiser un tournoi international de débat en Haïti à l’horizon 2020 : le défi est de taille, mais ce sera un couronnement pour le programme de débat de FOKAL. Il est temps d’amener « la montagne » à nous, pour utiliser une métaphore religieuse. Ce sera le plus beau chantier qu’on aura depuis 20 ans et nous devons le réussir.

Le dossier est déjà à l’étude. Mais il est clair pour nous de concrétiser cet événement sur notre sol. Il est temps que nos débatteurs puissent vivre chez eux cette expérience extraordinaire qu’est un championnat de débat international et d’accueillir dans leur pays des jeunes débatteurs du monde entier. Nous espérons seulement que l’instabilité politique en Haïti ne nous ferme pas cette fenêtre d’opportunité.

En fin de compte, avec toutes ces nouveautés en perspective, que voulons-nous à FOKAL ? Tout simplement rendre nos jeunes meilleurs, en élargissant leurs savoirs, en augmentant leurs capacités, en les transformant en des citoyens tolérants, responsables, imprégnés de valeurs civiques et ouverts sur le monde… grâce au débat !

Jean-Gérard ANIS
Coordonnateur du Programme Initiative Jeunes
FOKAL – OSF Haiti
9 janvier 2019

mercredi 9 janvier 2019

Le club de débat de Gros Morne se retrouve


Le 31 décembre 2018, à la Bibliothèque Lidevert BERNARD du Lycée Jacques ROUMAIN, le club de débat de Gros-Morne a accueilli une soixantaine de jeunes étudiants et écoliers dans le cadre d’une grande activité de retrouvailles et d’échanges entre ses anciens et nouveaux membres.

Il était trois (3) heures. L’animateur principal du club, M. Jonathan VILMEUS, a pris la parole pour ouvrir le spectacle. Et sans trop de verbiage, il a laissé l’estrade pour céder la place aux jeunes qui allaient montrer leurs talents aux anciens débatteurs présents. Sur le format Karl Popper, le match s’est déroulé autour de l’énoncé que voici: “Le carnaval devrait être suspendu en Haïti”. L’équipe affirmative, composée de Midjaëlle FENELON (nouvelle recrue), Shékinah JULIEN, Uselorda Ernest a avancé deux arguments pertinents pour justifier sa position.

Selon l’équipe qui soutient la résolution, le carnaval coute trop à l’Etat haïtien. Elle a fait état des dépenses effectuées, alors qu’ Haiti, le pays le plus pauvre de la Caraïbe, fait face à d’énormes difficultés économiques. Cet argent pourrait être utilisé dans la résolution des problèmes plus urgents comme l’éducation,  la santé, l’agriculture etc.  Elle soutient ensuite que le carnaval engendre trop de dégâts. Cet argument était illustré par les cas de morts, de blessés enregistrés au cours des festivités carnavalesques. 

L’équipe négative, composée  pour sa part de Béatrice ALEXIS (nouvelle recrue), Price Walker SINFLENORD et Rubenson VERPRE (nouvelle recrue), a réfuté ces deux arguments en soutenant que l’Etat haïtien finance le carnaval à 20%. Ils  ont aussi avancé que l’Etat pourrait utiliser le carnaval pour faire de l’argent; il suffit de rationnaliser les dépenses. Elle a en outré expliqué que les dégâts ne sont pas structurellement liéss au carnaval mais à un problème de gouvernance. L’équipe négative, quant à elle, a faire asseoir le prestige sur deux arguments. Le premier était ainsi formulé: “Le carnaval nous permet de vendre notre culture à l’extérieur”. Et le deuxième disait que “Le carnaval ne devrait pas être suspendu parce qu’il permet aux jeunes artistes de s’émerger. ”  

Apres délibération du jury formé d’Anderson AUGUSMA, Ricardine CELESTIN,Jacob JULIEN, Jean-Denis MAREUS et Givelt VILMEUS,  l’équipe négative a gagné le match sous le score de 4-1 au dépens de l’équipe affirmative. Tous les juges ont adressé des félicitations à l’endroit des débatteurs des deux équipes. Toutefois, ils n’ont pas fait d’économie de mots pour leur faire des recommandations. Ils ont conseillé aux membres des deux équipes de lire davantage et de faire plus d’efforts pour améliorer la qualité d’expression de la langue dans laquelle le débat s’organise habituellement.

Peu après, l’espace allait être animé par un spectacle improvisé avec des chanteurs, slameurs, danseurs pour ne citer que ceux-là. C’était l’euphorie ! Et les jeunes, tant les anciens que les nouveaux membres du club, étaient enthousiasmés en entendant la voix de Grégory ELEAZAR qui faisait partie de la première génération de débatteurs de Gros-Morne. Il a animé la salle avec l’hymne du club dont il est le compositeur.

 Et cette ambiance allait subir une petite cassure pour entendre les propos du directeur du Lycée Jacques Roumain de Gros-Morne, Me Cius BAZELAIS, qui n’a pas caché sa satisfaction d’avoir pris part à cette grande activité. Il a confié que le pays irait mieux si tous les jeunes du pays s’adonnaient au débat contradictoire. Il a continue pour dire que le débat contradictoire alimente l’art oratoire, favorise la tolérance, une valeur qui manque à notre société. Les anciens membres qui ont fait la gloire du club et qui sont en majeure partie à l’Université d’État d’Haïti (UEH) se sont adressés aux jeunes débatteurs pour leur dire que les bienfaits du débat sont incalculables.

Cette partie prit fin pour laisser aux anciens le soin de lier connaissance aux jeunes qui sont présentement membres du club. Le buffet a succédé à la liaison de connaissance. Et le bal des retrouvailles était ouvert par la nouvelle animatrice et son mari. Tous les jeunes qui ont pris part à cette activité exprimaient leurs satisfactions et leurs envies de prendre part à une autre de la même envergure.

Jonathan Vilméus
Animateur du club de débat de Gros Morne
8 janvier 2019


Journée de sensibilisation sur le droit aux loisirs aux Cayes



Le samedi 3 novembre 2018, en vue de sensibiliser les jeunes de la communauté cayenne  sur le droit au loisir, le club de débat des Cayes, du Programme Initiative Jeunes (PIJ) de FOKAL,  avec l’appui technique et financier du Programme Education Citoyenne (PEC) et d’Avocats sans Frontières Canada, a organisé une journée répartie entre discussions,  jeux et débats au local de la Pyramide club à Gelée.
En référence à la liste de présence, 52 jeunes membres du club de débat des Cayes et d’autres associations de jeunes telles la Structure Ecolo-Jeune d’Haïti (SEJH) et l’Association des Jeunes Actifs de Gelée ont pris part à cette grande journée de sensibilisation qui a eu lieu de 9h dans la matinée à 6h 25 dans l’après- midi avec pour slogan: « amusons nous, épanouissons nous ».

Discussions autour de la thématique du Droit au loisir

Animées par Méïka DECIME, une jeune débatteuse du Club de débat des Cayes, ces discussions  rentrent dans le cadre d’un brassage d’idées et de fixation  sur ce droit qui est reconnu par divers instruments juridiques tels la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) dans son article 24 : « Toute personne a droit au repos et aux loisirs […] » , le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels dans son article  7 : « Les États parties au présent Pacte reconnaissent le droit qu'à toute personne de jouir de conditions de travail justes et favorables, qui assurent notamment : le repos, les loisirs […] », la Charte internationale pour les loisirs en son article 1 : « Toute personne a un droit humain élémentaire à des activités de loisir qui sont en harmonie avec les normes et les valeurs sociales de sa société. Tous les gouvernements sont obligés de reconnaître et de protéger ce droit de leurs citoyens. »

Aussi, l’accent a été mis sur la situation d’Haïti en général et la ville des Cayes en particulier qui selon les différentes interventions des jeunes ont relaté le manque d’infrastructures sportives, culturelles et le phénomène du black-out comme facteurs révélateurs de la non jouissance de ce droit dans la troisième ville du pays.

« Le droit au loisir devrait être garanti en Haïti. », L’énoncé d’un  match de débat spectaculaire

Au cours de la journée un match de débat a été joué sur le format Karl Popper par deux équipes  constituées de Meïka Decime , Agenor Perterson, et Jameson Pierre Louis (Pour) et Ervenshy Jean louis,  Evens Cazeau, et Geneus Bethsaida (Contre) sur l’énoncé : « Le Droit au loisir devrait être garanti en Haïti. » L’équipe affirmative mettait l’accent sur le manque ou quasi inexistence des infrastructures pouvant garantir le droit au loisir en Haïti et quant à l’équipe négative, leur défense était  centrée sur la priorité qui devrait être accordée à l’effectivité d’autres droits fondamentaux entres autres  le droit à l’éducation et le droit à la santé.

Des jeux pour prêcher par l’exemple

Saut à la corde, « Toukay », « marèl », rome, damier, dominos et cartes sont les jeux auxquels s’adonnaient les jeunes dans une ambiance festive pendant la journée. Satisfait, Philippe Escange Ronsard, membre du club de débat des Cayes demande à ce qu’une telle journée puisse être réalisée le plus fréquemment possible dans la ville des Cayes, voire tout le pays.

A noter que la journée de sensibilisation sur le droit au loisir dans la ville des Cayes s’inscrit dans le cadre d’une démarche  qui vise d’une part à sensibiliser les jeunes sur l’existence de ce dernier, d’autre part à les encourager à sensibiliser d’autres personnes de leur environnement, enfin elle se veut un appel aux autorités du département du Sud à rendre effectif ce droit pour le bien-être de la population en général, les jeunes en particulier.

Yvens Elizaire
Animateur du club de débat des cayes
7 janvier 2019


Le débat m’enseigne la patience…


« Une mauvaise expérience vaut mieux qu'un bon conseil », a dit l’écrivain français Paul Valéry. Quand, pour la première fois j'ai entendu parler du club de débat à Gros-morne, ça me laissait indifférent. Je ne savais pas quoi c'était, car on n’a vraiment pas eu cette culture chez nous. Mais lorsque Monsieur Gaston Jean m'a expliqué la portée, je n'ai pas compris non plus grand-chose. Mais je suis dit que ça valait la peine de faire l'expérience.         

C'est ainsi que je me suis inscrit au club, et j'ai  été parmi les pionniers de ce long mais intéressant chemin. Au fil des années, je sens que de nouveaux trucs plaisants me sont accessibles ou du moins me deviennent plus saisissables. C'est le cas par exemple, de l'importance de la lecture et la façon de bâtir un  argument. Par ailleurs, en matière de vocabulaire, je suis devenu richissime.       

Le premier local n'était pas du tout approprié, mais comment abandonner si c'est devenu une obsession. En effet, les débats m'enseignent la patience quand l'autre parle, et ça me montre le sens du temps et son contrôle permanent.    

Le club de débat de Fokal donne la possibilité à toutes catégories sociales de se mettre ensemble pour réfléchir. Avant de faire partie de cette grande école, je ne savais pas que tout argument était d'une manière ou d'une autre réfutable.

En effet, les multiples ateliers de travail me confirment que le meilleur moyen de trouver la faiblesse d'un adversaire, c'est de l'écouter avec minutie et de se mettre à sa place. De surcroît, Léonard de Vinci a dit que : « Savoir écouter, c'est posséder, outre le sien, le savoir des autres ». Donc, merci à tous ceux qui m'ont côtoyé durant tout mon passage au club, parce que j'apprends de vous beaucoup de choses. Vous m'avez encouragé à chasser chez moi la timidité.

Cette expérience avec Fokal me porte à voir qu'il y a différence entre "Bien parler et Parler bien". Quelqu'un qui articule bien ne dit pas forcément la vérité. Somme toute, je n'ai aucun regret d'avoir encaissé tout ce que ce groupe m'a offert. A l'aide de ce réconfort intellectuel la vie me parait un peu plus explicite et vivable.  

Merci à la Fondasyon Konesans Ak Libète (FOKAL) !

Grégory Eliazard
Politologue, philosophe et juriste


Le débat m’a fait voyager dans le monde du savoir…


Un condisciple de classe,  en Janvier 2009 m'avait invité en une rencontre de jeunes pour faire des débats en français. Jeune homme infortuné et chanceux aussi,  j'ai été sélectionné durant un jeu de TIC TAC pour aller présenter quelque chose en français (en improvisant) où je faisais un véritable FIASCO. Depuis, je me suis dit: "Je dois faire quelque chose". A chaque fois je dois aller au club, non seulement je prépare quelque chose mais aussi j'ai commencé par me mettre à niveau dans la langue française. J'arrivais même à me faire prendre au jeu pour présenter ce que j'avais préparé; c'était juste pour chasser le stress et être plus habile en réalité.

Ainsi je suis devenu débatteur très dévoué et déterminé. Après avoir participé à un tournoi en observateur à Hinche, ça a été mon tour, en 2012 à Kenscoff, où j'étais finaliste et j'occupais la deuxième place  de meilleurs débatteurs.            

5 ans après, depuis que j'ai laissé le club en 2013,  je reviens à Gros-morne pour participer à la fête des retrouvailles de fin d'année au club. C’est un plaisir de juger un match intéressant avec des débatteurs débutants qui me surpassent longtemps déjà lorsque j'étais à leur âge; j'ai pu rencontrer des plus  anciens que moi, qui sont maintenant des jeunes cadres au service du pays. Et c'était aussi l'occasion de partager avec les  nouveaux débatteurs nos expériences.

Ce club, avec ces activités de débats m'a permis non seulement de voyager dans différents endroits du pays, mais aussi: de voyager dans le monde du savoir, du langage,  d'argumentation; de discourir,  de défendre une position, tant à l'université qu'ailleurs. Je reste et je resterai toujours fier d'avoir été membre du club. Et je remercie d'une manière spéciale notre animateur Jonathan Vilméus, qui nous a toujours accompagnés dans ces parcours, et qui nous donne encore des conseils pour aller de l'avant.

Augusma ANDERSON
Débatteur du club de Gros Morne


lundi 7 janvier 2019

Salut à tout.e.s les passionné.e.s du débat! Je vous souhaite une Bonne et Heureuse année 2019!
Je ne peux manquer de vous adresser mes vœux de Nouvel an, car il est important de croire et de faire en sorte que 2019 soit meilleure. Mais plus important encore: que vous devenez meilleur.e.s.!
C'est à cela que FOKAL travaille pour vous et avec vous: vous rendre meilleur.e.s à travers les capacités que développe en vous le débat.
Merci à tous mes 28 animateurs et animatrices dans le Programme Initiative Jeunes pour votre collaboration!
Merci à tous les collaborateurs et collaboratrices juges de débat pour votre soutien et votre coopération!
Merci et félicitations à tous nos débatteurs et débatteuses des 14 clubs de débat du réseau de FOKAL!
J'appelle de mes vœux l'esprit critique pour guider vos réflexions, vos aspirations, votre engagement envers votre pays et le monde qui vous entoure, durant l'année 2019.
A très bientôt!

Jean Gérard ANIS
Coordonnateur du Programme Initiative Jeunes
FOKAL - Haiti

mardi 27 novembre 2018

Droits Humains en Haïti, quel avenir?



L’histoire des droits de l’homme n’est ni l’histoire d’une marche  triomphale ni celle d’une cause perdue d’avance : elle est l’histoire d’un combat.1
Nombreux sont les organismes en Haïti qui embrassent la cause des droits humains, cependant leur présence n’empêche qu’on assiste à des situations continuelles de dégradation continue des conditions d’existence de la personne humaine. Ce qui parfois nous pousse à questionner la mission de ces organismes qui est de promouvoir et de protéger les droits de tout individu. En conséquence, parfois nous avons l’impression que les efforts de ces instances organisationnelles n’aboutissent pas à des résultats susceptibles d’améliorer les conditions de vie des individus.

Selon le dernier rapport de développement humain publié par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), Haïti est chuté d’une place (167 à 168) dans le classement des Indices de Développement Humain(IDH). Ainsi, affichant un score de 0.498, le pays reste encore figé dans le rang des pays à faible développement humain. Avec une espérance de vie fragilisée, n’atteignant même pas 65 ans, 5 ans de scolarisation en moyenne et d’un revenu national brut per capita de 1665 USD, presque l’équivalent du coût d’entretien d’un chien en dehors des aléas vétérinaires2  (1270 euro équivalent à 1460 USD) dans un pays développé. Voilà l’état de vie d’un haïtien. Tandis que tout près de nous sur la même île en République Dominicaine, le revenu national brut per capita d’un dominicain s’estime à 13.921 USD.3

De tels indices pourraient nous inciter à remettre en question le résultat du travail de ces organismes. Et cette remise en question s’avère importante, par le fait qu’elle nous permettra de jauger qualitativement leur travail et leur méthode d’y procéder. Par rapport à ce constat, (au  constant déclin des conditions de vie du peuple haïtien), devrions-nous plus faire acte foi dans la crédibilité de ces organisations et groupes d’intérêt ou du moins devrions-nous continuer d’apprécier leur travail tout en essayant de leur convaincre de changer de méthode ?   

Quoi qu’il en soit, on ne saurait ignorer l’importance d’une société organisé en pleine modernité. Cependant les groupes organisés de la société civile haïtienne font preuve d’une grande faiblesse, celle de se montrer incapable de se converger autour d’un projet social commun. Ils se repoussent et se méprisent sans même parfois se rendre compte, en oubliant qu’ils travaillent tous au profit d’une société meilleure et d’un avenir prometteur. Par exemple comment comprenez-vous la froideur des organisations féministes envers les mouvements de revendications des syndiqués salariés, ou du moins comment comprenez-vous l’indifférence des syndiqués salariés aux mouvements revendicatifs des étudiants. Pourtant, ils pourraient tous se prêter main forte en vue de se renforcer dans la défense de leur cause.                                                                                                                                                                                                                       
Mais, comment s’attendre à  des résultats efficaces dans le cadre de la lutte des Droits de l’homme, pendant que ces vagues mouvements ne sont accompagnés d’aucun projet de société, autrement dit, sans une vision cohérente ou même partielle de l’organisation et du fonctionnement de la société, soutenue par des valeurs morales ou éthiques, formulant des principes et des orientations ? En fait, C’est comme vouloir faire de l’omelette sans casser des œufs.

Sachant que la société est un système complexe, constitué de phénomènes sociaux inter-reliés,  la démarche compréhensive d’un phénomène social ne saurait ignorer la pertinence de cette interrelation. En effet, Il est évident que dans la dynamique réflexive sur les droits humains, le droit est l’élément dominant, cependant il y a d’autres éléments qui entrent en jeu. Car ce n’est pas le droit en tant que tel, qui protège les droits de l’homme, ce qui compte, c’est le contenu de ce droit lequel dépend à son tour des facteurs : sociaux, politiques, idéologiques, extérieurs au champ juridique4. 

Par conséquent, il est inconcevable d’appréhender les droits de l’homme sans un projet social partagé par l’ensemble de la société civile, celle-ci constituée par l’ensemble des acteurs : des associations, des organisations, des mouvements, des lobbies, des groupes d'intérêts, etc… plus ou moins formels qui ont un caractère non gouvernemental et non lucratif, constituant ainsi une forme d'auto-organisation de la société.5 Elle se veut comme un instrument porteur d’un projet alternatif en réaction au statut quo. Ayant des objectifs fondés sur l’intérêt de la collectivité, elle englobe des domaines divers et sert de moyen de pression contre l’Etat.

Etant une dimension de l’Etat  de droit, les droits de l’homme ne peuvent se concevoir ni d’avoir de réalité en dehors de l’Etat de droit. Celui-ci, étant le lieu où l’autorité s’exerce conformément à des règles connues d’avance, reconnait aux citoyens des droits qu’ils peuvent faire valoir à l’encontre de l’Etat. Donc, il serait maladroit  de concevoir les droits humains dans une atmosphère sociétale dysfonctionnelle. Toutefois, entant qu’entité impersonnelle, l’Etat tient son essence d’une bonne organisation sociétale, des individus bien éduqués et conscients de la réalité de la société à laquelle ils appartiennent, à savoir que ces derniers ne sont pas les fruits du hasard, mais les fruits d’une société bien organisée, ou les groupes organisés quel que soit leur secteur d’appartenance et leur centre d’intérêt, soient capables de se mettre ensemble sur un modèle sociétal axé sur le respect de la dignité humaine, la solidarité, la justice sociale etc…, car ceux  qui auront le privilège d’accéder au sommet de l’Etat, parviendront de la société, ils seront le reflet de celle-ci, et agiront au profil de leur éducation.

Les mouvements sociaux revendiquant le respect des droits de l’homme s’avèrent importants, mais, ils n’aboutiront à aucune finalité s’ils sont conçus en dehors d’un projet de société soutenu soit par des partis partageant un même projet de société, ou par d’autres groupes organisés au sein de la société qui sont conscients des problèmes sociaux, aux fins  de se concerter et s’entraider vers l’obtention des justes solutions tendant vers une amélioration à tous égards. Car, la lutte pour le respect de la dignité humaine est notre chemin, la cohésion sociale notre seul moyen de nous  projeter vers l’avant et le changement via un projet commun est notre destinée.  Luttons pour atteindre cette destinée !                   

Jonas ANÉLUS
Animateur du club de Diquini
Novembre 2018

Références Bibliographiques

1.- Danièle LOCHAK, Les droits de l’homme, La Découverte, Paris 2002, p.117.
3.-PNUD, Human rights report, 2017.
4.-Danièle LOCHAK, loc. cit.

Une année à la tête du PIJ

  cher.es ami.es, Depuis janvier 2022, je suis appelé par la direction de la FOKAL à assumer la charge de la coordination du Programme Initi...