jeudi 31 mars 2016

Tournoi interscolaire: scores , classements et palmarès


Scores et classement des équipes

Rang
Code équipes
Matches joués
Matches gagnés
Matches perdus
Statut
1
CSLB
5
5
0
Champion
2
NCB
5
3
2
Finaliste
3
IMSG
4
2
2

4
LMJ
4
1
3

5
LAF
3
2
1

6
LNCF
3
1
2

7
CSLRF
3
1
2

8
CIM
3
0
3

Source : Club de débat de Christ-Roi.

Classement des débateurs \ euses

Rang
Nom et prénom
Round 1
Round 2
Round 3
Demi-finale
Final
Total
Equipe
1
SAINT-LOUIS Thafaïna
27
29
26
27
27
136
CSLB
2
JEAN DHAN Koderson
26
26
27
26
27
132
NCB
3
NOEL Lynda
25
28
24
27
27
131
CSLB
4
SAINTE Mie Micheline
23
28
26
27
27
131
CSLB
5
DORELIEN Clerdina
27
26
25
27
26
131
NCB
6
BLEMUR Angelo
26
25
25
24
26
126
NCB
7
JEANTY Kaïcha
26
28
27
29

110
IMSG
8
MOISE Sancheez
27
26
25
25

103
LMJ
9
LESPERANCE Irvica
26
24
25
25

100
IMSG
10
LEDOUX Samanka
25
25
24
26

100
LMJ
11
CHARLES Germine
25
24
25
26

100
LMJ
12
NAPOLEON Lorry
24
25
25
24

98
IMSG
13
Benjamin
27
26
27


80
LAF
14
BERNADIN Nicolson
26
26
25


77
LAF
15
Schelot
26
25
25


76
CIM
16
CALIXTE Steeve
25
26
25


76
LAF
17
CAVALIER Neïssa
24
26
26


76
CSLRF
18
JEAN Jeff
24
26
26


76
LNCF
19
CASIMIR Christelle
24
24
26


74
CSLRF
20
Widelande
23
25
24


72
LNCF
21
BARTHELMY Rodney
23
24
25


72
LNCF
22
Daphcar
24
23
24


71
CIM
23
CEDAL Mie Dayana
22
24
24


70
CSLRF
24
DARSEN Thamar
22
23
25


70
CIM
Source : Club de débat de Christ-Roi.

Codes des équipes
CSLB =           Collège Saint-Louis de Bourdon
NCB =                        Nouveau Collège Bird
IMSG=            Institution Mixte Sainte Geneviève
LMJ =             Lycée marie jeanne
LAF =                         Lycée Antênor Firmin
LNCF =          Lycée National Carrefour-Feuilles
CSLRF =        Collège Saint Louis Roi de France

CIM =                         Cœur Immaculé de Marie

mercredi 30 mars 2016

Mieux choisir votre 1A* (1er orateur de l'équipe affirmative)

Détrompez-vous, le rôle de 1A n'est pas le rôle le plus facile du débat. En fait, il n'existe pas de rôle qui soit plus facile qu'un autre -tout dépend de l'aptitude de celui ou de celle qui joue le rôle-, mais vous avez tendance à confier le rôle de 1A au débatteur ou à la débatteuse le/la moins expérimenté(e) ou le/la moins compétent(e) de votre équipe. S'il est plausible de concevoir un(e) débatteur (euse) plus compétent(e) et/ou plus expérimenté(e) qu'un(e) autre, confier le rôle de 1A à ce (tte) dernier(ère) n'est pas toujours une bonne stratégie. Pourquoi ?
Eh bien parce que le rôle du premier affirmatif (1A) est l'un des plus importants dans le format Karl Popper et ceci pour plusieurs raisons.
Premièrement, 1A est celui ou celle qui a la plus grande durée d'intervention sur tout le match pour un travail moins compliqué. En effet, 1A intervient pendant douze (12) minutes dans le match, soit un discours de présentation et deux contre-interrogatoires. 1N** a certes la même durée d'intervention mais son travail est beaucoup plus corsé que 1A dans la mesure où contrairement à ce dernier, 1N doit à la fois réfuter et présenter son cas. Ceci dit, 1A étant celui ou celle qui intervient le plus longtemps dans le match, doit être à même de porter le ballon dans le camp de son équipe et, si on garde la métaphore footballistique, doit être un(e) véritable meneur(euse) de jeu qui distribue le ballon à ses coéquipiers(ères) surtout son 2A (l'attaquant?) et donne les passes décisives.
Deuxièmement, 1A est la première personne à prendre la parole, elle doit donc donner la première impression pour son équipe et s'assurer que cette dernière gagne des points dès son discours de présentation. Ainsi 1A doit-il être à la fois un(e) bon(ne) stratège mais surtout un(e) très bon(ne) orateur(e).
Troisièmement, 1A subit le premier contre-interrogatoire du match donc assure la première confrontation pour son équipe. Si il(elle) ne maitrise pas le cas présenté et n'arrive pas à se défendre face aux questions souvent pertinentes du 3N, son équipe se trouvera, dès le départ, sur une mauvaise pente.
Pour finir, 1A a le contrôle du dernier contre-interrogatoire du match. Cette phase est très stratégique puisqu'on est à un stade très avancé du débat ou des mises au point et des clarifications, risquant d'être nécessaires et décisives pour les juges, méritent d'être réalisées, un bon contre-interrogatoire peut permettre à l'équipe affirmative de donner ses derniers coups à l'équipe adverse et mieux préparer la conclusion du troisième.
Il faut ajouter qu'assis(e) également,1A doit continuer à jouer son rôle de meneur(se) en prenant des notes lors des interventions et des contre-interrogatoires pour les utiliser après, en recadrant à chaque fois le débat pour ses collègues, en proposant des pistes de réfutation et de reconstruction et en suggérant des éléments de synthèse à son 3A. Le débat étant avant tout un travail d'équipe !
Tout ceci étant dit, j'espère que vous serez plus prudent sur le choix de vos 1A. De toute façon, il est important de savoir distribuer les rôles en fonction des aptitudes des débatteurs (euses) et le/la débatteur(euse) sans vie, désintéressé (e) et non impliqué(e) de votre équipe n'est pas le/la mieux placé(e) pour ce rôle!!
En guise de conclusion, je veux rendre hommage à tous les 1A qui ont fait leur preuve dans ce programme et spécialement la dernière en date, Tafaina Saint-Louis qui a su remporter un titre avec son équipe du collège st-louis de bourdon et être consacrée meilleure débatteuse du deuxième tournoi interscolaire organisé par le club de Pyepoudre en début du mois de mars.
Elle reste un modèle à suivre!!

Wedly Mozart MOZEAU
Animateur du club de débat de BMC/centre-ville
Collection « M a debat ... » 


REMARQUES :
*1A = premier orateur de l’équipe affirmative, qui soutient le sujet du débat
**1N= premier orateur de l’équipe négative, qui s’oppose au sujet du débat

L’exercice du débat en quelques mots
L'exercice du débat consiste en une confrontation verbale entre deux équipes de débatteurs. Une équipe parle en faveur et l’autre contre une thèse controversée soumise par défaut. Il faut respecter des règles strictes et les temps de parole impartis à chaque débatteur. À la fin du jeu, un jury évalue les arguments et la présentation.

Pour découvrir le déroulement du débat en format Karl Popper, aller à http://vaguedufutur.blogspot.com/2012/11/deroulement-du-debat-karl-popper.html

mardi 29 mars 2016

Troisième édition du tournoi régional de débat du Grand Sud


La 3ème édition du tournoi régional du grand Sud aura lieu cette année, les 23 et 24 avril 2016, à l’hôtel Château ChampVert, à Torbeck (à 10 minutes de la ville des Cayes).  Toutes les dispositions sont en train d’être prises avec l’hôtel et l’administration de FOKAL pour réaliser cet événement là-bas.  Vous pouvez consulter le site web de l’hôtel : http://www.chateauchampverthotel.com/

Six (6) clubs auront à s’affronter à cette compétition : Jérémie, Cayes, Camp-Perrin, Jacmel, Darbonne, 1 club de Port-au-Prince. Chacun des 6 clubs se fera représenter au tournoi par une délégation de 4 personnes (3 débatteurs + 1 coach). Des animateurs et des personnes extérieures au programme, mais formées par FOKAL au débat, seront sollicités pour constituer les jurys.
Il y aura 4 grandes nouveautés :

1.      Pas de sujet-surprise. Les 2 sujets sont connus et préparés à l'avance par les équipes.
2.      Les équipes débattront dans les 2 langues durant le tournoi car il y a un sujet en créole et un sujet en français.
3.      Cette année le club de Diquini intègrera le tournoi régional du grand Sud, avec Jérémie, Cayes, Camp-Perrin, Jacmel et Darbonne, selon le principe de la tournante en intégrant chaque année à ce tournoi régional un nouveau club de la région métropolitaine.
4.      Les 2 clubs finalistes de cette compétition seront directement qualifiés pour une phase finale avec seulement 4 équipes (les 4 finalistes des 2 tournois régionaux),  qui aura lieu au camp d’été (2 demi-finales + la grande finale). Néanmoins, il y aura au camp une autre compétition, avec équipes mixtes, c-à-d chaque équipe sera constituée de débatteurs issus de clubs différents, avec 2 coaches pour les encadrer.

Les 2 sujets (pas de sujet-surprise), un en créole et un en français, sont les suivants : 

Sujet 1 :         La seule forme de légitimité du pouvoir politique est à travers des élections.
Sujet 2 :         Palman ayisyen an ta dwe genyen yon sèl chanm. 

Le format de débat qui sera utilisé est le Karl Popper. Aucun(e) débatteur-se à l’université ni ayant déjà participé à 2 tournois officiels combinés (national, régional) ne pourront participer à la compétition. Une tenue correcte est exigée de tous les débatteurs durant les matches (pas de sandales de loisirs ni de santiags, de T-shirts débardeurs, de bermudas, de shorts, de képis et de lunettes fantaisistes).

Il n’y aura pas de groupes. Les équipes joueront les unes contre les autres selon une programmation déterminée à l’avance. Chaque équipe jouera 4 matches. Il y aura donc 4 rounds éliminatoires de 4 matches chacun.

Bonne chance aux débatteurs et débatteuses qui seront engagés dans le tournoi!!!
fokal
Jean Gerard Anis
Coordonnateur initiative jeunes
--

Le programme de débat célèbre cette année ses 20 ans 

vendredi 18 mars 2016

Le collège Saint-Louis de Bourdon a encore triomphé

La valse des trophées continue

En s'imposant 2-1 à domicile contre le Nouveau Collège Bird (NCB,) samedi 12 mars 2016, lors de la grande finale du tournoi inter scolaire de débat réalisé par le Club de Christ-Roi sur la thématique de la dictature, les filles du collège Saint-Louis de Bourdon (CSLB) ont encore triomphé. Sacrée championne du tournoi, l’équipe du CSLB a créé la sensation en établissant un record en gagnant 2 fois de suite la même compétition la même année, pour leur toute première participation à ce type de tournoi entre établissements secondaires de la capitale : une série de deux tournois réalisés durant la même année par le club de Christ-Roi, dirigé par l'animateur Alfred DESIR.
Lire aussi Le collège Saint-Louis de Bourdon ne sait pas perdre à :

Rappelons que le premier tournoi du samedi 30 janvier 2016 a été remporté, de très fort belle manière, par cette école face à l'équipe de l'Institution George Marc. Encore et toujours motivées, les protégées de Joël Lazard, leur coach, n'ont pas connu de défaite. Dans un parcours sans faute, elles ont débattu avec brio samedi 12 mars 2016, jusqu'à y mettre un nouveau titre de champion à leur compte, avec pour seule modification trois nouveaux visages de la bande des six joueuses, qui étaient pourtant mises en réserve lors du tout premier tournoi lancé en janvier 2016.

Nouveaux visages, nouveau trophée

Les 8 équipes engagées dans le tournoi étaient reparties en deux groupes de quatre. Le groupe A comprenait les collèges Saint Louis Roi de France (CSLRF), Saint Louis de Bourdon (CSLRF), les lycées national de Carrefour-Feuille (LNCF) et Marie Jeanne (LMJ) ; Le groupe B, le Lycée Anténor Firmin (LAF), Cœur Immaculée Marie (CIM), Nouveau Collège Bird (NCB), Institution Mixte Sainte Geneviève (IMSG). Quinze matches au total ont été joués au cours de cette longue journée, arbitrée par douze juges, qui sont soit des animateurs de clubs de débat la capitale ou d'anciens débatteurs formés par Fokal à l'exercice de l'arbitrage de match de débat.
Paradoxalement, au premier tournoi qui pourtant avait réuni quatorze établissements scolaires, cette compétition a opposé huit équipes secondaires de la zone métropolitaine. Six (6) autres équipes avaient auparavant désisté à cause des examens trimestriels organisés dans leurs établissements respectifs à cette période.

Cette compétition a eu lieu au Collège Saint Louis de Bourdon et visait à faire croître le niveau de la réflexion des jeunes sur les besoins de justice des populations opprimées par les régimes autoritaires et les modes de résistances de peuples contre la dictature. Ce tournoi a été l’occasion d’une plongée dans un passé totalement ou partiellement ignoré par les jeunes, et d’une réflexion non seulement légitime mais sans aucun doute nécessaire sur l'affrontement des défis du présent et de l'avenir de la démocratie en Haiti et dans le monde.

Toutefois, il est à préciser la présence d’une délégation d’une quinzaine de jeunes débatteurs venus spécialement de Jacmel, accompagnés de leurs animateurs, pour assister au tournoi, ainsi que des élèves, ami(e)s et supporteurs de ces huit écoles, quelques parents de certain(e)s débatteur (se)s. Deux universitaires Argentins qui prenaient part aux activités relatives à la Semaine de la rencontre des Mémoires Haiti-Argentine sur la dictature, organisée par Fokal, du 8 au 12 mars dernier, ont assisté aux débats .(http://vaguedufutur.blogspot.com/2016/03/semaine-de-la-rencontre-des-memoires.html)
Les collèges Saint-Louis Roi de France, Saint-Louis de Bourdon, Cœur Immaculée Marie, Nouveau Collège Bird, Institution Sainte Geneviève, Les Lycées Anténor Firmin, Marie Jeanne, national de Carrefour-Feuille, ont tous donné le meilleur d'eux mêmes, en livrant de brillantes joutes intellectuelles avec des moments de choc inoubliables, lors de contre-interrogatoires passionnants. Par moment, d'une salle à l'autre, l'animation des débats et l'ambiance créées par les jeunes, tous dévoués à débattre, laissaient entendre des cris de joie ou des tonnerres d’applaudissements d'un public qui saluait le courage et la performance des débatteurs des deux sexes. 

Kaïcha Jeanty, l’étoile montante du débat

Kaïcha Jeanty
Les 24 débatteurs dont 16 filles engagées dans ce tournoi ont effectué des débats énergiques avec des positions lumineuses sur l'impact lié à des modèles de luttes non-violentes des communautés et des peuples contre l'arbitraire. Ils ont également exprimé des argumentations fortes sur les effets découlant à l'efficacité de l'emploi de la force et de la violence pour provoquer des changements au sein d'une société. Le sujet principal des matches de la phase des poules a été: « La protestation non-violente est le meilleur moyen pour provoquer un changement dans un État non démocratique».

En dépit d'une prestation magistrale, Kaïcha Jeanty, «on fire», s'est défendue avec véhémence, à de multiple occasions, pour maintenir dans la course son équipe. Mais le beau navire de l’Institution Sainte Geneviève a quand même coulé face à l'inébranlable iceberg de Saint-Louis de Bourdon, dans une demi-finale épique. Kaïcha, irréprochable dans des confrontations directes face à ses adversaires a pourtant a échoué à conduire son équipe en finale. Mais, le destin en a voulu autrement.
                                                                                                            
N'en déplaise à la participation timide de ses coéquipiers, elle aurait pu changer la donne à elle seule si jamais le verdict des juges pouvait se pencher seulement sur la performance individuelle. Kaïcha est bourrée de talent, et sans doute fera les beaux jours du débat. Elle reste une valeur sûre, une étoile montante du débat. Et, c'est légitimement que les membres du jury lui ont attribué le titre de « Meilleur Débatteur Espoir» du tournoi. 

Les filles de Saint-Louis de Bourdon, des amazones du débat

Thafaïna Saint Louis, la meilleure débatteuse du tournoi, Lynda Noël et Marie Micheline Sainte sont les trois filles remarquables qui ont débattu avec fougue, tout au long de ce deuxième tournoi jusqu'à pousser leur équipe en finale, avec 5 victoires consécutives sur les cinq matches à jouer. Cette brillante performance leur a valu automatiquement de braquer les projecteurs sur leur école qui célèbre fièrement cette année son 53ème anniversaire.

Ne pouvant cacher sa satisfaction, Soeur Elza Luc, la directrice du collège Saint-Louis de Bourdon nous a fait part de ses sensations: « Je suis fière de mes filles" dit-elle, "Et je les remercie de nous avoir apporté ces deux trophées... Je remercie aussi les têtes pensantes qui ont fait choix de nous intégrer dans ce programme. Ce qui m'a impressionnée, c'est le fait qu'elles ont pu trouver des arguments pour défendre ou prendre le contre-pied d'un même sujet. C'est extraordinaire! Je les félicite pour leur détermination, leur éloquence et leur capacité à convaincre. »

Pour sa part, Marie Micheline Sainte, débatteuse en classe de Rhéto, nous a affirmé que ce second tournoi a été pour son équipe un défi réel dans la mesure où trois autres camarades de son école avaient déjà gagné le premier tournoi : « Nous, nous voulions faire de même. Jouer, apprendre, et gagner ». 
Marie Micheline Sainte (au milieu)
Toujours, suivant les témoignages d'après match, elle a affirmé gaiement que ce tournoi assez émotionnel lui a appris à gérer son agressivité ainsi que son stress. Ce fut pour elle un tournoi très enrichissant car le premier but du débat, selon elle, c'était bien d'apprendre. C'est en ce sens même qu'elle a donné le meilleur d'elle-même, suivant le rythme de ses coéquipières afin de faire un travail irréprochable aux yeux de tous. 
« Ce tournoi fut et restera un moment inoubliable tout au long de ma vie », nous a t-elle confié.

Pour Evenie Rose Thafaïna Saint-Louis, la meilleure débatteuse, celle qui a ébloui le tournoi avec un total de 136 points, avec quatre points d'avance sur le brillant joueur du Nouveau Collège Bird, Jean Dhan Koderson, le concours a été très enrichissant, expliquant qu'il lui a permis d'augmenter ses connaissances en ce qui concerne des sujets sur lesquels l'éducation scolaire ne s'accentue pas vraiment, tels que: « dictature et démocratie, lutte violente et lutte pacifique, changement climatique, écotaxe et tant d'autres ».

Le débat, une école de la vie

Le plus important pour elle est que le débat a produit en elle l'esprit d'équipe, le fait même de ne pas se concentrer sur son travail personnel uniquement, mais plutôt de croire en la performance extraordinaire de l'équipe. « C'est d'ailleurs ce qui nous a conduit à gagner les deux tournois de manière successive et aussi avec une grande fierté", nous dit-elle. Deux trophées pour une seule école, en deux participations au cours d'une même année, wow! C’est déjà plus que la victoire! Bref, nous savions que nous étions capables et Dieu était avec nous. Saint-Louis de Bourdon est resté au pouvoir. »

Linda Noel
Linda Noël, quant à elle n'est pas différente de la bande des trois. Pour elle, le tournoi de débat a été un long et beau parcours. Un parcours d'apprentissage intellectuel. Pour elle, le but était surtout d'apprendre. « Apprendre pour gagner mais aussi s'amuser, se régaler entre autres du beau monde des idées, se nourrir de bonnes réflexions. Qu'y a-t-il de meilleur pour un élève, un étudiant, un intellectuel, un penseur, que jouer au débat pour meubler son esprit, tout en peaufinant son sens d'esprit critique?»

L'interrogation est lancée,  à chacun y va de ses réponses: « Mais réellement, pour ma part, le débat, c'est un art, je dirais même une vie, oui, un sport qui développe chaque particule de la mémoire à la réalité du monde, aux informations munies de toute une chaîne d'actualités récentes qui occupe en espace une grande partie de notre vie d'homme, curieux, toujours en marche tels des nomades en quête de savoir. Le débat, c'est ça: tout un monde d'information lié à des connaissances impérissables

Au fil des matches, Linda avoue que les liens qu'il y avait entre elle, Thafaina et Sainte se sont raffermies, car après le premier match, selon ses dires, ses 2 coéquipières et elle ont vite compris en conséquence que pour gagner, il fallait bien faire un travail d'équipe, pour que chacune d'elle ensuite, une fois sur scène, puisse donner le meilleur d'elle-même. Par ailleurs, elle profite de l'entretien pour remercier son coach, Joël Lazard, sans oublier les trois membres de la première équipe du collège: Carlie, Sarah et Annie qui leur ont tracé la voix du succès, et enfin les responsables du club débat Pyepoudre.

Défendre est devenu pour elle un art dont elle a déjà d'une parfaite maîtrise ; et si jamais elle avait à refaire l'expérience, aujourd'hui même, elle n’hésiterait pas outre mesure, nous a t-elle confié.

Thafaïna, une véritable héroïne ! 

Thafaina Saint-Louis
Thafaïna Saint-Louis est la meilleure débatteuse de ce tournoi. Plutôt cool de caractère, c'est dans le feu du tournoi qu'on se rend compte réellement de son vrai visage, de ses réelles capacités. Au moment des formations sur les techniques de débat, elle était la dernière personne sur qui l'on pouvait compter. Elle a avoué avoir fini par aimer le débat à cause des contre-interrogatoires. Ça l'amuse ! Oui, ça l'amuse de voir la tête que font les joueurs de l'équipe adverse. « J’adore tellement voir et mettre mes opposants dans l'embarras, comme pour les cloîtrer dans une cage ».

Quand elle pose des questions ou répond aux leurs, elle devient plus audacieuse que d'habitude. C'est dû à la puissance de sa voix, qui confond et stresse davantage l'adversaire. Pour elle, c'était plus qu'important que son équipe gagne. Dans le cas contraire, elle confesse qu'elle pourrait tomber malade. Malade, sans doute de voir partir en fumée son rêve, son espoir et sa fierté de montrer à tout le monde, tel un phare, que, elle aussi, pouvait briller.

Thafaïna, est l'une parmi les rares débatteuses à pouvoir élever son niveau d'un match à l'autre. C'est le prototype même d'une étoile filante. Au cours des cinq matches, les juges lui ont fait la même remarque : sa rapidité. Pourtant, c'est quelque chose de naturel en elle, qu'elle tente à peine de maîtriser. Toujours joyeuse, c'est un résumé d'elle. 

Être meilleure débatteuse est pour elle quelque chose de sublime, de grand. Tout comme ses coéquipières, elle croit que l'esprit d'équipe est la base de leur brillante performance. « Débattre, il n'y a pas plus beau ! » affirma t-elle avec conviction. Timidement elle commence, et après, ça arrive, ça marche, ça vient, et puis quoi, boom !!! Elle explose.


Jogly Estimé JEAN CHARLES
Responsable communication club debat Christ-Roi/Pyepoudre
18 mars 2016

Revu et modifié par Jean-Gérard Anis
Coordonnateur du Programme Initiative Jeunes
FOKAL

Les jeunes de Jérémie s’instruisent sur la lutte des femmes pour leurs droits

Le club de débat de Jérémie a organisé, samedi 5 mars 2016 au Lycée des jeunes filles de la ville, une enrichissante conférence présentée par Gladice Saint-Jean LUNDY sur les droits de la femme, à l’occasion de la Journée Mondiale de la Femme. Madame Gladice est professeur de littérature depuis quinze ans. Avocate de formation, elle milite au Barreau des Avocats de Jérémie depuis cinq ans environ, et est directrice du Bureau du Ministère à la Condition Féminine de la ville depuis 1995.

Cette conférence visait un double objectif :
1-      d'apprendre aux jeunes les droits des femmes d’aujourd’hui
2-      de traiter le thème de l'année dans les activités de débat proposé par le Programme Initiative Jeunes : « Quand la démocratie est en danger ».

Quarante-six jeunes ont assisté à la rencontre. La conférencière a présenté son exposé sur la lutte des femmes pour leur émancipation sous 2 plans : le plan national et le plan international.

Sur le plan national

Dès l’introduction de son intervention, Gladice déplore qu’on cite toujours les héros de l’histoire d’Haiti, mais qu’on oublie trop souvent les femmes qui ont contribué à notre Histoire. Même la reine Anacaona qui, bien avant l’Indépendance, s’était fait remarquer dans l’histoire nationale. On a simplement mis deux héroïnes sur le billet de 10 gourdes. Ensuite Passons aux différentes dates qui ont marqué la lutte des femmes en Haïti.

En 1910, des professionnelles de la santé ont fondé l’Association des Infirmières Licenciées, qui a eu une reconnaissance légale en 1929. Ce n’était pas forcément pour défendre les droits des femmes, mais pour défendre les avantages sociaux.

La lutte des femmes va réellement commencer en 1934. Ainsi Alix Garoute, Jacqueline Silvéra (une Jérémienne) et Madeleine Sylvain ont créé la Ligue Féminine d’Action Sociale dont l’objectif était de revendiquer les droits civils et politiques des femmes. En 1944, on a reconnu aux femmes, considérées auparavant comme des mineures, le droit d’avoir un salaire.

Avant 1946, les femmes ne pouvaient ni voter ni être votées, mais en 1946, elles ont élues en Haiti pour la première fois comme mairesses. En 1948, la lutte des femmes s’est concentrée sur la reconnaissance légale des droits de la femme.

En 1957, malgré la rupture brutale de la lutte de la femme pour des droits sous le régime dictatorial de Duvalier père, les femmes ont eu quand même le droit de voter et de se faire voter. Plus tard, on va avoir les premières femmes-sénateurs: Bouchereau et Madeleine Sylvain.

En 1975, on a reconnu aux femmes le droit de participer aux assises criminelles. Le 3 avril 1986, on va assister à une 2e indépendance des femmes en matière de droits: le droit à la présidence. Ainsi, entre 6 et 10 000 femmes ont pris les rues de Port-au-Prince pour revendiquer leurs droits. C’est ce jour-là qui a inauguré la Journée nationale du mouvement des femmes.

En 1982, Michèle Benett Duvalier, l’épouse du dictateur Baby Doc, avait fait signer un décret pour reconnaître l’émancipation des femmes mariées. En 1988, sous le gouvernement de Lesly François Manigat, on a eu la première Secrétairerie d’Etat à la Condition féminine, organe gouvernemental qui doit veiller au respect des droits des femmes.

L’adultère de la femme mariée était gravement sanctionné (2 ans de prison) alors que celui de l’époux l’était moindre. Il était seulement condamné à payer 200 à 300 gourdes. Le viol était puni d’une réclusion de 3 à 9 ans. Et, en vertu du pouvoir discrétionnaire du juge, il pouvait décider de donner au violeur 3, 4, 5…ans de prison. Mais, avec le décret du président Boniface Alexandre (2004-2006), les femmes vont être soulagées : Le viol est élevé désormais au rang de crime et l’agression sexuelle punie sévèrement, selon les conditions suivantes:

a)      Si un homme majeur viole une femme majeure, il est puni de 10 ans de prison.
b)      Si une personne majeure viole une personne de moins de 15 ans, elle est alors punie de 15 ans de prison.
c)      Si la personne a une influence, une autorité sur la victime, elle est condamnée à perpétuité.
d)      Si un homme majeur viole une femme majeure jusqu’à ce que mort s’ensuive, il sera condamné à perpétuité.

Sur le plan international

Au début du XXème siècle, des femmes de tous les pays du monde se sont unies pour défendre leurs droits.

La légende veut que l’origine du 8 mars, date de la Journée mondiale pour les droits des femmes,  remonte à une manifestation d’ouvrières américaines du textile en 1857, événement qui n’a jamais eu lieu en réalité! En revanche, l’origine de cette journée s’ancre dans les luttes ouvrières et les nombreuses manifestations de femmes réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail, le droit de vote et l’égalité entre les hommes et les femmes, qui agitèrent l’Europe au début du XXème siècle.

La création d’une Journée internationale des femmes est proposée pour la première fois en 1910, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, par Clara Zetkin, enseignante, journaliste et femme politique marxiste allemande, figure historique du féminisme, plus précisément du féminisme socialiste. Cette journée s’inscrivait alors dans une perspective révolutionnaire.

La date n’est pas tout d’abord fixée, et ce n’est qu’à partir de 1917, avec la grève des ouvrières de Saint-Pétersbourg, que la tradition du 8 mars se met en place. Le 8 mars 1921, Lénine décrète cette journée, la  journée des femmes. Après 1945, la Journée internationale des femmes devient une tradition dans le monde entier. Elle est officialisée par les Nations Unies en 1977.

Jusqu’à nos jours...

La date est réinvestie avec le regain féministe des années 70 et la Journée internationale des femmes est reconnue officiellement par les Nations Unies en 1977, puis en France en 1982. C’est une journée de manifestations à travers le monde, et l’occasion de faire un bilan des avancées de la lutte des femmes pour les revendications et la jouissance pleine de leurs droits. Traditionnellement les groupes et associations de militantes préparent des manifestations, pour fêter les victoires et les acquis, faire entendre leurs revendications, afin d’améliorer la situation des femmes.

« La Journée des femmes reste aujourd’hui d’une brûlante actualité. Car tant que l’égalité entre les hommes et les femmes ne sera pas atteinte, nous aurons besoin de la célébrer », a martelé la conférencière.

En somme, pour arriver à ce qu’on est aujourd’hui en ce qui concerne l’équité de genre, on a eu un long parcours. Mais, notre but sera atteint quand nous, les femmes, aurons été considérées égales aux hommes dans la pratique des choses.

Autres faits marquants des journées du 8 mars dans le monde


Réactions des participants

« N’y a t-il pas eu de figures masculines qui ont marqué l’émancipation des femmes ? », a demandé le jeune Milord Peterson.
Il y a bien sûr des hommes qui nous sont venus en appui. Mais, ils ne s’étaient pas impliqués dans la lutte comme l’ont été les femmes.

Wogensky a ajouté : « Suite aux élections qu’on vient d’avoir, on a 96 députés et 24 sénateurs. Il n’y a même pas une femme parmi eux. Peut-on dans ce cas parler de d’équité de genre ? »
Comme je l’ai dit pour conclure, c’est à ça qu’on veut justement arriver. Avant 1944, les femmes haïtiennes étaient considérées comme mineures, et avant 1946, elles ne pouvaient ni voter ni être candidates à une élection. Aujourd’hui, elles ne sont plus considérées comme telles. Elles ont droit à un salaire, elles peuvent voter  et être candidates. On a eu des  femmes-sénateurs, des femmes-députés dans les législatures précédentes ; on a même eu une femme présidente [NDR : Ertha Pascal Trouillot]… Un jour, on arrivera à 50 % de femmes et 50 % d’hommes aux postes décisionnels. On y arrivera, je l’espère.

La jeune Ivonia a voulu savoir si « les femmes d’Haïti sont traitées de la même manière que les femmes étrangères. »
Ça varie d’une société à l’autre. Par exemple, c’est culturel de frapper une femme mais, aux Etats-Unis, on ne peut oser le faire.

« L’équité de genre n’implique-t-elle pas des obligations aux femmes ? », s’est interrogée Taynaïka.
Bien sûr ma fille ! Si autrefois c’était à nous de nous occuper des travaux domestiques, aujourd’hui nous avons l’obligation de rester sur les bancs de l’école, d’apprendre un métier, d’aller travailler, de contribuer aux dépenses de la famille, de ne pas accepter de rentrer dans un bal gratuitement pendant que les hommes payent 100 gourdes, 200 gourdes…

La conférencière a conclu ainsi : « Les hommes ne peuvent vivre sans les femmes, les femmes ne peuvent vivre sans les hommes. Nous sommes donc complémentaires. L’essentiel maintenant c’est de travailler pour qu’un jour l’équité de genre puisse être atteinte car la société démocratique dont nous rêvons tous ne sera jamais possible tant que les hommes et les femmes n’auront pas été égaux. »

Remerciements

Pour clore la rencontre, l’animatrice Madrine GAY a remercié l’assistance dont la présence a rendu possible la conférence et a remercié la conférencière Gladice Saint-Jean Lundy pour qui les jeunes ont chanté un refrain de remerciement qui l’a beaucoup émue :

«Je me sens émue par les mots de remerciement et surtout le refrain que vous venez de me chanter. Je vous l’avoue, ce refrain m’a fortement traversé. Mais, permettez-moi de vous le dire : C’est à moi de vous remercier, Madrine et Waldinde, à moi de vous remercier, chers jeunes, car vous m’avez donné la possibilité de vous servir en vous présentant les droits de la femme d’aujourd’hui. Et, si vous faites bien l’effort de les respecter, cela contribuera à la matérialisation de la démocratie dans notre société. Car l’harmonie parfaite d’une société n’est pas possible si les droits des femmes sont bafoués. Donc, chers animateurs et jeunes, je vous retourne ces remerciements au centuple ! » a conclu la conférencière.

Waldinde Germain

Animateur du club de débat de Jérémie

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