lundi 25 février 2019

Des jeunes de Jérémie préparent une action de sensibilisation sur le droit des détenu(e)s


FOKAL et Avocats sans Frontières Canada en renfort

Dans l’objectif d’aider le club de débat de Jérémie à réaliser sa journée de sensibilisation prévue pour le 16 mars prochain sur la thématique du droit aux loisirs des détenu(e)s de la prison civile de Jérémie, une délégation de FOKAL est venue animer, durant deux jours (1er et 2 février 2019), un atelier de réflexion sur les droits humains et les droits des détenu(e)s.

La délégation était composée de FOKAL représentée par Carine Schermann, coordonnatrice du Programme Education Citoyenne (PEC), de Jean Gérard Anis, coordonnateur du Programme Initiative Jeunes (PIJ), et de deux intervenants extérieurs, l’avocat canadien Samuel Gagnon, actuellement coopérant volontaire auprès d’Avocats sans Frontières Canada, et Arnaud Dandoy, criminologue belge et professeur à l’Université d’Etat d’Haïti.

Ils ont organisé pour une trentaine de jeunes de ce club un solide séminaire de formation et de réflexion à l’Alliance française de Jérémie. Porté sur les droits humains de manière générale et plus particulièrement sur le droit des détenu(e)s, ce séminaire a été réalisé les 1er et 2 février 2019 à l’Alliance Française de Jérémie.

Les droits humains et les droits des détenus : un combat citoyen

Le premier jour, Samuel Gagnon a expliqué aux jeunes ce que sont « les Droits humains » et a rappelé les cinq grands principes qui les sous-tendent :
-          Le respect de la vie
-          La dignité humaine
-          L’égalité
-          La non-discrimination
-          La responsabilité
Arnaud Dandoy - UEH
Arnaud Dandoy est intervenu, par contre, sur  les droits des détenu(e)s et les luttes citoyennes. Il a défini les notions-clés à comprendre par les jeunes : détenu et prévenu, détention préventive prolongée et détention illégale. Il a tracé l’historique des prisons, fait état des prisons et détenues en Haïti avec comme support didactique un film documentaire sur les droits humains et les prisons en Haïti. Enfin, il a énuméré les conditions de l’emprisonnement (nécessité d’assurer la sécurité publique, collusion, juge indépendant) et les conséquences du mauvais état des prisons et du mauvais traitement des détenus (es). Un constat accablant.

Carine Schermann a fait un exercice pratique et participatif avec les jeunes qui leur a permis  de comprendre que nous n’avons pas les mêmes privilèges dans la société.


Les détenu.e.s à l’épreuve des lois pénitentiaires d’Haiti
    
    Le deuxième jour, après la projection du reportage « Haiti’s prison from Hell » par la compagnie Unreported World, Samuel Gagnon et Arnaud Dandoy ont respectivement présenté les garanties minimales de traitement des détenu(e)s et  la loi pénitentiaire en Haïti. Carine Schermann a expliqué ensuite ce qu’est l’éducation aux droits humains et l’action citoyenne, en prenant quelques exemples d’actions citoyennes militantes menées par la société civile à travers le monde.
Samuel Gagnon - ASF Canada
Par la suite, les jeunes étaient répartis en quatre groupes pour réfléchir et discuter sur l’action qu’ils auraient à mener pour sensibiliser la communauté aux droits des détenu(e)s et particulièrement, au droit aux loisirs des détenu(e)s de la prison civile de Jérémie. Ces ateliers ont été animés par les quatre intervenants. Puis, Carine Schermann a animé la restitution de ces travaux en atelier présentés par deux membres de chacun des groupes.

   La délégation a également invité des acteurs locaux impliqués dans la question des droits des détenu(e)s à venir rencontrer les jeunes. Des représentants du REGADH, branche Grande Anse du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), de l’Office de Protection du Citoyen (OPC), de la Clinique de Recherche d'Analyse et d'Assistance Légale (CRAALE), sont ainsi venus expliquer aux jeunes la nature de leur travail et les interactions possibles avec leurs différents bureaux.

     Conclusion
  
   Ce séminaire d’accompagnement a permis à nos jeunes de mieux maîtriser le champ de leur intervention et d’être outillés davantage pour la pleine réalisation de leur action de sensibilisation, qui devrait débuter par une journée de sensibilisation le 16 mars prochain sur le droit. Un grand merci à la FOKAL et à Avocats sans Frontières Canada pour ce solide support et accompagnement.

Waldinde GERMAIN
Animateur du club de débat de Jérémie
19 février 2019

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