vendredi 3 février 2012

Connecter les jeunes avec la société

« Connecter les jeunes avec la société », tel est le thème de la conférence de 2 jours à Anvers en Belgique, à laquelle a participé FOKAL via son représentant, Jean-Gérard Anis, le 8 et 9 décembre 2011. Cette conférence avait pour objectif de trouver les voies pour la construction de passerelles entre les jeunes (exclus, marginalisés, discriminés, stigmatisés, oubliés) et les autorités et les forces de la société civile, en Europe, et également les moyens de briser ces cycles, en examinant la façon d'engager et de soutenir la participation significative des jeunes marginalisés dans la société.

Des policiers belges et néerlandais, des membres du parlement belge, des responsables politiques et administratifs de la province d’Anvers, des universitaires se sont succédé pour animer les différences séances ou ateliers réalisées au cours de ces 2 jours.

I.                    La conférence (8 décembre)

La conférence a eu lieu au Palais des sports au centre-ville d’Anvers (45 minutes en train de Bruxelles). 215 participant(e)s venus de 23 pays d’Europe et d’Amérique ont assisté à cette conférence qui a mélangé conférence, ateliers de travail, débats, présentations, témoignages et démonstrations. La majorité des participants étaient des jeunes, des travailleurs sociaux travaillant avec et pour des jeunes dans leurs communautés ou leur pays.
Une vue de l'assistance de la conférence
 Au discours inaugural de la conférence, Bruno Vanobbergen, Commissaire aux Droits des enfants flamands, au Parlement de Belgique eut à déclarer ceci : « Nous avons besoin de sortir d’une société qui définit les enfants et les jeunes en termes de problèmes, de dangers et de risques vers une société qui est caractérisée par l’inclusion et la participation ».

Il conclut plus tard par ces mots : « Il est réellement nécessaire de traduire les droits des enfants et des jeunes dans les lois et les règlements afin de renforcer la position légale et sociale des enfants. Cela demande de ne pas prêter attention seulement d’installer des structures de participation, mais aussi d’installer une culture de participation. »
Un officier de police belge répondant aux questions d'un jeune
 Les questions suivantes ont été explorées au cours de 2 jours d’ateliers de réflexion : 1.Quelle est la valeur de la participation des jeunes dans notre société? 2. Comment pouvons-nous assurer que les jeunes soient entendus et puissent participer pleinement à toutes les sphères de la société? 3. Comment peut-on éviter l’exclusion des jeunes?

II.                  Les ateliers de travail (8-9 décembre)

Les participants avaient à choisir entre pas moins de 12 ateliers de travail différents, tous portés sur des manières originales et expérimentales, des moyens novateurs et inédits d’intégrer les jeunes dans la société, à travers d’expériences-pilotes, de solutions innovantes, des démonstrations et des partages de savoir-faire.
Voila un échantillon de 5 ateliers auxquels a participé Jean-Gérard. Chaque atelier contenait un maximum de 16 personnes et a duré 90 minutes. Ces ateliers sont en fait  des présentions animées soit par des universitaires, de travailleurs sociaux ou par des jeunes eux-mêmes.

Le premier atelier a porté sur le débat de quartier (Debate in the neighborhood) ou la manière de connecter les jeunes et les décideurs politiques. Cette initiative avait déjà été testée en Haïti avec des jeunes dans 6 lycées de la capitale (Pétion, Toussaint, Marie-Jeanne, Cent cinquantenaire, Jean-Jacques, Firmin) à partir d’octobre 2008. Malheureusement, le tremblement de terre du 12 janvier a stoppé ces efforts.

Le 2ème atelier a été sur la puissance de l'art comme levier d’inclusion des jeunes de la société. Le centre culturel d’Anvers travaille avec des jeunes socialement vulnérables pour leur fournir  un espace pour développer des activités créatives (slam poétique, musique, création de petits films, …autant de moyens et d’initiatives pour faire entendre la voix des jeunes).

Le 3ème s’intéressait à la façon d’améliorer la participation et l’interaction des jeunes à l’école e à travers le débat. Des suggestions ont été fournies par l’animateur pour rendre le débat amusant, pour utiliser les produits technologiques pour débattre en ligne… IDEA, l’organisation promotrice de la conférence, a construit un site internet (rankings.idebate.org) où des équipes de jeunes du monde entier peuvent débattre entre elles en ligne, gagner des points, trouver toutes sortes de ressources documentaires pour préparer leur débat

Le 4ème atelier, ayant pour thème «  Sans les jeunes pas de plaidoyer efficace pour les jeunes », était une présentation de 2 jeunes femmes néerlandaises impliquées dans des activités humanitaires en faveur des filles aux Pays-Bas, et des garçons en Afrique et en Asie. Leur sens de l’engagement en faveur de ces causes était émouvant à découvrir et forçait l’admiration des participants de l’atelier.

Le cinquième groupe de travail, « La mobilisation des jeunes contre les abus de la police en France », consistait en un témoignage de 4 jeunes Français, qui dénonçaient les abus et les délits de faciès de la police française contre les jeunes, particulièrement contre les Noirs et les Beurs, à Paris. Ces jeunes font partie d’une association (Collectif contre le contrôle au faciès), créée en France dans le but de soutenir les victimes  en leur offrant des moyens légaux de poursuivre les auteurs de ces abus.

Malgré le fait que les sujets s’intéressaient davantage aux problèmes et solutions de l’exclusion des jeunes en Europe, l’expérience a été très enrichissante. Les différentes initiatives présentées lors de ces 2 jours de conférence à Anvers ont permis à FOKAL de trouver des idées de stratégies et d’activités pour nourrir son programme Initiative Jeunes.

Jean-Gérard Anis 
Coordonnateur du projet VDF
31 Janvier 2012

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