lundi 6 décembre 2021

Les violences faites aux filles et aux femmes en débat au club de Bourdon

 1er Décembre 2021

Sensibiliser pour créer le changement

La violence à l'égard des femmes et des filles n'est pas circonscrite à une zone géographique, à groupe social ou culturel bien défini. La violence contre elles prend de nombreuses formes. Dans la liste, on peut citer : violences verbales, domestique, viol, traite des femmes et des filles, prostitution forcée, grossesse non désirée, violences de guerre, esclavage sexuel, mutilations génitales de femmes et de filles, meurtres sur la base de l'honneur… La liste est l
ongue.

Les Nations Unies définissent la violence à l'égard des femmes comme : « Tous les actes de violence dirigés contre le sexe féminin et causant ou causant des dommages ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques aux femmes, y compris la menace de tels actes, la coercition ou la privation arbitraire de liberté, qu'il s'agisse de dans la vie publique ou privée ».

Selon les dernières statistiques de l'ONU publiées pour 2019, une femme sur trois dans le monde est agressée sexuellement, soit par un parent proche, soit par une personne inconnue. Seulement 52% des femmes mariées ou en famille d'accueil sont libres de prendre des décisions concernant leur vie sexuelle. Plus de 200 millions de femmes subissent des mutilations génitales. En 2017, sur 2 femmes décédées, une a été tuée par un partenaire ou un membre de la famille, mais un homme sur 20 est décédé dans le même état. 71% des victimes de la traite des êtres humains sont de sexe féminin, et 3 cas sont exploités.

Réfléchir sur les violences faites aux femmes et aux filles

Le samedi 27 novembre 2021 a été une bonne occasion pour nous d'aborder ce sujet, car le 25 novembre avait été la journée internationale contre les violences faites aux femmes et aux filles. Le club de débat de Bourdon a réalisé à l'intention de ces jeunes une table-ronde avec 6 femmes, parentes des jeunes du club, à l'horaire habituel de nos rendez-vous hebdomadaires, de 13h à 16h. Onze (11) filles et sept (7) garçons ont échangé avec les mamans présentes.

Les questions abordées ont été les suivantes : Comment en tant que femmes et mères elles vivent les violences à leur égard et quelles pistes de solutions ? Être femmes veut dire quoi pour vous ? Pourquoi faut-il prendre un jour (le 25 novembre) pour parler des violences faites aux femmes et aux filles ? Quels sont les types de violences que vous connaissez ? Certaines femmes et filles décident de garder le silence et/ ou de rester auprès de leur bourreau, pourquoi d'après vous ? Comment peut-on combattre la violence à l'égard des femmes et des filles ?

Les parents, institutions éducatives ou religieuses et autres, se doivent d'enseigner aux enfants dès leur plus jeune âge que la violence n'est pas une solution quelle que soit la situation, mais un problème, car la brutalité n'a pas de justification ; les sensibiliser, les éduquer car l'éducation est le seul vaccin contre la violence.

Même si toutes les mamans ne voyaient pas les choses de la même manière pour se protéger et protéger leurs filles, certaines étaient plus conservatrices et autoritaires, d'autres plus libérales et ouvertes, quelques-unes étaient passives même résignées, parce que, selon ces dernières, il faut survivre.

Verbatim

Jean Fritz Kervens TILUS : "… c'est une activité formidable qui va aider beaucoup de parents dans le sens où ils ne connaissent pas assez leurs enfants, et qui s'occupent juste de leur santé physique. J'ai aimé la réaction de 2 mamans (…) où elles montrent qu'elles comprennent et font l'effort pour être plus proches de leurs enfants. J'ai appris aussi que je dois comprendre mes parents pour chercher à être plus proches d'eux.

Je suis contre toute forme de violence que subissent les femmes et les filles pour répéter Gandhi : "Je m'oppose à la violence parce que lorsqu'elle semble produire du bien, le résultat n'est que passager, tandis que le mal est permanent."

Fabrice HÉRARD : "La question de violence sur les femmes se répète presque partout dans le monde. Dans certaines sociétés, des luttes ont été entamées pour promouvoir l'émancipation de la femme. Le 25 novembre se tient une sensibilisation pour combattre la violence sur les femmes et les filles. En tant que jeunes haïtiens nous devons faire savoir que c'est injuste que les femmes subissent autant de violence de la part des hommes.

Au cours de ce forum plusieurs idées sont ressorties surtout sur les différents types de violences. Pour moi tout a été un succès, j'ai beaucoup appris sur les parents et des filles en ce qu'il s'agit de la violence qu'elles subissent. […] Il y a même des mamans qui acceptent la violence à cause de leurs enfants, parce qu'elles ont peur de gâcher leur avenir."

Pour changer les choses, changer d'attitude

 

Les jeunes ont montré leur intérêt lors de cette table ronde, faire rencontrer deux générations et discuter ouvertement sur un sujet sensible a été une bonne opportunité pour eux d'apprendre plus sur cette situation et d'adopter les attitudes pouvant les protéger et les empêcher de devenir des bourreaux.

 

L'ambiance était très chaleureuse, pleine de vie, les échanges étaient très abondants, les mamans profitaient aussi de cette belle opportunité de parler de vive voix aux jeunes, de leur conseiller sur leurs attitudes, de partager leur vécu dans ce monde injuste à leurs égards

 

Cette activité a été une réussite. Cela a été un bon moment de rencontre entre jeunes et adultes. Les jeunes ont montré de l'intérêt pour la cause des femmes et des filles et ont participé avec beaucoup d'enthousiasme. Ils ont compris que pour changer les choses ils doivent changer d'attitude et participer au changement qu'ils souhaitent opérer.

Bravo à mon collègue Alfred DÉSIR, sans quoi cette activité ne sera pas possible ! Et au coordonnateur général du programme de débat de FOKAL, nous disons merci pour son soutien infaillible.

 

Joël LAZARD

Animateur du club de Bourdon

Tél. : + 509 3678-5257

E-mail : lazard.joel@yahoo.fr

 

Aucun commentaire:

Une année à la tête du PIJ

  cher.es ami.es, Depuis janvier 2022, je suis appelé par la direction de la FOKAL à assumer la charge de la coordination du Programme Initi...