lundi 9 novembre 2015

Le club de débat de Christ-Roi joint l’utile à l’agréable à Seguin

Le club de débat de Christ-Roi a organisé du 28 au 31 juillet 2015, une sortie à Seguin, une localité se trouvant dans les hauteurs de Kenscoff, plus précisément dans la commune de Marigot, dans le département du Sud-est. Ils étaient une dizaine à faire le déplacement. Le groupe était logé en plein cœur du parc La visite, dans l’auberge de la Fondation Seguin. 
A Seguin il fait froid, la température est variée entre 16 et 22 degrés centigrades. Pour tenir les jeunes bien au chaud, les responsables de l’auberge ont mis à notre disposition thés, des vêtements chauds, des sacs de couchages, sans oublier la présence des cheminées dans les chambres pour tenir les débatteurs bien au chaud durant le séjour.

Cette journée couvrait un double aspect : éducatif avec des activités de formation, et ludique avec excursion et visite de la zone de Seguin.

Dans un premier temps, une petite formation sur les techniques de préparation d’un sujet-surprise en très peu de temps, a été organisée précisément pour montrer aux débatteurs comment utiliser les données concrètes à leurs dispositions sans utiliser l’internet. Cette activité s’inscrit dans l’objectif d’améliorer la performance au débat des jeunes, suite au tournoi national a Jérémie, au niveau de la préparation des sujets-surprises qui ont augmenté dans cette compétition.


Mon collègue Alfred Désir et moi avons été les deux principaux intervenant lors de la formation sur le débat. Nous avons opté pour une combinaison de plusieurs méthodes. D’abord, nous avons procédé à des exposés sur le format de débat de Karl Popper afin de clarifier des points d’ombre. Alfred Désir et moi avons travaillé premièrement, sur la façon de trouver des sources fiables et dignes pouvant mieux supporter les arguments, deuxièmement sur le rôle et l’importance des définitions dans un match de débat et le travail du troisième débatteur. Nous avons introduit dans la préparation des matches de nouvelles techniques pour les jeunes, comme l’utilisation des prérequis des jeunes pour préparer des sujets-surprise sans l’accès à l’internet.
Puis Alfred et moi avons organisé un atelier de travail sur ce sujet : « L’Etat haïtien devrait forcer l’Etat américain à dédommager Haïti pour l’occupation allant de 1915 à 1934. » Les jeunes avaient comme tache de trouver des arguments pour ou contre l’énoncé, des supportes également, en utilisant les informations que les débatteurs ont déjà sur le sujet, que nous pourrons compléter par la suite  sur le net. Enfin une simulation de débat a été effectuée. Altidor Clarisse, Jozil Samuel, Mérilien Tania ont défendu le sujet cité plus haut, tandis que MOREAU Christie, REGIS Rose Gyrlène, Joseph Fédjine défendaient  la position contraire. Tout ceci pour permettre aux jeunes d’expérimenter les nouvelles techniques.

L’aspect détente a été concrétisé  par la visite de la ville de Seguin et de ses sites touristiques. Un séminaire de formation a eu lieu sur l’engagement civique, sous la forme d’une causerie sur le problème environnemental haïtien, plus précisément le phénomène de la déforestation. Cette causerie a été possible grâce à deux deux agronomes, Yvon Elie et Josnel Garconville. Elle a été aussi une  occasion de sensibiliser les jeunes sur la situation alarmante de l’environnement haïtien tels que : l’abattage effréné d’arbres, le tarissement de nos sources, l’inondation de nos villes, l’insalubrité, et l’infertilité de nos terres. Et aussi pour développer chez eux un sentiment d’appartenance, d’amour et de respect envers leurs communautés et leur pays.
De ce fait, Alfred et moi avons expliqué aux jeunes qu’un citoyen ne veut pas dire tout simplement être majeur, avoir en sa possession une carte d’identification nationale. Mais un bon citoyen, c’est quelqu’un qui non seulement jouit de ses droits civils et politiques, mais qui s’implique aussi dans des activités de redressement de son quartier, sa communauté, par exemple en songeant à planter un arbre et à y prendre soin,  d’être honnête, intègre et respectant scrupuleusement les principes de la société. C’est une personne qui fait tout pour le bien de son pays, fait du bénévolat, évite de jeter partout sur le sol des déchets.

Yvon Elie a rejoint le staff de la fondation Seguin en 2010, et s’est donné pour mission de mettre en terre 300 000 plantules, en mémoire des victimes du séisme. Son but, conserver la biodiversité de la région, la mission essentielle de la Fondation Seguin, avec comme objectifs d’instaurer une politique permettant de protéger la couche arabe du sol et aussi de subvenir aux besoins économiques de la population, d’où la plantation d’arbre fruitiers comme l’avocatier à fin de sa commercialisation. 
De son coté, l’agronome Josnel qui a rejoint le staff de Seguin un peu plus tard, est spécialiste en urbanisation. Il fait partie des spécialistes qui ont contribué à faire du Parc Matissant ce bijou qu’il est actuellement. Pour l’agronome Josnel, résoudre le problème environnemental doit passer par la conscientisation de la population sur les réels problèmes, ensuite par l’amélioration de la vie sociale de l’individu, et enfin par la résolution du problème de grossesse précoce. « Tant que jeunes enfants donneront naissance à des bébés, la misère, la bidonvilisation seront toujours présentes, la dégradation de l’environnement s’aggravera » dixit l’agronome.

Pour les deux agronomes, le problème environnemental que confronte Haïti actuellement est dû à l’incompétence et à l’incapacité de nos anciens dirigeants. Ils croient que le problème environnemental haïtien est lié à bon nombre de problèmes, tels que les maladies, les insalubrités, la misère, la bidonvilisation, un système éducation délétère. D’après eux, résoudre le problème de l’environnement haïtien, c’est d’un coup résoudre la majeure partie des problèmes d’Haïti.
Les jeunes ont été très satisfaits du séjour à Seguin. Ils croient que ce genre d’activité permettra non seulement d’améliorer leur niveau en débat mais aussi de créer une atmosphère de fraternité, de convivialité entre les membres du club.
Voici les réactions de quelques-uns d’entre eux :

Clarisse Altidor : « Durant mon séjour à Seguin, j’ai pu participer à une formation sur le débat qui m’a montré comment mieux réagir dans un match de débat et elle m’a aidé à faire sortir en moi des capacités que j’ignorais comme celle de préparer un match sans l’internet.» Elle poursuit peu après : « J’ai pu participer aussi à une formation sur la protection de l’environnement qui m’a aidé à comprendre les raisons poussant le Haïtien à ne pas se focaliser sur la protection  de son environnement ainsi que les conséquences ».

Rose Gyrlène Régis : « Pour atteindre un haut niveau de performance, il faut connaitre ce qui est la motivation. Cette  formation de débat  a permis l’épanouissement d’un bon nombre de jeunes qui avaient un manque de confiance en eux. Ces derniers ont pris conscience de leur capacité car cette formation nous a motivés, nous a donné confiance en notre capacité intellectuelle….». Elle continue « Un environnement vert, c’est ce qui contribue a la beauté d’un pays. C’est le jugement qui résulte après la séance de causerie avec l’agronome Yvon Eli. Il nous a gratifié de ses connaissances sur l’environnement et incites aussi à changer notre manière de penser face à l’interaction existant entre l’homme et son milieu ».

Samuel Jozil : « Le débat en tant que jeu demande des techniques pouvant permettre d’analyser un sujet rapidement, de miser sur les points faibles de l’équipe adverse pour mieux l’attaquer etc. En ce sens,  la formation m’avait mis à mon aise de sorte que rapidement, je peux cerner un sujet. Elle m’a donné une perspicacité énorme, une capacité de saisir les mini-détails nécessaire de jouer un bon match.»

Pour Clarisse « ça a été une très bonne initiative et mérite qu’on recommence ». De son cote Jozil Samuel affirme que : « ces genres d’activités favorise l’apprentissage et la découverte d’une région inconnue, mais le plus important cet activité à créer une atmosphère de familiarité entre nous. Donc on devrait continuer sur cette même lancée.»

Le séjour a été une réussite, cote préparatifs et cote participation des jeunes. Les notions ont été bien assimilées par tous les jeunes, parce que les ateliers restitués par les jeunes ont prouvé leurs compréhensions. Il faut saluer la détermination et le sens de leadership d’Alfred Désir sans qui cette activité n’aurait pas lieu.

Joël LAZARD

Animateur du club de Christ-Roi

mercredi 28 octobre 2015

Jèn nan klèb deba Dabòn yo koze sou kesyon bilenguis nan peyi Dayiti

Nan okazyon jounen entènasyonal lang ak kilti kreyòl (28 oktòb), manb klèb deba FOKAL yo nan Dabòn, andedan Leogàn, te patisipe nan yon konferans deba nan lokal bibliyotèk Rasin Lespwa,  jou vandredi ki te 23 oktòb 2015 la. 3 etidyan nan Fakilte Lengwistik Aplike (FLA) nan Inivèsite Leta Dayiti, Nerline Toussaint, Marc-Enroe Pierre, Samuel Attis, ki se an menm tan  manb ak ansyen debatè klèb deba Dabòn  nan, te anime konferans  sa ki te dewoule  sou 3 pwen enpòtan : tankou lang, bilenguis, ak kalite pwoblem lang sa a ki egziste, anvan yo te brase lide sou kesyon sa : « Eske Ayiti se yon peyi ki vrèman bileng ?
Lang kreyòl ? Kisa nou dwe konnen…

Kisa yon lang ye ? Ki diferan wòl yon lang genyen ? Ki orijin lang kreyòl ayisyen ? Se samuel  Attis ki te fè yon ti pale sou pwen sa yo, yon fason  pou fè jèn yo konprann sa yo rele lang nan. Avek anpil ladrès, Samuel te defini lang kòm yon zouti kominikasyon epi se yon sistèm siy vokal ki se eritaj yon kominote. Etidyan FLA a te mete aksan sou 3 wòl espesifik yon lang:

a)  li fasilite entegrasyon sosyal,
b) li simante tout manb yon kominote,
c)  li diferansye moun ak zannimo.

Avèk anpil detay ak referans, Samuel te fè tout jèn yo konprann konsèp lang nan epi wòl li nan kominikasyon. Daprè eksplikasyon li,  mo « Kreyòl » sòti nan mo pòtigè «  crioulo »  ki vle di « kreye ». Epi mo sa a evolye pou l anbrase tout sa ki fèt nan koloni a. Se konsa te vin gen esklav bosal ak esklav kreyòl… Ansyen debatè a te pwofite fè jèn yo koprann tou orijin istorik lang kreyòl ayisyen ki sanble anpil ak estrikti plizyè lang afriken, sitou lang Fon ak Ewe…
Pou l fini, Samuel Attis te fè konnen gen plizyè lang kreyòl ki egziste nan lemond, ki fèt a pati de lang anglè, fransè, olanndè, elatriye. Pa ekzanp, kreyòl yo pale nan peyi Dayiti ki gen baz leksikal fransè,  diferan de kreyòl yo pale nan zile Kiraso ki gen baz leksikal olandè, ak plizyè lòt ankò. Daprè estatistik yo, gen plis pase 13 milyon  moun ki ap pale kreyòl sou tout latè. Peyi ki gen plis moun ki pale kreyòl la se Ayiti.

Pale 2 lang an Ayiti bay pwoblem youn sou lòt

Nerline Toussaint, bò kote pal, te pran swen pou te defini konsep « bilenguis » la. Daprè espesyalis yo mo bilenguis vle di yon abilite yon moun genyen pou l pale 2 lang san pwoblem. Li te kontinye pou l fè konnen yon moun bileng oubyen yon peyi bileng se lè moun nan osinon popilasyon an kapab pale, li, ekri, konprann 2 lang. Moun sa yo dwe kapab esprime rèv yo, emosyon yo, panse yo nan 2 lang san yonn pa oblije monte sou lòt. Nan ka yon popilasyon ki pa maton nan 2 lang yo nan menm nivo, nou paka di peyi sa bileng. Ansyen debatè a fè konnen pale 2 lang se yon fenomèn sosyal. Espesyalis yo dakò pale 2 lang ofisyèl nou yo (franse ak kreyòl) se yon pwoblèm an Ayiti.

Nerline ki te akonpaye ekip bibliyotèk la nan karavàn animatè yo te fè pandan 2 semèn nan lekòl yo, te fè santi fristrasyon l genyen pou l wè direktè lekòl kap fòse timoun yo pale fransè, kap ba yo pinisyon lè yo pale kreyòl, paske daprè direktè a kreyòl la pap mennen yo okenn kote. Nerline te fè konnen sa fè Ayiti rantre pi fon nan lekòl tèt anba a, pou l repete  pwofesè Yves DEJAN, nan  yon liv li ekri ki rele Yon lekòl tèt anba nan yon peyi tèt anba.

Se konsa Nerline te tou pwofite pale ak jèn yo sou pwoblèm elèv kap double, elèv ki echwe nan egzamen  ofisyèl yo, timoun ki ap kite lekòl,  se konsekans sistem edikatif peyi Dayiti a ki sèvi ak lang fransè kòm lang ansèyman. Alòske se sel Ayiti ki pa sèvi ak lang matènèl timoun yo pou bay yo edikasyon. Li te denonse tou lekòl jako repèt la ki chita sou repete yon pakèt bagay san yo pa konprann anyen; ki pa pèmèt yo aprann tout sa yo dwe konnen. Pou li fini Nerline te fè jèn yo konnen lè yon timoun aprann nan lang matènel li sa pèmèt sèvo l devlope plis.

Ant bilenguis ak diglosi, bwa mare pou Ayisyen

Marc-Enroe Pierre, li menm te fè yon brase lide sou divès kalite bilenguis ki egziste pandan li te pwofite fè diferans ant konsèp diglosi ak bilenguis. Misye fè konnen swivan rechèch yo, lenguis yo di gen bilenguis prekòs, bilenguis similtane, bilenguis konsekitif, bilenguis aditif, bilenguis negatif oubyen soustraktif. Bilenguis la gen rapò ak kontak ki genyen ant lang yo alòske diglosi a chita li menm sou konfli ki genyen nan mitan lang yo. Etidyan FLA a fè konnen diglosi a, pou kek lenguis, se varyete nan yon menm lang kote yo konsidere youn siperyè ak lòt oubyen nan 2 lang nan yon menm kominote.
Anvan yo te bay asistans la poze kesyon, Marc-Enroe te pale sou pwoblèm bilenguis la bay nan peyi Dayiti. Li te mete aksan sou koze entèferans la, move itilizasyon moun ki lekòl  ap fè ak lang kreyòl, ki panse pou montre yo fò yap melanje mo lang fransè ak mo kreyòl.  Kòm konsekans, moun sa yo vin pa pale yon lang ditou paske pale yon lang mande respekte estrikti fraz, fonetik, pwononsyasyon, siyifikasyon ak leksik lang nan. Li te pwofite mande jèn yo pou fè yon gwo efò pou pale byen yon lang olye yo fè melanj mo nan plizyè lang.

Bagay jèn yo te vle konnen…

Jèn yo ki  tap swiv avèk anpil atansyon ak enterè espoze mesyedam yo, te poze anpil kesyon tankou: Pouki sa Leta ayisyen te fè chwa lang fransè pou fè edikasyon pèp la olye lang kreyòl la? Ki wòl yon lenguis? Eske li nòmal pou ekri non yon ayisyen nan lang kreyòl? Ki pwopozisyon  panelis yo genyen pou fè kreyòl la gen plis valè? Eske se pa paske kreyòl la pa komèsyalize ki fè kreyòl la pa gen valè? 3 etidyan yo, avèk anpil detay, te reponn kesyon jèn yo.
Pou premye kesyon an, etidyan FLA yo te fè yon apwòch istorik sou kesyon ledikasyon an Ayiti. Yo te fè konnen dirijan yo te plis panche bò kote fransè yo,bò kote ansyen kolon ki kwè pi bon fason pou w domine yon pèp se lè w sèvi ak edikasyon kòm zouti. Zafè fransè nan lekòl nan peyi Dayiti a se pa yon chwa leta te fè, men se misyonè ki sòti nan kontinan Ewòp yo, aprè konkòda ant leta Ayisyen ak Vatikan nan lane 1860, ki te konfye edikasyon pèp la bay pè ak mè katolik yo. Konsa yo te bay pèp la edikasyon jan yo wè l bon pou sistèm esplwatasyon an te kontinye. 

Nerline Toussaint ki tap reponn kesyon jèn yo sou wòl lenguis yo te mete aksan sou travay lenguis yo ki chita sou obsèvasyon ak deskripsyon yon lang. Li te pwofite fè diferans pou jèn yo ant yon lenguis ak yon poliglòt ki se yon moun ki kapab pale plizyè lang. Epi pale yon lang pa vle di gen anpil konesans.
Sou kesyon ekri non moun nan lang kreyòl, konferansye yo te esplike gen 2 kouran sou koze sa a: youn di yo pa gen dwa chanje non moun lè yap ekri yo nan lang kreyòl, paske non moun nan se idantite l; lòt kouran di si w ap ekri non yon moun, ou dwe itilize sistèm siy ki nan òtograf lang nan. Konsa gen moun ki dakò pou yo kenbe òtograf fransè pou ekri non moun, gen lòt ki panse sa depaman ak sistèm siy ak son ki gen nan lang  kreyòl la.

Sou kesyon lang kreyòl gen plis valè, yo te fè konnen pa gen lang ki gen plis valè pase yon lòt paske lang se zouti pou moun kominike youn ak lòt. Sa vle di nou sèvi ak li pou nou fe pase mesaj. Se sousi pou youn konprann lòt la ki enpotan sitou lè 2 moun yo pale menm lang. Se te fason sa mesye dam yo te reponn kesyon piblik la ki te gen plis pase 50 jèn.

Pwoblèm pap fini…

Se te yon bèl moman aprantisaj swivan sa jèn yo te di. Yo te fè anpil echanj ak panelis yo epi felisite yo pou pakèt enfòmasyon yo te pataje avek yo nan konferans la. Yo pwomèt yo pral fè anpil efò pou aprann plis bagay sou kesyon bilenguis la paske, daprè yo menm, nou pa ka di peyi Dayiti se yon peyi bileng menm si ofisyelman peyi a gen 2 lang.
Nap raple aktivite sa te fèt nan okazyon 4e edisyon festikreyòl, bibliyotèk Rasin lespwa ap òganize soti 13 oktòb pou fini 8 novanm. Anpil lòt bel aktivite prevwa tankou, Teyat lari, bal kontredans, espektak ak kont nan lakou.

Maxandre BIEN-AIMÉ

Animatè klèb Dabòn nan Leogàn

mardi 20 octobre 2015

De nouveaux débatteurs au club de Jacmel

En septembre 2015, le club FOKAL de Jacmel a repris ses activités après un mois de congé estival. Les animateurs ont soumis à discussion leur plan de travail pour la nouvelle année académique 2015-2016.

Ce plan résulte d’un remaniement du programme de relèvement de l’année précédente adapté aux dernières critiques et souhaits des jeunes débatteurs. Il consiste à  organiser un tournoi local tous les mois, dont un à l’occasion d‘une sortie récréative chaque trimestre. Les jeunes souhaitent avoir au programme de cette année plus d’exercices de débat et plus de loisirs.

Plan de travail pour des combats futurs

Les animateurs proposent alors des activités reparties sur le mois de la manière suivante : Semaine 1 et 3 formation et exercices pratiques (dont un sujet-surprise) autour de la thématique du mois, semaine 2 : rencontre avec un expert et/ou ancien débatteur de Fokal, projection d’un film ou d’un documentaire autour de la thématique du mois. Semaine 4 : Tournoi local. Le sujet est communiqué et les équipes constituées dès la première semaine. Cette planification du club de Jacmel pour la nouvelle l’année reste flexible à celle des activités régionales et nationales de FOKAL.

Les deux premiers tournois (octobre et novembre) coïncident avec la période de recrutement de nouveaux jeunes dans le club. Début septembre, les équipes sont constituées pour le premier tournoi, le premier sujet en créole est communiqué: « Leta ayisyen ta dwe òganize eleksyon sèlman avek resous pwòp peyi a » [L’Etat haïtien devrait organiser les élections seulement avec les ressources propres du pays]. Des invitations sont envoyées aux directeurs d’écoles de la ville à l’intention de leurs élèves des classes de troisième, seconde et rhéto. Les membres du club font passer le message auprès de leurs camarades et collent les affiches dans les salles de classe.

Une démonstration de débat comme première leçon

Le premier tournoi qui devait avoir lieu le 26 septembre, s’est trouvé confronté aux vieux démons de l’année précédente. Il s’est tenu finalement le samedi 10 octobre : quatre équipes doivent concourir, mais seulement deux se présentent au jour J. Un seul match alors les a départagés. L’assistance a été timide en nombre, mais elle s’est prêtée volontiers au jeu. Elle a manifesté beaucoup d’enthousiasme à suivre les contre-interrogatoires, plusieurs personnes du public ont voulu poser eux-mêmes des questions durant le débat. Mais chuut ! On leur a expliqué que cela n’est pas possible, et que leurs réactions seraient prises en compte seulement à la fin du match. 

Composition des équipes : équipe affirmative, Edeline Jean (1a) Claudia Petit Jean (2a) Mardochée David Cothias (3a)/ équipe négative, Joseph Ralph Rodchilde (1n), Abraham Dieulifaite (2n), Querline Bernadeau (3n). L’équipe gagnante est celle qui a défendu le cas négatif. La meilleure débatteuse, Querline Bernadeau, a reçu un roman en récompense à sa prestation.

Le juge et animateur, Réginald Raymond-Fils, félicite les débatteurs et débatteuses pour leurs progrès quant à la présentation de leurs arguments. Ils se seraient améliorés notamment dans le rôle des 3a et 3n.  Il les a invités à travailler davantage leur gestion du stress et l’éloquence. « Cependant, pour y arriver, il faudrait d’abord renforcer la préparation des arguments en équipe », ajouta l’animatrice Bettina Pérono. C’est seulement si le partage de réflexions et de recherche est effectué dans le groupe que chaque membre de l’équipe pourra maîtriser les aspects développés dans l’argumentation et se détacher de la simple lecture de sa copie devant le jury. Les interventions des membres de l’équipe gagneront en cohérence les uns par rapport aux autres ». « C’est pour cela, renchérit Reginald Raymond-Fils, que même si la performance de chaque débatteur est aussi notée, c’est avant tout le jeu d’équipe qui est évalué ».

Un show de débat pour recruter de nouveaux membres

Le lendemain, dimanche 20 octobre, les animateurs sont revenus sur les points faibles identifiés lors du match. Ils ont consacré cette rencontre à éclaircir les points d’ombre à l’aide d’explications, d’exemples et d’exercices pratiques.

Pour sa part, une bonne partie du public au match a été convaincue par le show. Dès le lendemain, de nouvelles têtes ont rejoint le club. Deux semaines plus tard, ils sont 11 filles et 4 garçons à participer déjà aux exercices pratiques de débat. Devant leur intérêt manifeste, les animateurs du club de Jacmel redoublent d’effort pour les préparer au prochain tournoi local, qui aura lieu d’ici décembre. Ravis d’accueillir de nouveaux débatteurs et compétiteurs dans le club, les anciens membres les épaulent volontiers dans la formation et la maîtrise  du débat au cours d’exercices pratiques en groupe.

A mi-parcours des inscriptions pour intégrer de nouveaux jeunes, le club compte aujourd’hui une trentaine de membres. Il va sans dire que l’ambiance aux rencontres se réchauffe : plus on est de fous, plus on rit !

Bettina Pérono & Réginald Raymond-Fils
Animateurs du club de débat de Jacmel
21 octobre 2015



Une année à la tête du PIJ

  cher.es ami.es, Depuis janvier 2022, je suis appelé par la direction de la FOKAL à assumer la charge de la coordination du Programme Initi...