Le club de débat de Christ-Roi a
organisé du 28 au 31 juillet 2015, une sortie à Seguin, une localité se trouvant dans
les hauteurs de Kenscoff, plus précisément dans la
commune de Marigot, dans le département du Sud-est. Ils étaient une dizaine à faire le déplacement. Le groupe
était logé en plein cœur du parc La
visite, dans l’auberge de la Fondation Seguin.
A Seguin
il fait froid, la température est variée entre 16 et 22 degrés centigrades. Pour tenir les jeunes bien au chaud, les
responsables de l’auberge ont mis à notre disposition
thés, des vêtements chauds, des sacs de couchages,
sans oublier la présence des cheminées dans les
chambres pour tenir les débatteurs bien au chaud durant le séjour.
Cette journée couvrait un
double aspect : éducatif avec des
activités de formation, et ludique avec excursion
et visite de la zone de Seguin.
Dans un premier temps, une petite
formation sur les techniques de préparation d’un sujet-surprise
en très peu de temps, a été organisée précisément pour montrer
aux débatteurs comment utiliser les données concrètes à leurs dispositions
sans utiliser l’internet. Cette activité s’inscrit dans l’objectif d’améliorer la performance au débat des jeunes,
suite au tournoi national a Jérémie, au niveau de
la préparation des sujets-surprises qui ont
augmenté dans cette compétition.
Mon collègue Alfred Désir et moi avons été
les deux principaux intervenant lors de
la formation sur le débat. Nous avons opté pour une
combinaison de plusieurs méthodes. D’abord, nous avons
procédé
à des exposés sur le format de débat de Karl Popper afin de clarifier des
points d’ombre. Alfred Désir et moi avons
travaillé premièrement, sur la façon de trouver des sources fiables et dignes
pouvant mieux supporter les arguments, deuxièmement sur le rôle et l’importance des définitions dans un
match de débat et le travail du troisième débatteur. Nous avons introduit dans la préparation des matches de nouvelles techniques pour les jeunes, comme l’utilisation des prérequis des jeunes pour préparer des sujets-surprise sans l’accès à
l’internet.
Puis Alfred et moi avons organisé un atelier de
travail sur ce sujet : « L’Etat haïtien devrait forcer
l’Etat américain à dédommager Haïti pour l’occupation allant
de 1915 à 1934. »
Les jeunes avaient comme tache de trouver
des arguments pour ou contre l’énoncé, des supportes également, en utilisant les informations que les débatteurs ont déjà
sur le sujet, que nous pourrons compléter par la suite sur le net. Enfin
une simulation de débat a été effectuée. Altidor Clarisse, Jozil Samuel, Mérilien Tania ont défendu le sujet cité
plus haut, tandis que
MOREAU Christie, REGIS Rose Gyrlène, Joseph Fédjine défendaient la position contraire. Tout ceci pour
permettre aux jeunes d’expérimenter les
nouvelles techniques.
L’aspect détente a été
concrétisé par la visite de la ville de Seguin et de
ses sites touristiques. Un séminaire de formation a eu lieu sur l’engagement civique, sous la forme d’une causerie sur le
problème environnemental haïtien, plus précisément le phénomène de la déforestation. Cette
causerie a été
possible grâce à deux deux
agronomes, Yvon Elie et Josnel Garconville. Elle a été aussi une occasion de sensibiliser les jeunes sur la
situation alarmante de l’environnement haïtien tels que : l’abattage effréné d’arbres, le tarissement de nos sources, l’inondation de nos villes, l’insalubrité, et l’infertilité de nos terres. Et
aussi pour développer chez eux un sentiment d’appartenance, d’amour et de respect envers leurs
communautés et leur pays.
De ce fait, Alfred et moi avons expliqué aux jeunes qu’un citoyen ne veut
pas dire tout simplement être majeur, avoir en sa possession une
carte d’identification nationale. Mais un bon
citoyen, c’est quelqu’un qui non
seulement jouit de ses droits civils et politiques, mais qui s’implique aussi dans des activités de redressement
de son quartier, sa communauté, par exemple en songeant à planter un arbre et à y prendre soin, d’être honnête, intègre et respectant scrupuleusement les principes de la société. C’est une personne
qui fait tout pour le bien de son pays, fait du bénévolat, évite de jeter partout sur le sol des déchets.
Yvon Elie a rejoint le staff de la
fondation Seguin en 2010, et s’est donné pour mission de
mettre en terre 300 000 plantules, en mémoire des victimes
du séisme. Son but, conserver la biodiversité de la région, la mission essentielle de la Fondation Seguin, avec comme
objectifs d’instaurer une politique permettant de
protéger la couche arabe du sol et aussi de subvenir
aux besoins économiques de la population, d’où la plantation d’arbre fruitiers
comme l’avocatier à fin de sa commercialisation.
De son coté, l’agronome Josnel qui a rejoint le staff de
Seguin un peu plus tard, est spécialiste en urbanisation. Il fait partie
des spécialistes qui ont contribué à faire du Parc Matissant ce bijou qu’il est actuellement. Pour l’agronome Josnel, résoudre le problème environnemental doit passer par la
conscientisation de la population sur les réels problèmes, ensuite par l’amélioration de la vie
sociale de l’individu, et enfin par la résolution du problème de grossesse précoce. « Tant que jeunes
enfants donneront naissance à des bébés, la misère, la
bidonvilisation seront toujours présentes, la dégradation de l’environnement s’aggravera » dixit l’agronome.
Pour les deux agronomes, le problème environnemental que confronte Haïti actuellement est
dû à l’incompétence et à l’incapacité de nos anciens
dirigeants. Ils croient que le problème environnemental
haïtien est lié à bon nombre de problèmes, tels que les maladies, les insalubrités, la misère, la bidonvilisation, un système éducation délétère. D’après eux, résoudre le problème de l’environnement haïtien, c’est d’un coup résoudre la majeure partie des problèmes d’Haïti.
Les jeunes ont été très satisfaits du séjour à Seguin. Ils croient
que ce genre d’activité permettra non
seulement d’améliorer leur niveau en
débat mais aussi de créer une atmosphère de fraternité, de convivialité entre les membres du club.
Voici les réactions de
quelques-uns d’entre eux :
Clarisse Altidor : « Durant mon séjour à Seguin, j’ai pu participer à une formation sur le débat qui m’a montré comment mieux réagir dans un match de débat et elle m’a aidé à faire sortir en moi des capacités que j’ignorais comme celle de préparer un match sans l’internet.»
Elle poursuit peu après : « J’ai pu participer aussi à une formation sur la protection de l’environnement qui m’a aidé à comprendre les raisons poussant le Haïtien à ne pas se focaliser
sur la protection de son environnement
ainsi que les conséquences ».
Rose Gyrlène Régis : « Pour atteindre un
haut niveau de performance, il faut connaitre ce qui est la motivation.
Cette formation de débat a permis
l’épanouissement d’un bon nombre de jeunes qui avaient un manque de
confiance en eux. Ces derniers ont pris conscience de leur capacité car cette formation nous a motivés, nous a donné confiance en notre
capacité intellectuelle….». Elle continue « Un environnement vert, c’est ce qui contribue a la beauté d’un pays. C’est le jugement qui résulte après la séance de causerie avec l’agronome Yvon Eli.
Il nous a gratifié de ses connaissances sur l’environnement et incites aussi à changer notre manière de penser face à l’interaction existant entre l’homme et son milieu ».
Samuel Jozil : « Le débat en tant que jeu demande des techniques pouvant permettre d’analyser un sujet rapidement, de miser sur les
points faibles de l’équipe adverse pour mieux l’attaquer etc. En ce sens, la formation m’avait mis à mon aise de sorte que rapidement, je peux
cerner un sujet. Elle m’a donné une perspicacité énorme, une capacité de saisir les mini-détails nécessaire de jouer un bon match.»
Pour Clarisse « ça a été une très bonne initiative et mérite qu’on recommence ». De son cote Jozil Samuel affirme que : « ces genres d’activités favorise l’apprentissage et la découverte d’une région inconnue, mais le plus important cet
activité à créer une atmosphère de familiarité entre nous. Donc on
devrait continuer sur cette même lancée.»
Le séjour a été une réussite, cote préparatifs et cote participation des jeunes. Les notions ont été bien assimilées par tous les jeunes, parce que les ateliers restitués par les jeunes ont prouvé
leurs compréhensions. Il faut saluer la détermination et le sens de leadership d’Alfred Désir sans qui cette activité
n’aurait pas lieu.
Joël
LAZARD
Animateur du club de Christ-Roi












