lundi 17 septembre 2012

Le camp d'été 2012 au Cap-Haitien dans tous ses états


1Généralités
Site du camp                           Fondation Vincent, à 250 kms de Port-au-Prince, département du Nord 
Date                                        du samedi 4 au jeudi 9 août 2012
Durée du camp                       6 jours, 5 nuits
Nb de jeunes participants      28 filles / 64 garçons

Remarque : Les délégations de Camp-Perrin, de Jérémie sont arrivées la veille à la capitale.
22 Animateurs-trices             8 absents : Fond Parisien (2), Santo (1), Mon repos (1), Camp-Perrin (1), Darbonne (1), Martissant (1), Cap-Haitien (1)
2 Intervenants extérieurs       Jean-Marie Pierre de la CNEH; Ted Hector, médecin
4 Personnes-ressources          Mirlaine François, assistante logistique; Lucien Peterson Claudy, chauffeur

TOTAL                                   92 personnes

Kit de matériel fourni aux participant(e)s         
1 pad, 1 stylo, 1 crayon, 1 badge d’identification, 1 T-shirt et 1 casquette imprimés, 1 programme du camp

Primes fournies pour les 2 tournois :
13 certificats, 1 trophée pour le club champion (KP), 2 plaques de champion(PF), des ouvrages, 1 sac à dos, 2 I-pod, 3 jump drive, 1 TV portable, 1 calculatrice scientifique Casio, 2 MP3 players, 2 kits d’apprentissage de l’anglais
2.     La planification
Depuis le mois de mai 2012, 3 mois avant la date-butoir du départ, la communauté du Programme Initiative Jeunes a été tenue informée, via le blog du projet, de l’avancement des préparatifs, de la programmation du camp. Des recommandations, directives et sollicitations sont envoyées régulièrement par e-mail aux animateurs-trices, pour la sélection des jeunes constituant leur délégation, pour les kits de séjour à apporter, et la préparation des jeunes pour le tournoi de débat.

De leur coté, les animateurs et animatrices ont préparé activement les jeunes de leur club en les formant aux techniques de débat Karl Popper, certains allant même à organiser un mini-tournoi de débat dans leur club pour sélectionner les débatteurs qui vont constituer leur équipe.

Trois semaines auparavant, une lettre de demande d’autorisation de participation, signée par le coordonnateur, a été envoyée aux parents des jeunes sélectionnés pour le camp. Un mois plus tôt, les lundi 25 et mardi 26 juin 2012, le coordonnateur a effectué une visite à la Fondation Vincent au Cap-Haïtien, pour confirmer avec les responsables certaines dispositions concernant l’hébergement et la restauration, pour vérifier les équipements, les facilités logistiques du site. Il en a profité pour se rendre à Milot pour s’enquérir des conditions et des tarifs pour accéder à la Citadelle Laferrière et anticiper les difficultés d’accès au site.

3.     Le voyage
Deux autobus de la compagnie de transport public, Service Plus, d’une capacité de 50 places chacun, ont été affrétés pour le transport A/R des participants attendus au camp, depuis P-au-P à notre destination. Les délégations venant des Cayes, de Camp-Perrin, de Jérémie, de Darbonne, de Fond Parisien, de Jacmel, ont dû assurer leur transport A/R jusqu’à Port-au-Prince et ont ainsi rejoint les autres délégations, le jour de notre départ, à FOKAL. 

La délégation capoise nous attendait sur le site de la Fondation Vincent. D’autres jeunes du club du Cap étaient venus nous accueillir pour nous souhaiter la bienvenue. Nous avons quitté Port-au-Prince à 8h45 am et nous sommes arrivés au Cap-Haitien à 5 h de l’après-midi. Nous avions fait une escale d’une heure à Gonaïves pour se rafraichir et se dégourdir les jambes. 

Au retour, nous avions quitté le Cap à 7h45 Am et nous sommes arrivés à Pau-P vers les 4h. Nous avions fait une escale de 45 minutes environ à Montrouis pour que les jeunes désaltèrent. Le voyage à l’aller comme au retour a duré près de 8 heures de temps.

Le voyage, dans les 2 sens, s’est déroulé sans aucun incident. Tous les participants ont regagné sans problème leur domicile à la fin du camp. Les animateurs-trices des clubs en province m’ont appelé pour confirmer que les jeunes sont bien  arrivés chez eux.

4.     Le séjour
Le séjour a été agréable à maints égards. Les responsables de la fondation Vincent ont eu une conduite impeccable, le service était hors pair, les repas variés et solides étaient servis à l’heure, les chambres ventilées et bien entretenues. Le personnel de la Fondation a répondu à toutes nos sollicitations.

Les chambres : Les chambres sont d’un confort modeste. Malgré que la literie n’ait pas été fournie, personne ne s’est plaint d’un quelconque inconfort. De 2 à 3 participants étaient logées par chambre, les filles étant dans un dortoir séparé.

L’électricité : elle est disponible tout le temps, sauf en quelques occasions où il fallait passer du courant de ville aux génératrices du site. La propriété est alimentée en électricité par un groupe électrogène et des inverseurs.
Les repas : Le service repas était tout à fait correct. 3 buffets étaient servis par jour (au déjeuner du matin, au lunch du midi, et au diner du soir. La nourriture était biologique, variée, abondante et appréciable. Pour les boissons, les participants avaient le choix entre gazeuses, jus naturel et malta.
   
L’internet : L’internet était  toujours disponible et en libre accès. Les animateurs et les jeunes, qui ont apporté leur ordinateur portable ont pu effectuer sans problème des recherches pour préparer les sujets du tournoi.

Les infrastructures sportives : des terrains de tennis, de basket et de football ont été mises à la disposition des jeunes dont certains n’ont pas hésité à en profiter chaque matin dès 6h am.

En conclusion, la Fondation Vincent a parfaitement assuré son contrat pour accueillir convenablement  les 92 personnes. La logistique et le service du site se sont révélés à la hauteur de nos attentes.
   
Par ailleurs, durant les 5 jours de notre séjour, une demi-heure était consacrée le matin, avant le lancement des activités, pour effectuer une mise au point sur la journée précédente et un rappel sur les règlements et les recommandations pour la vie sociale du camp.

5.     Les activités
Deux grandes activités étaient au menu de la programmation du camp, les tournois nationaux de débat, les formations. Toutes ces activités ont fait l’objet d’un reportage photos, bientôt disponible sur le blog du projet.

5.1.Le tournoi national de débat Karl Popper: Camp-Perrin, équipe championne de l’édition 2012
Le tournoi  a été l’activité centrale du camp. Il a opposé 14 équipes issues des 14 clubs du réseau, et réparties en 4 groupes, autrement dit un total de 42 débatteurs. Les 14 clubs y sont désignés par les noms de code suivants : BMC - CPE (Camp-Perrin) - CAP (Cap-Haitien) - CAY (Cayes) - CXR (Christ-Roi) – CPL (Cote-Plage) – DAR (Darbonne) – FPA (Fond Parisien) – GMO (Gros Morne) – JAC (Jacmel) – JER (Jérémie) – MAR (Martissant) – MRP (Mon Repos) – SAN (Santo)

Huit (8) juges ont été mobilisés pour arbitrer les matches du tournoi KP, tout en évitant qu’un juge-animateur ait à arbitrer une équipe de son club. Trois commissaires du tournoi, sélectionnés par le coordonnateur parmi les autres animateurs-trices, officiaient à la distribution des documents d’évaluation et de travail au jury et aux débatteurs, au recueil des bulletins de vote des juges, au calcul des points des débatteurs, et à la proclamation des résultats.
  La compétition s’est déroulée en 3 tours (tour éliminatoire, demi-finale et finale), et a duré 2 jours  :
a.       Un tour éliminatoire avec 3 rounds de match, au cours desquels chaque équipe joue contre une autre équipe de son groupe. Dans les 3 rounds de ce tour, chaque équipe joue au minimum 3 matches, avec 1 seul arbitre par match. 21 matches au total ont été joués à ce stade de la compétition. A chaque round, 3 à 4 matches se jouent en même temps, en 4 points différents dans la propriété de la Fondation Vincent.
  
Les 4 équipes victorieuses  des 3 rounds dans leur groupe respectif se sont affrontées en demi-finale.

b.      Deux (2) demi-finales, jouées en même temps dans 2 espaces distincts du site le dernier jour du camp, ont opposé l’équipe gagnante du groupe 1 contre celle du groupe 3, l’équipe gagnante du groupe 2 contre celle du groupe 4. A ce stade, 3 juges ont arbitré chacun des 2 matches.  Au score, l’équipe de Cote-Plage a gagné contre Darbonne par 3-0, l’équipe de Camp-Perrin a battu Fond Parisien par 2-1.
c.       La finale, jouée lors de la soirée de clôture du camp, a opposé les 2 équipes gagnantes dans les 2 demi-finales, Camp-Perrin contre Cote-Plage. 3 juges ont arbitré la finale. Au score, Camp-Perrin (CPE) a battu Cote-Plage (CPL) par 3-0.

Deux résolutions étaient soumises à débat. La première, « Il est justifiable que le gouvernement prélève une taxe de solidarité sur les transferts envoyés par les immigrants Haïtiens » a été débattue lors des 2 premiers rounds du tour éliminatoire, et la finale; la deuxième résolution qui a été le sujet-surprise, « L’État haïtien devrait envisager de faire prélever une taxe de solidarité sur ses immigrants légaux dans leur pays d’accueil », a été débattue au 3e round du tour éliminatoire et à la finale.
 
Le sujet-surprise a été communiqué peu avant le match du round 3 du tour éliminatoire : Les équipes avaient environ 1 heure et 30 minutes pour préparer leur argumentation et le cas à défendre après tirage au sort.
L’équipe de Camp-Perrin, après un parcours sans faute (ils ont gagné leurs 5 matches joués), et à l’issue d’un match d’un niveau très relevé et très disputé, a gagné la finale contre une équipe de Cote-Plage très combative. L’équipe de Camp-Perrin a remporté, pour la deuxième année consécutive, le trophée du Champion national de débat 2012.
Mysterlande CHRISTOPHE, débatteuse de l’équipe championne de Camp-Perrin, a gagné le titre de Meilleur débatteur du tournoi, au nombre de points obtenus par les juges pour sa performance individuelle sur l’ensemble du tournoi.
   
Un certificat et de nombreuses primes ont été remis à chaque débatteur des 2 équipes finalistes, constituées essentiellement d’ouvrages donnés généreusement par le programme Bibliothèque de FOKAL, de gadgets électroniques et d'autres produits éducatifs achetés par le coordonnateur. Une prime spéciale a été attribuée à la meilleure débatteuse du tournoi et un certificat au club champion. 

L’équipe de Cote-Plage a réussi le tour de force de jouer 4 finales de suite dans 4 tournois successifs (été 2010, 2011, 2012, février 2012). L’équipe de Fond Parisien a enregistré la plus forte progression sur les 3 derniers tournois Karl Popper réalisés (été 2011, 2012, février 2012).

L’édition 2012 du tournoi national de débat au Cap-Haitien, de l’avis général des participants, est un succès. Malgré les deux regrettables incidents qui ont terni le tournoi avec l’expulsion des équipes de BMC et de Christ-Roi, pour conduite inexcusable, ce satisfecit est déterminé par les éléments suivants : des équipes visiblement mieux organisées, l’attitude positive des débatteurs, une meilleure connaissance de leurs responsabilités dans le débat, une plus grande détermination à débattre. Néanmoins, il est à noter quelques faiblesses persistantes comme la gestion du temps de parole mal utilisée, l’exercice pas assez concluant du contre-interrogatoire.
   
La résolution-surprise a été encore cette année plébiscitée par les débatteurs qui y voient une occasion pour rétablir l’équilibre entre les équipes, c’est-à dire pour limiter les disparités concernant la disponibilité documentaire.

5.2.Le tournoi de débat Public forum, avec équipe mixte
Une innovation majeure a été introduite pour la première fois dans un camp de débat en Haïti : la réalisation en parallèle de 2 tournois de débat, avec une organisation distincte et 2 formats différents : Karl Popper et Public Forum.
Le tournoi Public forum a été organisé avec 6 équipes mixtes, c’est-a-dire les équipes sont formées sur place avec des débatteurs issus de clubs et de niveau d’études différents (secondaire et universitaire). Le 4e membre de chaque délégation de club a été retenu pour intégrer une équipe. Bien que le sujet ait été communiqué 1 mois à l’avance, le défi a été pour ces débatteurs de pouvoir travailler ensemble durant le camp sans qu’ils ne se soient connus auparavant ni de s’être préparés à l’avance. Les débatteurs avaient la possibilité de requérir n’importe quel animateur disponible pour leur servir de coach.

Ce tournoi s’est déroulé durant une journée entière et a mobilisé 5 juges, 3 commissaires (avec les mêmes fonctions qu’au tournoi KP) et 12 débatteurs (2 débatteurs par équipe). La résolution proposée a été celle débattue dans tournoi international à IDEA Youth Forum 2012 au Mexique : « La Torture pratiquée par un État est justifiée dans des circonstances exceptionnelles ».

Les équipes ont été réparties en 2 groupes de 3 équipes. La compétition s’est déroulée en 3 étapes (une étape éliminatoire, demi-finale et finale) : 
  1. Un tour éliminatoire avec 3 rounds de match, au cours desquels chaque équipe joue contre une autre équipe de son groupe. A cette étape éliminatoire, chaque équipe joue 3 matches, avec 1 seul arbitre par match. 9 matches au total ont été joués à ce stade de la compétition. A chaque round, 3 matches sont joués en même temps, en 3 salles différentes dans la propriété de la Fondation Vincent.
d.              Deux (2) demi-finales, jouées en même temps dans 2 salles distinctes le dernier jour avant notre départ du Cap, ont opposé les 4 meilleures  équipes (au nombre de matches gagnés ou au total de points obtenus par une équipe) du tour éliminatoire.

e.      La finale, jouée à une heure très tardive, dans la soirée de clôture du camp, a opposé les 2 équipes gagnantes dans les 2 demi-finales. 3 juges ont arbitré la finale. L’équipe A formée par Ricardine Célestin (GMO) et de Réginald Raymond-Fils (JAC) a battu l’équipe 3 avec Joël Lazard (CXR) et Jeanne Aurore Jupiter  (CAY) sous le score de 3-0.
   Ricardine Célestin du club de Gros Morne est sacrée meilleure débatteuse du premier tournoi Public forum avec équipe mixte. Une plaque de champion a été remise à chaque débatteur de l’équipe championne. Un certificat et de nombreuses primes ont été remis aux débatteurs des 2 équipes finalistes : des ouvrages donnés généreusement par le programme Bibliothèque de FOKAL, des kits d’apprentissage de l’anglais, des gadgets électroniques achetés par le coordonnateur. Un certificat et une prime spéciale ont été attribués à la meilleure débatteuse de ce tournoi.
   
Néanmoins, ce tournoi a été une excellente opération, plébiscitée par les débatteurs et les coaches qui l’ont expérimenté, au point que d’autres jeunes et animateurs ont souhaité que cette formule soit appliquée pour les tournois Karl Popper à venir. La question mérite d’être étudiée et la formule adaptée pour un tournoi Karl Popper dans un futur proche, vu que cela se fait déjà dans les compétitions internationales de débat.

5.3.Les sessions de formation
Deux (2) sessions de formation ont été organisées, la première a porté sur les formats de débat Karl Popper et Public forum, la deuxième session a été effectuée sur les premiers soins, premiers secours. 

a.       Une première session réalisée en 3 ateliers de 3 cours chacun, assurée par des animateurs (Gutenberg Destin, Ginia Alcimé, Claude Fenton, Ricardo Nicolas, Magalie Civil) avait pour objectif de renforcer et de mettre à jour certaines notions-clés du format Karl Popper pour les débatteurs. Jean-marie-Pierre et moi-même sommes également intervenus pour assurer chacun pendant une heure, un cours sur une notion de ce format.
b.       La deuxième intervention a été effectuée par Ted Hector, jeune médecin diplômé de l’UEH. Différentes notions ont été abordées (donner les premiers soins, soigner les blessures, gérer un  état de choc, les cas d’évanouissement, soigner les cas d’empoisonnement, de morsures, de piqures, transporter un blessé, faire des pansements, panser des plaies, arrêter une hémorragie, immobiliser une victime fracturée), illustrées par des démonstrations et des exercices pratiques.
   
6.     Les animations
Elles se décomposaient en 3 parties : le match d’exhibition, le feu de camp, et la fête de clôture.

6.1   Le match d’exhibition
Dès le premier jour de notre arrivée à la fondation Vincent, dans la soirée, deux équipes de six animateurs (Gutenberg, Ginia et Bengie d’un coté, Alex, Ricardo et Waldinde de l’autre) ont effectué un match d’exhibition de débat afin de montrer et de faire vivre aux débatteurs le déroulement du format Karl Popper, les bons comportements à avoir, les responsabilités des orateurs… Le sujet était le suivant : « L’université devrait être entièrement publique en Haïti ».
Après le match, le coordonnateur a entrepris de faire ressortir les points forts et les faiblesses des discours des débatteurs et de corriger les failles relevées dans le match. Ensuite, les jeunes ont pu réagir soit en posant directement des questions aux débatteurs sur leur discours ou en faisant des remarques sur le déroulement du match.

6.3  La fête de clôture

La fête a commencé fort tard, immédiatement après la finale du tournoi Karl Popper (il était presque minuit). Pendant que les juges délibéraient pour finaliser les résultats des finales des 2 tournois, les jeunes, parés de leurs meilleurs atours,  se sont donnés à cœur joie dans la bibliothèque de la fondation, convertie pour l’occasion en salle de fêtes.
Cette fête était divisée en 2 temps forts : un diner fastueux (buffet somptueux, desserts, du cidre pour les jeunes et du vin pour les animateurs) et le bal de clôture. Les jeunes comme les animateurs, se sont amusés jusqu’à 3h30 du matin, dansant, s’amusant. Un jeune s’est improvisé DJ pour assurer l’animation musicale.


7.     Les rencontres

Deux rencontres ont été effectuées avec les animateurs sur convocation du coordonnateur et une troisième entre les tous les participants et 2 des jeunes qui ont été au Youth Forum au Mexique.

-          La première réunion, effectuée dimanche soir 5 Aout, visait à communiquer le sujet-surprise pour le tournoi, à partager le problème avec eux l’incident survenu avec le club de BMC (cette équipe a menacé de ne plus débattre car ils contestaient à la décision du juge du match qui l’opposait à Camp-Perrin) et conjurer tout incident de ce genre à venir. Au cours de cette rencontre, d’autres problèmes ont été traités comme l’esprit de compétition qui est en train de polluer les objectifs du tournoi de débat, les zizanies entre animateurs. Les doléances et recommandations des animateurs ont été également partagées.

-          La deuxième rencontre, tenue lundi soir 6 Aout, avait pour objectif de traiter deux cas inédits de rébellion des débatteurs de BMC et de Christ-Roi (ils ont refusé de débattre et déclaré forfait dans le tournoi pour des raisons obscures). Cela a donné lieu à des échanges assez vifs entre les animateurs qui ont exigé des 4 animateurs concernés (Ginia, Ricardo, Bengie et Alfred) des explications sur leur responsabilité dans cette affaire qui a surpris tout le monde, et qui a occasionné bon nombre de commentaires durant le camp.

-          La troisième rencontre était consacrée, mardi 7 Aout dans la soirée, au témoignage de Fabiola Jean-Charles et de Mirlène Blanchard, deux de nos trois représentantes à la compétition internationale de débat à León, au Mexique (Sachernka était retenue à Port-au-Prince pour cause d’examens), sur l’expérience vécue là-bas. Elles ont parlé les formations qu’elles y ont reçues, des difficultés qu’elles avaient lors des débats (insuffisance de supports, rapidité de langage de certains débatteurs, sujets-surprise à préparer…), les recommandations des juges, les enseignements qu’elles ont tirés de cette riche expérience.

1.     L’excursion

8.1 Visite du centre historique de la ville du Cap-Haitien
L’après-midi du lundi 6 Aout  était consacré à la visite guidée du centre-ville du Cap. Douze jeunes du club de cette ville se sont proposés comme guides pour conduire à pied les participants, répartis en 7 groupes, à travers les rues de la ville. De 5h à 8h pm, ils ont eu l’occasion de découvrir la ville christophienne sous les explications de leurs hôtes du Cap.
  8.2   Visite de la citadelle Laferrière
La journée du mardi 7 Aout a été la grande tournée touristique avec un programme varié. Ce jour-là, tous les participant(e)s, portaient casquette et T-shirt estampillés avec le logo de FOKAL et une inscription sur le débat. Une douzaine de jeunes supplémentaires du club du Cap nous accompagnaient. Chaque jeune était muni d’un sachet-lunch contenant une bouteille d’eau, du jus, des biscuits et une figue-banane. A 7h30, après le petit déjeuner, nous nous sommes dirigés vers le village historique de Milot, à bord de nos 2 bus Service Plus.
   
Après que les formalités d’accès au site furent remplis (paiement des droits d’entrée, choix de 4 guides),  nous avons visité le palais Sans souci pendant une vingtaine de minutes, avant d’entreprendre l’épreuve de grimper durant 2 heures et 30 minutes, les pentes raides de la montagne du Bonnet-à-l’Evêque que coiffe la Citadelle Laferrière. La visite de la Citadelle a duré environ 2 heures de temps pendant laquelle, les jeunes divisés en 4 groupes suivaient religieusement les explications de leurs guides respectifs sur l’histoire de cet imposant monument, de ce patrimoine historique de l’humanité.
   La descente de la montagne s’est faite dans la bonne humeur, au son de la musique d’un rara local qui les a accompagnés jusqu’à mi-chemin de la route. Devant les ruines du Palais sans Souci, les jeunes se sont prêté à une séance de photos de groupe, puis nous sommes allés manger dans une école congréganiste de Milot où la Fondation Vincent nous a servi notre repas.

8.3 Visite de l’université Roi Henri Christophe à Limonade.
Vers les 5h de l’après-midi, nous nous sommes rendus à Limonade (à une trentaine de kilomètres du Cap), pour visiter l’université du roi Henri Christophe, don du gouvernement dominicain à Haïti. Après négociation avec les gardiens du site et quelques coups de fil au député du nord et du doyen de l’université publique du Cap, nous avons pu obtenir l’autorisation d’y entrer.
   Un des gardiens nous a fait visiter les bâtiments flambants neufs mais inoccupés, les installations sportives fonctionnelles mais non encore utilisées, des équipements disponibles mais pas encore servis, trois autobus neufs qui n’ont pas encore roulé depuis un an, un auditorium immense de 2000 places assises, vide. Un bijou architectural, construit sur plusieurs hectares, inauguré depuis plus d’un an et qui attend toujours d’être mis en service par l’État haïtien. En attendant, les bâtiments essaient de résister à l’usure du temps, mais les drapeaux qui flottent fièrement au vent sont déjà usés.

2.     Nouveautés
Cette année, nous avions avec nous dans le camp à la Fondation Vincent, Mirta Aguirre, une jeune femme d’origine argentine, mais travaillant en République dominicaine. Je l’avais rencontré au Youth Forum 2012 au Mexique, et elle était intéressée à participer à notre camp d’été pour pouvoir tirer les enseignements qui l’aideront à implanter le programme de débat en république voisine. Avec l’appui d’Open Society Foundations, elle a pu venir en Haïti, en autobus depuis la ville de Santiago, à 6 heures de route du Cap-Haïtien.
   Mirta a participé aux séances de formation sur le débat, a assisté aux matches dans les deux tournois, a été à toutes les excursions, et a même suivi, mais sans intervenir, le règlement des incidents survenus lors du tournoi Karl Popper. Elle a sympathisé avec des participants, questionné les animateurs sur leur travail et leur expérience dans le programme, discuté avec des jeunes sur leurs acquis et leurs attentes du débat.

Une autre innovation a été de remettre certains prix et cadeaux originaux aux débatteurs.
-          Remise d’une plaque de champion en verre à chaque débatteur de l’équipe championne du tournoi national de débat public forum.
-          Remise par FOKAL d’un Certificat au club de l’équipe championne débatteuse du tournoi national de débat Karl Popper.
-          Remise de cadeaux originaux (gadgets  électroniques, kits éducatifs) aux débatteurs finalistes des 2 tournois.

Merci à tous ceux et à toutes celles qui ont contribué à la réussite de ce camp.

Jean-Gérard Anis
Coordonnateur des programmes Initiative Jeunes
FOKAL - OSF Haïti
 

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