lundi 9 janvier 2017

Compte-rendu de la rencontre annuelle des animateurs du PIJ

I.                    Après les épreuves, les retrouvailles

Vingt animateurs, sept animatrices des 14 clubs de débat et un fervent collaborateur du Programme Initiative Jeunes de FOKAL se sont retrouvés, samedi 10 décembre 2016, dans les locaux de la fondation, pour leur rencontre annuelle traditionnelle. Cette rencontre a été importante pour eux après les épreuves difficiles qu’ont connues certains animateurs victimes de l’ouragan Matthew dans le sud, et d’autres dont leur club a eu des difficultés de fonctionnement à la suite de l’« affaire Massimadi », en octobre dernier.

La rencontre annuelle des animateurs a eu pour objectifs cette année de faire le bilan critique des activités du programme et du des clubs durant l’année, de partager expériences, recettes et bonnes pratiques qui contribuent au bon fonctionnement des clubs et à l’amélioration de la pratique du débat chez leurs jeunes membres, enfin de dégager ensemble les projets, les initiatives et les actions à entreprendre pour l’année suivante.
Le bilan de l’année 2016 est très satisfaisant, car les activités de débat dans les clubs sont en hausse avec l’organisation de plusieurs tournois locaux. L’initiative des clubs de Christ-Roi, de Darbonne et de Jérémie d’organiser des tournois interscolaires a le vent en poupe au point que d’autres clubs du réseau envisagent d’organiser le leur en 2017. Le tournoi de débat mixte (les jeunes de différents clubs sont mélangés pour former des équipes) au camp d’été est plébiscité par tous les animateurs et animatrices.

II.                  Des résolutions aux défis

Deux résolutions ont émergé des discussions qu’il y a eu au cours de la rencontre. Premièrement, l’opportunité de d’utiliser les anciens débatteurs du club comme tuteurs pour les débatteurs actuels du club lors de la préparation des tournois, comme coaches pour seconder les animateurs dans les formations au débat. Deuxièmement, la nécessité de faire connaitre davantage le programme de débat et le travail des clubs dans les communautés en invitant parents, journalistes, enseignants, d’autres jeunes… dans leurs activités.
Certains clubs ont déjà initié le mouvement. Christ-Roi et Jacmel ont pris l’habitude, durant l’année 2016, d’inviter à des réunions hebdomadaires les parents pour l’un, journalistes et parents pour l’autre. Le Cap a démarré récemment cette initiative après son titre de Champion national de débat cet été. Cela a eu pour effet de mettre les parents en confiance par rapport à leurs filles évoluant dans le club, et de faire connaitre l’activité de débat dans la communauté à travers les médias.

D’autres animateurs font déjà un usage régulier des compétences et expériences au débat d’anciens débatteurs qui restent toujours attachés à leur club. C’est le cas de BMC, de Martissant, de Christ-Roi, de Cote-plage, de Darbonne. Les anciens débatteurs sont utilisés soit comme juges après avoir été formés par le coordonnateur du  PIJ, soit comme coaches pour former au débat des équipes d’élèves d’écoles engagées dans les tournois interscolaires, soit comme tuteurs qui guident les nouveaux débatteurs dans les clubs. C’est une tendance qui probablement se transformera bientôt en mouvement de fond dans le réseau.
Le coordonnateur a déploré la faible pénétration des clubs de débat dans les communautés où ils sont implantés, parce que peu de gens savent qu’ils existent, l’effectif de beaucoup d’entre eux est en deçà de ce qu’attend FOKAL. C’est malheureux que davantage de jeunes ne profitent pas des apports et des bénéfices du programme de débat. Les animateurs ont manifesté la volonté de corriger la situation.

Affaire à suivre…

III.                Les  valeurs qu’incarnent FOKAL et le programme de débat

FOKAL a voulu tester les animateurs sur les valeurs que la fondation promeut, celles qu’elle défend et celles qu’elles veulent transmettre aux jeunes dont ils/elles ont la charge dans les clubs. 25 animateurs sur 27 présents (2 étaient arrivés en retard après cette partie) ont répondu au questionnaire.
Des 24 valeurs sur lesquelles la fondation met l’accent dans sa mission, 80% des participant-es (soit 20 sur 25) considèrent que la démocratie est la valeur que FOKAL incarne le plus. Suivent dans l’ordre la liberté d’expression puis la tolérance. (Résultat dans le tableau ci-dessous).

Valeurs
TOTAL
Valeurs
TOTAL
Valeurs
TOTAL
Démocratie
20
Responsabilité
8
Autonomie
6
Citoyenneté responsable
14
Liberté d’expression
19
Protection de l’environnement
13
Tolérance
18
Honnêteté/Intégrité
8
Leadership
17
Esprit critique
17
Respect
13
Dignité
5
Transparence
7
Ouverture
10
Etat de droit
13
Justice et équité
7
Créativité
15
Espace public
12
Emancipation
17
Identité
5
Bien commun
5
Mixité
10
Impartialité
4
Mémoire
11

Légende :              Top score                           score # 2                          score # 3                          + faible score


La liberté d’expression est la valeur que le programme de débat incarne le plus pour 96% d’entre eux (soit 24 sur 25). Suivent dans l’ordre la tolérance, ex aequo l’esprit critique et la tolérance, puis le leadership. (Résultat dans le tableau de la page suivante).

Valeurs
TOTAL
Valeurs
TOTAL
Valeurs
TOTAL
Démocratie
20
Responsabilité
11
Autonomie
12
Citoyenneté responsable
15
Liberté d’expression
24
Protection de l’environnement
2
Tolérance
23
Honnêteté/Intégrité
11
Leadership
20
Esprit critique
23
Respect
17
Dignité
2
Transparence
0
Ouverture
15
Etat de droit
15
Justice et équité
4
Créativité
11
Espace public
5
Emancipation
16
Identité
3
Bien commun
2
Mixité
11
Impartialité
5
Mémoire
5

80% d’entre eux (soit 20 sur 25) croient que le leadership est la valeur qui est à même de transformer les jeunes dans leurs clubs de débat. Suivent dans l’ordre la responsabilité puis la citoyenneté responsable et la créativité ex aequo. (Résultat dans le tableau ci-dessous).

Valeurs
TOTAL
Valeurs
TOTAL
Valeurs
TOTAL
Démocratie
14
Responsabilité
19
Autonomie
16
Citoyenneté responsable
18
Liberté d’expression
15
Protection de l’environnement
9
Tolérance
17
Honnêteté/Intégrité
15
Leadership
20
Esprit critique
17
Respect
12
Dignité
8
Transparence
8
Ouverture
14
Etat de droit
10
Justice et équité
9
Créativité
18
Espace public
6
Emancipation
17
Identité
6
Bien commun
5
Mixité
10
Impartialité
10
Mémoire
11

IV.               Transmission des valeurs aux jeunes : le challenge des animateurs

Quatre groupes, composés de 7 participants au mieux, ont été créés pour effectuer 3 exercices sur la manière de transmettre les valeurs aux jeunes dans leurs clubs. Leur travail consistait à :
1) choisir 3 valeurs parmi celles qui, selon eux, incarne le programme de débat, à transmettre aux jeunes au cours de leurs activités dans leur club en 2017. La citoyenneté responsable, l’esprit critique, l’autonomie et le leadership sont les valeurs qui ont été les plus citées, et qu’ils aimeraient transmettre aux jeunes de leurs clubs ;


2) sélectionner par consensus une valeur parmi celles choisies dans la question précédente et trouver dans la vie courante un exemple qui illustre le plus cette valeur selon eux,  et le représenter sous la forme d’un dessin collectif.
Bettina Perono (Jacmel)
Deux des 4 groupes ont choisi la citoyenneté responsable qu’incarne parfaitement, selon un des groupes, l’écrivaine et intellectuelle haïtienne Odette Roy Fombrun, fondatrice de l’organisation à but non lucratif Fondation Odette Roy Fombrun pour l'éducation (FORF), dont l'objectif de la FORF est d'œuvrer à la promotion de l'éducation et à la formation de la jeunesse.


Deux autres groupes ont préféré l’esprit critique, que symbolise, pour l’un, Rosa Parks, activiste américaine à l’origine de la lutte des Noirs pour les droits civiques, et qui a remis en cause le système de ségrégation raciale dans le sud des Etats-Unis ; pour l’autre groupe, cette valeur favorise la remise en cause permanente de la vérité ;
Wedly Mozeau (BMC)
3) sélectionner une valeur et proposer un moyen de le mettre en œuvre dans un club. Un groupe  choisit la créativité qui donne aux jeunes davantage de confiance en eux ; 2 autres groupes proposent l’autonomie en mettant les jeunes en situation de conduire leurs propres recherches documentaires, en leur apprenant à analyser et critiquer une information ; le dernier groupe mise sur le leadership, en confiant aux jeunes des taches de responsabilité dans le club, en leur faisant participer aux prises de décisions, au processus de recrutement de nouveaux membres.

V.                 Renforcer les capacités de travail des animateurs

Quatre catégories ont été soumises en test aux animateurs répartis en 4 groupes. Chaque groupe avait chacun à réfléchir à l’une des 4 catégories liées à cette question : Quelles sont les initiatives concrètes que le PIJ ou les clubs devraient prendre  en 2017: 
J-G Anis et Max Gregory Saint-Fleur (Darbonne)
1) pour supporter la pratique du débat dans les clubs. Comme initiative nouvelle à démarrer, le groupe 1 propose trois qui sont les suivantes :

a. d’impliquer les clubs dans les affaires de la communauté. Cela consisterait à identifier un problème dans la communauté, à le débattre sur la place publique ;
b. de se tourner vers les médias  pour partager l’exercice du débat;
c. de casser la routine dans le club.

Comme initiative à continuer, ce groupe veut toujours des équipes mixtes dans les camps d’été, la formation des animateurs et des juges, qu’on implique les jeunes du club dans le recrutement de nouveaux membres, qu’on promeut la diffusion du livre « Paroles de Jeunes ».
Jonathan Vilmeus (Gros Morne)
2) pour améliorer l’organisation du camp d’été et des tournois régionaux. Comme initiative à démarrer, le groupe 2 a suggéré :

a. d’y introduire des modules de formation pouvant donner des compétences pratiques aux jeunes (formation sur l’artisanat, sur la protection de l’environnement, le secourisme) ;
b. de permettre à toutes les équipes de se rencontrer dans les tournois régionaux (chaque équipe de club jouant 13 matches au total) ;
c. d’associer les animateurs dans le choix du lieu (ville, département) d’organisation du camp d’été ;
d. que les camps d’été se font sur des thématiques ayant lien avec la région où se déroule le camp.

Comme initiative à continuer, le tournoi mixte au camp d’été, la soirée culturelle (les prestations devraient être préparées à l’avance, avant même le camp).
Waldinde Germain (Jérémie)
3) pour accompagner les animateurs. Ce groupe de travail a proposé :

a. de soutenir les animateurs en termes de formation par exemple sur les techniques de prise de notes, de conduite de réunion, d’animation, de recherche documentaire ;
b. de valoriser les compétences des animateurs en leur délivrant un certificat, en leur confiant des missions de formation  sur le débat dans le pays;
c. d’organiser une retraite de 2 jours pour les animateurs et non seulement une réunion pour aborder les sujets en profondeur, pour des formations de mise à niveau ou d’acquisition de nouvelles compétences
Alfred Désir (Christ-Roi)
4) pour faciliter la communication et le partage dans le réseau. Ce dernier groupe a conseillé :

a. de rétablir le CUG pour tous les animateurs adjoints (ou d’utiliser le plan À nous Deux de Digicel) ;
b. d’organiser un camp pour les animateurs ;
c. que les animateurs encouragent les jeunes à s’inscrire au blog ; 
d. que les clubs rédigent, communiquent et partagent plus souvent leurs rapports d’activités sur le blog.

Enfin, Brunel François, du club de Diquini, a insisté qu’il y ait un monitoring des différents points discutés dans la rencontre des animateurs. Il aimerait qu’on soit capable de suivre à la lettre les progrès réalisés autour de ces points.

VI.               Echange de bons procédés

Une partie de la rencontre a été consacrée à un échange de bons procédés entre animateurs-trices sur la manière de conduire le club et d’organiser les réunions hebdomadaires. Sept d’entre eux ont partagé les bonnes pratiques qu’ils ont mises en œuvre dans leur club qui ont permis d’améliorer ou de renforcer le fonctionnement de leur club.
Gutenberg Destin (Cote-Plage)
Ricardo Nicolas, du club de BMC a utilisé des exercices de mise pour mettre à l’aise les jeunes (la rime qui consiste à rimer la dernière syllabe de son nom en se présentant). Reginald Raymond-Fils, du club de Jacmel a expliqué que sa collège et lui procèdent à une consultation tous les trimestres des jeunes du club, avec des fiches de dialogue, pour dresser leurs motifs de mécontentement des jeunes et les corriger éventuellement.

Waldinde Germain de Jérémie a organisé diverses activités pour dynamiser le club telles qu’un tournoi bicéphale entre membres du club, répartis dans des équipes de jeunes de même école. Darbonne, ainsi que Martissant et Cote-plage, organise une fête de fin d’année (qui clôt habituellement le tournoi du club), moment de relaxation et de retrouvailles, et de témoignage des anciens et nouveaux membres.

Alendy Almozor (Cap-Haïtien)
Christ-Roi s’engage de plus en plus dans l’organisation de tournois interscolaires et élargit la base des écoles participant à ce tournoi. A chaque réunion hebdomadaire, le club de Gros Morne explore le speaker corner durant lequel un jeune parle d’un sujet durant 5 minutes. Gutenberg Destin de Cote-Plage a institué des formations ponctuelles incluant plusieurs clubs, des visites dans d’autres clubs histoire de créer des liens entre les jeunes, et une fête de fin d’année où jeunes et parents sont invités.

Alendy Almozor et Edwin Pierre-Louis du Cap investissent avec leurs jeunes les activités de la ville, donnant ainsi une visibilité au club, et encouragent leur initiative afin qu’ils contribuent au fonctionnement du club. Un tournoi individuel, une formule de débat à 1 contre 1 a été l’une de leurs initiatives (lire l’article concernant ce tournoi sur le blog).
Jennyfer Desrosiers (Martissant)

VII.             Les chantiers pour 2017

1. L’introduction d’un nouveau format de débat dans le programme : le World School Debating. C’est le format à la mode et systématiquement utilisé dans toutes les compétitions internationales de débat depuis 2014. Si nous voulons participer à ces tournois auxquels on invite toujours FOKAL, il est nécessaire que nous formons les coaches et les jeunes à ce nouveau format. Dès cette année, nous allons l’y introduire progressivement dans le programme.

2. Le choix de la thématique des débats pour 2017. Chaque club pourra proposer 3 thématiques. Celle qui récoltera le plus de nominations sera adoptée cette année, et inspirera toutes les résolutions des tournois à venir.
Alex Sylné (Camp-Perrin)
3. Le projet de consultation en ligne de l’impact du débat sur les anciens bénéficiaires. Cette année, le PIJ va lancer à destination de tous les anciens bénéficiaires de son programme de débat, pour savoir ce qu’ils/elles sont devenus, ce qu’ils/elles ont hérité du programme, évaluer ce qui a été déjà fait, savoir quoi corriger à présent. Cette consultation pourrait conduire à une optimisation du programme, ou encore, à sa révision pour coller au mieux au souhait des bénéficiaires.

4. Le projet de débat en ligne. Afin de d’offrir aux jeunes d’autres espaces de débat autre que les tournois, le PIJ va lancer via notre groupe Facebook des débats en ligne sur des sujets sociaux qui concernent la jeunesse, suivant un format, des règles et des conditions préalablement établies.

5. Le suivi du Livre blanc. Des mini-événements, des actions seront organisés par les clubs, de concert avec la coordination du programme, pour sensibiliser les gens dans leurs communautés sur les thématiques traitées par les jeunes dans le livre « Paroles de Jeunes ».

CONCLUSION

La rencontre s’est achevée, tard dans l’après-midi, par un partage de gâteau et de champagne, en présence de la directrices des programmes de FOKAL, Elizabeth Pierre-Louis AUGUSTIN, pour clore ensemble en beauté la célébration annuelle des 20 ans d’anniversaire du programme de débat.
Les animateurs-trices des clubs de débat du PIJ
vous souhaitent une bonne et heureuse année 2017


Jean-Gérard Anis
Coordonnateur du Programme Initiative Jeunes
FOKAL – OSF Haiti

9 Janvier 2017

jeudi 5 janvier 2017

BONNE ANNÉE A TOUS!

À tous Jeunes de la communauté des débatteurs,

À tous les Animateurs et Animatrices des 14 clubs de débat du réseau de FOKAL,

À tous mes Collaborateurs et Collaboratrices du Programme Initiative Jeunes,

À tous les Supporteurs-trices et Passionné(e)s de débat, qui nous suivent dans nos activités et sur le blog et notre page facebook,

Je souhaite une Bonne et Heureuse année 2017. Succès continu, Paix durable et Joie de vivre !

Que la Force…des arguments soit avec vous !


Jean-Gérard ANIS
Coordonnateur du programme Initiative Jeunes

FOKAL

vendredi 16 décembre 2016

Jacmel : du dialogue au jeu

La rentrée académique de septembre 2016 a marqué la reprise des activités du club de débat de FOKAL à Jacmel. La grande réunion de lancement qui s’est tenue le samedi 10 septembre 2016. Les animateurs y ont mis à discussion leurs propositions pour l’année et recueilli ceux des jeunes : Un premier canevas prévisionnel de formation et d’exercices de débat, quelques projections de films thématiques, de sorties éducatives. L’enthousiasme de départ est, cependant, réduite à la participation dissipée. Les présences aux réunions se sont espacées de telle sorte que les exercices pratiques ont été reportés à plusieurs reprises.

Le dialogue pour se relever

Pourtant, c’était déjà le moment d’intégrer de nouveaux jeunes dans le club. Les activités prévues dans ce cadre, matchs d’exhibition et invitation dans les écoles, ont du être ajournés sur quelques semaines. L’ambiance avait besoin d’être redynamisée au préalable, pour que cette nouvelle campagne de recrutement soit pleinement réussie. Mais comment rallier les troupes ?

 Les animateurs du club de Jacmel, Bettina Pérono et Reginald Raymond-Fils ont eu recours à leur principal outil de dialogue pour remédier à la situation. Mais auparavant, la fiche de dialogue a été réadaptée à la situation. Les jeunes, ont été appelés à s’exprimer librement et le plus honnêtement possible. Toutes les réponses ont relevé un manque d’implication et de motivation chez les jeunes. La plupart souhaitaient plus de loisirs. La plus grande difficulté à laquelle ils ont tous dit se confronter dans la préparation des matchs a été de trouver et d’utiliser les supports.

Grâce aux fiches de dialogue, les animateurs du club Bettina Pérono et Réginald Raymond Fils ont alors revisité leurs méthodes de coaching, en vue d’améliorer la participation des jeunes jacméliens dans le club, ainsi que leurs performances de débateurs. La solution devait autant faire appel à la rigueur de l’esprit du débat qu’au besoin de loisirs des  jeunes. Les stratégies de l’année précédente avaient, pourtant, été payantes : arrivé en demi-finale au tournoi national, le club de Jacmel a eu des performances remarquables. 

Quant aux loisirs, films, soirées dansantes et prestations culturelles, les jeunes en avaient eu pour leur compte entre les multiples exercices et tournois de débats. Mais l’évidence venait de changer de cap : Il est vrai que débattre, c’est apprendre en s’amusant ; l’animateur risque, cependant, d’être le seul à le comprendre, s’il n’arrive pas à sans cesse réinventer les méthodes de coaching afin d’en convaincre les jeunes, qui, de leur coté, ont souvent tendance à prioriser les loisirs sur l’apprentissage.

Il fallait donc encore évoluer.  Maintenant, dans quelle direction ?

Le gout du jeu

C’est de la page 124 du guide pédagogique de débat de FOKAL qu’émergea la piste la plus adaptée à la situation : un jeu de rôle racontant les circonstances de l’assassinat d’une jeune femme, et où il revient de déterminer dans son entourage qui est le plus responsable de sa mort de son décès. Les désignés : son mari absent, son amant qui refuse de l’aider, son ami qui en fait de même, un passeur qui lui exige des frais qu’elle n’a pas en échange de ses services, et un fou qui finalement la tue plutôt que de la laisser traverser un pont pour rentrer chez elle. Le match devait se dérouler comme dans un tribunal. Les débatteurs, des avocats. La résolution remplacée par la responsabilité ou non de leur client.

Dans un premier temps, les jeunes ont du déterminer par ordre croissant, et selon leur point de vue personnel,  le niveau de responsabilité des protagonistes dans le décès de la femme. Parmi les protagonistes qui ont récolté le plus de voix après le meurtrier direct, c’est à dire le fou, seraient les premiers les clients des équipes.

Le mari et l’amant remportèrent la palme avec respectivement 23 et 18 points, après le fou (27 points). La première résolution retenue était donc : L’amant est le plus responsable de la mort de la femme. Et l’accusation étaient portée par les avocats du mari, de l’équipe affirmative, Brunet BLAISE (1A) et Claudia PETIT JEAN (2A), Gregory JEUDY (3A). La défense étaient assurée par Marcorel NOEL (1N), Annizabelle SANON (2N), Querline BERNADEAU (3N). En guise de jury, les animateurs  Bettina Pérono et Réginald Raymond Fils prenaient note.

Les règles 

Le plaidoyer des avocats devaient reprendre la structure argumentative Karl Popper et témoigner d’un respect mutuel, les avocats devaient eux-mêmes réunir les éléments de leur plaidoyer ; pour le reste ils avaient carte blanche. Le premier match s’est tenu le dimanche 16 octobre .Les jeunes se sont laissé prendre au jeu. Leur premier tour : nommer le mari comme leur animateur Réginald, et l’amant comme un des débatteurs affirmatifs, Brunet, dans l’intention maligne de le porter à s’accuser lui-même.  

Le débat

Argument de l’équipe affirmative :

Déclaration : L’amant est le principal responsable de la mort de la femme, parce que son refus de l’aider  a un impact psychologique déterminant sur elle.  
Explication : La femme a traversé la rive pour rejoindre son amant. Face à l’attitude irresponsable de ce dernier, elle se retrouve dupée, humiliée, désespérée. D’autant plus que l’amant n’a même pas daigné fournir une explication sur les raisons de son refus à la femme, ce qui implique qu’il ne voulait tout simplement pas l’aider.
Support : N/A
Conclusion : Son refus de l’aider cause  ainsi son geste désespéré de se livrer à une mort certaine.

Réfutation par l’équipe négative : L’amant n’a pas poussé la femme vers la mort, au contraire c’est lui qui a souffert quand elle a décidé de l’abandonner. Pourquoi devait-il aider la femme à le quitter?

Argument de l’équipe négative :

Déclaration : L’amant n’est pas le principal responsable de la mort de la femme, parce qu’il est dépassé par les événements.
Explication : C’est la femme qui a commencé leur relation en décidant de se laisser séduire. Elle est venue le trouver chez lui, pour ensuite l’abandonner. La femme avait le choix : elle aurait pu rester. Mais elle a choisi de partir, en lui brisant le cœur.
Support : N/A
Conclusion : L’amant est désespéré que la femme préfère risquer sa vie pour retrouver une autre personne qui la néglige. 

Réfutation par l’équipe affirmative : L’amant vient de passer la nuit avec la femme, c’est une preuve de l’amour qu’elle lui porte. Il n’est donc pas déstabilisé, mais confiant dans sa prédominance affective lorsqu’il prend la décision de ne pas l’aider. Leur relation est illégitime, l’amant est irresponsable parce qu’il ne considère pas les risques que la femme prend ainsi pour lui. C’est lui qui abandonne la femme, car il la délaisse face à la difficulté.  

Reconstruction  de l’argument affirmatif:
Rappel de la déclaration : L’amant est le principal responsable de la mort de la femme, parce que son refus de l’aider  a un impact psychologique déterminant sur elle.   
Support : Selon le psychologue, Sigmund Freud, un traumatisme peut provoquer un désespoir extrême.
Explication: Et c’est ce qui est arrivé à la femme. Ce désespoir l’a poussée à pratiquement à se suicider en acceptant finalement d’affronter le fou, en sachant que celui- ci allait la tuer.
Conclusion : L’amant est donc le principal responsable de la mort de la femme, parce qu’il savait aussi qu’il la condamnait en lui refusant son aide. Il a ainsi fait preuve d’une négligence criminelle.

Réfutation de la reconstruction par l’équipe négative : Premièrement, si la femme était tout simplement restée avec son amant, elle ne serait pas morte. Deuxièmement, si elle décide quand même de partir, l’amant n’est pas garant de sa sécurité. C’est elle qui préfère le quitter et  risquer sa vie pour un mari qui la néglige. 

Reconstruction de l’argument négatif :
Rappel de la déclaration : L’amant n’est pas le principal responsable de la mort de la femme, parce qu’il est dépassé par les événements.
Explication : L’amant n’est ni le seul ni le premier à qui la femme s’adresse, il y a aussi le passeur, l’ami de longue date, et ils ont tous deux refusé de l’aider. Et puis, l’amant avait peut-être honte de ne pas avoir d’argent à lui donner pour le passeur. Qu’est ce que l’amant aurait du faire ? Risquer sa vie inutilement pour sauver celle d’une femme qui est en train de le quitter ?
Support : N/A
Conclusion : La femme infidèle est seule responsable de ses actes. Elle décide de se laisser séduire. Elle rejoint son amant en l’absence de son mari. Elle quitte son amant pour rentrer en pleine nuit avant l’arrivée de son mari, en refusant de rester, même pas pour sa sécurité.

Les contre-interrogatoires étaient passionnants. Parmi les questions et réponses les plus intéressantes, celles-ci ont retenu l’attention des animateurs :

Question (3N au 1A) : N’est-ce pas la femme qui s’est laissée séduire ? 
Réponse (1A au 3N) Sans amant, il n’y a pas d’infidélité.

Question (1N au 2A) Le retour de la femme vers son mari signifie t-il forcement qu’elle le préfère à l’amant ?
Réponse (2Aau 1N) : Pas forcément, mais elle a épousé cet homme devant la loi, et la loi interdit l’infidélité. Elle risque la prison ou même la mort si elle se fait prendre. 

Juste un jeu

Pas de décision du jury pour cette fois, c’était par contre prévu pour le prochain match où les équipes devraient inverser leurs rôles, devant d’autres jeunes et potentiels nouveaux membres du club,  ainsi que leurs parents.

Les animateurs du club de Jacmel ont quand même souligné le manque de support aux arguments et ont promis d’y revenir dans leurs prochaines séances de formation. Le constat le plus important à faire, selon eux, était l’attitude des débatteurs et débatteuses : Les jeunes se sont lâchés, s’amusant à s’envoyer des piques taquines dans leurs discours, mais ils sont restés en alerte au discours adverse pour l’attaquer plus tard et de front. Et parce qu’ils ne pensaient qu’à jouer, le rire des autres et de soi-même avait remplacé  la crispation dans le discours causée habituellement par le stress.

Cette compétition positive et plaisante est justement l’ambiance requise au débat, leur ont fait remarqué Bettina Pérono et Réginald Raymond Fils, ravis de pouvoir également se le rappeler : dans ce programme éducatif, débattre est, avant tout, un jeu.

Bettina PERONO & Réginald Raymond-Fils
Animateurs du club de débat de Jacmel

Lundi 16 décembre 2016,

vendredi 9 décembre 2016

Les jeunes de Darbonne et la problématique du sida

À Darbonne, les jeunes du club réfléchissent
sur la problématique du Sida

Le 1er décembre est consacré à la célébration de la journée mondiale de la lutte contre le sida. Dans plusieurs pays et particulièrement en Haïti, des nombreuses activités sont réalisées sur cette pandémie qui, selon le rapport d’ONUSIDA de 2014, près de 36,9 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde. Ce qui est le plus inquiétant, c’est que durant cette même année, selon ce même rapport, environ 2 millions de personnes ont été nouvellement infectées, soit 5600 nouvelles infections par jour dont un tiers concerne des jeunes de 15 à 24 ans.


C’est dans ce contexte particulier que les jeunes du club de débat de Darbonne ont été invités à réfléchir ce vendredi 2 décembre 2016 sur cette problématique. Dans la salle de lecture de la bibliothèque Rasin Lespwa, plus d’une trentaine de jeunes du club et autres invités sont réunis. Mais c’est Merline Somerville, ancienne débatteuse du club, qui tenait les commandes. Elle vient, il y a quelques semaines de participer à un séminaire sur le leadership des jeunes filles avec l’ambassade américaine et un module sur la sexualité des jeunes a été développé.
Après une petite mise en contexte de l’un des animateurs, Merline a introduit la séance avec un survol historique sur le sida depuis l’apparition du virus au début des années 80 aux USA et son parcours jusqu'à nous en Haïti. Elle s’ensuit avec cette question adressée aux participants : Quelle différence faite vous entre le VIH et le sida ? Plusieurs réponses sont venues du public, mais on retiendra que le VIH est le virus responsable du sida, tandis que le sida est le stade déclaré de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine. A ce stade la personne atteinte du virus, les signes et symptômes de la maladie commencent déjà à apparaitre.
En ce qui attrait aux modes de propagation de cette pandémie, Merline a expliqué aux jeunes qu’il y a plusieurs moyens de contracter le virus. D’abord, 90 % des cas sont dûs aux rapports sexuels non protégés ; ensuite il y a le contact sanguin. Une femme enceinte portant le virus peut aussi infecter son enfant si elle n’est pas prise en charge par un médecin durant la période de grossesse.
Pourquoi ce sont les femmes et surtout les jeunes qui représentent la catégorie la plus touchée pour le sida dans le monde ? Cette question qui allait susciter beaucoup plus de débat au milieu des participants. Ginette croit que le niveau économique précaire des femmes et de filles n’est pas sans conséquence dans la propagation de ce fléau. Comment imaginer qu’une jeune fille de 16 ans, pour subvenir à ses besoins et parfois aussi ceux de sa famille, soit obligée de livrer son corps  ajoute elle la peine dans l’âme.
Pour Donley et Landie, la famille et l’école ont leur part de responsabilité. Pas de cours d’éducation sexuelle dans les écoles. Que dire des parents qui refusent d’aborder ce sujet tabou avec leurs enfants ?
En guise de propositions, Merline a exhorté les jeunes à pratiquer l’abstinence qui selon elle, est le moyen le plus efficace pour se protéger contre les MST et les grossesses précoces non désirées, afin de ne pas hypothéquer leur avenir. On est jeune, l’avenir nous appartient, on aura tout notre temps, a-t-elle conseillé à ce public de jeunes très attentif à son message. Sinon, elle  les encourage à utiliser un préservatif.
Il faut rappeler que la journée mondiale de la lutte contre le sida a été célébrée cette année autour du thème : Levons la main pour la prévention du sida !

Max Grégory SAINT FLEUR
Animateur du club de Darbonne   

mardi 15 novembre 2016

Le club de débat de la BMC se porte bien!

Le club de débat de la BMC a entrepris toute une série d’activités dans le cadre de sa programmation trimestrielle pour la fin de l'année 2016. Des activités hebdomadaires interrompues momentanément par l’affaire Masimadi. Le club reprend pour le moment son fonctionnement habituel avec une programmation riche et axée sur des activités-phares comme des formations et des rencontres avec des ressources extérieures au club.

Les activités du club

Suite aux recrutements de jeunes dans le club, au niveau des directions d’écoles secondaires dans la périphérie de FOKAL, le club a organisé le samedi 17 septembre 2016, une journée d'intégration dans l’objectif d'accueillir et d’informer les nouveaux adhérents sur la mission du club et du programme de débat de la FOKAL en général. Au cours de cette séance les animateurs du club ont entretenu le public sur l'actualité et les fondements du programme, au regard des  propos de Michèle D. Pierre- Louis (Présidente de FOKAL) contenus dans le guide pédagogique des débats. Une cinquantaine d'élèves et étudiants ont pris part à la journée. Cette rencontre a été aussi l'opportunité pour certains débatteurs expérimentés de témoigner des quelques habiletés que ce programme a su leur conférer au long de carrière de débatteurs.

Tout a été fait pour rendre le club attrayant à ces nouveaux inscrits, des 2 sexes, une formation sur le leadership a été même réalisée le samedi suivant par un ancien membre du club, aujourd’hui formateur national en leadership au bénéfice d’une trentaine d’entre eux,  dans la limite des places disponibles.

Il s’appelle Wilkenson CESAR. Il est CEO du NDD (New Direction for Developpement), structure organisationnelle qu’il a montée avec d’autres professionnelles du leadership. Plus d’une décade s’est écoulé depuis son dernier tournoi national aux côtés de ses quelques coéquipiers du club. Voilà qu’il revient 10 ans plus tard offrir ses compétences en leadership à un public qui lui rappelle énormément ses années sur les bancs de ce club, comme il se plaît à le dire. Sa formation étant axée sur la nécessité pour les animateurs d’opter pour un leadership permettant l'émergence de nouveaux leaders au niveau du club, cultivant le sens de responsabilité et la tolérance. Le formateur en a, entre autres profité, pour rappeler le devoir des animateurs-trices et débatteur-ses d’aller vers l’autonomie. Comprenant que  la mission des animateurs étant la transmission aux jeunes de compétences non apprises à l'école.

A cet effet, il faut souligner le formidable exemple de leadership du comité de facilitation du club, présidé par le débatteur Evens Adonis. Ce comité est d’une aide précieuse sur plusieurs points comme l'installation de la logistique en vue des rencontres, l'élaboration du calendrier trimestriel, la mobilisation des jeunes et la disponibilité des membres de ce comité pour les jeunes les moins expérimentés.

L’affaire Masimadi

A cause de menaces proférées à l’encontre de la FOKAL, le club de débat de la BMC, ainsi que tout le centre culturel, ont dû surseoir leurs activités ouvertes au public. Le club, étant hébergé directement dans les locaux de fondation, a été fortement impacté par de telles menaces dans la mesure où les activités n’ont pu être reprises que vers la fin du mois d’octobre à la réouverture du centre culturel au public. Le club étant un lieu par excellence de tolérance, l’affaire Masimadi a été une occasion pour le club de réaffirmer et de redoubler d’efforts pour souligner les idéaux de tolérance, de respect des points de vue de l’autre et la nécessité de vivre ensemble, malgré nos différends et différences

Le club a pu reprendre ses activités le samedi 29 octobre par un match d'exhibition proposé par d’anciens débatteurs. Le but de cet exercice a été de montrer en exemple aux nouveaux adhérents comment se déroule un match de débat dans la pratique, dans le format Karl Popper. Le match s’est joué autour de l'énoncé : “Medya ayisyen yo ta dwe sispann difize imaj vyolans nan manifestasyon yo”. Ce match de débat répondait à un double objectif : introduire les nouveaux adhérents au format Karl Popper, mais aussi décomplexer les jeunes au débat en faisant jouer le match en créole, une initiative de la coordination du programme. Les clubs sont donc des espaces bilingues, ce qui élimine la barrière linguistique que pourrait être le français pour certain-es.

Le samedi 5 novembre, c’était le tour du responsable du cybercafé de la FOKAL, Yves Osner Dorvil, d'animer une énième formation sur la recherche documentaire via le web. En effet, ce n’est pas la première fois que le club de débat bénéficie des compétences de l’informaticien qui a pris plaisir à entretenir les jeunes du club sur les techniques de recherche documentaire via internet. Cette formation se relève l’un des piliers essentiels pour le club. Être capable de mener une recherche documentaire sans assistance est l’une des compétences prioritaires que le club s’est fixé de transmettre à ses jeunes. Un débatteur est par-dessus tout celui qui sait trouver et mobiliser les informations sur un sujet donné, compétence qui lui est indispensable pour réussir un débat.

Les piliers du club de débat de la BMC

Le club de débat de la BMC travaille sur plusieurs axes prioritaires de transmission, entre autres : la prise de parole en public, la capacité de mener des recherches documentaires sans assistance, la prise de note, la culture générale et les compétences liées à la lecture.

Un débatteur est avant toute chose un artisan de la parole. Nous mettons donc un point d’honneur chaque fois que l’occasion se présente de revenir sur les techniques de prise de parole en public, la gestion du trac et la communication non-verbale. Certains débatteurs ont souvent témoigné des avancées spectaculaires qu’ils ont pu faire en la matière. Il faudrait peut-être parodier Boileau sur la question : “Le vers le mieux rempli, la plus noble pensée ne peut plaire à l’esprit quand l’oreille est blessée”. Dans cette optique, chaque session commence par un exercice de prise de parole en public (comme le balloon debate) et/ou de gestion de trac. Ce qui a aussi pour objectif de favoriser une meilleure participation de tout un chacun lors des rencontres.

Puisque savoir parler ne suffit pas, d’autres activités favorisent l’assimilation de compétences comme les ateliers de lecture organisés à plusieurs reprises au cours des activités trimestrielles visant à favoriser de meilleures aptitudes en lecture et de rapport au texte. Aussi une activité baptisée “Les actualités de la semaines”  est obligatoirement présentée à chaque rencontre par un débatteur différent. L'idée est d’inciter les jeunes à être à l'écoute du monde et de ce qui se passe dans leur communauté. Cela vise aussi à aider le débatteur à se forger une culture générale indispensable lors d’un match de débat.

Les Perspectives

Dans le souci de promouvoir la culture de la tolérance, le club de débat organise à l’occasion de la journée internationale de la tolérance, en partenariat avec la Bibliothèque Monique Calixte, une projection-débat autour de la tolérance. Une causerie sera animée par Jean-Marie Pierre autour de l’inestimable nécessité de la tolérance. Cette activité sera ouverte au public et mettra en exergue toute une littérature sur la question par des textes disponibles à la bibliothèque.

D’autres activités sont prévues jusqu'à la fin de l'année, entre autres un tournoi-caravane qui sera organisé dans les locaux de plusieurs écoles des environs du club. En attendant de plus amples informations sur le tournoi, il reste à surveiller l'évolution de l'atmosphère politique et espérer que le pays se portera bien.

Ricardo Nicolas
Animateur du club de débat de la BMC



jeudi 10 novembre 2016

Lancement de la 2ème édition du Concours de plaidoirie

Le Concours de plaidoirie sur les droits humains est désormais lancé ! Les étudiant-e-s ont jusqu'au 8 décembre 2016 pour nous adresser une contribution écrite sur le thème : La "détention préventive prolongée" dans le système judiciaire haïtien.

L'annonce, le règlement du concours et le formulaire de candidature sont en ligne sur le site www.bdhhaiti.org

L'annonce est en train d'être affichée dans toutes les facultés de droit de la capitale et envoyée dans celles de province. Nous allons également l'afficher dans les tribunaux et barreaux ainsi que dans les principaux lieux culturels.

Elle est publiée sur la page facebook Bureau des Droits Humains en Haïti. Elle devrait être également publiée avant la fin de la semaine dans Le Nouvelliste et Le National.

Je vous invite à partager largement l'annonce et à la diffuser sur vos réseaux sociaux. Le plus simple est de renvoyer vers le site www.bdhhaiti.org pour que les candidat-e-s puissent télécharger directement les documents à la source.

Ann avant!!

Bien à vous,

Pauline LECARPENTIER

BHDH

vendredi 4 novembre 2016

Rencontre post-Matthew au club de Jérémie

Contrairement à ses rencontres habituelles, le club de Jérémie a organisé samedi 29 octobre 2016, à l’Alliance française de Jérémie, une rencontre animée par Francklin Louis-Jean, responsable du club de Santo, à l’invitation de Waldinde Germain, son collègue du club de la cité des Poètes. La réunion a porté essentiellement sur les conséquences de l’ouragan Matthieu et les leçons tirées de son passage sur le département et les propositions par les 20 jeunes présents.

Témoignage des jeunes

Francia Illus a pris la parole en disant : « L’ouragan Matthieu a un impact psychologique sur certaines personnes. Il y a beaucoup de personnes qui ont perdu des biens, des maisons… Elles peuvent perdre la tête à cause de cela. Comme solution, je propose que des psychologues consultent ces personnes, comme on a fait dans le club samedi dernier, fassent un débriefing psychologique suivi de soins bien spécifiques. Et comme leçon, il ne faut plus jamais prendre à la légère ce que prévoient les scientifiques ».

Venel Garçon, un autre jeune du club, croit que « l’ouragan a augmenté la famine dans la région parce que les jardins et les animaux des paysans ont disparu. Pour pallier à ce problème, pendant qu’on distribue de l’aide alimentaire aux sinistrés, il faudrait qu’un groupe d’agronomes distribuent des engrais et des semences aux agriculteurs. La leçon que j’en tire, c’est qu’il est bon de venir en aide à ceux-là qui en ont besoin ».

Pour Thermogène Guychard, l’ouragan Matthieu a mis presque tout le monde au chômage. Il nous a permis de constater l’irresponsabilité de l’Etat haïtien face à l’arrivée en trombe des ONG. L’Etat n’a plus le contrôle du territoire. Ma solution est de reboiser, replanter ce qu’on peut. La leçon tirée de cette catastrophe est que pendant le passage de Matthieu, les gens qui se croyaient importants et qui ne voulaient pas se mêler aux autres, ont fait un seul corps avec eux.

« Le choléra revient avec une fréquence sans précédent, la pollution augmente et des gens sont frappés par des troubles cardiaques. Solutions : distribuer des tablettes de purification d’eau aux gens, se mettre ensemble pour une bonne politique de gestion des déchets et pour une meilleure protection de l’environnement. Nous ne devrions pas être trop attachés aux biens matériels. Il y a des gens qui sont devenus fous, au pire se suicident parce qu’ils étaient trop attachés aux biens matériels », a avancé Immaculeuse Édouard.

 « Moi, j’ajoute à ce qu’ont avancé les premiers intervenants, l’exode rural. Beaucoup de gens se sont rendus à Port-au-Prince, après l’ouragan. Pour empêcher cette tendance, il faut absolument leur venir en aide et les encourager à continuer à vivre dans le département. Le paradoxe dans ce drame jérémien, c’est que même ceux-là qui disaient : ‘‘ma maison est en meilleur état que celles des autres’’ dorment eux aussi dans sur des tombes et dans des grottes », a ajouté Daniel Jeudy ».

Selon Wogensky Laguerre, la violence a augmenté dans certains quartiers. « De plus, le Grand Sud qui représentait la réserve forestière d’Haïti ne l’est plus et cela peut aggraver les conséquences du réchauffement climatique. L’Etat doit rapidement aider à reboiser et relancer la production agricole. Il y a aussi la difficulté de communication et le déplacement forcé et dangereux vers Port-au-Prince. Une remarque paradoxale que j’ai faite de cette catastrophe est que beaucoup de personnes dont les maisons sont restées debout ont accueilli les victimes, pendant que les commerçants se plaisent eux-mêmes à augmenter le prix de leurs marchandises ».

Francklin Louis-Jean a résumé les différentes interventions des jeunes et les a félicités pour le courage et la solidarité dont ils ont fait montre dans ces moments difficiles. Il leur a rappelé qu’ils doivent tirer des leçons de ces évènements et d’apprendre dès maintenant à faire preuve de responsabilité, car bientôt ce sont eux qui auront à remplacer éventuellement les autorités actuelles. Ils doivent être à même de faire une meilleure gestion du territoire, de prévenir et de répondre efficacement aux situations d’urgence auxquelles la nation peut être confrontée. 

Pour clore cette rencontre, Waldinde a remercié Francklin et les jeunes qui étaient présents et leur a donné rendez-vous samedi prochain pour le début des séances de formation sur le débat.

Waldinde Germain
Animateur du club de Jérémie


Une année à la tête du PIJ

  cher.es ami.es, Depuis janvier 2022, je suis appelé par la direction de la FOKAL à assumer la charge de la coordination du Programme Initi...