mardi 15 novembre 2016

Le club de débat de la BMC se porte bien!

Le club de débat de la BMC a entrepris toute une série d’activités dans le cadre de sa programmation trimestrielle pour la fin de l'année 2016. Des activités hebdomadaires interrompues momentanément par l’affaire Masimadi. Le club reprend pour le moment son fonctionnement habituel avec une programmation riche et axée sur des activités-phares comme des formations et des rencontres avec des ressources extérieures au club.

Les activités du club

Suite aux recrutements de jeunes dans le club, au niveau des directions d’écoles secondaires dans la périphérie de FOKAL, le club a organisé le samedi 17 septembre 2016, une journée d'intégration dans l’objectif d'accueillir et d’informer les nouveaux adhérents sur la mission du club et du programme de débat de la FOKAL en général. Au cours de cette séance les animateurs du club ont entretenu le public sur l'actualité et les fondements du programme, au regard des  propos de Michèle D. Pierre- Louis (Présidente de FOKAL) contenus dans le guide pédagogique des débats. Une cinquantaine d'élèves et étudiants ont pris part à la journée. Cette rencontre a été aussi l'opportunité pour certains débatteurs expérimentés de témoigner des quelques habiletés que ce programme a su leur conférer au long de carrière de débatteurs.

Tout a été fait pour rendre le club attrayant à ces nouveaux inscrits, des 2 sexes, une formation sur le leadership a été même réalisée le samedi suivant par un ancien membre du club, aujourd’hui formateur national en leadership au bénéfice d’une trentaine d’entre eux,  dans la limite des places disponibles.

Il s’appelle Wilkenson CESAR. Il est CEO du NDD (New Direction for Developpement), structure organisationnelle qu’il a montée avec d’autres professionnelles du leadership. Plus d’une décade s’est écoulé depuis son dernier tournoi national aux côtés de ses quelques coéquipiers du club. Voilà qu’il revient 10 ans plus tard offrir ses compétences en leadership à un public qui lui rappelle énormément ses années sur les bancs de ce club, comme il se plaît à le dire. Sa formation étant axée sur la nécessité pour les animateurs d’opter pour un leadership permettant l'émergence de nouveaux leaders au niveau du club, cultivant le sens de responsabilité et la tolérance. Le formateur en a, entre autres profité, pour rappeler le devoir des animateurs-trices et débatteur-ses d’aller vers l’autonomie. Comprenant que  la mission des animateurs étant la transmission aux jeunes de compétences non apprises à l'école.

A cet effet, il faut souligner le formidable exemple de leadership du comité de facilitation du club, présidé par le débatteur Evens Adonis. Ce comité est d’une aide précieuse sur plusieurs points comme l'installation de la logistique en vue des rencontres, l'élaboration du calendrier trimestriel, la mobilisation des jeunes et la disponibilité des membres de ce comité pour les jeunes les moins expérimentés.

L’affaire Masimadi

A cause de menaces proférées à l’encontre de la FOKAL, le club de débat de la BMC, ainsi que tout le centre culturel, ont dû surseoir leurs activités ouvertes au public. Le club, étant hébergé directement dans les locaux de fondation, a été fortement impacté par de telles menaces dans la mesure où les activités n’ont pu être reprises que vers la fin du mois d’octobre à la réouverture du centre culturel au public. Le club étant un lieu par excellence de tolérance, l’affaire Masimadi a été une occasion pour le club de réaffirmer et de redoubler d’efforts pour souligner les idéaux de tolérance, de respect des points de vue de l’autre et la nécessité de vivre ensemble, malgré nos différends et différences

Le club a pu reprendre ses activités le samedi 29 octobre par un match d'exhibition proposé par d’anciens débatteurs. Le but de cet exercice a été de montrer en exemple aux nouveaux adhérents comment se déroule un match de débat dans la pratique, dans le format Karl Popper. Le match s’est joué autour de l'énoncé : “Medya ayisyen yo ta dwe sispann difize imaj vyolans nan manifestasyon yo”. Ce match de débat répondait à un double objectif : introduire les nouveaux adhérents au format Karl Popper, mais aussi décomplexer les jeunes au débat en faisant jouer le match en créole, une initiative de la coordination du programme. Les clubs sont donc des espaces bilingues, ce qui élimine la barrière linguistique que pourrait être le français pour certain-es.

Le samedi 5 novembre, c’était le tour du responsable du cybercafé de la FOKAL, Yves Osner Dorvil, d'animer une énième formation sur la recherche documentaire via le web. En effet, ce n’est pas la première fois que le club de débat bénéficie des compétences de l’informaticien qui a pris plaisir à entretenir les jeunes du club sur les techniques de recherche documentaire via internet. Cette formation se relève l’un des piliers essentiels pour le club. Être capable de mener une recherche documentaire sans assistance est l’une des compétences prioritaires que le club s’est fixé de transmettre à ses jeunes. Un débatteur est par-dessus tout celui qui sait trouver et mobiliser les informations sur un sujet donné, compétence qui lui est indispensable pour réussir un débat.

Les piliers du club de débat de la BMC

Le club de débat de la BMC travaille sur plusieurs axes prioritaires de transmission, entre autres : la prise de parole en public, la capacité de mener des recherches documentaires sans assistance, la prise de note, la culture générale et les compétences liées à la lecture.

Un débatteur est avant toute chose un artisan de la parole. Nous mettons donc un point d’honneur chaque fois que l’occasion se présente de revenir sur les techniques de prise de parole en public, la gestion du trac et la communication non-verbale. Certains débatteurs ont souvent témoigné des avancées spectaculaires qu’ils ont pu faire en la matière. Il faudrait peut-être parodier Boileau sur la question : “Le vers le mieux rempli, la plus noble pensée ne peut plaire à l’esprit quand l’oreille est blessée”. Dans cette optique, chaque session commence par un exercice de prise de parole en public (comme le balloon debate) et/ou de gestion de trac. Ce qui a aussi pour objectif de favoriser une meilleure participation de tout un chacun lors des rencontres.

Puisque savoir parler ne suffit pas, d’autres activités favorisent l’assimilation de compétences comme les ateliers de lecture organisés à plusieurs reprises au cours des activités trimestrielles visant à favoriser de meilleures aptitudes en lecture et de rapport au texte. Aussi une activité baptisée “Les actualités de la semaines”  est obligatoirement présentée à chaque rencontre par un débatteur différent. L'idée est d’inciter les jeunes à être à l'écoute du monde et de ce qui se passe dans leur communauté. Cela vise aussi à aider le débatteur à se forger une culture générale indispensable lors d’un match de débat.

Les Perspectives

Dans le souci de promouvoir la culture de la tolérance, le club de débat organise à l’occasion de la journée internationale de la tolérance, en partenariat avec la Bibliothèque Monique Calixte, une projection-débat autour de la tolérance. Une causerie sera animée par Jean-Marie Pierre autour de l’inestimable nécessité de la tolérance. Cette activité sera ouverte au public et mettra en exergue toute une littérature sur la question par des textes disponibles à la bibliothèque.

D’autres activités sont prévues jusqu'à la fin de l'année, entre autres un tournoi-caravane qui sera organisé dans les locaux de plusieurs écoles des environs du club. En attendant de plus amples informations sur le tournoi, il reste à surveiller l'évolution de l'atmosphère politique et espérer que le pays se portera bien.

Ricardo Nicolas
Animateur du club de débat de la BMC



jeudi 10 novembre 2016

Lancement de la 2ème édition du Concours de plaidoirie

Le Concours de plaidoirie sur les droits humains est désormais lancé ! Les étudiant-e-s ont jusqu'au 8 décembre 2016 pour nous adresser une contribution écrite sur le thème : La "détention préventive prolongée" dans le système judiciaire haïtien.

L'annonce, le règlement du concours et le formulaire de candidature sont en ligne sur le site www.bdhhaiti.org

L'annonce est en train d'être affichée dans toutes les facultés de droit de la capitale et envoyée dans celles de province. Nous allons également l'afficher dans les tribunaux et barreaux ainsi que dans les principaux lieux culturels.

Elle est publiée sur la page facebook Bureau des Droits Humains en Haïti. Elle devrait être également publiée avant la fin de la semaine dans Le Nouvelliste et Le National.

Je vous invite à partager largement l'annonce et à la diffuser sur vos réseaux sociaux. Le plus simple est de renvoyer vers le site www.bdhhaiti.org pour que les candidat-e-s puissent télécharger directement les documents à la source.

Ann avant!!

Bien à vous,

Pauline LECARPENTIER

BHDH

vendredi 4 novembre 2016

Rencontre post-Matthew au club de Jérémie

Contrairement à ses rencontres habituelles, le club de Jérémie a organisé samedi 29 octobre 2016, à l’Alliance française de Jérémie, une rencontre animée par Francklin Louis-Jean, responsable du club de Santo, à l’invitation de Waldinde Germain, son collègue du club de la cité des Poètes. La réunion a porté essentiellement sur les conséquences de l’ouragan Matthieu et les leçons tirées de son passage sur le département et les propositions par les 20 jeunes présents.

Témoignage des jeunes

Francia Illus a pris la parole en disant : « L’ouragan Matthieu a un impact psychologique sur certaines personnes. Il y a beaucoup de personnes qui ont perdu des biens, des maisons… Elles peuvent perdre la tête à cause de cela. Comme solution, je propose que des psychologues consultent ces personnes, comme on a fait dans le club samedi dernier, fassent un débriefing psychologique suivi de soins bien spécifiques. Et comme leçon, il ne faut plus jamais prendre à la légère ce que prévoient les scientifiques ».

Venel Garçon, un autre jeune du club, croit que « l’ouragan a augmenté la famine dans la région parce que les jardins et les animaux des paysans ont disparu. Pour pallier à ce problème, pendant qu’on distribue de l’aide alimentaire aux sinistrés, il faudrait qu’un groupe d’agronomes distribuent des engrais et des semences aux agriculteurs. La leçon que j’en tire, c’est qu’il est bon de venir en aide à ceux-là qui en ont besoin ».

Pour Thermogène Guychard, l’ouragan Matthieu a mis presque tout le monde au chômage. Il nous a permis de constater l’irresponsabilité de l’Etat haïtien face à l’arrivée en trombe des ONG. L’Etat n’a plus le contrôle du territoire. Ma solution est de reboiser, replanter ce qu’on peut. La leçon tirée de cette catastrophe est que pendant le passage de Matthieu, les gens qui se croyaient importants et qui ne voulaient pas se mêler aux autres, ont fait un seul corps avec eux.

« Le choléra revient avec une fréquence sans précédent, la pollution augmente et des gens sont frappés par des troubles cardiaques. Solutions : distribuer des tablettes de purification d’eau aux gens, se mettre ensemble pour une bonne politique de gestion des déchets et pour une meilleure protection de l’environnement. Nous ne devrions pas être trop attachés aux biens matériels. Il y a des gens qui sont devenus fous, au pire se suicident parce qu’ils étaient trop attachés aux biens matériels », a avancé Immaculeuse Édouard.

 « Moi, j’ajoute à ce qu’ont avancé les premiers intervenants, l’exode rural. Beaucoup de gens se sont rendus à Port-au-Prince, après l’ouragan. Pour empêcher cette tendance, il faut absolument leur venir en aide et les encourager à continuer à vivre dans le département. Le paradoxe dans ce drame jérémien, c’est que même ceux-là qui disaient : ‘‘ma maison est en meilleur état que celles des autres’’ dorment eux aussi dans sur des tombes et dans des grottes », a ajouté Daniel Jeudy ».

Selon Wogensky Laguerre, la violence a augmenté dans certains quartiers. « De plus, le Grand Sud qui représentait la réserve forestière d’Haïti ne l’est plus et cela peut aggraver les conséquences du réchauffement climatique. L’Etat doit rapidement aider à reboiser et relancer la production agricole. Il y a aussi la difficulté de communication et le déplacement forcé et dangereux vers Port-au-Prince. Une remarque paradoxale que j’ai faite de cette catastrophe est que beaucoup de personnes dont les maisons sont restées debout ont accueilli les victimes, pendant que les commerçants se plaisent eux-mêmes à augmenter le prix de leurs marchandises ».

Francklin Louis-Jean a résumé les différentes interventions des jeunes et les a félicités pour le courage et la solidarité dont ils ont fait montre dans ces moments difficiles. Il leur a rappelé qu’ils doivent tirer des leçons de ces évènements et d’apprendre dès maintenant à faire preuve de responsabilité, car bientôt ce sont eux qui auront à remplacer éventuellement les autorités actuelles. Ils doivent être à même de faire une meilleure gestion du territoire, de prévenir et de répondre efficacement aux situations d’urgence auxquelles la nation peut être confrontée. 

Pour clore cette rencontre, Waldinde a remercié Francklin et les jeunes qui étaient présents et leur a donné rendez-vous samedi prochain pour le début des séances de formation sur le débat.

Waldinde Germain
Animateur du club de Jérémie


lundi 24 octobre 2016

Le Cap garde son cap

Soixante-quinze (75) jours après son sacre national, le club de débat du Cap-Haïtien a organisé un tournoi individuel de débat : un type de compétition différent de ce qui se fait habituellement dans le Programme Initiative Jeunes de FOKAL, dont le club fait partie. Ce tournoi s'est réalisé le samedi 1er octobre 2016, à l’université du Roi Henri Christophe du Cap-Haïtien (URHC).

En présence des nouveaux membres du club, environ une cinquantaine de jeunes recrutés en septembre 2016 à la fin des vacances d’été qui viennent de plusieurs établissements scolaires de la ville du Cap (les collèges Regina Assumpta, Externat Saint François Xavier, Modèle, Notre-Dame, Saint Joseph, l'Essor, Pratique du Nord ; les Lycées Nationaux Philippe Guerrier, Dutty Boukman, Bréda), des étudiant-es de l'URHC, du Centre national de formation à distance, ainsi que des parents et ami-es qui ont été invités à prendre part à l’activité.
L’objectif de cette compétition inédite a été de donner le goût et l'envie du débat aux nouveaux membres du club et de faire émerger des talents cachés parmi eux, et de savoir quel rôle conviendrait le mieux à tel ou tel jeune de façon à construire des équipes beaucoup plus équilibrées, beaucoup plus complémentaires et surtout beaucoup plus efficaces pour représenter le club dans les tournois officiels de FOKAL.

Le format utilisé pour un tel tournoi, reste le même que celui utilisé par le programme de débat de FOKAL, le format Karl Popper, néanmoins avec quelques modifications : chaque joueur avait l'obligation de faire les 3 discours différents du format Popper, le premier, le deuxième et le troisième ; les différents contre-interrogatoires ont été supprimés.
Donc le match est à un « un contre un », et les débatteurs ont le même temps de paroles que  dans le format Karl Popper régulier soit (6 minutes, 5 minutes et 5 minutes, y compris 6 minutes et 30 secondes de préparation). Les débats sont jugés sur la forme, c’est-à-dire la qualité de l’expression, la fluidité du discours, et sur le fond, autrement dit la pertinence des arguments, la cohérence de ces derniers avec le sujet et bien évidemment les supports apportés pour chaque cas. La durée de chaque rencontre était de 45 minutes.

Le tournoi s'est déroulé autour du sujet : « L’état haïtien devrait interdire la mendicité dans les rues ». Il y eut huit (8) participants : Jean Élie François, Johanna Augustin, Briana A. Philemy, Findji Pierre, Lovinsky Fils-Aimé, Schneidine Poux, Frislin Pascal, Boris Edska Bordenave provenant de différentes institutions de la ville. Quatre (4) filles et quatre (4) garçons répartis en deux groupes de quatre. Chaque joueur a joué trois matches en phase de poules et les deux meilleurs joueurs de chaque poule se sont retrouvés pour disputer les demi-finales, et les vainqueurs des demis sont passés  directement en finale.
L'argumentaire de cet énoncé s'est tourné autour du critère de l'ordre public et du développement touristique pour le cas affirmatif, sur le critère de la solidarité humaine pour le cas négatif. Trois arguments forts ont marqué les discours affirmatifs. Selon eux, premièrement « ne pas interdire la mendicité dans les rues constituait l'expression d'une impuissance publique ou encore de mal gouvernance », supporté par une déclaration du philosophe français des Lumières, François Voltaire : « Tout pays où  la mendicité fait rage est mal gouverné ».

Deuxièmement, la mendicité représente « une source d’insécurité pour l’économie du pays »  dans la mesure où des brigands se cachent derrière ce phénomène pour voler, détrousser et braquer des institutions privées, ainsi que d'honnêtes citoyens ; d’où l’arrêté du 24 septembre 2012 émis par le commissaire du gouvernement de Port au Prince, actuel sénateur de la république M. Jean Renel Senatus « qui interdit la mendicité à proximité des banques commerciales et des institutions publiques et privées ». Pour finir, la mendicité affecte le développement du tourisme dans le pays.
Les discours des cas négatifs, élaborés autour du principe de la solidarité humaine, étaient soutenus par trois arguments principaux. Le premier stipulait que « la mendicité ne doit pas être interdite mais, plutôt être combattue » parce qu’elle ne constitue pas en soi un délit (mineur ou majeur) et encore moins un crime. Elle ne saurait d’ailleurs en être un. Le meilleur moyen de combattre la mendicité, c'est de s'attaquer à la base véritable du problème : la pauvreté.

Deuxièmement, « criminaliser la mendicité est discriminatoire » car elle portera atteinte à la liberté individuelle, et conduira à l'irrespect du droit fondamental de l’être humain, qui est le droit à la vie. Interdire à quelqu'un qui n'a pas d'autres moyens de subsister de mendier, c'est l'interdire de vivre, le mener directement à sa tombe, et donc une violation flagrante des droits de l'homme.
Et pour clore,  « l’état ne peut pas interdire la mendicité dans les rues quant lui-même est le premier mendiant ». Cette position met l'accent sur le fait que le budget national est financé chaque année jusqu'à 70 % par la communauté internationale et que pour organiser nos élections, à chaque fois il nous a fallu le financement de pays donateurs. 

Findji et Lovinsky qui disputaient leur premier tournoi de débat, ont créé la surprise en se hissant au dernier carré du tournoi : Findjy a battu François Jean Élie (Meilleur débatteur du tournoi local en Avril 2016) en phase de poule, et il l'a retrouvé encore en finale après un match serré contre Lovinsky. Les deux sont les révélations de cette compétition. « J’étais loin de me douter que Findji était capable de débattre à un tel niveau. Je ne lui connaissais pas ce potentiel », déclara Edwin Berly Pierre-Louis, animateur du club, après avoir jugé le match opposant Findji à Jean Élie en phase de poule. « Ce jeune maîtrise à la lettre les discours 1 et 3. J'ai jamais rencontré de discours 1 si bien charpenté », approuva Jefferson Fabien, un autre juge. 

Lovinsky, pour sa première expérience avec le débat formel, ainsi que sa première participation à un tournoi de débat, s'est révélé être un futur débatteur de classe nationale, en dépit de quelques faiblesses dues à son inexpérience. Il s'est frayé un chemin parmi tous ces compétiteurs pour atteindre les demi-finales de la compétition. « Il ne lui manque que la concision et la clarté du langage, il a un très gros potentiel pour le débat », a commenté Saint-Hubert Jean Reynald, juge ayant aidé à la réalisation de la compétition.


Les principaux gagnants de ce tournoi sont d'abord Jean Élie François, sacré Champion pour la première fois, qui confirme son statut de super-débatteur du club ; ensuite Findji Pierre qui est sorti vice-champion à la surprise générale, et Lovinsky Fils-Aimé qui a remporté le titre de « Révélation du tournoi »; et en dernier lieu, Alendy Almonor, qui a été désigné par le vote des différents participants Meilleur juge.

Après un petit sondage mené auprès des personnes présentes par le biais d'une petite fiche de commentaire anonyme, le résultat a montré que le public a été très satisfait, que ce soit les juges, les membres du club, et les invités aussi. Cet événement a eu un impact positif sur tous les spectateurs. D’aucuns étaient vraiment enthousiasmés par le débat formel. D'ailleurs, une jeune élève de la ville a déclaré : « Je n'avais jamais imaginé que les débats pouvaient se passer aussi bien. Je suis épatée ! Malgré mon emploi du temps assez chargé, je vais me débrouiller pour participer aux rencontres du club et devenir une très grande débatteuse». Un autre participant, de passage dans la ville du Cap ce samedi, s'est exclamé : « Je n'ai jamais vu pareille chose de ma vie ! Et n’était-ce parce que je ne vis pas en Haïti, j’aurais participé activement et intégré le programme ».
Je ne peux terminer cet article sans envoyer des remerciements spéciaux à Ejymson VALMIR qui nous a donné cette idée, et deux(2) autres jeunes du club, Arnelle Philémy et Yves-Mary Saint-Hubert, qui se sont donné corps et âme pour l'organisation et la réussite ce tournoi.

Alendy ALMONOR

Animateur du Club de Débat du Cap-Haïtien

jeudi 20 octobre 2016

Christ-Roi solidaire des jeunes du club de Camp-Perrin, victimes de Matthew

Le club de débat de Christ-Roi a pris une initiative extraordinaire qui fait honneur à ses membres. Sous le leadership des deux animateurs du club, Alfred Désir et Joel Lazard, les jeunes ont décidé dans un grand élan de solidarité de venir en aide à leurs camarades des clubs de Camp-Perrin, région agricole totalement ravagée par l’ouragan Matthew. Ce projet a pris forme après ce que les 2 animateurs et les  jeunes du club ont vu, lu et entendu dans la presse et sur les réseaux sociaux de l’ampleur de cette catastrophe environnementale et humaine dans le grand sud.

Ils ont collecté entre eux divers produits nécessaires, allant de la nourriture (sacs de riz, farine, caisses d’huile, de spaghetti, boites de sauce tomate, des paquets de biscuits, des aliments en conserve…) à d’autres articles de consommation courante (produits de toilette et de lessive, vêtements pour adultes et enfants, draps et serviettes…). Cela faisait plaisir à voir tous ces jeunes qui se sont donnés rendez-vous samedi 15 octobre, au centre culturel Pyepoudre à Bourdon, le local du club, pour apporter chacun leur contribution personnelle et procéder également à la répartition en kit des produits récoltés.
Les gros contributeurs de cette campagne de dons ont été Paula Clermont Péan, fondatrice et directrice de Pyepoudre, Islande Baptiste, directrice du centre Katherine Dunham de FOKAL à Martissant, Alfred Désir,  animateur du club, et ces 3 dynamiques jeunes du club : Clarisse Altidor qui a organisé la semaine précédente une journée de couleur dans son école pour récolter des fonds pour financer l’achat des produits, Genise Mexius qui a fait le tour d’églises protestantes du centre-ville de Port-au-Prince pour recueillir des dons des fidèles, et Kervens Herby Timothée qui a fait une importante donation.

Le lendemain matin très tôt, à bord du véhicule d’un ami, Alfred Désir et Joel Lazard accompagnés de 5 jeunes du club, se sont rendus dans le Sud, transportant avec eux les ressources collectées. Leur mission a été triple : constater de leurs yeux l’étendue des désastres causés par les fureurs de l’ouragan Matthew dans le Sud; manifester leur solidarité avec leurs collègues et camarades des clubs touchés dans le Sud (Cayes et Camp-Perrin) ; remettre au club de Camp-Perrin les fournitures qui leur étaient destinées.

Sur la route, depuis Petit-Goâve jusqu’aux Cayes, aux dires d’Alfred Désir, la délégation n’a vu que ruines et désolation : partout des arbres déracinés ou defeuillés, des bananeraies et cocoteraies entièrement détruites, des maisons à terre ou sans toit, ponts emportés, des habitants hagards errant dans ce champ de ruines. La nature s’est couchée.

Ayant été averti la veille par Alfred de l’arrivée de la délégation, Alex Sylné, animateur du club de Camp-Perrin, avait convoqué ses jeunes chez lui (le local de réunion du club sert d’abri provisoire aux victimes de la zone) pour accueillir la délégation de Christ-Roi. L’autre animateur du club, Pierre Sony Daudier, était également présent. La rencontre, ayant lieu à 11h am, a été empreinte d’émotion : les débatteurs camp-perrinois témoignaient chacun de leur vécu durant le passage de l’ouragan. La délégation écoutait religieusement, posait parfois des questions pour mieux comprendre, compatissait avec la détresse de ces jeunes.

A la fin de la rencontre, tous les jeunes camp-perrinois du club, ont pris chacun un des kits disponibles, remerciant les représentants du club de Christ-Roi, et par là même tous les jeunes de ce club pour cette noble marque de solidarité et de générosité à leur égard. La femme d’Alex, très reconnaissante a préparé à manger aux 7 membres de la délégation de Christ-Roi.

Le débat n’enseigne pas seulement le savoir et le savoir-faire aux jeunes, mais aussi le savoir-vivre… ensemble !!! Christ-Roi vient de faire le premier pas vers eux. FOKAL suivra.

Jean-Gérard Anis
Coordonnateur du PIJ
FOKAL

Visite du club de Christ-Roi au club de Camp-Perrin

Suite au passage du cyclone Mathieu qui a ravagé plusieurs communes du Sud du pays en particulier Camp-Perrin, les Jeunes du Club PIJ de cette commune (Programme Initiative Jeunes) ont reçu la visite d’une délégation de leurs pairs du Club de Christ-Roi.

Conduite par les Animateurs Alfred et Lazare, cette délégation d’une demi-douzaine de jeunes est arrivée à Camp-Perrin aux environs de 11h A.M. Ils ont été reçus par une trentaine de jeunes de Camp-Perrin chez l’animateur principal du club de Camp-Perrin, Alex Sylné.

Objectif de la visite : sympathiser avec les jeunes du club de Camp-Perrin pour la plupart fortement éprouvés par ce fléau et partager avec eux les dons en vêtements, chaussures, nourritures qu’ils ont acquis grâce aux contributions recueillies entre eux et celles qui ont été collectées auprès des parents, d’amis ou d’associations religieuses.

Après quelques minutes consacrées aux témoignages des jeunes de Camp-Perrin sur ce qu’ils ont vécu  lors du passage du cyclone, témoignages qui ont été écoutés avec attention par les jeunes du Club de Christ-Roi, ces derniers ont posé des questions pour avoir de plus amples informations sur le drame et pour se rendre compte aussi de la situation actuelle des jeunes Camp-Perrinois, en particulier de ceux qui fréquentent le club.

Pour Clarisse du Club de Christ-Roi, elle n’aurait jamais imaginé que les dégâts étaient aussi graves. Elle qui rêvait tant de voir ce qu’est un cyclone en a maintenant presque le remords.

Une rencontre fraternelle, où animateurs et jeunes ont exprimé la joie de se retrouver et de partager aussi. Le mot d’Angélo du club de Camp-Perrin semble résumer l’atmosphère cordiale qui a caractérisé cette rencontre : « J’ai découvert à travers cette initiative du Club de Christ-Roi, que les Clubs PIJ, au-delà même de leur mission d’apprendre aux jeunes à débattre, sont avant tout des réseaux de solidarité et cela nous interpelle, nous aussi à voler au secours de nos frères et sœurs en difficulté, dès que l’occasion se présente. »

Après cette belle rencontre, alors que les jeunes de Christ-Roi et leurs animateurs échangeaient sur la cour, des réflexions avec l’animateur principal du club de Camp-Perrin autour du passage du cyclone Mathieu, l’animateur adjoint du dit club, Pierre Sony Daudier, fortement éprouvé lui aussi, dirigeait les distributions.

Plus que les dons eux-mêmes, c’est ce geste combien exemplaire, combien philanthropique, combien solidaire qui prouve que les germes de la construction d’une société basée sur la  solidarité et la compréhension mutuelle sont bel et bien là et qu’il ne faut que les raviver.

Un merci tout à fait spécial au coordonnateur du Programme Initiative Jeunes de FOKAL, Jean-Gérard Anis, qui  le mérite à double titre d’avoir encouragé l’initiative et d’y avoir donné aussi sa contribution, à Alfred et Lazare qui ont accompagné la délégation et donné aussi leur contribution en nature, aux jeunes du club de Christ-Roi qui ont offert un si bel exemple aux jeunes du pays en général ainsi qu’à tous ceux qui leur ont tendu la main pour venir en aide aux jeunes de Camp-Perrin.

Les jeunes de Christ-Roi se sont dits prêts à venir en aide aux jeunes du club de Camp-Perrin dans le cadre d’éventuels projets de reboisement par exemple.

Alex Sylné
Animateur du club de Camp-Perrin

mercredi 19 octobre 2016

LE STYLE MONDIAL DE DEBAT (WORLD SCHOOLS DEBATING FORMAT)

Le style mondial est le format de débat pratiqué aux tournois « World Schools Debating Championships » et « Pan-American Schools Debating Championships ». Les équipes se nomment « Proposition » et «Opposition» et chaque équipe comprend trois membres. Les résolutions abordent de questions importantes sur un plan international (pas des sujets qui ne touchent que le Canada). Les résolutions se présentent sous le format de « Cette chambre croit… » ou « Cette chambre devrait… ».

Chaque équipe doit présenter une thèse supportée par 3 ou 4 arguments. Cette thèse prend la même forme que la thèse d’un texte argumentatif.

Exemple: considérez un débat qui porte sur la résolution suivante: «Cette chambre devrait légaliser l’utilisation de la drogue dans le sport». Une thèse pour la proposition pourrait être: «Parce que la science améliore le sport». Il est important que l’opposition ait aussi une thèse et des arguments constructifs; il ne suffit pas d’attaquer ce que la proposition dit, car le fardeau de la preuve est beaucoup moins important que le fardeau que le « gouvernement » porte dans les débats parlementaires.


Responsabilités des orateurs :

Le contenu des six premiers discours évolue du premier discours contenant exclusivement de la matière constructive au dernier discours de l’opposition qui ne contient que de la réfutation. Le ton commence également avec une présentation plutôt calme d’idées et monte en passion et en énergie jusqu’à la fin du troisième discours de l’opposition.

• 1ère  Proposition (8 minutes)

Le premier orateur du débat doit définir les termes, introduire la thèse de son équipe et expliquer aux juges comment les arguments seront divisés avant de présenter les deux premiers points de son équipe. La définition des termes doit suivre l’interprétation la plus évidente de la résolution, sans liens indirects ou « modifications farfelues ».

Idéalement, ce discours commencera avec une introduction courte qui explique pourquoi on devrait passer une heure de discussion sur le sujet donné. Les arguments devraient idéalement être d’une longueur égale et faire référence à la thèse de l’équipe.

•
1ère  Opposition (8 minutes)

Le premier orateur pour l’opposition doit introduire la thèse de son équipe et la division de leurs arguments. Il doit passer jusqu’à deux (2) minutes AU DÉBUT DE SON DISCOURS à réfuter avant de présenter les deux (2) premiers arguments de son équipe pendant six minutes.

• 2ième  Proposition (8 minutes)

Le deuxième orateur pour la proposition commence avec deux (2) à trois (3) minutes de réfutation, suivie par le dernier argument (ou les deux derniers) constructif de son équipe, discours qui dure cinq (5) à six (6) minutes. Cet argument se doit d’être un point solide avec une solide analyse. Habituellement, le deuxième orateur ne défend pas les arguments de ses partenaires en faisant la contre-réfutation.

• 2ième  Opposition (8 minutes)

Le deuxième orateur pour l’opposition a un discours symétrique: quatre (4) minutes de réfutation suivies de quatre (4) minutes de discours constructif sur le dernier (ou deux derniers) argument de son équipe.

• 3ième  Proposition (8 minutes)

Cette position est unique au style mondial. Le troisième orateur ne présente aucun argument nouveau. Son rôle est de réfuter en détail et en profondeur tous les arguments de l’équipe opposée et de défendre les arguments déjà faits par sa propre équipe. Il peut l’accomplir en passant six (6) à sept (7) minutes de réfutation systémique puis une (1) à deux (2) minutes de contre-réfutation.

• 3ième  Opposition (8 minutes)

Le troisième orateur de l’opposition a les mêmes responsabilités que le troisième orateur de la proposition.


Les Discours de réplique

Les discours de réplique durent quatre (4) minutes et sont livrés par le premier ou le deuxième orateur de chaque équipe, commençant par l’opposition. Pendant le discours de réplique, l’orateur prend le ton calme et désengagé d’un membre de l’auditoire qui analyse pourquoi son équipe devrait gagner le débat. L’organisation prend souvent la forme de deux ou trois thèmes ou de quelques questions importantes. Le discours de réplique n’est pas un discours de réfutation mais c’est un sommaire philosophique du débat.


Les Questions d’information

Il n’y a pas de points d’ordre ni de points de privilège personnel dans le style mondial. Par contre, les questions d’information jouent un rôle important dans l’échange. Les questions d’information peuvent être posées après la première minute et avant la dernière minute de chacun des six premiers discours. Les chronométreurs annoncent la fin et le début du temps protégé en frappant leurs pupitres. Les questions d’information ne peuvent pas être posées pendant les discours de réplique. La règle générale est que chaque orateur devrait poser deux questions d’information et d’accepter deux questions pendant chaque discours.

Idéalement, les questions seront courtes (15 secondes maximum) et pertinentes, elles ne sont pas nécessairement pas sous forme interrogative. Les juges punissent la participation inférieure dans les questions d’information et récompensent les orateurs qui les utilisent bien.


Le Système de pointage

Les juges accordent à chaque orateur une note sur cent (100) avec une échelle effective de soixante (60) à quatre-vingts (80). Les discours de réplique sont notés sur cinquante (50) avec des notes entre trente (30) et quarante (40) alors que chaque équipe reçoit une note sur cent-cinquante (350). L’équipe qui reçoit le plus de points l’emporte et il n’y a pas de matchs nuls. Les juges accordent des notes en trois catégories :

• Présentation (40 points)

Les juges considèrent la présentation des discours. La confiance, le ton, le volume, le contact visuel, l’utilisation de l’humour et le rythme sont tous importants. Les notes pour la présentation vont de vingt-quatre (24) pour un discours ordinaire jusqu’à trente-deux (32) pour un discours brillamment engageant.

• Contenu (40 points)

Cette catégorie évalue le discours comme si c’était un texte écrit. La logique, la qualité des arguments, l’évidence et l’analyse déterminent la note. On peut donner vingt-quatre (24) points pour un discours qui manque ostensiblement de substance jusqu’à trente-deux (32) pour un discours qui démontre une bonne préparation et une sérieuse analyse.

• Stratégie (20 points)

Pour la stratégie, on se pose deux questions: 1- comment l’orateur a-t-il répliqué aux idées de l’autre équipe? 2- Est-ce que l’organisation a été efficace? (temps bien géré, arguments choisis et divisés stratégiquement).

Les discours de réplique sont jugés avec les mêmes catégories, mais avec la moitié des points. Les notes pour les discours de réplique ne comptent pas pour les orateurs qui les donnent, seulement pour l’équipe.


À la fin de leurs délibérations, un des juges explique quelle équipe a gagné le débat, pourquoi cette équipe a gagné et combien de juges étaient en accord et en désaccord.



ada – Association de débat d’Argentine

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