mercredi 26 novembre 2014

Le Groupe ECHO Haïti a donné un Élan aux jeunes

Campus Roi Henry Christophe à Limonade
Le groupe ECHO Haïti, a organisé du 15 au 18 novembre 2014, ELAN Haiti 2014, le premier symposium international de jeunes leaders, au campus du Roi Henry Christophe de l’Université d’Etat d’Haïti à Limonade (dans le Nord d’Haïti). Ce forum qui a eu pour slogan « La Jeunesse s’engage ! » a réuni une centaine de jeunes (38 femmes et 62 hommes) dont des étudiants sélectionnés dans tous les départements du pays (74) et dans la diaspora (8), des jeunes professionnels et entrepreneurs haïtiens, des jeunes leaders haïtiens et étrangers (canadiens, américains, dominicains, européens). FOKAL a supporté cette première édition.


Le Groupe ECHO Haïti (GECH) est une association de jeunes étudiants et professionnels d’Haïti, créée en 2010. Sa mission est de renforcer la capacité de la jeunesse haïtienne tout en prenant des mesures concrètes pour un impact significatif sur le développement d’Haïti. Son plan d’action suit 3 grands axes : création d’un réseau de jeunes dynamiques ; conception et utilisation de nouveaux instruments pour la formation sociale et l’intégration des jeunes ; mise sur pied d’initiatives à impacts sur le développement d’Haïti.
A l'ouverture du symposium
ELAN Haïti 2014 est un événement annuel qui vise à dévoiler les meilleurs potentiels de jeunes en Haïti ou dans la diaspora et des étrangers (14 jeunes hommes et femmes venant de 10 pays) sensibilisés à la question haïtienne, et à faciliter le montage et la réalisation par les participants de projets  d’affaires innovants pour le développement du pays, dans 4 domaines distincts : Education, Entrepreunariat, Environnement et Coopération internationale.
L'actrice haïtienne Claudine Oriol, Marc Alain Boucicault et Mme Benjamin 
Pendant 4 jours de suite se sont succédé des conférences-débat animées par des panels d’experts haïtiens et étrangers et consacrées à des réflexions sur les enjeux, les défis liés à chacun des axes de travail précités. Les interventions les plus instructives, car elles collaient plus à l’orientation du forum et se complétaient, ont été celles de Guelmana Rachelin, une entrepreneure américaine d’origine haïtienne, co-fondatrice de 3 entreprises aux USA, de Geoffey Handal de la Chambre franco-haïtienne de commerce et d’industrie (CFHCI), et de Ludovic Comeau du Groupe de Réflexion et d’Action pour une Haïti Nouvelle (GRAHN).

Des idées pour devenir un bon entrepreneur

Guelmana Rachelin
Guelmana Rachelin, pour qui l'esprit d'entreprise est d'identifier la bonne occasion et d'appliquer de la discipline pour attirer les ressources et l'équipe nécessaires pour bien exécuter, a livré ses 10 recettes pour devenir un bon entrepreneur : croire en soi ; être à l’aise avec l’échec ; tirer vos idées de votre entourage ;  bâtir une équipe ; contrôler vos peurs ; soyez  discipliné, planifiez et exécutez ; faire des sacrifices et travaillez dur est une partie du marché ; soyez flexible et patient ; ayez à l’esprit que votre réputation vous précède ; apprenez à chaque étape du parcours.



L'homme d'affaires Geoffrey Handal
Geoffrey Handal a campé le profil de 3 sortes d’entrepreneurs : les entrepreneurs par nécessité, plutôt que par choix, qui montent une petite affaire pour subvenir à leurs besoins ; les entrepreneurs par opportunité, qui démarrent leur entreprise bien qu’ils aient des opportunités d’emploi; les entrepreneurs qui misent sur la croissance prévoient de créer au moins 5 emplois dans les 5 prochaines années. Il a aussi souligné les 3 erreurs à éviter pour réussir en affaires : ne pas se considérer comme un expert en solutions (pas d’idées préconçues), ne pas être têtu (savoir changer de cap quand nécessaire), ne jamais penser qu’on est arrivé (il n’y a pas de ligne d’arrivée en affaires).

Le professeur Ludovic Comeau
Ludovic Comeau, professeur haïtien dans une université américaine, a fait un rappel historique des processus économiques du pays depuis 1804 à nos jours, en insistant surtout sur les freins et les obstacles à l’émergence d’une économie haïtienne forte et performante : la dette équivalente à 21 milliards de dollars américains que Haïti a dû payer pendant 25 ans à la France pour qu’elle reconnaissance notre indépendance, le contrôle de l’économie haïtienne par la Citibank au cours de l’occupation américaine de 1915 à 1934 qui a créé une économie d’import/export, l’exode des cerveaux du pays sous la dictature des Duvalier, et la création d’une mentalité de pénurie exacerbée pendant un siècle et demi qui a retardé le développement du pays.

Néanmoins, les 3 intervenants de ce panel sur entrepreneuriat ont tous d’accord pour affirmer que les Haïtiens ont besoin de collaborer, qu’ils doivent arrêter de se dénigrer, et que réussir en affaire exige la volonté de négocier. Les autres conférenciers (ils étaient 7 au total) ont fait valoir que pour réussir ensemble, les Haïtiens doivent combattre leur incivisme environnemental, éviter le gaspillage énergétique, finalement éduquer la population autrement.

Les projets d’affaires des participants : une affaire à suivre

Tous les jours, après les conférences-débat, ont suivi des travaux en 4 ateliers dans lesquels 3 groupes de jeunes par atelier réfléchissent ensemble pour identifier des problèmes dans le domaine choisi et partager leurs idées avec lesquelles chaque groupe va monter un projet d’affaires. Des observateurs issus des milieux d’affaires, de l’administration publique, des universités, du monde associatif, un ancien Premier ministre et un représentant de FOKAL assistaient à leurs travaux.

25 participants dans chaque atelier d’orientation (éducation, entrepreneuriat, environnement et coopération internationale) mettaient en concurrence leurs idées pour réussir à monter un projet d’affaires original, viable et réalisable durant l’année 2015. Un vrai parcours de combattant tant ils avaient des difficultés à identifier les problèmes à résoudre, à choisir un parmi ceux dégagées, à s’entendre sur une action concrète et la démarche à suivre pour la résoudre, et à définir les responsabilités.

La tache a été d’autant plus ardue qu’au dernier jour du symposium, chaque groupe avait l’obligation, sur la base des travaux de réflexion qu’ils ont effectués durant les 2 jours précédents, d’élaborer et de rendre son projet d’affaires en 3 heures. Une fois les projets d’affaires présentés, le groupe gagnant de ce concours a reçu des distinctions et des primes et son projet aura à bénéficier d’un financement déjà disponible pour sa réalisation. Les jeunes n’ont pas lésiné sur leurs efforts pour élaborer un projet.

Par exemple, dans le domaine « Coopération internationale », les jeunes ont opté pour l’implication des jeunes pour une meilleure image d’Haïti dans la définition de ses rapports avec la communauté internationale. Comme action, ils ont en projet la mise en place d’un réseau de jeunes ambassadeurs volontaires ici et ailleurs pour promouvoir l’image d’Haïti à l’extérieur via une plateforme numérique interactive.

Un autre exemple de projet ambitieux est celui de l’axe « Education », dans lequel les jeunes de ce groupe ont identifié les problèmes de la formation inadéquate des enseignants, de la langue de transmission des connaissances, de la méthode d’apprentissage inadéquate. Ils ont proposé la création d’une plateforme numérique interactive d’éducation qui offrirait un service de tutoriels en 5 matrices, pour enseignants et étudiants.

Un pari risqué, un défi relevé

Les membres du comité organisateur d’ELAN Haïti 2014, sous le leadership du jeune dynamique et infatigable leader, Marc Alain Boucicault, et du président du Groupe ECHO, Herrick Dessources, ont réussi le pari de réaliser cet événement d’envergure internationale qui mijotait dans la tête depuis deux ans. Les déclarations flatteuses des observateurs invités, lors des interviews par la presse qui couvrait le forum et les félicitations des panélistes aux conférences, en disent long sur le degré de satisfaction et de fierté éprouvées à l’égard de ces jeunes du groupe ECHO.
Interview d'une observatrice à ELAN Haiti
L’enthousiasme et l’énergie de la centaine de jeunes, sélectionnés pour participer à ELAN Haïti 2014, leur ardeur à réfléchir et à travailler ensemble, ont démontré vraisemblablement leur capacité à dépasser les égoïsmes pour élaborer des projets conjoints, leur potentiel à trouver des solutions innovantes pour résoudre des problèmes du pays, ou tout simplement leur espérance dans un meilleur avenir pour le pays.

Les partenaires du projet qui sont des entreprises locales du Nord, des compagnies nationales privées, des organisations internationales, des institutions publiques, l’Université d’Etat d’Haïti, même s’ils n’ont pas eu à bénéficier directement du projet en termes de publicité, peuvent se réjouir pleinement d’avoir donné à tous ces jeunes l’élan qu’ils pouvaient attendre d’eux pour faire aboutir un tel projet.

FOKAL souhaite que, grâce à Elan Haïti 2014, ces jeunes leaders, étudiants, professionnels ou entrepreneurs émergents qui y ont participé trouveront la foi nécessaire pour réaliser leur rêve ou leur idéal, ou tout simplement poursuivre ce qu’ils ont déjà commencé. Souhaitons-leur bonne chance !

Jean-Gérard Anis
Coordonnateur du Programme Initiative Jeunes- FOKAL

25 novembre 2014

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