jeudi 7 mai 2015

Ma première expérience à un tournoi de débat


SUJET 1: Encourager l’action positive en faveur les femmes dans les   postes à responsabilités dans les administrations publiques est justifié.

SUJET 2: Imposer aux partis politiques un quota de femmes aux élections nuit au processus démocratique en Haïti.
Clarisse Altidor

Deux sujets autour lesquels nous avons débattu chez les sœurs [NDR : de l’école congréganiste Filles de Marie de Christ-Roi] dans le  cadre du tournoi de débat qui avait été organisé dans notre club. Un jour durant lequel des sentiments antonymiques se mélangeaient, l’espoir et le désespoir, la tristesse et la joie, la fatigue et le plaisir, pour donner une ambiance amusante et remplie de stress.

Le tournoi a opposé 8 équipes divisées en 2 groupes A et B. Les équipes du groupe A ont été: TMJ, DOCLASH, JOSAW, HAITI et celles du groupe B ont été les suivantes: les ERUDITS, RILOUTIE, DOFEJA, TEROBAR. 9 matchs ont été joués avec le premier sujet dont la finale et 10 matchs avec le second dont les demi-finales. Nous avons eu les juges suivants: Jean-Gérard Anis, Wedly Mozeau, Joël Lazard, Genise Mexius, Eunice Desanne, May-Rance Pierre-Louis, Feendy Jean Pierre, Jean Fritz, Samuel Attis, Mackenley Remé, Mirlene Blanchard et Stéphanie Balmir.

Personnellement, cela a commencé avec une crainte qu’il fallait à tout prix cacher pour ne pas se laisser emporter par les dires des adversaires. Mais cela devenait de plus en plus compliqué avec le retard de mes coéquipières ; les autres me taquinaient, mais il a fallu que je me plie face à leurs taquineries pour ne pas me laisser emporter par le stress. Il a fallu que mon premier match soit avec les TMJ, ce qui nous donne TMJ contre DOCLASH (Dorothy, Clarisse, Shella), mon équipe jouant la position contre le premier sujet. Envahie par le stress et par la force de l’adversaire, je n’ai pas pu faire mon travail de 2e débatteur qui est de réfuter et de reconstruire ; ce qui a permis la victoire de l’équipe adverse. J’ai bien malheureusement eu 24 points : c’était dur de continuer!

Faire le premier pas a été difficile, mais échouer à peine arrivée l’était encore plus. Ce n’était pas l’envie d’abandonner qui me manquait, mais la capacité! Mon prochain match était contre HAITI une équipe qui ne me faisait pas trop peur. C’était un match dans lequel mon équipe jouait le cas affirmatif. J’étais moins stressée, j’avais encore peur, mais je me suis dite qu’il ne faut jamais laisser la peur t’empêcher de jouer. Et contrairement au premier match, je me suis relaxée et j’ai joué en travaillant sur ma réfutation, comme me l’avait conseillé le juge. Et j’ai amélioré ma reconstruction, ce qui m’a aidé à avoir 27 points.

Ce n’était pas des points voulus, mais c’était les points de l’espoir qui me poussaient à croire qu’avec de la volonté, cela pouvait être mieux. Il fallait tout simplement de la volonté, de l’espérance et être calme. Et c’est ainsi que j’ai fini par voir et comprendre que c’était un jeu. Il fallait tout simplement jouer et savourer chaque instant, comme si c’était le dernier, afin d’éviter toute erreur.

Mon prochain match a été contre JOSAW. Avec la confiance que j’avais en moi, j’ai pu jouer de façon à réaliser 28 points. Durant la pause, les équipes profitaient pour discuter, manger, essayer d’identifier leurs points forts et points faibles. C’était le moment aussi pour moi de blaguer avec des amies afin de me déstresser. Après la pause, mon équipe a joué contre TEROBAR, sur le deuxième sujet. Nous jouions la position négative.  Je me suis bien débrouillée en obtenant  26 points. On a fait le travail en équipe, ce qui nous a emmenés en demi-finale contre RILOUTIE. C’était personnellement rassurant. C’était pas l’envie de gagner qui m’excitait, mais celle de jouer, de faire ce qu’il faut juste, parce qu’on avait envie et qu’on voulait le faire. Et c’est ainsi que sans même y penser, j’ai joué de façon à avoir 26.6 points. Ce qui a amené DOCLASH à jouer contre TMJ.

Cette fois-ci, ce n’était plus le début du tournoi, mais la phase finale ; ce qui me mène a dire que le match qui avait débuté le tournoi le clôturera. Pour moi, c’était suffisant.  La victoire serait parfaite mais, avec les nombreuses difficultés rencontrées, arriver en finale était le défi à relever.  C’est ce qui prouve que mille difficultés ne font pas un seul doute. L’amusement, ce n’était pas ce qui manquait à ce tournoi. C’est comme vivre chaque seconde soit en se stressant soit en se déstressant. Mais le plus important, c’est de s’en souvenir et de rire.

C’était ma première participation à un tournoi de débat. Mon équipe n’a pas remporté la victoire,  je n’ai pas été la meilleure débatteuse ni la deuxième non plus. Mais mon équipe a été en finale et je suis sortie troisième en totalisant 158 points. Ce n’est pas la place où se trouve le trône mais celle-ci situe à coté du trône et je suis fière de l’occuper. Je ne suis pas peut être au sommet, mais je forme le trio de la victoire.

Clarisse ALTIDOR
Débatteuse au club de Christ-Roi

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