mardi 13 juillet 2010

Conceptualisation, par Ricardo Nicolas, animateur du club du Centre-ville (P-au-P)


Théorie du Changement :

Où commencer ?

A travers le monde, certains concepts, mots, discours, slogans ont été si puissants qu’ils ont pu changer la destinée d’un peuple… la destinée du monde tout entier.

v Lanmo ou libete.

Ce slogan au moment de la révolution de St Domingue comptait beaucoup plus que la vie des esclaves. Ce slogan ancré dans leur âme a pu changer la destinée de ces biens meubles en homme. Ce slogan est donc un catalyseur ayant permis d’atteindre l’indépendance nationale en 1804.

v On ne naît pas femme. On le devient.

On pourrait se demander fort perplexe ce que serait la lutte féminine aujourd’hui sans l’apport de Simeone de Beauvoir. « Le deuxième sexe » est levé au rang de manifeste pour les mouvements féministes des les années soixante-dix, qui applaudiront son appel a l’émancipation et à la parole. Ce slogan devient donc le moteur de la machine programmée pour combattre l’inégalité féminine.

v I have a dream

C’était plus qu’un slogan, plus qu’un discours. C’était un rêve. Un rêve pour l’égalité des droits civils et politiques entre noirs et blancs des Etats-Unis d’Amérique et du monde. Ce rêve a été si puissant qu’il y a laissé sa vie, le 4 Avril 1968 à Memphis, dans le Tennessee. Ce rêve voyait l’unification d’une nation respectueuse des droits de tous.

v Change (Yes we can)

C’est notre tout dernier slogan mobilisateur mondial.

L’audacieux pari de Barack Obama

« Yes, we can »

Par Barack Obama

« Lorsque nous avons surmonté des épreuves apparemment insurmontables ; lorsqu’on nous a dit que nous n’étions pas prêts, ou qu’il ne fallait pas essayer, ou que nous ne pouvions pas, des générations d’Américains ont répondu par un simple credo qui résume l’esprit d’un peuple.

« Oui, nous pouvons.

« Ce credo était inscrit dans les documents fondateurs qui déclaraient la destinée d’un pays.

« Oui, nous pouvons.

« Il a été murmuré par les esclaves et les abolitionnistes ouvrant une voie de lumière vers la liberté dans la plus ténébreuse des nuits.

« Oui, nous pouvons.

« Il a été chanté par les immigrants qui quittaient de lointains rivages et par les pionniers qui progressaient vers l’ouest en dépit d’une nature impitoyable.

« Oui, nous pouvons.

« Ce fut l’appel des ouvriers qui se syndiquaient ; des femmes qui luttaient pour le droit de vote ; d’un président qui fit de la Lune notre nouvelle frontière ; et d’un King [NDLR : en anglais, un roi, mais dans le cas d’espèce il s’agit de Martin Luther King] qui nous a conduits au sommet de la montagne et nous a montré le chemin de la Terre promise.

« Oui, nous pouvons la justice et l’égalité. Oui, nous pouvons les chances et la prospérité. Oui, nous pouvons guérir cette nation. Oui, nous pouvons réparer ce monde.

« Oui, nous pouvons. »

Discours de campagne dans le New Hampshire, 10 janvier 2008

On a pu créer des concepts qui ont sonnés creux :

On a fabriqué une macoute de concepts attaches, pour frapper l’espoir que cette lavalas, que nous sommes, sera le miroir d’une unité, d’une fusion, d’un espoir de nous trouver un cheval de bataille.

Le projet vague du futur tente de faire comprendre qu’on est tous (participants à ce projet) de futures vagues. Des vagues qui peuvent et qui doivent faire la différence, et faire preuve de leadership, de sens de responsabilité, d’honnête, d’esprit d’initiative…

On dit souvent que les jeunes sont l’avenir du pays. Mais les jeunes sont aussi le présent du pays. Nous, les jeunes, pouvons nous impliquer. Yes we can ! I have that dream.

Après le séisme du 12 janvier 2010, on a appris une nouvelle chanson, on s’est trouvé de nouvelles répétitions : Reconstruction, refondation.

Qu’est-ce que ces mots-là veulent dire ?

  • Reconstruction

Nouvelle construction de quelque chose/Redressement ou rétablissement de quelque chose. A ces termes, on pourrait conclure que reconstruire Haïti n’est autre que la construire à nouveau. Alors, dirons-nous, pourquoi tout ce tâtonnement ? La définition est claire ! Le tâtonnement se pose surtout, à mon avis, sur le comment et le quoi reconstruire.

  • Refondation.

Rétablissement des bases de création de quelque chose. Cet aspect de la relance nationale parait beaucoup plus compliqué, à cause d’une part de sa subjectivité, d’autre part, de son contenu indéterminé et non synchronisé par tous les haïtiens et haïtiennes.

Par où commencer ?

La vraie portée, le vrai sens que ces termes ont pour nous pourraient ne pas être assez explicite dans un dictionnaire. Un dictionnaire donnera, par exemple, une définition du mot joie. Mais cette dernière ne pourra en aucun cas être plus fortement, plus intimement exprimable que la joie exprimée par le joyeux.

On doit commencer par pouvoir élever les termes reconstruction et refondation à un stade conceptuel. Il faut commencer par l’ancrer dans nos cœurs, nos pensées, notre mode de vie. Si la reconstruction et la refondation se vivent quotidiennement par chacun, elles deviendraient une pratique pour chacun de se lancer sur de meilleures bases. A ce moment, on aura l’espoir que l’air reconstructeur et refondateur se vit. La reconstruction d’Haïti est dans la reconstruction de chacune des institutions haïtiennes. La refondation est dans la refondation de l’idéal de chacun des haïtiens.

Ricardo NICOLAS

Co-animateur du groupe Vague du futur/Centre-ville.

12 Juillet 2010

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