jeudi 3 février 2011

Commémoration du 7 février: pour lutter contre l'oubli du régime duvaliériste


Duvalier, 25 ans après : le spectre

Plusieurs organisations de la société civile haïtienne (*), dont la FOKAL, se réunissent autour de la nécessité de commémorer le 7 février, comme date marquante de notre histoire contemporaine, pour témoigner de notre refus de l’oubli et de l’impunité par rapport aux exactions commises par le régime dictatorial des Duvalier de 1957 à 1986. Du 4 à 11 février, différentes activités vous seront proposées, dont le 5 février à la FOKAL.




Samedi 5 février à FOKAL 

10.00 – 17.00 : Exposition multimédia

Atrium de FOKAL

Sélection de films d’archives, de témoignages, de photographies et de musiques qui ont marqué la résistance à la dictature des Duvalier. 


10.00: Projections 

Salle Polyvalente


12.00: Projection : « Au nom du père »

Salle Polyvalente

Documentaire réalisé par Franz Voltaire – 2005 (52’) Une co-production du CIDIHCA et MBETV TV.

De 1957 à 1971, François Duvalier a gouverné Haïti en despote absolu. Président à vie, il a transmis le pouvoir à son fils à sa mort, après avoir éliminé toute opposition à son régime. Le documentaire retrace à travers les images d’archives et les entrevues de ceux qui l’ont connu le destin singulier d’un petit docteur sans histoire qui deviendra un des grands tyrans de la Caraïbe.


14.00: Causerie : Duvalier, 25 ans après : le spectre


Qu’est-ce qu’à été la dictature Duvalier ? Quelle chaîne d’évènements a mené au départ, le 7 février 1986, de Jean-Claude Duvalier et à la fin de la dictature ? Quelle symbolique cette date recouvre-t-elle aujourd’hui ? Que s’est-il passé ces 25 dernières années et qui nous amène aujourd’hui à l’étrange retour de Jean-Claude Duvalier ? Animée par Michèle Duvivier Pierre-Louis, la discussion s’articulera autour de ces différentes questions.

Les intervenants qui participeront à cette discussion publique :

Frankétienne

Poète, dramaturge, peintre, musicien, chanteur et enseignant. En 1962, au début de l'ère Duvalier, Frankétienne fréquente le groupe Haïti littéraire, d'où sortent bon nombre d'auteurs : Anthony Phelps, René Philoctète, Serge Legagneur, Roland Morisseau… La situation politique devient cependant vite intenable pour les intellectuels, dont beaucoup quittent le pays pour le Canada, la France ou l'Afrique. Frankétienne décide de rester en Haïti pour écrire et pour lutter. Chacune de ses œuvres est ancrée dans l'histoire contemporaine haïtienne. Qu'on se rappelle cette scène tragique de Mûr à crever (1968) : chassés des Bahamas, quatre Haïtiens, sur le bateau du retour, se jettent à l'eau, se livrant aux requins de la mer caraïbe plutôt que de revoir l'enfer duvaliériste. 


Nicole Magloire

Diplômée de la faculté de médecine de Port-au-Prince, le docteur Nicole Magloire a consacré sa carrière et sa vie à lutter pour la santé des femmes. Dans les années 1960, elle s’est engagée dans l’opposition au régime de Duvalier. Depuis lors, elle a toujours été investie dans le combat pour les droits sexuels et reproductifs des femmes mais aussi dans le soutien des femmes victimes de la violence domestique et politique. Elle est l’une des victimes ayant récemment déposé plainte à l’encontre de Jean-Claude Duvalier pour les atrocités subies au cours des années 70 et 80. 


Laënnec Hurbon

Né à Jacmel, Laënnec Hurbon est docteur en théologie (Institut catholique de Paris) et en sociologie (Sorbonne). Il est directeur de recherches au CNRS et professeur à l'université Quisqueya de Port-au-Prince, dont il est l'un des membres fondateurs. Laënnec Hurbon est spécialiste des rapports entre religion, culture et politique dans la Caraïbe et auteur de plusieurs ouvrages sur le vaudou haïtien. Il a également beaucoup travaillé sur la question de la mémoire et de l’imaginaire collectifs haïtiens.

Suzy Castor

Historienne et militante des droits humains, Suzy Castor est considérée comme l’une des personnalités à avoir écrit avec beaucoup de sagacité sur le passé et le présent d’Haïti. Militante de gauche, elle a vécu un exil de trente ans au Mexique pour échapper à la dictature des Duvalier.
Auteure, professeure d’université, Suzy Castor dirige aujourd’hui le Centre de recherches et de formation économique et sociale pour le développement (CRESFED), qu’elle a fondé avec son mari Gérard Pierre-Charles, de retour d’exil en 1986 à la chute de Jean-Claude Duvalier (Baby Doc). 


16.00 : Lecture : Le cri des oiseaux fous

Lecture d’extraits du roman de Dany Laferrière, « Le Cri des oiseaux fous », par Jean-Billy Mondésir.

Comme son père avant lui, Dany Laferrière a connu l'exil. Né à Port-au-Prince en 1953, il a quitté Haïti à vingt-trois ans. Son ami et confrère journaliste Gasner Raymond venait d'être assassiné par les tontons macoutes. Dany Laferrière était le suivant sur la liste. Son dixième livre, Le cri des oiseaux fous, est dédié à Gasner Raymond, « dont la mort a changé ma vie », écrit-il. Il y raconte sa dernière nuit à Port-au-Prince, alors qu'il erre, torturé à l'idée de trahir ses amis en quittant le pays. « C'est trente ans de duvaliérisme que j'ai mis dans cette nuit-là. » Comment penser par soi-même quand on vit sous une dictature ? C'est le combat auquel se livre le jeune homme du Cri des oiseaux fous. (Danielle Laurin)

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