vendredi 25 février 2011

Les jeunes du club de Camp-Perrin réfléchissent au sort de Baby Doc

Au cours de la réunion de notre club, le dimanche 20 février 2011, Les jeunes du club ont abordé le sujet Duvalier, revenu d’exil en le 23 janvier dernier. Nous avons parlé un peu sur la dictature des Duvalier, en  effectuant un brainstorming sur le personnage de Jean-Claude. Alex et moi avons entretenu les jeunes de ce que nous savons de lui, que nous complétons avec ce que des anciens du village nous ont raconté de lui. On a fait un parallèle entre la dictature et la démocratie, identifié ensemble les forces et les faiblesses de chacun de ces régimes. Et il faut dire que l’exercice a été très intéressant.

Ensuite, nous leur avons demandé leur point de vue sur l'éventuelle arrestation ou jugement de ce dernier, un jeune a répondu : « Ce n’est pas possible de l'arrêter, parce qu'il a passé 25 ans hors du pays en exil ! Et si personne n'a jamais porté plainte, il est un peu tard. ». Un autre a abondé sur le bon coté du jugement de « Baby Doc » en promouvant l’idée que « l'arrestation de l'ex dictateur pourrait servir de leçon aux autres, car Haïti n'a pas besoin de subir une autre forme de dictature, sous aucun prétexte ». Pour un troisième, cela pourrait permettre de freiner la vague de violence et de terreur que nos dirigeants continuent à faire dans le pays.

Une jeune fille a posé la question suivante : « Les crimes qui ont été perpétrés sous le régime de Jean-Claude Duvalier, est-ce c'est lui qui a donné l'ordre de les faire? Si ce n’est pas lui, pourquoi on devrait le poursuivre? » Cette question a suscité un flot de réactions. Certains ont dit que même si c'était pas lui qui a donné l'ordre, mais en tant que président, il pouvait demander de stopper ce genre de choses, parce qu'un président peut et doit-être écouté. Pour plus d'un, Haïti n'est pas encore prête pour la démocratie, parce que trop de gens pensent que la démocratie est une licence et ils peuvent faire tout ce qu'ils peuvent et ceci à n'importe quelle personne.

Les jeunes ont dit que la démocratie est bonne, mais dans le cas d'Haïti, on doit avoir des leaders qui ne « jouent » pas trop avec le peuple, parce que quand c'est le peuple qui a le monopole de direction, les choses peuvent changer de phase. Il faut comprendre par cette déclaration que les dirigeants ne doivent pas flatter le peuple dans le sens du poil, car si on lui accorde trop de libertés, le pays risque de courir vers l’anarchie.

Pour Jean-Claude Duvalier, des jeunes affirment qu’il a le droit de vivre dans son pays en tant qu’Haïtien, puisque la constitution ne fait pas de provision pour l'exil. « C'est vrai, il était un président qui a laissé passer trop de mauvaises choses sur son régime, mais s'il a choisi de retourner et vivre dans son pays, nous devons en tant qu’Haïtiens l'accepter, car c'est le temps de penser à la réconciliation », conclut un dernier.

Rebert Vital
Animateur adjoint du club

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