jeudi 30 octobre 2014

Hudenie Lourdes PHILISTIN, jeune débatteuse du Cap-Haitien, se dévoile


Une bonne élève

Hudenie Lourdes Philistin
Hudenie Lourdes PHILISTIN est une élève de seconde du collège Saint-François Xavier du Cap-Haïtien.  Passionnée d’écriture, elle dit passer la majeure partie de son temps à écrire des poèmes et des textes qui sont corrigés par sa mère qui est professeure de littérature et en même temps inspectrice de l’éducation nationale. Elle a un parcours brillant à l’école. « Grace à Dieu !», conclut-elle.

Elle a participé à la consultation des jeunes de cette ville que FOKAL a effectuée le 22 mai 2014, dans le cadre de son projet de livre blanc de la jeunesse haïtienne. 51 jeunes, dont 31 filles, issus de plusieurs établissements scolaires de la ville y ont pris part. Elle nous a livré ses impressions de l’exercice, du débat et ses réflexions sur l’avenir.

De la consultation

Hudenie a qualifié la consultation des jeunes du Cap de très instructive. « Cela m’a permis pour la première fois de ma vie de m’exprimer en tant que jeune, de dire ce que je pense, de parler de certaines situations qui se passent à travers le pays. Donc, pour moi, c’était une expérience inouïe ! ».

Du débat

Elle n’est pas membre du club de débat de FOKAL au Cap [c’était avant l’interview] parce que, dit-elle, elle n’a pas vraiment le temps d’y participer. « J’avais des activités que je menais bien avant l’invitation qui a été faite à mon école pour envoyer des élèves. Et je ne pouvais pas me défaire de ses responsabilités-là ». Mais elle a avoué que le débat est une activité qui l’intéresse beaucoup « à cause de l’interaction qui se fait entre les jeunes, et aussi à cause de la liberté qu’ils ont de pouvoir s’exprimer sans avoir personne pour leur dire qu’il ne faut pas dire ceci, qu’il ne faut pas faire cela. Ca leur permettra de s’épanoui, et en même temps de grandir ».

De son engagement

Hudenie est seulement impliquée dans son école et son église. « Cette année, je me suis engagée [dans son école] d’une manière toute particulière. D’abord, je participe à la rédaction du journal de mon école. Ensuite, je suis membre du cabinet du ministère de l’environnement [dans son école]. Et je suis conseillère de ma classe », toute heureuse de céder sa place de présidente à une autre camarade de classe.

De son avenir

« Après mes études secondaires, j’aimerais étudier la diplomatie. A Sherbrooke [ville du Canada] parce que ma mère a étudié là-bas. Donc, j’aimerais étudier dans la même université qu’elle. Mais après, je reviendrai dans mon pays pour servir ma patrie normalement ». Elle s’empressa d’expliquer qu’elle veut « rester en Haïti parce que Haïti a besoin de personnes qui l’aiment pour pouvoir se développer. Et moi, je veux faire partie de ces personnes-là ».
Hudemie au milieu de ses camarades lors de la consultation
Si elle est nommée ambassadrice d’Haïti dans un pays, Hudenie pense pouvoir aider son pays de deux manières. « Tout d’abord, je ne penserais pas à ce qui me serait bénéfique. Je penserais plutôt à ce qui serait bénéfique au pays. Je n’agirais pas non plus d’une manière égoïste. J’essaierais d’être consciente de ma responsabilité et de représenter d’abord mon pays, ma famille, l’école qui m’a formé, les gens qui ont participé à cette formation, et moi-même. Dignement.»

Aux jeunes

« Ce que je pourrais dire aux jeunes de mon milieu, c’est d’essayer, au lieu de regarder vers l’étranger, de regarder en Haïti. Au lieu de dire qu’Haïti n’offre rien, à l’instar de Jean Fitzgerald Kennedy [35e président des Etats-Unis, de 1961 à 1963. Il mourut assassiné durant son mandat] qui a dit : Ne demandez pas au pays ce qu’il vous offre, mais demandez à vous-même ce que vous allez lui offrir ».

Très en verve sur ce point, Hudenie a ajouté que les jeunes « …pourraient essayer de s’arranger, de savoir ce qu’ils peuvent faire pour le pays au lieu de dire que le pays n’offre rien, et de partir à l’étranger. Je leur demanderai d’être sérieux et de s’impliquer activement dans les activités patriotiques ».

Propos recueillis par
Yvens RUMBOLD et Jean-Gérard ANIS
22 mai 2014

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