mercredi 14 octobre 2015

Six conseils fondamentaux de débat

6 conseils fondamentaux de débat de l'entraîneur de la meilleure équipe de débat universitaire du monde

Par Richard Feloni

Samuel Nelson a pratiqué l'art du débat depuis qu'il avait 12 ans.
Aujourd'hui, il est professeur à l'Université Cornell et le directeur de son équipe de débat, que l'Association Internationale de l'Education par le Débat classe comme le  l'équipe de débat universitaire n ° 1  dans le monde.

Nous avons demandé à Nelson comment on pourrait commencer à élaborer et livrer de meilleurs arguments. Vous remarquerez comment, avec une certaine tempérance, beaucoup de ces qualités d'orateur peuvent travailler aussi bien sur scène que dans une salle de réunion.

Voici les conseils de Nelson:

Comprendre les éléments de votre argument.

Nelson dit même si cela peut sembler basique, la plupart des gens ne réalisent pas ce que sont les éléments d'un argument.

Votre argumentation a besoin de:
• une déclaration : Vous avez à dire quelque chose que vous essayez de faire passer.
• une justification: Vous devez expliquer pourquoi votre point est vrai.
• des données: Vous avez besoin de preuves pour valider votre explication.

Séduire votre auditoire.

Les composants de votre argumentation doivent ensuite être livrés à travers les éléments de la persuasion du philosophe grec Aristote.

Vous devez convaincre votre auditoire à travers l'ethos, la crédibilité fondée sur le caractère; pathos, un appel à l'émotion; et le logos, la logique. Garder ceci à l'esprit, Nelson recommande également que vous persuadez avec les quatre étapes décrites dans "The Art of Woo", par G. Richard Shell et Mario Moussa:

1. Présenter un problème qui doit être réparé.
2. Révéler la racine du problème.
3. Expliquer votre solution.
4. Illustrer comment votre solution apportera de bonnes choses à l'auditoire.

Garder votre calme.
« Une des choses que vous recherchez dans un bon débat est l’affrontement», dit Nelson, mais cela ne veut pas dire que les débatteurs qui ont réussi devraient avoir une écume à la bouche quand ils sont défiés. C’est pourquoi Nelson a donné à son équipe de débat ce mantra: "Ne pas élever la voix / Améliorez votre argument."

Les débatteurs, en particulier dans le monde de la politique, peuvent être des tisons dans le sens où ils gagnent le soutien en exprimant leur passion sur certains sujets. Mais ils ne peuvent pas gagner un argument si elles laissent leur adversaire les conduire à des débordements émotionnels qui stoppent leur message.

Nelson dit que l'un des meilleurs débatteurs dans la politique américaine était le président Ronald Reagan, qui a maintenu une attitude cool, même face à des attaques vicieuses. Nelson dit à ses élèves que se concentrer strictement sur les éléments de leur argument aide à rester concentré quand un débat s’échauffe.

Identifier plutôt que d'ignorer les attaques personnelles.

Sur cette note, il y a bien sûr toujours le risque que votre adversaire attaque votre personne plutôt que simplement votre argument.

« Dans la vie quotidienne, prendre la grande route serait d’ignorer une insulte grossière et de poursuivre votre chemin. Pas dans un débat », dit Nelson. Il conseille à ses élèves de «combattre l'attaque personnelle, de ne pas l'ignorer."

Dans un débat présidentiel, par exemple, un candidat peut accuser l'autre d'être un gouverneur terrible. Plutôt que de dire pourquoi l'adversaire est un mauvais sénateur ou faire comme s’il n'a pas entendu, le candidat ferait mieux d'abord de répéter l'insulte, de donner une brève explication du pourquoi elle était incorrecte, puis faire la transition vers un de ses points clés du débat.

Un auditoire peut être divertie par une riposte personnelle, mais il va être vraiment impressionné par une réponse de classe.



Pivoter sur vos forces quand l’occasion se présente.

Une des choses les plus frustrantes de politiciens est la façon dont ils peuvent éviter de répondre aux questions en répétant un message qu'ils ont déjà répété plusieurs fois auparavant.

Pour éviter de ressembler à un robot (ou une secousse), vous devez répondre à toute question secondaire ou de défi et peaufiner votre réponse en retour sur un de vos points fondamentaux dont vous voulez que votre auditoire se souvienne.

Représentez votre électorat.

Un des derniers messages que Nelson donne à tout le monde sur le coaching est : "Ne pas faire de gaffe !», qui signifie essentiellement, «Ne dites pas de bêtises ! » La façon dont il les obtient pour les rendre eux-mêmes ridicules est de leur rappeler pour qui ils parlent.

S’il parle à un étudiant, il leur rappelle qu'ils représentent leur université. S’il parle à un homme politique de haut rang, il leur rappelle qu'ils représentent leur Etat. «À tout le moins, Trump représente sa marque», dit Nelson.

Vous ne voulez pas être dans une situation où vous embarrassez les gens que vous représentez, Nelson dit, et «si vous vous en souvenez, vous pouvez rester sur la bonne voie."

Lire la suite: http://www.businessinsider.com/debating-tips-from-cornell-debate-team-director-2015-8#ixzz3iACKucNV


Traduit en français par Jean-Gérard Anis
FOKAL

mardi 13 octobre 2015

Changement climatique et transformations des sociétés : exemplarités haïtiennes

Invitation  

« Changement climatique et transformations des sociétés : exemplarités haïtiennes »

Initiatives locales pour l'environnement

Cycle de conférences, spectacles, ateliers, expositions, films, marché de produits locaux du 19 au 23 octobre 2015 

                 
  
A l'occasion de la 21e conférence de l'ONU sur le climat en 2015, la Fondation Connaissance et Liberté (FOKAL) et l'Institut français (IFH) s'associent pour engager du 19 au 23 octobre, une série d'activités intitulée « Changement climatique et transformations des sociétés : exemplarités haïtiennes ». Il s'agit d'organiser, un ensemble de débats et d'activités   entre acteurs de terrain, scientifiques, universitaires, journalistes, responsables communautaires, responsables des politiques publiques et société civile.

Le cycle sera inauguré le lundi 19 octobre à 6h pm à l'Institut français d'Haïti en présence de Mme Elisabeth Beton-Delègue, Ambassadeur de France en Haïti, et Mme Michèle Duvivier Pierre-Louis, Présidente de FOKAL. La journée du 19 octobre inaugure également l'exposition photo de Yann Arthus-Bertrand « 60 solutions face au changement climatique » et un marché de produits locaux.   Le cycle de conférences et de tables rondes débute le mardi 20 octobre à 10h am à FOKAL.
 
Nous vous invitons à participer à cette semaine d'évènementsdont le dossier de presse et le programme sont en téléchargement ici :télécharger le dossier de presse et le programme.
 
Dans un contexte qui connait des difficultés de tous ordres (institutionnelles, financières, sociales ...), ces activités visent à débattre des réponses à apporter pour favoriser un développement durable et améliorer la qualité de vie des populations. Alors que COP21 sera placée sous le signe de l'exemplarité environnementale, la Fondation Connaissance et Liberté (FOKAL) et l'Institut Français d'Haiti (IFH) proposent une démarche novatrice : comprendre et tirer les enseignements de l'exemplarité de l'engagement des acteurs locaux. L'approche retenue s'inscrit dans un souci de vulgarisation scientifique, de mise en débat et de soutien à l'expérimentation collective, en mettant l'accent sur les initiatives positives émanant de la société civile avec les objectifs suivants :

* Eclairer à partir d'initiatives locales, les dynamiques positives à l'œuvre dans les domaines de l'environnement et interpeller les politiques sur les opportunités d'extension et d'essaimage de ces expériences,

* Dans un aller retour permanent entre théorie et expériences de terrain, solliciter l'éclairage des experts, mettre en regard ces initiatives pour en tirer les enseignements utiles à leur développement à l'échelle locale, régionale et plus globalement dans les PMA. En travaillant à partir d'initiatives locales, le projet tirera des enseignements applicables à des pays comparables. Il contribuera à l'apprentissage de la communauté internationale et des pouvoirs publics en matière de politiques et de stratégies environnementales,

* En toile de fond, questionner les cadres globaux de la transition climatique et leur efficience en Haïti pour informer la société civile, interroger le rôle de l'Etat et des citoyens

* Explorer les voies et moyens par lesquels la société civile, des ONG et les scientifiques peuvent s'organiser en réseau et renforcer leurs contributions pour relever les défis environnementaux.

FOKAL et IFH vous souhaitent une bonne participation pour de fructueux échanges ! 

mercredi 7 octobre 2015

Education à la citoyenneté : L’Office de Protection du Citoyen s’engage

Mardi 6 octobre 2015 a eu lieu au local de l’Office de Protection du citoyen le lancement officiel du programme « Education à la citoyenneté » de cette institution, en présence de la presse parlée, écrite et télévisuelle de la capitale, des représentants de l’Etat, d’organismes de droits humains, de la société civile, des cadres de l’OPC à P-au-P et en province, des directeurs d’écoles, d’élèves et d’écoliers des établissements scolaires publics et privés de la capitale.
Une partie de l'assistance
L’objectif de ce programme à destination des écoliers et des élèves, qui a démarré réellement à Port-au-Prince en 2010 puis s’est étendu peu à peu au reste du pays, est de former une nouvelle génération de citoyens, empreints de la culture des droits humains. Ce programme participe à la promotion d’un autre modèle de société, selon Jude Jean-Pierre, le jeune et très déterminé directeur de formation et des relations publiques de l’OPC.

Eduquer un enfant pour servir son pays

Ce programme « Education à la citoyenneté » est à la fois un programme d’information, de formation et de sensibilisation. L’activité consiste en une série de causeries d’une heure, réalisées par un formateur ou une formatrice mandatée par l’OPC dans les écoles publiques et privées, dans diverses communautés du pays (Jérémie, Jacmel, Aquin, Ouanaminthe, Petit-Goâve…) pour instruire les jeunes sur leurs droits et devoirs.
Florence Elie, la directrice de l'OPC, au centre
Les formateurs se concentrent sur les points suivants : la mission de l’OPC, le civisme, les droits et devoirs, l’environnement, le rôle des pouvoirs publics, le patriotisme, le sens du devoir… Ils utilisent une trousse éducative « Je m’engage », développée avec l’appui d’une ONG canadienne appelée Equitax, et disponible sur le site web de ces 2 institutions et du GARR.

A date, 1.134 séances ont été déjà réalisées, et 59.954 élèves ont été touchés par ce programme d’éducation civique, sur une période de 5 ans, soit de 2010 à 2015. La démocratie passe par l’éducation des enfants. « Eduquer un enfant, c’est le mettre en condition pour servir son pays », conclut Jude Jean-Pierre. Car tant vaut l’éducation vaut la société.

Le MENFP milite pour une école citoyenne

Le directeur du Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MNEFP), Reynold Telfort, invité à la cérémonie, a affirmé que ce programme développé et exécuté par l’OPC est en train de proposer des voies de sortie à 3 millions d’enfants de la société, qui font face comme les adultes à d’importants problèmes dans le pays : violence, discrimination de genre, environnement…
Intervention de Reynold Telfort, le directeur du MENFP
Selon ces propos, il croit qu’il ne suffit pas de fournir aux enfants à l’école des compétences de base (lire, écrire, compter), il est important également de développer l’aspect citoyen, ce qui veut dire leur inculquer des comportements responsables (par exemple zéro sachet plastique dans l’enceinte des écoles), et des valeurs (le symbolisme du drapeau, les droits…).

Reynold Telfort a profité pour annoncer que le MENFP a engagé les chantiers de la réforme des curricula (les programmes de cours en vigueur actuellement ont 35 ans), dans le but (ou plutôt l’idéal) de construire des citoyens adaptés au XXIème siècle, compétitifs par rapport aux autres nations, avec une posture citoyenne, c’est-à-dire consciente de ses droits et de ses responsabilités.

L’OPC en passe de gagner son pari

La protectrice du citoyen, Florence Elie, a rappelé dans son discours que l’effort individuel sans connectivité avec d’autres acteurs a généralement un faible impact. C’est pourquoi l’OPC recherche des synergies dynamiques et institutionnelles pour maximiser les chances de réussite des projets, des programmes de l’institution.
Intervention de la laureate Ketlie André, déléguée régionale de l'OPC dans la Grand-Anse
Elle a remercié, félicité, honoré et récompensé des délégués régionaux de l’OPC, formés à la promotion des droits humains, qui ont été les principaux acteurs de ce programme en province. La lauréate, en termes de performance dans ce programme, est Ketlie ANDRÉ, une femme originaire de la Grand-Anse, qui a organisé à Jérémie 90 séances de formation touchant 9,912 élèves, en moins de 6 mois.

Jean-Gérard ANIS
Coordonnateur du Programme Initiative Jeunes

FOKAL

lundi 5 octobre 2015

Groupe ECHO Haïti à la 2e édition du Forum international des jeunes à Istanbul

Katie-Flore Fils-Aimé au Youth Forum 2015
Du 15 au 17 septembre 2015, j’ai eu l'opportunité de représenter le Groupe ECHO Haïti à la deuxième édition du Forum international des jeunes à Istanbul, en Turquie. Cette manifestation annuelle, organisée par "Open Society Foundations" (OSF), est une occasion pour des jeunes leaders et activistes du monde entier d’engager des dialogues, de partager des expériences et des compétences pratiques pour des actions à mener avec et pour des jeunes. Plus de 90 participants venant de plus de quarante pays, d’Europe, du Moyen-Orient, d’Afrique, d’Asie et d’Amérique ont pris part à ce forum.

Un forum d’un genre nouveau

Trois jours d’intenses débats, de réflexions, de création, de travaux en équipe ont abouti à divers projets concrets et des partenariats multiples. La méthodologie priorisée par les organisateurs cette année répond à une logique participative en ce sens que l’agenda détaillé n’était pas défini à priori et que la participation de chacun a été requise pour constituer celui-ci. Les participants ont créé leur propre contenu, ont décidé d’eux-mêmes des sujets de discussion. La seule règle était de faire ressortir la vision de la jeunesse dans le cadre du soutien à une société ouverte à travers l'artsivisme, les médias et les nouveaux récits.

Par ailleurs, l’originalité du forum tient également du fait qu’il n’était pas question d’une succession infinie d’experts ou de conférenciers venus exposer leur point de vue sur des sujets spécifiques. Il s’agissait plutôt d’entendre la voix des jeunes leaders et de mettre à profit leur créativité naturelle.
Katie-Flore, présentant le Groupe ECHO et le projet Elan Haiti 2016
Néanmoins, trois pistes de réflexions ont été soumises par OSF pour mieux faciliter les discussions: Justice, Santé publique et Activisme dans les sociétés fermées. Les participants devaient choisir leur atelier de travail en fonction de la piste thématique qui reflète le mieux leurs travaux dans leur communauté respective ou leur intérêt de participer aux débats sur de nouveaux paradigmes.

"Hackathon", ou une autre façon d’inventer le monde

Une autre innovation apportée au forum cette année est la collaboration d’OSF avec Hackastory, une équipe de journalistes et de développeurs (personnes qui écrivent des codes informatiques pour tout type d’applications) qui utilisent le monde numérique pour créer de nouvelles stratégies et approches narratives pour le bien et l'avancement des communautés, à travers des "Hackathons". Les Hackathons, (fusion des mots hack = pirater et de marathon) sont des événements où des développeurs et des porteurs de projets se réunissent pour faire de la programmation informatique collaborative, sans interruption, dans un délai très court (généralement quarante-huit heures).
L'équipe hackathon de Katie-Flore en plein travail
En effet, au-delà des trois pistes de réflexions mentionnées plus haut, un espace a été offert aux participants pour engager, dans un esprit d'exploration, des activités de création combinant la technologie et le service à la communauté.

Je suis arrivée au forum avec un sentiment d'excitation doublée d'une soif aigue d'apprendre. J'ai choisi de participer au "Hackathon" d'abord par curiosité et par esprit d'aventure compte tenu de l'aspect mystérieux qu'il présentait. A l'instar de la plupart des participants, je n'avais aucune idée de ce que ça pouvait être, en dépit de nombreux documents et informations transmis par OSF et l'équipe de Hackastory durant la semaine précédant le forum.

Des applications numériques innovantes utiles aux communautés

J'ai été agréablement surprise de voir l'aspect très pratique de l'atelier "hackathon", encore plus que les autres ateliers liés aux pistes thématiques de discussion proposées par OSF. Une vingtaine de participants environ, répartis en quatre équipes, ont pris part à l'espace Hackathon.  Le défi était de créer en quarante huit heures, un projet concret, innovant et potentiellement utile à la communauté.

L'équipe dont je faisais partie était constituée de deux développeurs venant des Pays-Bas et de la Turquie (pays-hôte du forum) ainsi que de trois autres jeunes activistes, dont deux originaires du Kirghizstan et l'autre du Kazakhstan. Les activistes et moi faisions office de porteurs de projet et nous nous occupions de la conceptualisation et des recherches nécessaires à la mise en forme du projet pendant que les développeurs s'occupaient de la programmation.
Katie-Flore avec son équipe de hackathon a gagné un prix pour leur projet
Après deux jours de travail assidu et quasiment sans répit, mon équipe a eu le mérite de gagner le prix du projet le plus potentiellement utile à la communauté pour la création d'une application mobile qui permet aux citoyens d'une ville de rapporter de manière instantanée et quasi systématique à leur municipalité les principaux problèmes d'intérêt public (lampadaires brisées, mauvais stationnement, détritus sur la voie publique, danger dans un quartier, etc.). Les utilisateurs n'ont qu'à se connecter à l'application qui leur propose une carte sur laquelle ils peuvent localiser le problème identifié et le notifier aux autorités concernés qui sont elles-mêmes connectées à l'application. Cette dernière propose également un onglet de hiérarchisation des problèmes qui permet aux utilisateurs de participer au processus de priorisation des interventions des autorités.

Il s'agit non seulement de favoriser une réponse plus rapide de la part des autorités en ce qui a trait à la fourniture de services publics mais aussi d'encourager la participation citoyenne dans le fonctionnement et la gestion de la chose publique.
Katie-Flore intervenant au Yout Forum
Dans un monde désormais dominé par les nouvelles technologies, une telle application serait utile et adaptable dans une ville comme Port-au-Prince où la plupart des citoyens disposent d'un téléphone intelligent et où les autorités sont généralement lentes à répondre aux problèmes journaliers de la communauté, en partie faute de manque d'informations. L'application est disponible à travers le lien suivant: 

Les projets des trois autres équipes sont aussi innovants qu'intéressants: un jeu de cartes digitales permettant de classer les pays en fonction de leur degré de tolérance, leur stabilité politique et économique (http://app.rodey.nl/state-co); une application permettant de tuer des tweets effarouchants (http://ttt.wnmm.nl); un autre jeu où les utilisateurs expérimentent, selon leurs propres perspectives, les durs choix des personnes à statut de réfugiés (http://slides.com/frankbosma/invasion).

FOKAL et Groupe ECHO Haïti, un partenariat gagnant au service des jeunes en Haïti

Cette expérience aura été l'une des plus édifiantes que j'aie jamais vécues : du partage d'expériences avec des jeunes et de dynamiques leaders venant de plus de quarante pays avec des profils aussi variés que remarquables, des récits aussi impressionnants qu'inspirants.

J'ai pu, par ailleurs, présenter brièvement le Groupe ECHO et ses activités, en particulier l'événement Elan Haïti qui a suscité des intérêts significatifs chez certains participants. Un tête-à-tête fructueux a également été réalisé avec la nouvelle Senior Manager d'Open Society Foundations qui a été très impressionnée par le travail du Groupe ECHO en Haïti et s’est montrée très intéressée à collaborer avec nous.
Katie-Flore, Rachele Tardi et J-G Anis
Je suis revenue du forum plus motivée et plus engagée que jamais à continuer à travailler avec la jeunesse haïtienne dans le sens de l'avancement d'Haïti. Ma participation à ce forum constitue sans doute un nouvel acquis pour le Groupe ECHO Haïti dans la mesure où il suscite déjà de nouvelles idées qui nous permettront d'alimenter nos interventions. Nous pensons d'ailleurs organiser, entre autres, un Hackathon en Haïti, qui fera partie du nouveau plan stratégique du Groupe. Ce forum permet également au Groupe ECHO Haïti d'identifier de nouveaux partenaires pour l'exécution de projets communs.

Au nom du comité du Groupe ECHO Haïti, je tiens à remercier la FOKAL et particulièrement le coordonnateur du programme Initiatives Jeunes, Jean-Gérard Anis, pour sa confiance et son intérêt pour le Groupe et qui nous a valu cette excellente opportunité.

Katie-Flore Fils-Aimé
Présidente Groupe ECHO Haïti

28 septembre 2015

mercredi 30 septembre 2015

Un Youth Forum 2015 à Istanbul, pour créer des espaces…

Le Youth Forum (YF) 2015 organisé du 15 au 17 septembre dernier par le programme Youth Exchange d’Open Society Foundations (OSF), pour la 2e fois consécutive à Istanbul, en Turquie, a été un formidable espace de réseautage, de partage d’expériences et de compétences pratiques et pertinentes, de semences d’idées et de collaborations qui peuvent potentiellement instruire des stratégies de plaidoyer sur les jeunes à l'avenir. (Voir précédent article sur ce sujet dans Nouvel FOKAL du 9 septembre 2015)
Assemblée plénière au Youth Forum
FOKAL, représenté par Jean-Gérard Anis, le coordonnateur de son programme Initiatives Jeunes, accompagné de Katie-Flore Fils-Aimé, la présidente du Groupe ECHO Haiti, association d’étudiants et de jeunes professionnels haïtiens que la fondation soutient depuis 3 ans, ont rejoint une cohorte de 90 participants venant de plus de 50 pays, à ce second YF annuel d’OSF. Des experts côtoient des activistes en droits humains, des jeunes leaders échangent avec des représentants d’ONGs et des responsables de programmes des bureaux d’OSF en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud, réfléchissant et travaillant tous à un même idéal : changer la société avec et au bénéfice de la jeunesse.
Création de groupes de travail et échange
L’approche de ce forum a porté cette année sur la méthodologie, plus exactement des manières de faire plutôt que sur un thème de société ouverte, à l’intérieur des pistes thématiques de travail suivantes: justice, santé publique et le militantisme dans les sociétés fermées. Chaque piste thématique a examiné comment les récits de jeunes fonctionnent dans le cadre des thèmes de société ouverte. Les participants étaient répartis dans quatre groupes de travail différents. Chaque participant dispose de nombreuses possibilités à la fois d’apprendre et de partager son propre travail et ses expériences.

Sortir des chemins traditionnels, repenser les stratégies

L’atelier sur la santé publique s’est concentré sur la réduction des méfaits et de la politique de la drogue vue comme un problème de santé publique pertinent et particulièrement opportun pour les jeunes. Avec l'aide de jeunes qui travaillent sur ces questions dans le monde entier, les participants à ce groupe ont exploré les récits dominants dans les médias et la culture populaire, et tenté de développer et d'explorer des contre-récits prometteurs, des actions créatives que les participants peuvent présenter devant la Session extraordinaire de l'Assemblée générale de l'ONU sur les drogues, en avril 2016 (UNGASS).
Restitution de travail du groupe Santé publique
L’atelier « hackathon » réunit conteurs, développeurs informaticiens, concepteurs de projet pour expérimenter ou créer, avec les nouvelles technologies, des histoires et des prototypes pour les médias dans les sociétés fermées, à travers des webapps interactives, la géo-localisation sur mobile, ou des jeux interactifs, etc. Parce que l'Internet, les médias sociaux, la technologie mobile et portable sont en train de changer la façon dont nous racontons des histoires, les conteurs, les développeurs ont uni leurs différentes compétences pour expérimenter davantage, dans notre monde en accélération.
Atelier de travail du groupe Hackathon
Le groupe de travail sur la justice s’est préoccupé de ces questions : comment nos compréhensions de la sécurité largement acceptées ont évolué ? Comment sont-elles renforcées par les politiques et les pratiques de la justice ? Qui en bénéficie et qui en est exclu? Les systèmes de justice sont censés fournir et assurer la sécurité de toutes les personnes dans une société d'une manière juste et efficace. 

En réalité, nous savons que ce n’est souvent pas le cas. Le but de cet atelier a été donc d'explorer ces questions, mais avec un accent particulier sur l'utilisation des services de police et d'incarcération, de la race, de la sexualité, et de la citoyenneté, pour définir et contrôler les individus «déviants», au nom de la sécurité publique.

Créer des espaces dans les endroits fermés

Ce groupe de travail de 23 personnes, dans laquelle j’ai été, a exploré ce que cela signifie de travailler sur les questions de justice sociale (créer des espaces) là où il y a des restrictions et des menaces (sociétés fermées) liées à la sécurité politique, juridique, sociale, religieuse ou culturelle. L’objectif a été de trouver dans ce cadre des façons de manœuvrer au sein de ces espaces pour faire  progresser des domaines d'importance et voir si les véhicules choisis ont été utiles pour le faire.
Atelier de travail du groupe "Making spaces in tight places"
Les participants ont commencé par décrire les restrictions qui constituent autant de barrières à la liberté d’expression ou à la liberté tout court. La fondamentalisme religieux au Moyen-Orient (Pakistan, Afghanistan, Iran), la guerre (Irak, Syrie, Lybie), la répression politique (Egypte, Zimbabwe), les discriminations envers les minorités en Europe de l’Est (Hongrie, Roumanie, Turquie, Ouzbékistan, Kirghizstan…), les dérives autocratiques en Afrique subsaharienne (Soudan, Egypte, Burkina Faso, Guinée équatoriale), le poids des traditions (Inde, Afghanistan et les pays du Golfe persique), les tensions politiques et militaires en Europe de l’est (Ukraine, Géorgie, Arménie, Tadjikistan), produisent des enfermements pour les peuples à court d’espaces ouverts.

La société civile (ONGs, Collectif de citoyens, associations) dans des sociétés fermées a toujours tenté de se créer des espaces pour exprimer leur refus du statu quo ou de provoquer des changements dans leurs sociétés. Elle défie les espaces fermés soit par l'ouverture de nouveaux dans les espaces hors ligne, soit par l’innovation tactique (l'humour par exemple), soit par la résistance culturelle, soit par l'apprentissage des jeunes. La résistance civile fonctionne parce qu’elle exige le «non», tout en construisant le "oui". Elle se base sur la formation et la diversification de tactiques pour la résilience, et ne transige pas avec l’impératif stratégique de la discipline non violente.
Groupe de travail sur le thème des sociétés fermées
Mais souvent, la société civile est en butte à des défis qui limitent et entravent l’efficacité de son action. Une activiste soudanaise intervenant dans l’atelier a fourni les explications suivantes : les leçons ne sont généralement pas tirées et les succès pas souvent célébrés, les processus et les méthodes de flux de travail sont rarement documentées et transmis aux nouveaux membres, les solutions techniques ou technologiques ne sont pas adaptées à des contextes locaux, la mémoire historique n’est pas souvent saisie à cause d’une forte rotation et l’entrée fréquente de nouveaux membres. Son organisation a développé une plateforme bilingue pour l’usage stratégique des nouveaux médias, www.sawtna.net et @sawtna.

Pour une société civile décentralisée

Pour contourner le problème, l’intervenante soudanaise prône la décentralisation de la société civile au-delà de la politique. Autrement dit, devant les limitations excessives sur la société civile, elle promeut l’émergence d'une nouvelle société civile décentralisée.
Intervention d'une activiste soudanaise
Cette société civile décentralisée se fonde sur les caractéristiques suivantes, en prenant l’exemple du Soudan : les mouvements résistants non violents sont dirigés par des jeunes, comme GIRIFNA au Soudan. La société civile est sans bureaux ou sans espaces physiques. Elle occupe de nouveaux espaces d’opération: les universités, les lieux publics, les marchés, les quartiers. Elle fait un large recours à l'Internet et au partage et documente ses histoires. Elle recherche le soutien de la jeunesse de la diaspora.

Ses actions empruntent d’autres formes de contestation dont la méthodologie porte directement sur la modification des récits et des problématiques dominants capables d’un changement plus immédiat. Par exemple, une campagne d'éducation des électeurs dans les rues. Les mouvements de jeunes ont changé le récit dominant en politique en racontant des histoires de souffrance humaine. Leurs campagnes médiatiques et numériques tournent par exemple des détenus politiques sans visage en héros nationaux.
Discussions sur la question de comment créer des espaces ouverts
Il peut s’agir aussi  de satire politique sur les réseaux sociaux avec de courtes vidéos sur You tube (Soudan), des graffitis anti-corruption (Pakistan), du street art, de longues photos panoramiques de manifestations (Tadjikistan), d’une bande dessinée pour dénoncer la dictature (Guinée équatoriale), ou encore des conflits documentés par des journalistes citoyens. Par exemple, un collectif de journalistes citoyens au Soudan donne à des civils touchés par la guerre une voix, car il n’était pas permis à des journalistes étrangers de se rendre aux monts Nouba, zones de conflit.

« Aucune philosophie, aucune analyse, aucune aphorisme, que ce soit toujours si profonde, ne peut se comparer en intensité, et à la richesse de sens d’une histoire bien racontée ». Hannah Arendt

Les jeunes, des agents critiques de changement

Néanmoins, dans les initiatives d’une société civile décentralisée, les processus ne sont habituellement pas pris. A ce stade, la société civile doit s’assurer de la primauté de la participation, c’est-à-dire de l’importance de la quantité et de la qualité de la participation. Et en ce sens, la jeunesse est souvent le moteur de la mobilisation de masse, avec des cas de réussite dans les pays d’Afrique (Soudan, Burkina Faso, Burundi, Ouganda, République centrafricaine), du Proche Orient (Egypte, Tunisie, Koweït), d’Asie Sud-est (Indonésie, Inde, Malaisie, Hong Kong…), en Europe de l’Est (Ukraine, Arménie, Serbie, Tadjikistan).
Atelier de travail sur les alternatives entre entre dominants et colonisés
Les jeunes représentent des agents critiques de changement. Ils sont énergiques et créatifs, constituent des vecteurs pour atteindre les familles, recouvrent les secteurs sociaux et ont du flair pour la technologie. Selon une militante tadjike qui s’exprimait dans le groupe de travail, la créativité est l'une des principales méthodes et mécanismes efficaces pour le développement démocratique de la jeunesse et de la paix partout dans le monde. Par exemple, la société civile de son pays est arrivée à réduire les conflits et l'intolérance ethnique parmi les jeunes dans le district frontalier d’Isfara en Tadjikistan, grâce à l'utilisation de l'art public (graffiti, longues photos panoramiques) et à attirer l'attention du public sur les propositions venant du regard de la jeunesse et assurer la participation des jeunes au processus de prise de décision.
Une jeune présentant les travaux de son groupe
Puis le groupe a conclu avec une exploration de la connectivité et l'identification des intérêts communs via un réseautage des participants avec pour objectifs de partager des idées, des histoires et des expériences ; d’apprendre de nouvelles stratégies et initiatives ; d’identifier des problèmes de pratiques ; enfin de créer un blog. Un guide pour l’utilisation stratégique des nouveaux médias pour un changement social pacifique est en projet.


 Définir des espaces ouverts en Haiti

La technologie et les nouveaux médias constituent aujourd’hui d’impressionnants outils pour créer des espaces et maintenir des espaces ouverts. Les jeunes dans beaucoup de sociétés politiquement ou socialement fermées innovent sous la répression, grâce à la pénétration du mobile et de l’internet, pour imposer leurs histoires, protester, mobiliser la population, et changer in fine la société.
Katie-Flore Fils-Aimé, du Groupe ECHO, au Youth Forum
Les mouvements sociaux conduits par les jeunes dans beaucoup de pays cités dans l’article empruntent ces opportunités ou ces nouveaux espaces que sont les média sociaux et l’artsivisme (l’activisme par l’art) pour entreprendre des actions de mobilisation ou de sensibilisation non violentes, comme pour revendiquer, pour voter, pour soulever, pour protester, pour résister.

C’est un nouveau chantier, pour ne pas dire un nouveau challenge, pour les mouvements de jeunes  en Haiti, qui trop souvent malheureusement engagent des bras de fer (violentes manifestations de rue, blocage des routes avec des barricades enflammées, dégradations ou destructions de biens, incendies de véhicules, menaces d’intimidation), avec les forces auxquelles ils s’opposent, qui aboutissent au mieux à des victoires à la Pyrrhus, au pire à un essoufflement ou un éclatement du mouvement.
Une partie des participants du Youth Forum
Exiger le non, sans construire le oui est la principale faiblesse des campagnes ou des mobilisations de jeunes en Haiti. Des espaces ouverts, diversifiés et novateurs ne sont pas créés pour assurer l’efficacité de leurs actions. Cela vaut autant pour la société civile haïtienne. Elle a trop tendance à s’enfermer, sans le savoir peut-être, dans des modes et stratégies d’intervention rigides et prévisibles qui ne suffisent plus à mobiliser la population ni à infléchir durablement le cours des choses.

Jean-Gérard Anis
Coordonnateur du Programme Initiative Jeunes

FOKAL

lundi 28 septembre 2015

Vision de la Jeunesse : FOKAL au Forum Mondial de la Jeunesse en Turquie

Pour la deuxième année consécutive, FOKAL participera au second Youth Forum annuel de la jeunesse, organisé par Open Society Foundations (OSF), dont FOKAL est membre, du 15 au 17 septembre 2015, à Istanbul, en Turquie. Le thème du forum de cette année est : Vision de la jeunesse: Soutenir Open Society à travers Artsivism, les médias, et de nouveaux récits.

Le Youth Forum fournit une plate-forme pour OSF de s'engager avec les militants de la jeunesse et des jeunes dirigeants pour inspirer des discussions sur la façon dont notre travail peut être informé par de nouvelles formes et approches narratives. C’est aussi un espace de réseautage, de partage des compétences pratiques et pertinentes, et de semence d’idées de collaborations qui peuvent potentiellement informer nos stratégies de plaidoyer sur les jeunes à l'avenir.

Le forum se concentre cette année sur la méthodologie plutôt que sur un thème spécifique de société ouverte. Il s’engagera sur les questions suivantes : Comment ces nouveaux récits peuvent soutenir et/ou améliorer notre travail à l'échelle mondiale? Comment avons-nous besoin de penser la façon dont nous soutenons les jeunes et également le développement d’espaces créatifs qui encouragent des récits alternatifs?

Les jeunes sont à l'avant-garde de l'utilisation des nouvelles technologies, de formes culturelles, et de méthodes pour proposer des récits traditionnels et à la fois de créer de nouveaux. Des ateliers thématiques, axés sur la justice, la santé publique, et le militantisme dans les sociétés fermées, examineront comment les récits de jeunes travaillent dans le cadre des thèmes de société.

Le coordonnateur du Programme Initiative Jeunes de FOKAL, Jean-Gérard ANIS, représentera la fondation à ce forum. Il sera accompagné de Katie-Flore FILS-AIMÉ, la présidente fraichement élue de Groupe ECHO Haiti, à la suite d’un processus de sélection au mois d’aout 2015.

Groupe ECHO Haiti est une organisation composée d’étudiants et de jeunes professionnels haïtiens, qui a pour mission d’identifier, de soutenir les initiatives susceptibles de contribuer au développement de la jeunesse haïtienne, et de créer des réseaux de jeunes dynamiques agissant sur les questions sociales et les contraintes de développement. Groupe ECHO a organisé en novembre 2014 Elan Haiti, le premier Forum international de la jeunesse, à l’Université du Roi Henri Christophe, à Limonade.

Jean-Gérard ANIS
Coordonnateur du Programme Initiative Jeunes


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