vendredi 3 mai 2013

FOKAL a formé des juges de débat à Gros Morne


Dans le souci d’intégrer de personnes-ressources extérieures à son programme et les activités de débat associées, FOKAL a entrepris depuis janvier 2013 une grande campagne de formation de juges de débat dans diverses communautés où ses clubs de débat existent. Cette formation est déjà réalisée dans les clubs de Port-au-Prince, Cap-Haïtien, Cayes, Camp-Perrin, Jacmel.
Quatre éducateurs, quatre étudiants à l’université et quatre animateurs de clubs de débat, trois autres professionnels dont un homme de loi, ont reçu samedi 27 avril 2013 à Gros Morne, une formation sur les règles et les techniques de débat Karl Popper, et sur la fonction de juge, animée par J-G Anis, le coordonnateur du Programme Initiative jeunes de FOKAL.

Le débat n’est pas une opération com’

Après que le coordonnateur ait présenté les objectifs du programme de débat de FOKAL, et ceux de cette formation, il a interrogé les participants sur leur expérience du débat. Chacun a reconnu que les débats qu’ils ont l’habitude d’écouter ou de regarder dans les médias haïtiennes ressemblent plus à de la conversation ou du bavardage. Parce que les débatteurs ne parlent pas pour apprendre ni convaincre le public, mais plutôt pour s’émousser au risque de tout capoter.
Le débat généralement exige le respect de l’adversaire, la tolérance des idées, l’écoute attentive, des arguments structurés étayés par des supports crédibles, bref une bonne préparation du débatteur. Des qualités et des attitudes que les débats présidentiels de l’an dernier aux USA et en France ont montrées, mais pas le dernier débat présidentiel en Haïti qui, selon eux, a été une cacophonie, une opération communication, au pire un pugilat.

Des juges à l’exercice d’apprentissage du débat

C’était l’occasion pour eux de passer à l’épreuve de l’exercice de produire une argumentation sur un sujet de débat de leur choix, qui a été : « La médecine traditionnelle devrait être autorisée dans les hôpitaux publics en Haïti ». Ils ont défini la médecine traditionnelle comme les pratiques naturelles et coutumières de traitement des malades n’utilisant pas les médicaments (utilisation de plantes ayant des vertus médicinales, les lavements, les infusions et thés…).
Puis quatre groupes de 3 personnes ont été créées pour préparer des arguments appuyant et opposés à la résolution, en respectant la structure du format Karl Popper. Deux groupes soutenant l’affirmation exprimée dans le sujet (la position affirmative) ont démontré que la médecine traditionnelle est efficace vu qu’elle traite la plupart des maux et infections récurrentes en Haïti ; et elle est plus économique, car le cout du traitement est quasiment gratuit et les produits sont disponibles dans la nature.

Par contre, les 2 groupes opposés à la résolution (la position négative) ont affirmé que la médecine traditionnelle est un traitement aléatoire, car il n’y a pas de norme standard pour doser correctement les produits utilisés et y éviter les réactions négatives du patient; elle représente un danger pour les malades, car sans un bon diagnostic, les produits agissent le plus souvent sur les symptômes mais pas sur la maladie qui continue à s’aggraver.

Réfuter, un exercice hautement délicat pour convaincre

Chaque groupe s’est efforcé ensuite de réfuter les arguments des groupes adverses. Les 2 groupes opposés à la motion croient que l’efficacité de la médecine traditionnelle n’est pas prouvée puisque qu’on n’a pas le taux de personnes déjà guéries par ce mode de traitement. De plus, la soi-disant économie qu’elle fait bénéficier au patient est une illusion qui masque un problème plus important : une médecine à 2 vitesses, l’une pour les petites bourses, l’autre pour les patients aisés.
Répondant à la position négative, la position affirme a contesté que la médecine traditionnelle soit aléatoire car selon elle, même un médicament administré avec la dose correcte peut être nocif pour un patient, et aussi le traitement médical n’est pas à l’abri des mêmes erreurs de diagnostic qu’avec le traitement traditionnel, car un médicament guérit souvent de préférence les symptômes au lieu de la maladie elle-même, comme dans le cas d’un cancer par exemple.

Suite à cette simulation de débat, Elizabeth et Thierry, 2 hauts cadres de FOKAL ont expliqué aux participants, dans une vidéo-guide du débat projetée à l’occasion, la fonction du juge de débat, ses exigences et les critères pour bien juger un débat. Un guide pédagogique ainsi que des documents didactiques sur les notions, principes et techniques de débat ont été distribués à chacun. Enfin, une évaluation de leurs connaissances acquises sur la fonction de juge a été effectuée à l’aide d’un quizz dont les réponses ont été très satisfaisantes.

L’épreuve d’arbitrer un débat

La formation s’est poursuivie le lendemain après-midi avec un débat d’exhibition entre 2 équipes du club de Gros Morne, dont les juges avaient à arbitrer comme exercice pratique. Plus de vingt-cinq jeunes ont assisté au match. Les commentaires généraux des 7 juges présents, sur les discours et les postures des débatteurs de chaque équipe à l’issue du débat, ont montré qu’ils ont bien compris le format Karl Popper. Néanmoins le fait qu’ils n’ont pas beaucoup réagi sur les arguments des équipes peut être mis sur le compte de leur inexpérience.
L’expérience a été tout de même encourageante étant donné que les commentaires et le vote des juges pour ce débat de démonstration ont été plutôt justes et adéquats. Le club de Gros Morne peut espérer compter sur des juges enthousiastes qui ont manifesté la volonté d’accompagner le club dans ses activités de débat. FOKAL attend donc de voir le résultat de cette collaboration sur la qualité des débats qui seront entrepris dans ce club.

Jean-Gérard Anis
Coordonnateur national du PIJ

jeudi 2 mai 2013

Projet de débat entre Haïti et la République dominicaine


Un projet de débat haïtiano-dominicain est né récemment à l’initiative de Mirta Aguirre, une consultante argentine qui possède une grande expérience dans le développement des projets sociaux et éducatifs. Elle vient d’introduire en République dominicaine le programme de débat, existant depuis 16 ans en Haïti, avec l’appui de l’organisation internationale Open Society Foundations, à New-York.


Mirta en Haiti, au camp d'été de FOKAL en été 2012
L’association dominicaine de débat que Mirta Aguirre a nouvellement créée à cette occasion à Santiago a invité la fondation FOKAL à s’associer à cet ambitieux projet dont l’idée est de promouvoir la réflexion et le dialogue entre les jeunes grâce à des débats entre jeunes Haïtiens et Dominicains dans la ville de Santiago, au Nord-est de la République Dominicaine (RD).

Le projet

Le projet consiste à promouvoir le débat comme un outil pour la réflexion, de la pensée critique et du rapprochement vers l'autre, à travers une série d'ateliers, de rencontres et de tournois de débat auxquels les jeunes dominicains et haïtiens participent dans la ville de Santiago.

L’association dominicaine de débat nouvellement créée à l’occasion à Santiago, travaillera de concert avec FOKAL à créer des liens entre les pays, en créant les conditions pour établir un espace de dialogue et un échange d'idées entre jeunes dominicains et haïtiens, qui valorisent la réflexion interculturelle et la compréhension des autres.

Les objectifs du projet:

Le projet vise à créer un espace de dialogue et de réflexion à travers la discussion entre les jeunes étudiants haïtiens et dominicains étudiant dans la ville de Santiago ; à établir des liens avec la Fondation FOKAL en Haïti, grâce à des rencontres internationales qui se tiendront des deux côtés de l'île ; à promouvoir la pensée critique et la tolérance de la communauté étudiante de Santiago à travers une série d'ateliers, de réunions et de discussion.

Mirta Aguirre, au camp d'été 2012 de FOKAL, au Cap-haïtien 
Contexte du projet

Bien que les relations entre Haïti et la République dominicaine (DR) aient été historiquement tendues, la RD est l'une des principales destinations des Haïtiens qui cherchent une alternative à la situation difficile de leur nation depuis des décennies. Les relations entre les deux sont marquées par un manque de connaissance de la culture de l'autre et, à l'occasion, par des comportements discriminatoires des Dominicains.

Mirta Aguirre avec des animateurs de club de débat, Aout 2012, en Haiti 
La ville de Santiago de los Caballeros est la deuxième ville la plus peuplée de la RD après sa capitale, Saint-Domingue, et en tant que tel est un des principaux bénéficiaires des immigrants haïtiens. Une grande partie de cette immigration est composé de jeunes qui viennent faire leurs études universitaires. On estime que dans cette ville il y a plus de 3 mille jeunes haïtiens inscrits dans différentes universités.

Le quartier étudiant à Santiago n'est pas étranger à cette dynamique, où le manque de connaissance de la culture d'Haïti ne fait que renforcer les stéréotypes. De même, l'absence d'espaces qui encouragent la pensée critique et la réflexion sur ces sujets et d'autres sujets d'intérêt ne permet pas de progresser dans la déconstruction de ces préjugés.

Justification du projet

Par conséquent, ce manque d'espaces de communication et d'échange entre les jeunes étudiants Haïtiens et Dominicains en résulte une problématique intéressante. C'est dans ce contexte que s'inscrit ce projet.

Créer des espaces de dialogue, de réflexion et de communication est impératif pour mettre de côté les préjugés et les stéréotypes qui existent entre les deux pays. C'est dans cet esprit que notre projet se pose.
Mirta et J-G Anis, le coordonnateur du programme de débat de FOKAL 
Soutenir la création d'un espace de ce genre dans la ville de Santiago, dont la population étudiante haïtienne est la plus grande dans le pays, va également dans ce sens.

Activités prévues du projet

Dans un premier temps, des jeunes Dominicains ayant un bon niveau en français et formés aux techniques de l'argumentation, de la pensée critique et du débat, participeront au camp de débat annuel de FOKAL, en Juillet 2013 à Jacmel en Haïti. Ce sera le premier débat international entre Haïti et la République dominicaine et ce sera une occasion unique pour les participants dominicains d'apprendre d’Haïti et sa culture, ses coutumes à travers l'hospitalité du peuple haïtien.
Mirta avec des débatteurs haïtiens, été 2012
Ensuite, les membres de la fondation FOKAL, un groupe de jeunes Haïtiens, avec le coordonnateur du Programme Initiative Jeunes de la Fondation, seront invités à participer à un tournoi débat à Santiago, à la fin de l'année 2013. L’évènement mettra également en vedette un festival de la culture haïtienne, où on pourra voir des films et des évènements culturels par les participants de l'atelier, et ouverts à toute la communauté.

Enfin, l’Association dominicaine de débat fera la promotion du débat comme un outil pour la pensée critique chez les jeunes de Santiago en général. Des ateliers et des tournois de débat en espagnol dans la communauté de Santiago avec à la fois des jeunes Haïtiens et Dominicains seront organisés avec l'intention de diffuser le débat comme un outil de réflexion critique. Il y aura un tournoi à la fin de l'atelier.


Partenaires du projet

Les compétences d’une équipe d'enseignants qualifiés bilingues (espagnol-français) et des travailleurs communautaires en République dominicaine, l’expérience des animateurs des clubs de débat et les formateurs de FOKAL seront mises à contribution dans ce projet. L’Alliance Française de Santiago, une institution en contact permanent avec la communauté haïtienne de Santiago, soutient le projet.

Mirta s'entretenant avec des jeunes débatteurs Haïtiens au camp d'été 2012 
Néanmoins, FOKAL est en train d’examiner la meilleure façon d’apporter sa contribution à ce projet. Déjà, la fondation a fait don récemment à l’Association dominicaine de débat d’une vingtaine d’exemplaires de son guide pédagogique de débat, édité en 2008 avec l’appui financier de l’union européenne et d’autres manuels de débats traduits en français par Open Society Foundations.

Conclusion

Dans la mesure où les jeunes sont conscients d’avoir identifié l’espace où ils peuvent réfléchir, discuter, apprendre, confronter et débattre de nouvelles idées, le projet pourrait créer un espace formel et durable qui permettra l'adoption de programmes à long terme au bénéfice des jeunes des deux pays partageant l’ile.

Jean-Gérard Anis
Coordonnateur du programme Initiatives Jeunes
FOKAL - Open Society Foundations Haiti

mardi 30 avril 2013

Précisions sur le tournoi de débat régional de FOKAL


Le premier tournoi régional de débat du Programme Initiative Jeunes aura lieu le samedi 15 juin 2013, à FOKAL. Les clubs qui y sont conviés sont les suivants : Fond Parisien, Santo, Christ-roi, BMC, Martissant, Cote-Plage, Mon Repos, Darbonne. Les clubs participant à cette compétition régionale de débat peuvent à juste titre la considérer comme un grand exercice de préparation au tournoi national au camp d’été.


Néanmoins, les clubs en province sont encouragés à organiser leur propre tournoi local afin de permettre à leurs débatteurs non seulement de mieux maîtriser les techniques de débat, mais aussi pour mieux identifier les débatteurs qui auront à défendre les couleurs du club au tournoi national cet été.

Chaque club sera représenté par une seule équipe. Les 8 équipes seront divisées en 2 groupes de 4, chacune jouera contre les 3 autres de son groupe. Par conséquent, chaque équipe jouera 3 matches au tour éliminatoire. Les 2 meilleures équipes dans chaque groupe se hisseront en demi-finale, où elles joueront un match à élimination directe. Et enfin les 2 équipes victorieuses en demi-finale joueront la finale.

Un trophée sera remis au club champion et des primes aux finalistes. Deux résolutions portant sur la   même thématique que le Global Youth Forum 2013 d'IDEA en Irlande, "La liberté numérique et ses limites", seront débattues dans ce tournoi régional. La résolution à préparer est la suivante: "Les Etats devraient être en mesure de surveiller l'utilisation d'Internet par les personnes soupçonnées d'activités criminelles ". La seconde est le sujet-surprise qui sera dévoilé pendant le tournoi.

Des ressources documentaires en anglais sur cette thématique sont disponibles sur le site d'IDEA, http://www.idebate.org Néanmoins, des traductions de certains de ces documents seront fournis aux coaches des équipes participant à ce tournoi régional de débat.

Les clubs de débat universitaires de la capitale seront invités à assister à ce tournoi, ainsi que d'autres institutions intéressées ou partenaires de FOKAL intéressés par le programme de débat, comme ils l’ont souhaité. Le tournoi sera ouvert au grand public.

Jean-Gérard Anis
Coordonnateur du PIJ

vendredi 26 avril 2013

FOKAL a formé de nouveaux juges de débat à Jacmel


Une initiative pour favoriser les débats des jeunes dans le club

Le coordonnateur des Programme Initiative Jeunes de FOKAL a formé dix (10) nouveaux juges de débat, le samedi 20 avril à Jacmel. Ces nouveaux juges sont constitués de 6 étudiants en économie, gestion et administration, de 2 anciennes débatteuses expérimentées du programme de débat des années 2000, de 2 journalistes et d’un enseignant.

Cette formation itinérante (les clubs du Cap-Haïtien, des Cayes, de Camp-Perrin, de Port-au-Prince en ont déjà bénéficié) a visé donc surtout à créer un corps de jury local dont la l’existence et la disponibilité favoriseraient l’organisation régulière de débats et de tournois locaux dans le club de Jacmel.

Les juges face aux exigences et contraintes de l’arbitrage

Les dix participants ont appris les exigences pour un juge d’arbitrer un débat, affrontement d’idées entre 2 personnes ou 2 équipes défendant chacune une position opposée sur un sujet controversé : se concentrer pour écouter les débatteurs, prendre de notes sur un ordinogramme, remplir le bulletin de vote.
Ces exigences citées auparavant font pendant aux contraintes de l’arbitrage : prendre une décision rapide en votant, résister à la tentation de se mettre à la place du débatteur, contrôler la durée des interventions de chaque débatteur et le temps de préparation de chaque équipe, être objectif dans sa décision.

Quand les juges endossent la place du débatteur…

Ils ont ensuite effectué en groupe l’exercice de construire des arguments structurés pour et contre un énoncé, à partir d’un sujet controversé qu’ils ont eux-mêmes proposé (« L’euthanasie devrait être autorisée en Haïti »), de les réfuter et de les reconstruire, afin de pouvoir comprendre la démarche des débatteurs et les attentes à avoir de leur discours.

La richesse des arguments qui rejettent l’énoncé a contrasté avec le peu de diversité des arguments le soutenant. Un des trois arguments (similaires somme toute) proposés par les participants pour justifier la résolution a considéré que  « l’euthanasie permettrait d’abréger les souffrances extrêmes et irréversibles d’un malade ». Cette décision selon eux s’apparenterait à une forme de libération pour le malade et sa famille.

En essayant ensemble d’expliquer l’expression « souffrances extrêmes » dans l’argument, les juges ont compris la difficulté pour un débatteur de réussir un tel exercice. Doit-on comprendre cette expression au sens de souffrances physiques et/ou psychologiques ? Lorsqu’on vit un homme ou une femme mette fin à ses jours à cause d’une rupture amoureuse, ne peut-on pas là parler d’un état de souffrance extrême ayant précipité ce drame ?

Les arguments exprimés contre l’euthanasie ont parlé de préférence de violation du droit à la vie du patient, d’atteinte à la dignité de la personne humaine, de risque grave de dérives conduisant vers de nombreux crimes opportunistes.

Le format de débat Karl Popper au menu de la formation
Dans un 2e temps, les participants ont été initiés au format de débat Karl Popper : 2 équipes de 3 débatteurs chacune, s’affrontant durant une heure avec des arguments structurés et opposés sur un énoncé. Puis ils ont été introduits à la fonction et responsabilité d’un juge de débat par le visionnage d’un module du Guide Pédagogique sur le débat, édité par FOKAL en 2008.

Chaque participant a bénéficié d’une documentation technique sur les critères pour juger un débat, dont un aide-mémoire pour les juges et un guide pédagogique sur le débat Karl Popper. Enfin, ils ont répondu à un quizz qui évalue rapidement les connaissances apprises sur la fonction de juge et les critères de juger.

Non seulement le juge est responsable de veiller au bon déroulement du débat (veiller à ce que les débatteurs appliquent les règles du format et respectent les principes du débat), mais aussi il doit aussi être objectif, impartial, et capable d’expliquer sa décision par écrit sur son bulletin de vote. Sa décision est définitive et irrévocable. Elle ne peut souffrir d’aucune contestation venant d’un coach ou d’un débatteur.

Critères pour juger un débat

Le dimanche après-midi, 6 des 10 apprentis-juges ont eu à arbitrer un débat entre 2 équipes de débatteurs du club de Jacmel, dont l’énoncé a été : « L’armée devrait être rétablie en Haïti ». L’équipe affirmative a soutenu que l’armée est une exigence constitutionnelle (selon l’article 263 de la Constitution haïtienne de 1987) et qu’elle générera des emplois directs et indirects, tandis que l’équipe négative a considéré que l’armée est budgétivore par rapport aux priorités plus urgentes de la Nation, et sans nul doute un instrument au service du pouvoir.

A l’issue de ce match de démonstration, ils ont eu à faire l’exercice de voter pour une équipe. A l’unanimité, ils ont voté pour l’équipe affirmative et ont fourni les raisons objectives de leur décision, et commenté la performance des débatteurs. Leur vote similaire envers l’équipe gagnante a fait converger les raisons suivantes : cohérence des arguments, clarté des discours, qualité des supports aux arguments.

Bien que les justifications des juges fussent valables et correctement expliquées, le coordonnateur a complété leurs commentaires en insistant sur l’importance à accorder aux réfutations, aux points de clash entre les 2 équipes, aux définitions des termes clés de l’énoncé.

Conclusion

Les participants sont sortis globalement satisfaits de la formation. Même s’il est encore tôt pour affirmer qu’ils maîtrisent parfaitement les critères pour bien arbitrer un match, la qualité des commentaires qu’ils ont fournis au débat de démonstration des jeunes de Jacmel augure des lendemains meilleurs.

Il revient au club de Jacmel de leur offrir la possibilité d’acquérir de l’expérience en les invitant régulièrement à arbitrer des débats. Le club a tout intérêt à profiter de ces ressources disponibles pour satisfaire son désir de refaire son blason et de rejoindre le top des clubs champions du réseau.

Jean-Gérard Anis
Coordonnateur du PIJ

mercredi 24 avril 2013

Les rencontres québécoises en Haïti


COMMUNIQUÉ
27 mars - Du 1er au 8 mai 2013 se dérouleront Les rencontres québécoises en Haïti, sous la présidence de Dany Laferrière. L’événement accueillera vingt-et-un auteurs(es) du Québec et des ouvrages de près d’une cinquantaine d’éditeurs du Québec et du Canada français. Au programme : foire du livre québécois, signatures, lectures, animations, tables rondes, séminaires, échanges et débats entre écrivains québécois et haïtiens sur les enjeux de la littérature contemporaine.

Initiées par Mémoire d’encrier à l’occasion du 10e anniversaire de la maison d’édition, Les Rencontres québécoises en Haïti ont pour objectif de rapprocher culturellement le Québec et Haïti, en mettant le livre québécois à la disposition des Haïtiens. Ces rencontres, qui célèbrent l’amitié haïtiano-québécoise, contribueront à renforcer la relation Québec-Haïti, deux grands peuples de langue française d’Amérique.

Dany Laferrière se réjouit de cette rencontre : « Cela fait longtemps que j’attends ce moment qui réunira les deux pays qui m’ont formé. Ma vie n’est plus une fiction, et j’ai l’impression de présenter ma jeune fiancée à ma mère. »
Pour Rodney Saint-Éloi, fondateur des éditions Mémoire d’encrier, « Enfin le temps d’être ensemble entre camarades d’Amérique. Pour Mémoire d’encrier, cette rencontre fraternelle est un combat pour le sens et pour le vivre-ensemble. Cessons pour une fois de parler catastrophe, séisme, misère. Célébrons l’amitié, le livre et le partage. »

Les auteurs(es) participant à l’évènement : Joséphine Bacon, Paul Bélanger, Franz Benjamin, Alain Deneault, Joël Des Rosiers, India Desjardins, Louise Dupré, Yara El-Ghadban, Bertrand Gervais, Sonia K. Laflamme, Émile Martel, Laure Morali, Pierre Nepveu, Marie-Hélène Poitras, Yvon Rivard, Elise Turcotte, Dany Laferrière, André Roy, Rodney Saint-Éloi, Catherine Voyer-Léger et Michel Vézina.

Parmi les éditeurs et professionnels du livre présents en Haïti, mentionnons : Éditions du Remue-Ménage, Éditions de la Bagnole, Éditions Prise de Parole, Éditions du Noroît, Éditions Écosociété, Mémoire d’encrier, Bayard Canada, Lux Éditeur, Éditions Coup de tête, regroupement des éditeurs canadiens-français (RECEF) de même que les représentants de Québec Édition, de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), et de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC)

Les rencontres québécoises en Haïti ont bénéficié de l’appui de l’ANEL, de QuébecÉdition, de la SODEC, du Conseil des arts et des lettres du Québec, de l’Union des écrivaines et écrivains québécois, du Conseil des Arts du Canada, du Conseil des Arts de Montréal, du ministère de la Culture et des Communications du Québec, du ministère des Relations internationales du Québec, du Centre de la francophonie des Amériques, de Agmv-Marquis, du Pen Québec, de la FOKAL, de l’Ambassade du Canada à Port-au-Prince, de l’Organisation internationale de la francophonie, de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, de l’Association haïtienne des professionnels du livre, de la Direction nationale du livre, du Bureau des droits d’auteur, de Pen Haïti, de l’Association des professeurs de français d’Haïti, du Centre culturel Anne-Marie Morisset, de la Fondation Culture Création, du Consulat général d’Haïti à Montréal, du Yanvalou Café Bar Restaurant et de l’Hôtel Plaza, de la Librairie Astérix, de la librairie La Pléïade.


Contact de presse Haïti
Emma Mbia
rencontresquebecoises@gmail.com 

mardi 23 avril 2013

Le club de débat de Jacmel veut retrouver son lustre d’antan


Le club de Jacmel est dans une passe difficile

Le club de débat de Jacmel est en train de traverser des moments de doute, d’absence, de crise même depuis de longs mois. Non seulement le club communique très peu sur ses activités, mais encore il vient de perdre en février dernier son animateur principal, Fenton Claude, démissionnaire pour des raisons de santé.

Des jeunes du club de Jacmel
Le club traîne beaucoup de problèmes de poids : un faible effectif (18 membres actifs), très peu d’activités réalisées, une formation au débat qui tarde à s’achever, des jeunes en désarroi, des réunions irrégulières, des rapports narratifs rarement soumis, absence très remarquable du club sur le blog. Ce qui vaut pour Jacmel d’être pour le moment le club en queue du peloton des clubs du réseau.

Une mission salutaire pour le club

Le coordonnateur des Programmes Initiative Jeunes (PIJ) de FOKAL a effectué le week-end dernier une mission dans ce club, du vendredi 19 au dimanche 21 avril 2013. Cette mission visait à s’enquérir de la situation du club auprès de son animatrice et des jeunes, à identifier et rencontrer des candidat(e)s pour renouveler le duo des animateurs du club, à former des juges de débat locaux et enfin à prospecter pour trouver un site d’accueil au camp d’été 2014.

La rencontre du vendredi 19 juillet au club de Jacmel
La rencontre avec les jeunes du club a été réalisée vendredi après-midi avec 15 jeunes présents, dont 4 nouveaux. Après une brève introduction du coordonnateur sur la nature, les objectifs et les activités du programme de débat de FOKAL, les membres du club ont été invités à s’exprimer sur les problèmes du club et à émettre des recommandations pour une nouvelle dynamique à insuffler au club. Leurs avis ont été implacables.

Le club à l’épreuve des critiques des jeunes

Les jeunes ont été lucides à pointer les failles qui entravent la bonne marche du club. Le club a changé trop souvent de local de réunion, et l’horaire des réunions n’est pas souvent respecté. Le coordonnateur leur a promis d’entreprendre des démarches à Jacmel pour leur trouver rapidement un local définitif. Néanmoins, il a recommandé à l’animatrice de faire en sorte de débuter les réunions à l’heure, seul gage pour éviter que les jeunes arrivent systématiquement en retard.

Un jeune du club intervenant sur les problèmes du club
L’horaire des réunions coïncide avec des activités scolaires ou parascolaires des jeunes. Comme il est impossible de satisfaire tout le monde, le coordonnateur leur a conseillé de choisir par consensus avec leur animatrice un horaire qui satisfait la majorité ; si les membres sont réellement intéressés au programme de débat, ils devraient faire de la réunion hebdomadaire du club leur activité prioritaire le week-end. Le coordonnateur a recommandé à Elisabeth d’augmenter l’effectif du club.

Selon les jeunes, le club est trop statique, ce qui a pour conséquence de les démotiver. Les réunions ne sont pas stimulantes, les jeunes y travaillent peu. Le coordonnateur a suggéré à l’animatrice du club de mobiliser une demi-journée pour achever à brève échéance la formation au débat déjà initiée, d’organiser des débats de démonstration réguliers, si possible un petit tournoi local, afin que les débatteurs maîtrisent mieux les techniques et soient mieux préparés à la compétition.

A la recherche d’un nouveau dynamisme

L’animatrice du club a promis de développer des synergies avec les clubs de la capitale afin de disposer de leurs ressources et de leurs expériences pour renforcer les capacités des membres. Ce qui signifie pour elle concrètement de solliciter l’aide des animateurs et formateurs de P-au-P pour les activités de débat du club (formation, tournois de débat) et d’approfondir les  échanges avec les autres clubs du réseau.

L'animatrice du club, Elisabeth Saint-Val
Néanmoins, derrière ce flot de frustrations exprimées par les jeunes, c’est le leadership des animateurs du club qui a été en fait ciblé puisqu’il y va de leur responsabilité. Ils doivent être les porteurs du dynamisme, de l’orientation du club comme du changement. Ils sont un guide pour les jeunes. Les clubs de Fond Parisien, Cap-Haïtien, Martissant ont déjà fait la malheureuse expérience d’être sous le feu des critiques des jeunes.

La reprise est déjà en marche

Deux initiatives intéressantes et deux réalisations prometteuses durant ce week-end constituent les premiers signaux encourageants vers une nouvelle reprise du club de Jacmel.

La rencontre avec les jeunes du club qui s’est transformée en exercice de grand déballage a permis d’identifier les points de blocage sur lesquels agir. Les jeunes ont manifesté la volonté de s’employer activement à inverser la mauvaise trajectoire sur laquelle leur club se tient. Sachant que Jacmel a toutes les chances d’accueillir le club de Jacmel, les jeunes veulent faire de cet évènement dans leur ville le moment fondateur de la renaissance du club.

De nouveaux juges en plein atelier de travail
La formation de 10 juges locaux de débat est une initiative du coordonnateur qui aura certainement un impact sur le renouveau du club. Ainsi, le club disposera d’un jury local qui facilitera l’organisation régulière de débats, et dont les commentaires après match seront très utiles à terme aux débatteurs pour améliorer leurs capacités, pour corriger leurs faiblesses, rendant l’expérience et l’apprentissage du débat plus enrichissantes pour eux.


Le débat de démonstration avec 2 équipes de volontaires du club, dimanche 21 avril dans l’après-midi, a révélé un fort potentiel chez les 6 débatteurs de ce match. La maîtrise du format Karl Popper, la recherche d’engagement dans les discours, la qualité des interventions et des questions posées ont porté à croire que le club tient ses champions.

Contre-interrogatoire au cours du débat d'exhibition du dimanche 
Enfin pour combler le vide laissé par Claude Fenton et parer au départ annoncé d’Elisabeth Saint-Val pour des raisons professionnelles, le coordonnateur a eu des contacts avec 2 candidats pour les postes d’animateurs principal et adjoint. Loin de vouloir anticiper sur la validation de ces 2 candidatures par la direction de FOKAL, elles ont néanmoins un profil encourageant. Cela reste à confirmer !

Conclusion

Fort des différentes attitudes et volontés affichées par les jeunes de Jacmel ce week-end, espérons que le club saura transformer cette mission du coordonnateur en un moment de fondation pour la reconquête de leur destin et de leur gloire d’antan. Les autres clubs ne les attendront pas. Le défi pour les débatteurs jacméliens est de taille, mais pas insurmontable.

Le débat de démonstration dans le club de Jacmel
Le tournoi national cet été dans leur ville sera l’épreuve de force pour le club de redorer son blason et tenir ses promesses. Il n’est que d’attendre.

Jean-Gérard Anis
Coordonnateur national du PIJ

jeudi 18 avril 2013

Débat de démonstration au club de Christ-roi


Le club de Christ-Roi a organisé samedi 13 avril dans l’après-midi, au cours de la visite du coordonnateur, un débat de démonstration ayant pour sujet : « L’armée devrait être rétablie en Haïti ». Trente jeunes en majorité des filles ont assisté à cette rencontre à l’école Marie Eugénie de Bourdon. Six jeunes filles étaient volontaires pour ce débat.

L’objectif  de ce débat visait à donner aux jeunes du club, qui venaient tout juste d’achever leur formation sur les techniques de débat, l’occasion d’expérimenter le débat au cours d’un affrontement en direct. Ce match a permis d’identifier les faiblesses des débatteurs que les 2 animateurs du club, Bengie et Alfred, s’attacheront à corriger par la suite.

La première faiblesse relevée dans le débat a été de définir correctement l’armée, que les 2 équipes considèrent comme un ensemble de forces armées. Or la police nationale haïtienne est une force armée, bien qu’elle ne soit pas une armée. Ce malentendu a vraiment gêné la stratégie argumentative des débatteuses.

La deuxième faiblesse enregistrée a été l’utilisation inadéquate du temps de parole de chaque débatteuse, du temps de préparation accordé à chaque équipe, du temps pour le contre-interrogatoire. Elles utilisent généralement la moitié du temps global prévu pour leur discours, donnant l’impression ainsi qu’elles n’ont pas grand-chose à dire. Ce qui est fâcheux et frustrant à la fois.

Malgré la solidité de leurs supports, certaines débatteuses ne sont pas arrivées à les utiliser à bon escient dans leur discours, c’est-à-dire les supports n’apportent pas de poids réel à leurs arguments. Sachant l’importance des évidences dans un débat, c’est malheureux de constater qu’elles n’ont pas servi à grand-chose.

Il y a eu le problème d’organisation des discours. Le discours des débatteuses n’a pas été bien structuré, car on avait du mal à suivre leur exposé : on ne savait plus quand elles présentent leur cas, quand elles réfutent les arguments de l’adversaire ou qu’elles reconstruisent leur plaidoyer. Ce qui a créé une certaine confusion qui empêche de comprendre le cheminement de leur réflexion.

Néanmoins, il est bon d’affirmer que l’attitude des débatteuses a été somme toute positive, en dépit du faible délai de préparation pour ce débat : un meilleur engagement dans les échanges, des arguments intéressants des 2 cotés, un effort certain pour avoir de bons supports, et des discours de conclusion encourageants. Elles maîtrisent globalement bien leurs rôle et responsabilité dans le débat.

Malgré les faiblesses enregistrées, le débat a été d’une très bonne tenue. En continuant ces cessions de débat d’exhibition, le club de Christ-roi pourra certainement compter sur d’excellents débatteurs pour affronter les équipes des autres clubs lors des compétitions de débat à venir.

Jean-Gérard Anis
Coordonnateur national du PIJ

Une année à la tête du PIJ

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