lundi 4 octobre 2010

Mascarade, par Ricardo Nicolas


Mascarade

Ce qui parait aberrant, inconcevable ailleurs, est pourtant possible ici. Est-ce à dire que cette terre est celle ou tout est permis ?
L’actualité nationale croit avec une furia japonaise. On n’arrive pas à distinguer une rumeur d’une information certifiée, ou de la vérité. Une actualité révoltante, répugnante, stressante...

A ce sujet, la mission de la presse devrait être remise en question. La presse est elle un simple miroir de l’actualité, ou un catalyseur de l’opinion publique ?

On assiste depuis un certain temps à une épidémie de l’actualité politique. On est tous, aujourd’hui, d’une manière ou d’une autre, des politologues. La politique devient si rigolarde, si plaisante, si ridicule qu’on peut s’attendre a tout. Et la politique se discute partout. On patauge alors dans l’illusion grotesque de faire des analyses politiques.

De cet intérêt manifeste, il apparaît qu’on s’intéresse à la politique. Il faut accepter qu’on n’ait aucune volonté réelle de s’impliquer. Le mot « implication » s’emploie, dans ce contexte, avec toutes ses connotations possibles et existantes. Le mot « implication » est utilisé avec toute l’amertume et la rage qu’expriment ses lignes.

On est, quelques-uns, révoltés face à notre impuissance à combattre, à se révolter contre l’état bordélique de notre « État ». Un État enfoui dans l’abîme. Un État révoltant, irritant, outrageant. On se sent révoltés par cette mascarade. Pourra-t-on préserver notre contrat social ? Une crainte de retourner à l’état de nature, à l'état de guerre selon une expression de Thomas Hobbes, ne se fait-elle pas ressentir ?

On a contracté pour des lendemains meilleurs. On a contracté pour notre protection et notre bien-être. Où est passé  la création d’un Etat censé pouvoir répondre à ces obligations? La nécessité d’un Etat fort se fait sentir. Un Etat souverain, fiable, crédible, capable de s'imposer internationalement.

Cet Etat bordélique a tout l’air d’un Etat machiavélique. On est donc ballotté entre une révolution sociale et un asservissement à un Etat étranger plus fort, plus susceptible de nous guider en dehors de l’anarchie, de la misère et du désespoir de tout un peuple.

Dans le premier cas, on transformerait notre souveraineté fictive  en pivot de refondation. Mais, comment entamer une révolution, sans implication réelle, sans idéologie sociale, sans une synchronisation de nos volontés et de nos rêves (presque inexistants) pour la chère patrie ? Comment arriver à une amélioration réelle, sans un Etat fort et générateur de changement ?

De le second cas, un asservissement nous serait favorable. Cela pourrait résoudre nos problèmes économiques, sociaux, politiques et infrastructurels… Mais, est-ce que cela résoudrait nos problèmes de citoyenneté et de patriotisme? En outre, on entamerait la cassure du rêve de nos aïeux, qui ne peuvent, en aucun cas, être fiers de leurs progénitures.

Ces réflexions sont la marque d’une inquiétude que cette génération sera pire. Nous allons du pire au pire.
Ricardo NICOLAS
 co-animateur du club VDF du Centre-ville

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