mardi 1 mars 2016

Le changement climatique en débat au tournoi du club de Christ-Roi

Un véritable tour de force

Le club de débat de Christ-Roi a organisé pour son dixième anniversaire un tournoi de débat interscolaire, le samedi 30 Janvier 2016, à l’école Congréganiste Christ-Roi Filles de Marie, sis au # 24, 1ère ruelle Nazon, bas Bourdon. 14 établissements secondaires de la zone métropolitaine y ont participé : les écoles Congréganiste Christ-Roi, Cœur Immaculée de Marie ; les lycées Toussaint Louverture, Antênor Firmin, Carrefour Feuilles, Marie Jeanne; les collèges Saint-Louis Roi de France, Blaise Pascal, Dominique Savio, Saint-Louis de Bourdon, Nouveau Collège Bird ; les institutions Mixte Sainte Geneviève, Saint François Xavier, Georges Marc.
  
Pendant toute une journée, 17 garçons et 25 filles, ont débattu de deux sujets sur la thématique du changement climatique: « Pour sauver l’environnement l’action individuelle est préférable à l’action gouvernementale » et « Les Etats de la Caraïbe devrait faire payer une écotaxe aux entreprises polluantes du secteur privé ». A peu près 180 personnes étaient présentes à cette journée d’activité, incluant les 42 débateur-ses, les 16 juges mobilisés, les membres du club, les supporters de différentes écoles engagées dans le tournoi, de 2 journalistes.

Un plat chaud et des rafraichissements ont été servis principalement aux juges, coaches et joueurs et nos invités. De l’eau tait disponible pour le public. Vénadia DESSIPE, une ancienne débatteuse du club de Christ-Roi, assurait le rôle de commissaire du tournoi sous la supervision de mon collègue Alfred DESIR et moi.

Objectifs et déroulement du tournoi

L’objectif de cette activité revêtait un triple aspect : premièrement, vulgariser la question de débat en Haïti ; deuxièmement, permettre aux jeunes de développer leur esprit critique, par l’analyse, l’agencement cohérent leurs idées et de cultiver la tolérance ; troisièmement, augmenter l’effectif du club de débat avec les jeunes qui auraient pris gout au débat.

Le tournoi permet aux jeunes d’avoir une habitude de lecture, de faire beaucoup plus de recherche sur des sujets diversifiés, leur permettent d’argumenter leurs positions ou leurs point de vue lors des débats. C’est un atout considérable pour eux dans leur développement de leurs capacités intellectuelles.

Pour le déroulement du tournoi, il y avait dans un premier temps 7 matches dans des salles différentes.  Dans les matches de poules, chaque équipe joue 3 matches sur le premier sujet en même temps, soit un total de 21 matches au premier tour. Les 8 meilleures équipes sont admises pour le quart de finale, 4 équipes en demi-finale et enfin les deux meilleures équipes en finale. 28 matches au total ont été joués durant cette journée.

L’équipe du Collège Saint-Louis de Bourdon représenté par Sarah M. ZEPHYR, Carlie V. PETIT, Anne-Christie ST-SURIN et l’équipe de l’Institut Georges Marc représenté par John K. JEAN PIERRE, Tania MERILIEN, Cleevens DANIEL. Ces deux équipes ont gratifié le public d’une très bonne prestation, prestation d’ailleurs digne d’un match de finale dans le format de débat Karl Popper. La décision du  jury le prouve bien. Le collège Saint-Louis de Bourdon a gagné le tournoi sous le score de 3 contre 2.

Pour sauver l’environnement, l’individu ou l’Etat ?

Pour le sujet débattu à la finale, « Pour sauver l’environnement l’action individuelle est préférable à l’action gouvernementale », l’Institution Georges Marc, qui défendait la position affirmative, a soutenu l’idée que là où le gouvernement faillit à sa tâche, l’action individuelle est toujours là. L’action gouvernementale peut changer ou inexistante, mais l’action individuelle continuera d’exister à travers la conscience collective.

L’équipe championne, le Collège Saint-Louis de Bourdon, a démontré qu’il n’y a pas d’action meilleure qu’une autre pour protéger l’environnement, mais que chaque action a besoin du soutien de l’autre. Les deux sont nécessaires et les actions gouvernementales et individuelles doivent être en symbiose pour sauver l’environnement.

Pollueurs payeurs contre Payeurs pollueurs

Le deuxième sujet, « Les Etats de la Caraïbe devrait faire payer une écotaxe aux entreprises polluantes du secteur privé », a été débattu en quart de finale et en demi-finale.

L’idée majeure qui est ressortie des argumentations des équipes défendant la position affirmative a été que la Caraïbe est géographiquement plus exposée face à la menace du changement climatique. De ce fait, il est juste que les entreprises polluantes du secteur privé, responsables de l’effet de serre, paient une écotaxe qui a pour objectif de faire diminuer la quantité de gaz rejetés dans l’atmosphère. D’où le principe « pollueur payeur » : tu pollues, tu paies.


Par contre, les équipes opposées à cette solution ont dans l’ensemble montré que faire payer une écotaxe peut au contraire faire augmenter la quantité de gaz dans l’atmosphère. Ce serait établir le principe inverse, « payeur pollueur » : tant que tu payes, tu peux polluer. En fait, selon elles, l’écotaxe risque d’aggraver la situation. Elle produira une délocalisation des entreprises polluantes du secteur privé vers d’autres pays plus laxistes, aggravant par conséquent le chômage. L’écotaxe est davantage une ressource économique qu’une solution écologique, et l’argent recueilli ne servirait pas l’environnement, mais d’autres fins.

Les enseignements de ce concours de débat

Les jeunes étaient très excités à l’idée de débattre. Certains n’imaginaient pas jouer autant de matches dans une seule journée. Mais au final, toutes les équipes ont été très satisfaites de cette activité, tant par l’atmosphère de convivialité que par le niveau de tolérance et de fair play qui a régné. Les deux sujets ont été bien maitrisés par la majorité des équipes, ce qui prouve que le travail des coaches, qui sont des anciens débatteurs et débatteuses, ont été très valables.

Qu’est-ce que leur a apporté le concours ? Réactions de quelques débatteuses du collège Saint-Louis de Bourdon, champion du tournoi.

Sarah Marlange ZEPHYR: « En tant que novice, je conçois l'idée même du tournoi de débat comme étant un espace réservé aux jeunes pour non seulement peaufiner leur capacité oratoire, mais également pour donner leur mot sur des sujets qui interpellent, les permettre de prendre position, de défendre cette position dans le but de convaincre l'auditoire, mais surtout d'apprendre grâce aux arguments avancés par l'équipe adverse. Et le plus intéressant dans tout ça, c'est qu'on ne perd jamais, on apprend toujours. 

Le tournoi de débat nous a permis de nous questionner sur des sujets qui avant n’attiraient pas notre attention auparavant. Des sujets délicats qui méritent qu'un groupe de personnes se penchent vers eux, afin de trouver des solutions durables. Ça nous a permis de nous questionner et d'augmenter notre capacité de réflexion. On a dû lire beaucoup, faire beaucoup de recherches, de documentation afin de trouver des arguments qui non seulement pouvaient convaincre, mais également d’élucider la question même du changement climatique. »

Marie Micheline SAINTE : « J’ai beaucoup appris du concours comme: “comment défendre ma position sur un sujet”, “Comment mieux argumenter”, “comment convaincre sans se battre”. Ce qu’il faut retenir avant tout, c’est qu’on débat pour apprendre et non pour gagner. Nous les Saint-Louissiennes nous avons fait le travail des deux au prix du Trophée. »

Anne-Christie ST-SURIN : « Il y a quelques mois, nous avons été, mes amies et moi, invitées à participer à un concours de débat organisé par le club de Christ-Roi (Pye poudre). A quoi bon, me suis-je dit. Débattre pourquoi ? Étant de nature très timide, au début je n'ai pas pris à cœur ce concours. Au fil des préparations, j'apprenais... je développais peu à peu mon esprit critique, mon sens de recherche, mon écoute et je découvrais ma capacité à m'exprimer clairement en public.

Le tournoi de débat nous a également fait comprendre qu'en tant que jeune, nous avons notre mot à dire sur des sujets sérieux, que nous pouvons réfléchir et apporter des solutions a des problèmes mondiaux. Du coup, nous nous sentons beaucoup plus concernées par ce qui se passe dans notre monde aujourd’hui. Nous laissons un peu de cote nos téléphones pour nous adonner à la lecture d'ouvrages scientifiques et autres.

Ma perception de moi-même a également changé, je sais à présent que je suis une fille capable de prendre position ouvertement, de défendre mes opinions en y apportant des supports scientifiques. Je n'ai plus peur, je réfléchis, je m'exprime et j'ose me faire entendre. N'est-ce pas un bon début pour se préparer à la vie adulte ? »

Carlie Valdayard PETIT: « Si je devais résumer cette journée en un mot, je dirais que ce fut un samedi incroyable et extraordinaire. Avant, je ne pensais pas que cela me serait possible de jouer 6 matches successifs. Mais, à un certain moment, l’envie de débattre se faisait de plus en plus sentir en moi.  Chaque match gagné fut pour moi un pas vers la victoire. Et à chaque pas, le tournoi prenait une ampleur de plus en plus vive et enrichissante.

Une capacité de faire passer mes idées, de remettre instantanément les propos d'autrui en question demeurait jusqu'ici cachée en moi. Je n'ai jamais été aussi sûre de moi que ce samedi-là. Ce qui m'impressionnait le plus, c'est cette multitude d'idées différentes les unes des autres qui véhiculaient à chaque match. Quand on débat, on apprend. »

Conclusion
Avec le support infaillible de notre coordonnateur Jean-Gérard ANIS, mon collègue Alfred et moi  avons réussi à concrétiser l’un de nos multiples projets. Ce tournoi a été une réussite, car nous avons capté l’attention de plus d’une quinzaine d’écoles de la zone métropolitaine qui souhaitent collaborer dans nos multiples projets de ce genre.
Grâce au professeur Marc EXAVIER, qui anime l’émission « Lecture et compagnie » à la radio-télé ESPACE FM, (94.1) et à Stéphanie BALMIR, écrivaine et journaliste au quotidien LE NATIONAL, qui ont tous deux assisté ce samedi-là aux débats des jeunes, plus d’un saura qu’il y a un programme de débat qui contribue au développement intellectuel et à la prise de conscience des jeunes du pays.
Rendez-vous est donc pris pour un autre tournoi interscolaire sur le thème de la dictature, le samedi 12 Mars 2016, au collège Saint-Louis de Bourdon.

Joël LAZARD
Animateur du club de débat de Christ-Roi

Le club BMC met ses jeunes à l’épreuve dans une compétition de débat

Le club de BMC a organisé samedi 20 février à FOKAL son premier tournoi de débat de l’année 2015. Sept équipes du club étaient en compétition. 23 débatteurs, dont 12 filles, ont été mobilisés avec la particularité suivante : chaque équipe était composée de 3 débatteurs actifs et 1 en support. Une douzaine de juges (dont 7 juges extérieurs formés par FOKAL et 2 animateurs de clubs du réseau) ont constitué les différents jurys des 11 matches joués ce jour-là. Deux commissaires assuraient la coordination des matches.

Objectif de ce tournoi

Cette compétition visait à évaluer que la formation au débat aux jeunes du club a été bien transmise, à vérifier que le master class sur la recherche documentaire a été bénéfique pour les débatteurs. L’objectif de ce master class sur la recherche documentaire animé par Yves Osner Dorvil, le responsable du cybercafé de la Fokal, une semaine avant le tournoi, a été de fournir aux participants des outils et des méthodes pour rechercher, de manière autonome, leurs propres informations et documents afin de préparer leur débat.
Les équipes se sont affrontées autour du sujet à caractère politique, énoncé et débattu en français dans les 2 premiers rounds, « Les accords politiques prévalent sur la constitution en période de crise », en créole dans le troisième (« Nou dwe priorize akò politik sou konstitisyon an nan peryòd gwo kriz ki ajite leta a »). Le sujet a été soumis aux débatteurs du club un mois à l’avance et préparé par les 7 équipes. 
Les équipes se sont affrontées autour du sujet à caractère politique, énoncé et débattu en français dans les 2 premiers rounds, « Les accords politiques prévalent sur la constitution en période de crise », en créole dans le troisième (« Nou dwe priorize akò politik sou konstitisyon an nan peryòd gwo kriz ki ajite leta a »). Le sujet a été soumis aux débatteurs du club un mois à l’avance et préparé par les 7 équipes.

La version en créole a été révélée le jour du tournoi auquel a assisté bon nombre de jeunes de la bibliothèque Monique Calixte et du Centre culturel Pyepoudre. Si le sujet a été débattu majoritairement en français, chaque jeune a pu discuter au moins un match en créole comme on l'expérimente depuis une année dans le programme.

Finale et excursion à Léogane


A l'issue de cette première phase, deux équipes se sont qualifiées pour la grande finale qui s'est tenue à Léogane (à 32 kilomètres de Port-au-Prince), le samedi 5 mars dernier. Ce match a été organisé en collaboration avec les responsables du club de Darbonne qui ont facilité l’accueil de la finale à la bibliothèque municipale de la ville, Marie-Claire Heureuse, une  annexe de la bibliothèque Nationale d'Haïti. Le match s'est déroulé en présence des jeunes du club de la BMC, certains jeunes du club de Darbonne et des adhérents et adhérentes de la bibliothèque Marie-Claire Heureuse.

L'équipe BJT, composée de Jean Tal, Jameson Beaucéjour, Guillaume Sam et Jean Jeff, a gagné la finale face à l’équipe DESC. Elle a donc été sacrée championne du tournoi. Les jeunes ont eu droit ensuite à une promenade à l’intérieur de la ville de Léogane. Ils/elles ont visité certaines rues de la ville, guidés par leurs camarades du club de Darbonne. Ensuite la place publique a servi d'espace de divertissement où les jeunes se sont adonnés à toutes sortes de jeux tels que basket-ball, football, des jeux d'animation, etc. Mais les jeunes ont été satisfaits de la courte visite de cette petite ville réputée pour son histoire, son « clairin » et son rara. 
L'équipe championne du tournoi de BMC
Par ailleurs, cette visite à Léogane témoigne de la volonté des responsables du club de ne pas plonger ces jeunes dans un univers qui prioriserait les mouvements de la pensée au détriment de toute autre forme d'exercice de la citoyenneté. Elle permet de suivre le ton de la Fokal qui tient à ce que les jeunes vivent des expériences inédites en découvrant des régions et des villes du pays comme l'attestent les divers camps nationaux organisés chaque année dans différents milieux géographiques d'Haïti.

Voyons le monde d'une autre manière, vive le débat!!!

Wedly Mozeau
Animateur club de débat de BMC


Jean-Gérard Anis
PIJ

lundi 29 février 2016

Le club de débat des Cayes a une nouvelle animatrice


J’ai le plaisir de vous introduire Saraphyra PAULIN, la nouvelle animatrice adjointe du club de débat des Cayes, en remplacement de Rose Angeline Chéry. Elle a été choisie parmi 4 candidat-es pour ce poste après une procédure de sélection.

Saraphyra, 23 ans, célibataire, est diplômée en administration et poursuit actuellement des études en droit. Elle fait partie du mouvement scout depuis 2 ans et 3 mois. Elle a l’habitude de travailler avec des jeunes des Cayes soit pour leur inculquer des notions de théâtre soit pour coordonner avec eux des activités d’action civique dans sa communauté.

Saraphyra est membre du club de débat des Cayes depuis 3 an. Elle a déjà débattu aux tournois internes du club. A de maintes occasions, elle a secondé les  animateurs dans certaines taches de responsabilité. Elle veut être animatrice « pour aider les autres à développer leurs talents de débatteur, améliorer leur pensée critique… ». Elle veut utiliser ses compétences acquises au cours de ses formations universitaires pour mieux former les jeunes.


Bienvenue Saraphyra !

Jean-Gérard Anis
Coordonnateur du Programme Initiative jeunes

Pas de débat sans pratiquer la lecture, un sujet d’intérêt pour le club de Fond Parisien

Le club de débat de Fond-Parisien a concentré sa réunion du samedi 30 Janvier 2016 sur l’importance de la lecture en préparation d’un débat. Une trentaine de jeunes ont pris part à cette rencontre, à la bibliothèque Jean Valbrun Brésil de Fond-Parisien,  qui a conjugué réflexion collective et discussions autour du sujet.

Le débat exige certaines habilités essentielles pour le réussir, à savoir la lecture, l’écoute, l’expression orale et la réflexion. Une bonne argumentation repose en grande partie sur une bonne documentation. C’est pourquoi dans le but de permettre aux jeunes débatteurs-ses) à bien  documenter, ils doivent avoir une culture de la lecture.
Trois objectifs ont guidé cette rencontre : inculquer le gout et le plaisir de la lecture aux jeunes; les inciter les jeunes à fréquenter plus souvent la bibliothèque ; les faire découvrir les différents documents de la bibliothèque et les livres écrits par les écrivains haïtiens ou étrangers. Bref, les faire devenir de véritables lecteurs/lectrices.

Après une brève intervention les dialogues ont lance, la méthode utilisée est celle participative, permettant à tout le monde de prendre la parole à tour de rôle dans le but à ce que toutes les opinions soient véhiculées. Pour se faire on utilise certaines questions à savoir: Qu’est qu’un livre ? En quoi consiste l’importance de la lecture? Utilité de la lecture. Quels sont les avantages de la lecture? Quels sont les éléments qui empêchent les jeunes à développer une pratique pour la lecture ?

Suivant les réponses des jeunes : « Le livre est une source d’information, …on y découvre beaucoup de choses ».  La lecture nous permet de vivre un moment de détente, de plaisir et d’enrichir la mémoire. Elle est le meilleur moyen pour l’apprentissage, le développement mental et l’expression orale ».
Outil prépondérant dans la construction idéologique des jeunes, la lecture leur permet d’avoir une culture plus large sur l’évolution du monde et de mieux s’adapter aux travaux de recherche. Elle crée progressivement une capacité d’intellectuelle beaucoup plus dynamique.

Les participant-es ont identifié les éléments qui empêchent les jeunes de développer la pratique de la lecture. Selon eux, le fait qu’ils n’aient pas souvent de devoirs de recherche, provoque une négligence face à la fréquentation de la bibliothèque. Ils ont également posé le problème lié à la méthodologie des cours des professeurs qui ne donnent aux élèves que des notes sans explication ».

De ce fait, ils ont été très touchés par la problématique la lecture et les mauvaises pratiques des enseignants qui les poussent à étudier pour réciter.  Un bon débatteur doit être passionné par la lecture qui est un élément indispensable pour préparer un débat. Elle donne une quiétude d’esprit au débatteur qui le prépare à bien conduire sa réflexion et son discours.

L’ambiance était intéressante. Les jeunes ne voulaient pas conclure la séance. Ils ont finalement compris à raison leurs erreurs liées au désintérêt pour la lecture. Ils attendent à ce que les animateurs les accompagnent dans leurs travaux de recherches et les encouragent à mieux développer le gout et une capacité pérenne pour la lecture. 

Geordanis JOSEPH et Dieufaite JOSEPH

Animateurs du club de débat de Fond-Parisien

mardi 23 février 2016

Débat en thèmes, une nouvelle initiative du P.I.J.

A la suite des propositions et des recommandations formulées par les animateurs lors de leur rencontre annuelle en décembre 2014, FOKAL a donc décidé de réorganiser les activités de débat en les concentrant chaque année autour d’une seule thématique. Ceci a l’avantage de permettre :

-          - une meilleure maîtrise de la thématique et des sujets liés
-          - une meilleure préparation des débats
-        . - un renforcement et une augmentation substantielle de la documentation dédiée
-          - des interventions plus ciblées pour les débatteurs
-          - une meilleure compréhension des enjeux liés aux sujets subsidiaires à la thématique

Pour l’année 2015, nous choisissons le thème suivant : « Quand la démocratie est en danger… », en écho avec notre partenaire IDEA NL qui conduit actuellement dans 15 pays européens  le projet de débat « Menaces sur la démocratie ». C’est un thème d’actualité certes, mais qui est toujours actuel depuis 25 ans en Haiti. Car la démocratie haïtienne est toujours en construction, toujours fragile et constamment menacée par les crises électorales à répétition, les dérives populistes et les pesanteurs politiques, sociales et culturelles qui empêchent de faire triompher le droit, les droits humains et l’Etat de droit.

Débattre des menaces sur la démocratie

«Quand la démocratie est en danger…" est basé sur le principe central de la pratique démocratique: que les citoyens à la fois doivent être vigilants et s’expriment sur les questions qui les touchent. Cette initiative usera de la sensibilisation, des échanges interclubs et de l'éducation au débat pour soutenir la pensée critique et la communication entre les jeunes, ainsi que d'une meilleure compréhension des causes profondes des problèmes qui menacent les droits humains en Haiti et dans le monde, et  la démocratie.

FOKAL veut investir dans les jeunes en tant que futurs dirigeants qui ont le droit de vivre sur une terre saine où les valeurs telles que la paix, la démocratie, les droits humains et le respect de l’environnement sont tenus en haute estime.

CONTEXTE

Débattre des menaces sur la démocratie est nécessaire. Les médias en parlent tous les jours: Partout dans le monde, trop de jeunes sont lentement laissés pour compte dans le renforcement de l'économie et sont aux prises avec le chômage et la précarité. La hausse de l'extrémisme, du populisme et de la démagogie affectent fortement les droits humains, la démocratie et la paix, et ont abouti à la victoire électorale des populistes.

L'afflux de narcotrafiquants, de bandits légaux, des repris de justice aux dernières élections générales en Haiti menacent l'avenir de l'Etat. Les discours incendiaires dans les médias et les débats de société, font parfois peur et alimentent la crise politique et électorale actuelle. Cela provoque la polarisation dans la société haïtienne. En particulier, les jeunes se sentent de plus en plus déconnectés des débats dans la société et des affaires politiques du pays.

Par conséquent, cette initiative dans le débat voudrait soulever les voix des élèves du secondaire sur ces sujets, car ils affectent leur avenir, et la paix et la stabilité dans le pays. Nous devons organiser les jeunes à devenir des acteurs actifs et informés dans les débats.

Objectifs

Premièrement, cette initiative vise à apprendre aux jeunes, grâce au débat, les causes profondes de menaces actuelles à la démocratie, et leur enseigne des valeurs communes, la nécessité de la diversité des opinions et de la participation, et le rôle joué par les institutions démocratiques et des citoyens actifs dans la protection de ces valeurs.

Deuxièmement, les participants à ce programme élargiront leurs horizons en débattant avec des jeunes de différentes régions du pays.

Troisièmement, Les débatteurs apprennent à comprendre les problèmes, formuler des avis, et trouver des solutions. Enfin, leurs points de vue, argumentations et réflexions seront recueillis, regroupés, puis partagés dans un recueil qui fera office de document de plaidoyer, et sera disponible gratuitement.

ACTIVITÉS

Notre plan d'activité se concentre sur les événements de débat local, régional et national (camp thématique de débat). Des ateliers de formation, conférences, tournois de débat sur le sujet pourront être organisés par les clubs durant l’année, sous la supervision du coordinateur du PIJ. Les participants seront préparés en les informant sur le sujet et les former au débat. Ils apprendront à analyser des problèmes tels que les freins à l’établissement de la démocratie, la participation des citoyens aux élections, le recul des droits, l'exclusion sociale, le populisme…, et de discuter des pistes de solutions qui pointent des réalités vécues.

A cette fin, nous recommandons que tous les débats organisés dans les clubs soient liés à cette thématique, et la coordination se chargera de fournir aux animateurs-trices des sujets et des documents si ils/elles le souhaitent. Les animateur-trices sont encouragés à prendre des initiatives pour créer les conditions qui facilitent le développement de cette initiative : recherche documentaire, achat de livres, de périodiques traitant diverses aspects de la thématique, mini-conférences par des personnes qualifiées sur le sujet, projection de films documentaires traitant du sujet…

Cette action soutient la promotion des vues de la jeunesse pour l'avenir du pays.

Jean-Gérard ANIS

Coordonnateur Programme Initiative Jeunes

jeudi 11 février 2016

Le club de Jérémie à la rencontre des parents des débatteurs

Le club de débat de Jérémie a organisé, samedi 6 février 2016, une rencontre avec plus d’une quarantaine de parents des jeunes du club, à l’Alliance Française dans la ville, un espace plus accessible pour les participants, dans l’objectif de faire découvrir le club, de leur expliquer la nature et les attentes du programme de débat et enfin de les mettre en confiance.
Auparavant, nous les 2 animateurs du club, Waldinde Germain et Madrine Gay, avions lancé des inscriptions dans 8 écoles secondaires de la ville Dans chacune de ces écoles, cinq jeunes ont été inscrits. La quarantaine d’inscrits ont rempli un formulaire et nous leur avons remis une lettre qui invitait leurs parents ou personnes responsables à la rencontre du 6 février.

Au jour J, à 4h30 pm, la rencontre a débuté avec les salutations d’usage envers les 43 participants, Ensuite, Waldinde a précisé pour les parents l’objectif principal de la rencontre : communiquer l’horaire du club et les différentes activités qu’on y effectue.

Horaire et activités du club

Le club se réunit au Centre Numa-Drouin tous les samedis à 4h à 6h pm au Centre Numa Drouin. L’activité primordiale du club est le débat. Cette année 2016 inaugure les 20 ans du programme de débat de FOKAL. Créé en 1996 mais démarré en 1997, ce programme est établi comme un outil pour l’apprentissage des jeunes à la démocratie, à la citoyenneté, à la résolution de conflits, à la tolérance, au respect de l’autre, et au maniement des concepts philosophiques liés à l’argumentation et au raisonnement. Mais, à côté de cela, on inculque aux jeunes des valeurs leur permettant de s’intégrer dans le développement de leur communauté, a expliqué Waldinde.
Puis, Madrine a communiqué les différentes activités que le club a organisé au cours des semaines à venir: séminaire sur le débat à l’Université Publique de la Grand’Anse, tournoi de débat interscolaire, conférence sur le droit de la femme, conférence sur l’Organisation Internationale de la Francophonie et sa Secrétaire générale, préparation et participation au tournoi régional, accueil du coordonnateur Jean-Gérard Anis, préparation et participation au tournoi régional, présentation du club et match d’exhibition sur l’une des chaînes de télévision de la ville, le livre « Paroles de Jeunes »…

Réaction des participants

Après cette courte présentation, les parents ont posé beaucoup de questions pour mieux comprendre.

Combien de membre qu’il y a dans le club ? a questionné Marie Darline, un nouveau membre du club.
Nous sommes réduits à une vingtaine cette année, mais on a été plus d’une soixantaine. Avec les inscriptions que nous venons de lancer nous allons retourner à l’effectif normal.

Vous avez dit qu’on a l’habitude d’avoir plus de 60 membres dans le club. Combien de jeunes vont nous représenter au camp d’été ? insista Marie Darline
Quatre jeunes dont trois joueurs et un(e) de réserve.

En plus du débat et les activités qu’on organise dans le club, ne serait-il pas important d’intégrer un cours de savoir-vivre dans le club ? a interrogé la révérende Sœur Milien Rosalie, qui représentait une jeune du lycée de Jeunes Filles.
Oui, c’est très important, mais nous ne pouvons le faire sans l’autorisation et l’assentiment de nos supérieurs hiérarchiques au niveau de FOKAL. Je vais leur en parler, s’ils nous autorisent nous le ferons bien.

Vous avez dit que ce programme est fait pour les élèves du secondaire, n’est-il pas possible de commencer dès la 7e Année Fondamentale ? a demandé Belris Marie Elna, la mère d’une de nos débatteuses.
Je dis non pour une double raison : la première c’est parce que nos supérieurs demandent que ce soient des élèves du secondaire, la deuxième, à ce niveau, les élèves n’ont pas encore les pré-requis nécessaires leur permettant d’apprendre à débattre.
Quelles sont les conditions d’admission au club ? N’a-t-on pas un frais à verser ? a demandé madame Jules.
Ils n’ont qu’à remplir un formulaire d’inscription et venir à toutes les réunions du club. Il n’y a pas de frais à verser pour faire partie du club.

Quand les jeunes participent au camp d’été, c’est sous la responsabilité de qui ? a voulu savoir Madame Wanise.
Sous la responsabilité exclusive de la FOKAL. C’est pourquoi, 2 semaines avant le départ, une lettre de demande d’autorisation est envoyée aux parents des jeunes. Mais on demande également que les jeunes aient un proche qui puisse les loger à Port-au-Prince.

Que doit faire un jeune qui n’a personne à Port-au-Prince ? a demandé la femme du pasteur Fénis.
Il doit s’entendre avec un autre jeune pour le loger chez lui à Port-au-Prince.

Le club n’a-t-il pas un code de conduite ? a posé Sœur Rosalie.
On ne l’a pas encore. Par contre les jeunes savent qu’ils doivent être ponctuels et réguliers et faire preuve de respect les uns envers les autres. Ce ne sera quand même pas de trop d’élaborer un code de conduite, mais on devra le faire avec les jeunes.

Quelle sanction est réservée pour les jeunes retardataires et ceux-là qui s’absentent sans motivation ? a demandé Madame Wanise.
Rien n’est prévu encore. On va falloir le faire dans le code disciplinaire qu’on aura à élaborer ensemble.
Pourquoi ne pas inviter même les professeurs à venir s’intégrer dans le club ? a demandé Wacline Laguerre, parent du débatteur espoir au tournoi national de juillet 2015, Wogensky Laquerre.
Nnotre clientèle, comme je le disais tantôt, ce sont les élèves du secondaire. Par contre, il y en a qui savent nous aider dans l’arbitrage des matchs quand nous organisons des tournois.

Madame Noël Mauclair Nancy : De nos jours, après la philo, les jeunes ne savent pas quoi faire. Il y en a qui ne savent même pas le domaine dans lesquels ils ont plus de compétences. Dans ce cas, ne peut-on pas réaliser une journée d’orientation professionnelle pour les jeunes avant ou juste après les examens officiels ?

Nous ne pouvons rien faire sans l’autorisation de FOKAL. Je vais leur demander. S’ils nous autorisent, nous le ferons.

Après avoir répondu à toutes ces questions, pour clore la rencontre nous avons remercié les parents et leur a promis la liste des activités que le club va organiser cette année.

Waldinde GERMAIN

Animateur principal du club de débat de Jérémie 

lundi 8 février 2016

Activités autour du livre « Paroles de Jeunes » à Jérémie

Dans l’objectif de faire connaître et de vulgariser le contenu du livre « Paroles de Jeunes », le fruit du travail d’un échantillon de quatre cent cinquante jeunes sous la conduite de certains cadres de FOKAL, publié en décembre 2015, les animateurs du club de débat de Jérémie ont organisé plusieurs activités autour du livre avec des jeunes de la communauté.
Dans un premier temps, les jeunes de la ville qui ont participé à la consultation sur le livre dans le club en mai 2014 ont été conviés à une grande rencontre au Centre Numa Drouin pour leur rappeler le projet, leur présenter le résultat des consultations nationales et les recueillir leurs réactions sur le livre blanc.

Présentation du livre "Paroles de Jeunes" à la communauté jérémienne

Dans un second temps, un exemplaire du livre a été remis à certains cadres et autorités de la ville dont le directeur départemental de l’Education nationale de la Grand-Anse, de certains inspecteurs de l’éducation, le maire fraichement élu, le délégué départemental du département, deux candidats à la députation, des directeurs d’école et des enseignants de la ville.

Les 2 animateurs du club, Waldinde Germain et Madrine Gay, ont effectué pour la jeune assistance un résumé du livre « paroles de Jeunes » en s’inspirant d’un article* publié par Jean-Gérard Anis, le coordonnateur du Programme Initiative Jeunes de FOKAL en charge de cette initiative, de l’introduction de Michèle Duvivier Pierre-Louis, Présidente de FOKAL et de la préface de Danièle Magloire, vice-présidente du conseil d’administration de la fondation, on a résumé le livre ainsi à ces personnalités :

Ce livre « est un projet réalisé par le PIJ de FOKAL qui a mobilisé 22 collaborateurs et cadres de la fondation et 450 jeunes qui ont collaboré à cet ouvrage. Comme le dit Madame Magloire à la page 11, le livre permet de répercuter une parole et d’interpeller ceux et celles qui prétendent conduire la destinée nationale. Les dires de Madame Pierre-Louis ne sont pas différents : « A l’écoute de cette parole, nous avons voulu qu’elle se dise pour la répercuter et la porter le plus loin possible » (p. 9) […] Qu’elle s’incarne, qu’elle ne reste pas vaine, mais se traduise par un engagement », a-t-elle ajouté. « Les résultats de leurs réflexions et de leurs propositions (les jeunes) sont aujourd’hui, l’objet de ce livre », a conclu le coordonnateur du PIJ (p.13).

Le livre a été également présenté à une trentaine de professeurs d'écoles faisant partie de deux associations d’enseignants de Jérémie. De la même manière. le livre a été introduit à nos élèves et aux membres du club avec lesquels les 2 animateurs ont procédé à une lecture-survol.

Dans les salles de classe où nous enseignons Waldinde et Madrine enseignent (10 classes pour les 2), « Paroles de Jeunes » n’est pas passé inaperçu. Au contraire, après l’avoir présenté à chaque classe, un exemplaire y a été remis pour lecture.

Une visite inattendue mais très bénéfique

Ce même samedi 16 janvier, pendant que les animateurs faisaient une lecture collective avec les jeunes du club, ils ont reçu la visite inopinée de Jennyfer Desrosiers, l’animatrice du club de Martissant, champion du tournoi national réalisé à Jérémie en Juillet 2015. Dans le cadre de son travail, elle était venue faire dans le département une campagne de sensibilisation sur le choléra (son origine, ses symptômes, sa prévention et son traitement) qui frappe en cette période les habitants dans la Grand-Anse. Ce qu’elle fit avec joie, pendant en 15 minutes environ, pour les jeunes du club dont les parents et amis sont frappés par le cholera ces derniers jours.

Brève présentation de Jennyfer

Origine du choléra : Le choléra provient du microbe vibrio cholerae. Le choléra existe déjà au Népal, un pays d’Asie, bien avant qu’il fasse la une depuis 5 ans dans le pays. Le choléra, propagé dans un premier temps dans l’Artibonite par un contingent de soldats népalais de la MINUSTAH en Haiti, puis s’est vite propagé dans tout le pays. De toute façon, nous n’avons pas à le craindre mais à le prévenir.

Symptômes : le choléra se manifeste par la diarrhée, le vomissement.

Prévention : Il est l’ami de la saleté et l’ennemi des règles d’hygiène. Pour le prévenir, il faut :
-          Toujours se laver les mains. La moindre négligence peut entraîner le choléra.
-          Traiter l’eau soit avec de l’« Aquatab », du chlore ou par filtration. On utilise cette eau purifiée trente minutes après le traitement.
-          Eviter le vomissement et les matières fécales des gens qui ont contracté le choléra
-        Une maison où il y a eu une personne qui a contracté le choléra doit être décontaminée dans 24 heures de temps.
Si on contracte le choléra, on n’a qu’à se rendre en urgence à l’hôpital ou au centre de santé le plus proche. Pour éviter la déshydratation, on prend du sérum oral.

Réaction des jeunes

« Nous savons entendre des informations sur le choléra, sa prévention mais pas aussi méthodique à la façon dont vous venez de le faire. Ma question, pourquoi les fous qui mangent et boivent n’importe quoi ne contractent-ils pas le choléra ? », a demané Féguerson.

« Parce que tout simplement le microbe n’est pas à leur portée. Il ne faut pas mettre en tête qu’ils sont immunisés par rapport au choléra. », a répondu Jennyfer.

« Après un long trajet, ne devrait-on pas se laver le corps avant de pénétrer dans la maison ? » demanda Laguerre Woogensky, le débatteur espoir de l’année.

Oui, mais ce n’est pas seulement pour le choléra : pour éviter les autres microbes aussi.

« Les animaux peuvent-ils contracter le choléra ? », a voulu savoir un autre débatteur.

Honnêtement, Jennyfer a répondu : « Je n’ai jamais entendu parler de ça ! »

Pourtant, Woogensky avait la réponse : « Dans une émission entendue à la Radio France Internationale animée par Emmanuel Bastille, j’ai entendu dire qu’on a injecté le microbe choléra dans un cochon mais il n’a pas été infecté ».

C’est comme dans mon club, personne n’a la science infuse. Les jeunes apprennent des animateurs, comme ces derniers apprennent d’eux, dixit l’animatrice Jennyfer du club de Martissant.

Donc, ce fut une rencontre inattendue mais très bénéfique !

Waldinde Germain
Animateur du club de débat de Jérémie


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