mardi 19 avril 2011

Paysages de rêve

Tout au début de l’année 2011, le 4 Janvier plus précisément, le club VDF de Camp-Perrin avait organisé une excursion à « Tête l’Acul ». L’objectif de cette initiative était clair : à un moment ou l’on ne parlait d’Haïti qu’en termes de choléra ou de séisme, nous voulions faire découvrir ou redécouvrir aux jeunes une autre facette de ce petit coin de terre. 

«Tête L’Acul », cette source au débit si fort qui donne son nom à la rivière l’Acul, laquelle baigne les communes de Chantal et d’Arniquet, est un immense bassin dont les parois font penser à celles d’une grotte. Son eau cristalline, fraiche et presque glacée, vire tantôt au bleu, tantôt au vert topaze, selon l’intensité et la direction des rayons du soleil qui parviennent à franchir difficilement l’épais manteau du feuillage des arbres aux racines séculaires qui l’entourent. « Tête l’Acul » est une vraie merveille.

C’est d’abord, comme nous l’avions dit plus haut, un immense bassin, si profond qu’à moins de deux mètres du bord, il fait plus de trois mètres de profondeur. Pas question que les jeunes du Club s’y baignent, bien entendu ! Le torrent débordant de ce bassin, quoique d’une limpidité de cristal, coiffé d’écumes d’une blancheur éclatante, est si puissant qu’il décourage le meilleur nageur. D’ailleurs, nous a confié un riverain, des études quant à la possibilité de l’exploiter pour la construction d’un barrage hydro-électrique ont été envisagées. Prudence oblige, les jeunes du club sont allé sse baigner deux cent mètres en aval où, grâce aux immenses rochers que le plus puissant bulldozer aurait peine à ébranler, le torrent a commencé à perdre de la force.

« Tête l’Acul », dans sa beauté naturelle quasi-vierge, rappelle une Haïti d’un autre temps, celle à la vue de laquelle, Christophe Colomb s’est écrié « Maravilla ! » Il y règne même en plein jour, une pénombre éternelle, un silence à la fois effrayant et captivant qui donnent lieu à bien de superstitions. Quelle paix ! Quelle fraicheur !

Notre pays connait depuis plusieurs décennies une telle dégradation écologique, qu’un bassin enfui  dans « un trou de verdure » où nagent poissons, crabes et écrevisses tient presque du rêve. Et pourtant, « Tête l’Acul », existe bien, non loin du village «  Le Prêtre », commune de Chantal. La découverte de cette merveille a fait oublier aux jeunes les fatigues de quatre-vingt dix minutes en camionnette et deux heures de marche en pleine nature montagneuse.

Ce site est appelé à faire le bonheur des amateurs du tourisme écologique qui tend de nos jours à l’extension. Mais les jeunes du Club VDF de Camp-Perrin ont exprimé une inquiétude : devant plusieurs ajoupas, des dizaines  de sacs de charbons annoncent peut-être que la beauté de ce site et des montagnes aux cimes verdoyantes qui l’entourent n’e sera pas éternelle…

Alex Sylné,
Animateur club VDF de Camp-Perrin.

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