jeudi 10 janvier 2013

Le club de débat de Gros-Morne prend l’initiative sur le VIH/SIDA


Pour un comportement responsable des jeunes


La période du 24 au 31 décembre est pour plus d’un un moment de fête, de plaisir et de réjouissance folle. Beaucoup de jeunes en profitent pour s’enivrer d’alcool qui peut les conduire au plaisir sexuel. Tenant compte du danger auquel les jeunes sont exposés en ces jours de délire et d’euphorie le plus souvent démesurés, nous avons jugé utile de donner à nos chers jeunes une directive certaine vis-à-vis de cette maladie qui, jusqu’à date demeure incurable.

Pour ce faire, nous avons demandé le service d’un très jeune médecin qui a accepté à cœur joie de partager ses connaissances avec les jeunes sur le VIH/SIDA. La conférence a eu lieu le 23 décembre 2012, au centre EFACAP de Gros Morne (Haut-Artibonite). L’objectif de la conférence a été d’amener les jeunes à avoir une connaissance précise du VIH/SIDA afin d’adopter un comportement responsable.

Le conférencier, Eddy Norvilus, a  étudié la médecine à Cuba. Après son service social à l’Hôpital Alma Mater de Gros-Morne, il a dû retourner une fois de plus à Cuba pour une spécialité en pédiatrie. Actuellement il travaille comme pédiatre à l’hôpital Alma-Mater de Gros-Morne. Il se dit fier de retourner servir son pays, particulièrement Gros-Morne.

Déroulement 


Après s’être présenté, Eddy Norvilus a fait un bref historique du VIH/SIDA. Cette maladie s’est répandue dans le monde vers les années 80, à cause du tourisme et de la mondialisation. Le VIH/SIDA a été découvert par le docteur Luc Montagnier en 1983 à l’institut pasteur à Paris. Par définition, le SIDA est une infection virale causée par le VIH (Virus Immunodéficience Humaine).

Jadis, elle était connue sous le nom de maladie des 4H. D’où vient ce nom « 4H » ? Selon le Centre de Contrôle des Maladies d’Atlanta, quatre groupes d’individus étaient porteurs de ce virus : les Héroïnomanes, les Haïtiens, les Hémophiles et les Homosexuels. Après des investigations faites par le CDC, et des protestations virulentes des communautés haïtiennes aux Etats-Unis, la stigmatisation des Haïtiens comme principaux vecteurs de cette maladie a été arrêtée.

Mode de propagation du virus


Le SIDA (syndrome immunitaire de déficience acquise) se manifeste par des signes et des symptômes. Cette maladie n’est pas héréditaire. C’est plutôt une maladie de comportement.
Le SIDA se transmet par 3 voies fondamentales : 1- sanguine ; 2- sexuelle ; 3- mère enfant
-          Voie Sanguine            : usage de matériels souillés, transfusion sanguine
-          Voie sexuelle              : contact sexuel non protégé
-          Voie mère enfant        : Transplacentaire et allaitement

D’après le conférencier, ce sujet est d’une extrême importance pour les jeunes parce qu’ils sont de la catégorie des personnes les plus exposées. Les toxicomanes, les prostituées, les homosexuels s’ajoutent aussi à la liste des exposés.

Conditions de transmission

Pour que le virus puisse se transmettre, deux conditions s’avèrent nécessaires : 1- un véhicule comme le sang, les sécrétions génitales (sperme, sécrétion vaginale), le lait maternel pour transporter le virus) ; 2- une porte d’entrée (une blessure, une égratignure …)

Comment agit ce virus ?

Quand il entre dans l’organisme, le virus attaque les globules blancs notamment les lymphocytes CD4  laissant l’organisme sans défense contre toutes sortes de microbes, de virus, de bactéries. Alors d’autres infections en profitent (infections opportunistes) dont les actions conjuguées aboutissent à la mort rapide de l’individu.

Le conférencier a continué pour dire aux jeunes que le SIDA n’a pas de traitement curatif. Le plus important, c’est la prévention. Le SIDA  est incurable certes, mais pas mortel. La personne atteinte du SIDA peut vivre le reste de sa vie avec le virus à condition qu’elle accepte son statut sérologique et de suivre régulièrement les soins médicaux. A ce moment, il est souhaitable qu’un traitement psychologique accompagne le traitement médical. 

Moyens de prévention

- L’usage du préservatif
- L’Abstinence
- La Fidélité
Il a mis en garde les jeunes contre le VIH. Le plus important, c’est de prendre toutes les mesures possibles pour empêcher d’être contaminé. « Prévenir vaut mieux que guérir »
L’exposé s’est déroulé dans un climat de silence. Les jeunes se sont montrés très attentifs. Cela explique l’intérêt qu’ils manifestent pour un tel sujet.
 Après que le docteur ait fini de faire l’exposé, il se dit prêt à recevoir les questions et réactions des jeunes.  C’est le moment tant attendu qui arrive.
Les jeunes ne cessent pas de féliciter le médecin d’avoir répondu à l’invitation.

Réactions

Le jeune  Jacob JULIEN a ouvert la séance de questions : Le SIDA existe-t-il vraiment comme toutes les autres maladies ? Est-ce qu’on peut nier l’aspect maléfique, économique et politique du SIDA en Haïti ?  Cette dernière question n’a pas manqué d’étonner l’assistance.
Réponse du conférencier.- Oui le SIDA existe. Il est scientifiquement prouvé.
-          Que signifie sodomie ?
Rep.- Sodomie vient de « Sodome »  une ville pervertie d’après la Bible. La sodomie signifie sexe contre nature.
-          Y a-t-il une différence entre SIDA et VIH ?
Rep.- Certainement oui. Le VIH  c’est la cause, le virus qui conduit au SIDA. Le SIDA c’est la maladie, la phase avancée de l’infection au VIH.  La personne est maintenant malade.

-          Quels sont les signes et les symptômes du VIH/SIDA ?
Rep.- Perte de poids, fièvre chronique, diarrhée chronique, puis les manifestations des infections opportunistes
-          C’est quoi un CDV ?
-          Rep.- Centre de Dépistage Volontaire
-          Est-ce qu’il y a des personnes qui sont protégées naturellement ?
-          Rep.- Oui quoique rare.
-          Quelle différence y a-t- il entre signes et symptômes ?
-          Rep.- Signe c’est toute manifestation objective c-à-d visible et palpable par le prestataire de soins, par ex. une tache cutanée, une tuméfaction (augmentation de volume d’une quelconque partie du corps). Tandis que le Symptôme, c’est tout ce qui est subjectif, perçu seulement par le patient, par ex une douleur.

Conclusion de l’animateur du club aux jeunes

« Chers jeunes, Je viens de suivre avec vous, les oreilles attentives et le cœur battant de joie, l’exposé qui vient d’être présenté par le Dr Eddy Norvilus. Je lui dois un remerciement tout à fait spécial non seulement d’avoir répondu avec le plus grand plaisir à l’invitation, mais aussi pour nous avoir promis son service quand nous l’aurons jugé nécessaire.

L’exposé que nous réalisons sur le VIH/SIDA ce soir à votre attention, ne découle pas du hasard, mais plutôt résulte de notre responsabilité de vous conduire à bon port. Nous sommes là pour vous aider à trouver le chemin de la réussite.

Je voudrais que vous ayez désormais une attitude beaucoup plus responsable par rapport au VIH/SIDA. Je vous conseille d’adopter l’un des moyens de préventions, selon votre foi religieuse, votre statut social ou votre conception. L’important c’est de ne pas prendre le risque de s’embarquer dans des aventures sexuelles sans protection ou sans être sûr du statut sérologique de votre partenaire. Vous êtes à la période  la plus précieuse de votre vie. C’est aujourd’hui, oui maintenant même, que vous devez agir et assumer votre responsabilité.

L’avenir se prépare dans le présent. Le plus tôt c’est le mieux et le plus tôt c’est maintenant. Membres du Programme Initiative Jeunes, Vous êtes des modèles. Ne l’oubliez jamais. Vous êtes des modèles pour le présent, des modèles pour l’avenir ; des modèles pour les jeunes des votre génération et celle à venir.

Au de-là de la volonté, la capacité que nous pouvons avoir, notre santé est indispensable à la concrétisation de nos rêves les plus chers. J’en profite pour vous souhaiter JOYEUX NOEL 2012 et vous formuler mes vœux de paix, de réussite, d’amour et surtout de santé pour le Nouvel an.  Soyez pragmatique, responsable et prudent ! Pensez à votre avenir. Pensez aussi à Haïti, à vos parents qui attendent beaucoup de vous.  Merci !  »

Jonathan VILMEUS
Animateur du club de débat de Gros-Morne

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